IRAK
Armes de destruction massive: les preuves sont "écrasantes", assure Jack Straw
LONDRES (AP) - Les preuves que le régime de Saddam Hussein représentait bien une menace sont "écrasantes", a assuré lundi le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, bien que les forces de la coalition n'aient toujours pas trouvé en Irak la trace des armes de destruction massive dont Washington s'était servi pour justifier l'entrée en guerre.
"Il ne s'agit pas d'admettre que nous avions tort ou de dire qu'il n'y avait pas de preuves, car les preuves sont là", a déclaré le chef de la diplomatie britannique interrogé sur la BBC sur la polémique sur les arguments donnés par Washington et Londres pour justifier le conflit.
"Les preuves sont écrasantes", a-t-il estimé avant de se référer à un rapport du chef des inspecteurs des Nations unies Hans Blix datant de mars dernier, qui détaillait les tâches que devaient entreprendre les Irakiens tout en notant que les experts en désarmement n'avaient pas trouvé d'armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires en trois mois et demi d'inspection.
Toutes les preuves dans ce document et la conduite de Saddam Hussein montrent qu'il "posait, effectivement, dans les termes du Conseil de sécurité, une menace pour la paix et la sécurité internationale", a affirmé Jack Straw.
Des membres du Labor de Tony Blair, dont deux anciens membres de son gouvernement, accusent le Premier ministre d'avoir trompé le Parlement. Et le parti conservateur, qui avait fermement soutenu la décision du chef du gouvernement d'entrer en guerre au côté des Etats-Unis, a laissé entendre qu'il pourrait appuyer les appels à une enquête sur le sujet.
"Il y a des questions auxquelles il faut répondre", a déclaré un porte-parole des Tories, Michael Ancram. "Le Premier ministre dit qu'il détient les réponses dans des informations qui n'ont pas été encore rendues publiques. Il doit maintenant présenter ces réponses". AP
sb/v164
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-06-02 10:57:49 PermalienIRAK
Samedi 31 mai 2003
IRAN
Téhéran appelle les musulmans à s'opposer à un gouvernement "US" à Bagdad
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TEHERAN (AFP) - Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei a appelé samedi les pays musulmans à s'opposer collectivement au projet "colonialiste" d'installer un gouvernement "américain" à Bagdad.
"Comme tous les colonisateurs du XIXème siècle, les Etats-Unis essaient d'imposer un gouverneur américain en Irak", a déclaré l'ayatollah Khamenei lors d'un entretien avec le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), Abdelwahed Belkeziz, selon la télévision d'Etat iranienne.
"Les pays musulmans doivent mettre de côté leurs différends sur des questions subalternes et s'opposer collectivement à ce projet", a-t-il ajouté au moment où les Américains dénoncent les ingérences, voire les manoeuvres iraniennes chez son voisin irakien, autre pays majoritairement chiite.
Ces incriminations ne sont pas les seules des Américains à l'encontre de Téhéran : ils l'accusent également, de manière accrue depuis quelques semaines, de donner refuge à des membres du réseau terroriste Al-Qaïda, de chercher à posséder l'arme atomique et d'entraver la paix entre Israéliens et Palestiniens.
"Le monde musulman doit refuser tout gouvernement qui n'aurait pas été élu par les Irakiens eux-mêmes et s'en tenir à ce refus", a exhorté l'ayatollah Khamenei.
"Le principal objectif de ces impudents dans la région, c'est d'attenter à l'islam parce que l'adhésion des hommes et de leur pays à l'islam fait barrage à la domination des exploiteurs sur les pays musulmans", a-t-il ajouté, dénonçant les velléités hégémoniques des Etats-Unis et d'Israël sur le Proche-Orient.
"Les nations musulmanes n'ont pas d'autre choix que de résister aux ennemis de l'islam et cette résistance n'est possible que si les pays musulmans s'unissent", a-t-il insisté.
Parmi les innombrables mises en garde américaines aux Iraniens ces derniers jours, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait prévenu mardi que les Etats-Unis combattraient "fermement" tout projet de "refaire l'Irak à l'image de l'Iran". Il a renchéri jeudi en affirmant que l'Iran tentait d'organiser l'opposition aux forces américano-britanniques en Irak, par des émissions radiophoniques et l'infiltration de Gardiens de la révolution, membres de l'armée idéologique de la République islamique.
Le lendemain, la radio de la coalition américano-britannique s'est alarmée de l'entrée en Irak "d'intégristes sous commandement étranger" avec "des intentions agressives".
Ces informations coïncident avec celles de la presse américaine selon lesquelles le Pentagone envisagerait de fomenter un soulèvement populaire en Iran pour déstabiliser le régime islamique ou de soutenir les Moudjahidine du peuple, opposants iraniens réfugiés pour une grande part en Irak et combattant par les armes les dirigeants religieux de Téhéran.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi a "ri" vendredi des accusations d'ingérence dans les affaires irakiennes. Lui aussi a accusé les Américains de vouloir "priver les Irakiens de leur droit le plus élémentaire, qui est de décider eux-mêmes de leur avenir" et de vouloir "installer un gouvernement américain" à Bagdad.
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-05-31 12:49:04 PermalienETATS-UNIS, IRAN, IRAK
Jeudi 29 mai 2003
IRAK
L'hostilité des Irakiens face aux «occupants» ne cesse de croître :
«C'est le chaos, les Américains doivent partir»
Par Marc SEMO
jeudi 29 mai 2003
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«Ils ne respectent rien. Ils entrent dans les maisons et il y a même eu des hommes fouillés par des soldates.» Un ingénieur de Fallouja Fallouja envoyé spécial
eules quelques tâches noirâtres restent sur le sable au bord de la route, non loin d'un talus couvert de hautes herbes où s'étaient dissimulés les assaillants. L'armée américaine a rapidement enlevé la carcasse calcinée du blindé de transport de troupe, touché mardi vers 2 heures du matin par un tir de lance-roquettes, ainsi que les débris de l'hélicoptère qui s'est écrasé, apparemment par accident, en emportant les corps des deux GI tués et des neufs autres blessés. Les habitants de Fallouja, grosse cité sunnite de 300 000 habitants, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, n'en continuent pas moins de venir voir le théâtre de «l'exploit» de ceux que, presque tous ici, saluent comme des «moudjahidin». «Je ne les connais pas mais je serai honoré d'être l'un d'entre eux et je suis sûr que ces attaques continueront», affirme Ahmed Athir, un jeune fidèle venu d'une mosquée toute proche. «Ils sont la fierté de la ville et de tout l'Irak», renchérit un commerçant qui a arrêté sa voiture pour prendre une photo.
Nouvel attentat. Dans le souk, comme au pied des immeubles cossus du centre-ville, les mêmes mots reviennent : «Les Américains avaient promis d'apporter la liberté et le bien-être. C'est le chaos et ils doivent partir.» Seul le maire, Taha al-Alwani, nommé par les chefs de tribus et les leaders religieux locaux, condamne «ce nouvel attentat, peut-être commis par des gens qui ont tout à perdre de la disparition du régime de Saddam Hussein et qui cherchent à créer l'instabilité». Le bâtiment de la municipalité, gardé jour et nuit par trois blindés américains, évoque un camp retranché.
Abcès de fixation. Fière de ses 85 mosquées, cette ville dont sont originaires 32 hauts cadres du Baas et nombre de sicaires des anciens services de sécurité, reste hostile aux Américains. Des affrontements, qui firent 17 morts il y a un mois dans la population peu après le déploiement américain, les nombreux incidents qui ont suivi, ont fait de Fallouja un abcès de fixation. Mais dans toute cette région, peuplée de tribus bédouines sunnites choyées par l'ancien régime, la haine «de l'occupant» est en train d'exploser. Le QG américain pour le secteur, installé dans un ancien palais de Saddam à Ramadi, est presque quotidiennement la cible de tirs.
Hier, dans la petite ville de Hit, à une centaine de kilomètres plus à l'ouest, des heurts avec des soldats américains qui effectuaient des perquisitions auraient fait, selon la télévision Al Jezira, au moins quatre morts. En périphérie de Fallouja, comme le long de la route menant à Ramadi, s'alignent des centaines de clinquantes villas neuves avec colonnades et portiques néomauresques qui témoignent des largesses accordées par le raïs. Et tout le monde, au travers des réseaux de la tribu, profitait d'une manière ou d'une autre de cette proximité d'avec l'ancien pouvoir. Cas particulier, cette zone, comme Takrit et Mossoul, autres fiefs des proches de Saddam, n'en représente pas moins le contre-exemple de ce que devrait être l'administration américaine provisoire de l'Irak.
«Tout va mal depuis le début et c'est de pire en pire», reconnaît un officier américain de la base avancée, installée à une dizaine de kilomètres de Fallouja dans un ancien aéroport militaire. «Ici, ce sont des gens très spéciaux», précise un sergent de la 82e division aéroportée qui fut la première à entrer dans la ville. Le 28 avril, jour anniversaire de Saddam, des centaines d'habitants de Fallouja manifestaient devant l'école où était installé son détachement pour exiger l'évacuation des lieux. «On voulait que les enfants puissent reprendre les cours», assure un témoin. Des coups de feuÊsont partis de la foule. Les GI ont riposté, faisant une demi-douzaine de morts. «Des baassistes infiltrés avaient cherché la provocation», explique un fonctionnaire municipal. La nuit suivante, l'école était attaquée à la grenade. Les tirs américains faisaient de nouveaux morts.
Hostilité. «La tension depuis n'a pas cessé. Les Américains, pour la faire retomber, auraient dû rapidement rétablir les services de base et l'électricité, mais ils ont d'abord privilégié leur propre sécurité», souligne, amer, le premier citoyen de Fallouja. Jeudi dernier, un blindé était attaqué au lance-roquettes près de la mairie, faisant deux blessés. Les soldats ont tiré, criblant de balles un pick-up «suspect» et tuant deux jeunes, dont l'un devait se marier le lendemain. Le dispositif américain a, depuis, été allégé afin de calmer les esprits mais sans grand succès. Après chaque incident, perquisitions et arrestations alimentent un peu plus l'hostilité de la population. «Ils ne respectent rien. Ils entrent dans les maisons et il y a même eu des hommes fouillés par des soldates», s'indigne un ingénieur. Depuis une semaine, un vieux bédouin attend devant la mairie. Son fils a été arrêté par les Américains : «Je ne sais pas où il est et je ne sais pas ce qu'on lui reproche.».
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-05-29 13:10:53 PermalienETATS-UNIS, IRAK
Mercredi 28 mai 2003
IRAK
Baassistes traqués en Irak
Les sbires de l'ancien régime sont l'objet de règlements de comptes sauvages.
Par Marc SEMO
mercredi 28 mai 2003
«Celui qui a volé une maison devra rendre la maison. Celui qui a assassiné ou fait assassiner devra être mis à mort.» Un militant chiite Bagdad envoyé spécial
Habitué aux toiles de commande pour les hiérarques du défunt régime, le peintre l'a campé martial et rondouillard, regard de braise et moustache drue sur un sourire éclatant. Sa femme a pieusement posé le cadre sur un canapé au fond du salon cossu, là où il aimait s'asseoir juste à côté d'un piano de bois clair. Les murs sont remplis de portraits et de photos, mais ceux où Daoud al-Qaissi posait aux côtés du «Président» ont été enlevés après la chute de Bagdad. Très populaire «crooner» aux mélopées sucrées, il était le chanteur «patriotique» par excellence et régnait sans partage depuis dix-sept ans sur le syndicat des artistes irakiens. Ce jovial quinquagénaire, membre éminent du Baas, a été abattu de cinq balles alors qu'il prenait le frais devant sa villa, le 17 mai. Venu en pick-up, le commando a aussitôt pris la fuite. «Il avait refusé de partir, convaincu de n'avoir fait de mal à personne et sûr de l'amour de son public. Maintenant, j'ai peur pour mes fils car dans le voisinage on murmure que ce sera bientôt leur tour», sanglote la veuve Manal al-Qaissi. Des cousins et des amis armés de Kalachnikov gardent la maison jour et nuit mais cela ne suffit pas à la rassurer.
Mouchards. Quinze jours plus tôt, le responsable de l'ex-parti au pouvoir pour cette zone élégante du centre-ville avait déjà été assassiné dans des circonstances similaires. Si les règlements de comptes contre les notables et les sbires du Baas sont encore rares dans les beaux quartiers, ils se multiplient dans les banlieues, et notamment dans l'ex-Saddam City, entassement de taudis où vivent plus d'un million de Chiites férocement réprimés pendant des années par le régime. «Il y a eu entre 60 et 70 cas de ce genre ces dernières trois semaines et le nombre va en augmentant. Ce sont des gens connus pour être des baassistes ou des mouchards», explique Ali Salman qui travaille aux urgences de l'hôpital Al Qadisiyah, le plus important du quartier.
«Il n'y a pas d'organisation. Ce sont des fidèles qui ont souffert et qui, de leur propre initiative, châtient ces hommes coupables de crimes terribles. Mais la vengeance personnelle est nuisible car elle provoque le chaos», assure le jeune imam Mohamed al-Fartoussi dont les positions et le verbe enflammé séduisent les foules de l'ex-Saddam City. Nombre de Bagdadiens restent en revanche convaincus qu'il s'agit de groupes bien structurés. «Le père des femmes de deux de mes fils qui était réfugié en Iran nous avait averti que mon mari était le numéro 8 sur une liste noire de gens à exécuter mais nous ne l'avions pas cru», assure Manal al-Qaissi, convaincue que le chanteur a été tué «par des Chiites extrémistes».
Riche médecin chrétien sans histoire et sans parti, X (qui souhaite garder l'anonymat) a été enlevé il y a une semaine alors qu'il rentrait de l'hôpital «par un commando de miliciens chiites». Il a une grosse voiture et habite une belle maison dans un quartier qu'affectionnent nombre de notables de l'ancien régime. Il a été interrogé, pas mal secoué, puis finalement relâché au bout de quelques heures après avoir prouvé sa bonne foi. Pour éviter tout nouvel incident ses ravisseurs ont ensuite prévenu les gens aux alentours qu'il avait été victime d'une méprise et qu'il était innocent.
Vide judiciaire. Ces «punitions» sont assez bien accueillies par la population, d'autant que l'appareil judiciaire, qui pourrait sanctionner les coupables de crimes, n'a toujours pas réellement recommencé à fonctionner. «Quand c'est l'affaire de tous, ce n'est celle de personne. Mais il y a heureusement des gens courageux décidés à prendre les choses en main», se félicite un petit commerçant chiite dont le père et deux oncles ont été exécutés lors du soulèvement de 1991.
La tentation de se faire justice soi-même est d'autant plus forte que des millions d'armes sont en circulation. Il y a celles distribuées avant-guerre pour la défense populaire, ou celles pillées dans les dépôts lors de l'effondrement du régime. Kalachnikov et pistolets se vendent sur les marchés. «Chaque famille irakienne en a au moins une. Cela permet aux habitants de se défendre mais aussi aux délinquants remis en liberté par Saddam juste avant la guerre de régler leurs comptes contre les policiers qui les avaient arrêtés», témoigne, résigné, le responsable d'un commissariat près de la rue Palestine. Deux de ses inspecteurs qui venaient de reprendre du service ont été abattus en début de semaine.
Les vengeances restent néanmoins en nombre très limité compte tenu du contexte. Les structures tribales avaient recommencé ces dernières années, encouragées par Saddam à jouer un rôle de plus en plus important dans la société irakienne. Tout crime commis à l'encontre d'un de leurs membres implique de faire payer le sang par le sang. Dans chaque tribu, chaque famille, il y a eu des membres du Baas, des profiteurs du système et des victimes du régime. Une fois lancé, le cycle des violences serait sans fin. Conscient de ce risque, les grands partis chiites comme nombre de religieux essaient de calmer les esprits.
L'association des anciens prisonniers a récupéré des centaines de milliers de dossiers de victimes de la répression. «Nous informons les proches des disparus du sort de leurs parents, de la date d'exécution, du lieu où a été enterré le corps quand nous le savons, mais jamais nous ne les laissons prendre connaissance du contenu des dossiers qui seront donnés au gouvernement quand il y en aura un. Il y a dedans les noms des informateurs, ceux des officiers de sécurité qui ont mené les interrogatoires et prononcé la condamnation à mort. Ils seraient tentés de se venger», explique Settar Jabar, l'un des fondateurs de l'association.
Pestiférés. «Le peuple irakien a déjà trop souffert. Certes, il faut chasser les baassistes de leurs fonctions mais pour le reste ce sera à la justice de punir les crimes commis. Nous savons où habitent ceux qui ont dénoncé nos fils ou nos frères, mais la vengeance ne ferait qu'ajouter au chaos. Ces gens-là ne sont plus une menace. Ils vivent désormais dans la peur comme des pestiférés que la terre comme le ciel refusent», souligne Abou Hamze al-Saidi, professeur et cadre du parti chiite al-Dawa, qui fut pendant des années la cible privilégiée de la répression et dont les «martyrs» se comptent par centaine de milliers. Mais dans de nombreux quartiers de la capitale, les militants chiites veillent, bien décidés à empêcher la fuite des notables du Baas qui ne sont pas partis après l'arrivée des Américains. L'un d'eux confie : «Des enquêtes officielles seront menées mais il faut que justice soit faite. Celui qui a volé une maison devra rendre la maison. Celui qui a assassiné ou fait assassiner devra être mis à mort.».
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:55:40 PermalienIRAK
Dimanche 25 mai 2003
IRAK
Saddam trahi par le chef de la Garde républicaine spéciale
Selon le JDD, Saddam Hussein a été trahi par le chef de la Garde Républicaine spéciale, qui avait ordonné à ses troupes de ne pas défendre Bagdad, suite à un accord avec les Américains.
Mis en ligne le 25 mai 2003
Les forces américaines avaient annoncé le 8 avril, la veille de la chute de Bagdad, à une époque où l'aéroport avait déjà été pris, la mort de Maher Soufiane al-Tikriti, chef de la Garde Républicaine. De fait, lors de son dernier bain de foule dans un quartier non encore occupé par les Américains, -le Journal du Dimanche date cet épisode du 7, mais la plupart des sources le fixent au 9 avril-, Saddam Hussein a affirmé lui-même avoir été "trahi".
L'enquête du Journal du Dimanche se fonde notamment sur des propos récemment tenus par un des responsables de la défense de Bagdad, le général Mahdi Abdallah al-Douleimi sur la chaine publique française France 2. "A ce moment-là (le 4 avril, prise de l'aéroport), nous avions perdu le contrôle de la ville. Nous avons alors demandé des ordres au général Soufiane al-Tikriti : ils étaient de ne pas combattre et de se retirer", expliquait-il. Or, selon le journal qui cite une "source irakienne", le général al-Tirkriti, qui avait "passé un accord" avec les Américains "près d'un an plus tôt" leur assurant que les 100.000 soldats de la Garde ne se battront pas, a été conduit le 8 avril, avec sa famille, à bord d'un C-130 "dans le plus grand secret" vers une base américaine. La nouvelle de sa mort était donc fausse, selon le JDD.
Plusieurs exfiltrations
Le journal cite d'autres "exfiltrations", notamment celle d'un autre parent de Saddam Hussein, Ali Abdel Rachid al-Tikriti, qui "informait les Américains des mouvements de l'armée irakienne", et du commandant des Fedayin de Saddam. Il évoque aussi un officier du Palais présidentiel qui a "livré" aux Américains deux informations sur la localisation de Saddam Hussein : la nuit du 19 au 20 mars, -déclenchement de la guerre- et le 7 avril, dans le quartier al-Mansour. Dans les deux cas, les Américains ont bombardé les lieux, mais le président irakien a échappé à la mort. Cet officier a été liquidé.
Selon le JDD, ces exfiltrations expliquent aussi "pourquoi le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld a toujours misé sur le fait que les Irakiens ne se battraient pas", mais atteste aussi que "le renversement du régime de Saddam Hussein étant programmé, les débats onusiens n'étaient que des gesticulations".
IRAK Raffarin : "La France n'a rien à se faire pardonner"
QUEBEC, 24 mai - 00h10 (AFP) - Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a déclaré vendredi que la France n'avait "rien à se faire pardonner" ou "à raccommoder" pour sa position dans la crise irakienne.
"Nous n'avons pas ni à nous faire pardonner ni à chercher à raccommoder quelque relation que ce soit", a-t-il dit au troisième jour de son voyage officiel au Canada lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre du Québec, Jean Charest.
"Nous avons agi avec conviction dans la tradition de nos valeurs. Nous n'en avons pas aujourd'hui de regrets", a-t-il poursuivi.
Malgré l'opposition sur la guerre en Irak, les Américains restent des "amis", a-t-il ajouté. En adoptant jeudi la résolution américaine levant les sanctions contre l'Irak, la France a montré qu'elle agissait de "manière constructive". "En partenaire loyal, en ami fidèle, nous parlons", a-t-il dit.
La France est aussi tournée "vers l'avenir" et souhaite "le construire autour des valeurs du développement", a ajouté M. Raffarin en soulignant que les Etats-Unis auraient leur rôle à y jouer.
"Ceci se fera avec l'appui des Américains", a-t-il dit. "Notre ambition est l'humanisation de la mondialisation. Ceci ne paraît pas contraire aux convictions de nos amis américains", a-t-il ajouté en évoquant les objectifs du sommet du G8 d'Evian (1-3 juin).
Jean Charest a estimé pour sa part "tout à fait normal" que le Canada - qui s'est opposé comme la France à la guerre en Irak - et les Etats-Unis ne soient pas toujours du même avis.
"Au-delà, il y a des liens tissés très serrés entre nous, comme c'est le cas avec la France. Avec un peu de recul, les gens reconnaissent que les choses vont reprendre leur cours normal", a-t-il estimé.
BAGDAD (AFP) - L'administrateur américain en Irak, Paul Bremer, a annoncé la dissolution des forces armées irakiennes et la réorganisation de plusieurs ministères tandis que Sergio Vieira de Mello a été nommé représentant spécial de l'Onu en Irak.
Brésilien et actuel haut commissaire de l'Onu pour les droits de l'Homme, Sergio Vieira de Mello, 55 ans, a été choisi vendredi par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, selon un diplomate. Il est nommé pour une période initiale de quatre mois et gardera ses fonctions de haut commissaire aux droits de l'Homme.
Sa nomination est intervenue dans le cadre de la résolution 1483 votée jeudi par le Conseil de sécurité pour lever immédiatement l'embargo, à l'exception de celui sur les armes, imposé à l'Irak depuis 13 ans et donner aux forces d'occupation américaines et britanniques la tutelle économique et politique du pays.
En Irak, l'un des adjoints de Paul Bremer a estimé que la dissolution de l'ancienne armée irakienne (360.000 hommes) était "un premier pas vers la création d'une force nationale de défense pour l'Irak libre".
La coalition américano-britannique a aussi décidé d'interdire la possession d'armes lourdes et automatiques en Irak, et exigera des permis pour les armes légères dans un délai de 30 jours.
Elle a lancé un nouvel appel à la population irakienne pour obtenir des informations sur les armes de destruction massive, selon un communiqué en arabe lu à la radio. L'une des principales justifications de la guerre était la possession présumée d'armes prohibées par Saddam Hussein. Aucune trace de ces armes n'a été trouvée dans le pays depuis la chute du régime, le 9 avril.
Les Etats-Unis et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sont en train de régler les derniers détails pour qu'une mission de l'Agence puisse se rendre la semaine prochaine en Irak. Pour Washington, cette mission se fera conformément aux tâches de l'AIEA en vertu du traité de non-prolifération nucléaire et non au titre du désarmement irakien.
L'agence américaine USAID, qui coordonne l'aide à la reconstruction, a annoncé que le port de la ville d'Oum Qasr (sud) était passé sous administration civile. Le port, la principale entrée pour les navires cargo y compris d'aide humanitaire, est "maintenant officiellement placé sous l'administration de la société Stevedoring Services of America (SSA), conformément à un contrat octroyé par l'USAID".
Dans la capitale américaine, la commission du Renseignement de la Chambre des représentants a demandé à la centrale de renseignement américaine (CIA) de "réévaluer" la qualité du renseignement américain concernant les armes de destruction massive en Irak et ses liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda.
"La levée des sanctions imposées à l'Irak est un pas décisif pour aider le peuple irakien à retrouver une vie normale", a affirmé M. Bremer dans un communiqué diffusé par l'Office de reconstruction et d'aide humanitaire (ORHA).
Bien que la résolution 1483 comporte des "points positifs", elle reste "insuffisante", a estimé le ministre égyptien de l'Information, Safouat al-Chérif, cité par l'agence officielle égyptienne Mena. Selon lui, la résolution ne va pas remédier au "chaos et à la destruction" entraînés par "l'occupation de l'Irak".
Pour l'envoyé spécial britannique en Irak, John Sawers, Bagdad est "loin derrière le reste du pays" concernant le rétablissement de l'eau et de l'électricité qui est plus lent que dans les autres villes irakiennes.
La résolution américano-britannique levant les sanctions contre l'Irak a été adoptée jeudi matin par tous les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies, à l'exception de la Syrie qui n'a pas participé au vote. • Henny Ray Abrams (AFP - jeudi 22 mai 2003, 16h40)
«Les Américains travaillent dur mais ils sont lents. (...) Ils nous aident mais nous devons attendre et voir.» Le maire de Mossoul
a coalition américano-britannique a décidé d'offrir une récompense à quiconque fournira des informations permettant l'arrestation d'anciens responsables du parti Baas en Irak. Citant hier un décret publié par les forces de la coalition, la radio précise que «la population aura la possibilité de toucher des récompenses financières en contrepartie d'informations permettant l'arrestation de hauts membres du parti Baas ou des complices dans des crimes perpétrés par l'ancien régime». La radio, qui n'a pas précisé le montant de ces récompenses, rappelle par ailleurs qu'«il est interdit d'exposer dans les bâtiments gouvernementaux ou les places publiques des photos ou des statues de Saddam Hussein ou d'autres membres connus de l'ancien régime».
Baassistes écartés. Le nouvel administrateur américain pour l'Irak, Paul Bremer, a déjà publié vendredi un décret interdisant à tous les hauts responsables du parti Baas de travailler dans la fonction publique, une mesure susceptible de frapper de 15 000 à 30 000 membres de ce parti. Ce décret prévoit aussi que les baassistes suspectés d'actes criminels seront interrogés et, le cas échéant, emprisonnés ou placés en résidence surveillée. Au pouvoir à Bagdad depuis 1968, le Baas contrôlait tout l'Irak par le biais de ses cellules disséminées dans le pays, à l'exception des provinces kurdes du Nord, qui se sont soustraites à l'autorité du régime en 1991. Par ailleurs, Paul Bremer a déclaré hier que Washington n'envisageait pas de retarder la mise en place d'une autorité irakienne de transition, prévue pour les semaines à venir, comme l'avait annoncé le New York Times vendredi.
A Mossoul, l'un des principaux lieux d'extraction pétrolière dans le nord de l'Irak, où il s'est rendu hier pour sa première tournée en province, Paul Bremer a notamment rencontré le nouveau maire, Ghanim al-Basso, à la tête d'une ville pluriethnique et multiconfessionnelle. Le maire s'est déclaré favorable à la politique de Bremer consistant à écarter tous les anciens membres du parti Baas au pouvoir sous l'ancien régime de Saddam Hussein. Mais il a également répercuté les doléances des habitants, inquiets des lenteurs dans la restauration de la loi et de l'ordre : «Les Américains travaillent dur, mais ils sont lents. [...] Ils nous aident mais nous devons attendre et voir.» Mossoul avait été le théâtre d'un des incidents les plus meurtriers de l'après-guerre entre manifestants et forces américaines, qui s'était soldé par la mort de vingt Irakiens.
Retour à l'école. A Bagdad, Carol Bellamy, patronne de l'Unicef, a plaidé hier pour une rapide réouverture des établissements scolaires dans le pays, élément de stabilité chez l'enfant : «La situation dans les écoles est mauvaise, mais, avec un peu d'aide, les élèves pourront revenir, et j'espère qu'autant d'enfants que possible passeront les examens de fin d'année.» Elle a aussi annoncé que son organisation allait lancer une campagne pour fournir du matériel éducatif et des stages de formation aux enseignants, et aider à la remise en état des écoles pour les six prochains mois. L'Irak, qui compte 8 000 établissements scolaires, en «aurait besoin de 5 000 de plus», a-t-elle dit.
Plus qu'une défaite, ce fut une débandade. Officiers ou soldats, Gardes républicains ou miliciens du Baas, ils ont subi l'humiliation d'une armée en déroute. Cinq semaines plus tard, ils racontent
D'abord, un mot : "humiliation". Le lieutenant-colonel Adnan C. le répète à plusieurs reprises, comme si la franchise et l'autocritique avaient soudain valeur de thérapie au pays du mensonge-roi : oui, la défaite de l'Irak restera à ses yeux une "humiliation". Ce mot est sa blessure de guerre ; en le prononçant, il paraît soudain fragile, ce colosse aux épaules de lutteur, fils et petit-fils de militaire. Bien sûr, il avait conscience des faiblesses de son camp - on ne passe pas vingt ans dans une armée sans en connaître les failles - mais, de là à imaginer pareil affront... Aujourd'hui encore, alors qu'une patrouille de GI passe sous les fenêtres de la maison où nous le rencontrons, cet officier de 42 ans ne comprend toujours pas comment l'Irak a pu s'incliner sans résister ou presque.
Et ils sont comme lui des centaines de milliers à travers le pays : militaires, gardes républicains, miliciens baasistes, rescapés d'une armada en déroute... Chacun à leur façon, ils ont été des acteurs du conflit. Les récits qu'ils en font, nécessairement subjectifs, aboutissent tous au même constat : plus qu'une défaite, ce fut une débandade.
Le jeudi 20 mars, quand les premières bombes de la coalition s'abattent sur Bagdad, le lieutenant-colonel Adnan C. se trouve au nord, près de Kirkouk. Il dirige alors trente-deux techniciens affectés à la maintenance des chars T55 de fabrication soviétique. Il y en a 150 dans ce secteur, mais Adnan C. ne se fait pas d'illusions : ces "vieilleries" des années 1950 n'ont aucune chance face aux Américains.
"Il fallait s'en contenter, regrette-t-il. Comme le pouvoir se méfiait de l'armée, suspectée de comploter, le meilleur matériel était attribué aux gardes républicains. Ils disposaient de T72, des modèles plus récents -fin des années 1980-..."
A Kirkouk, les troupes de la Garde sont disposées de façon à protéger l'armée, dont l'action est avant tout défensive. Entre l'une et l'autre, les relations sont quasiment inexistantes. Ce cloisonnement pénalise la coordination et nourrit bien des frustrations. Les gardes font figure de privilégiés. On les dit mieux équipés, mieux nourris, mieux payés. Il est vrai, et le lieutenant colonel C. le reconnaît, qu'ils sont souvent en première ligne. L'absence de soutien aérien constitue, selon lui, une autre faiblesse : il juge "insensé" de lutter avec "seulement" 300 avions. "La défaite était inévitable, assure-t-il, même un enfant ne pouvait croire à la propagande annonçant l'extermination des Américains. Mais il était de notre devoir de défendre le pays. Je dis bien le pays, et non Saddam." Après quelques jours de guerre, Adnan C. est malgré tout surpris d'apprendre que les "agresseurs" sont malmenés dans le Sud, à Bassora et Nassiriya.
Cette dernière ville dispose d'une base aérienne où le général d'aviation Issam H. vient de passer dix-huit mois avec 200 hommes. Dès l'après-midi du 21 mars, ils ont vu arriver des chars américains. Puis, en début de soirée, les combats ont éclaté. Dans la nuit, alors que les bombardements redoublaient d'intensité, le général H. et une dizaines d'autres officiers se sont repliés vers le centre-ville. Depuis, la bataille fait rage... Des miliciens baasistes et des fedayins de Saddam prêtent main forte aux militaires. Le général est optimiste. "Cette résistance était encourageante, confirme-t-il. Il y avait de nombreuses victimes, mais des renforts devaient arriver." L'attente durera treize jours. Les renforts ne viendront pas : "Les routes étant coupées, ils ne pouvaient pas nous rejoindre. Le 3 avril, j'ai quitté Nassiriya avec quatre officiers. Habillés en civils, nous avons essayé de rejoindre Bagdad par des routes de campagne. J'étais convaincu que la capitale résisterait."
LE général se trompe, et avec lui bien des combattants du Sud. Privés d'information, ils n'ont aucune idée des pertes humaines et matérielles dans le reste de l'Irak. Ils ne mesurent pas non plus, ou refusent de reconnaître, l'état de déliquescence de l'armée et de la Garde républicaine. Les deux principales forces du pays, dont les effectifs totaux seraient de 410 000 hommes et 625 000 réservistes, peinent à entretenir l'illusion : l'équipement est obsolète, la peur gagne les rangs, les problèmes de communication sont insolubles. Pis, les signes de renoncement se multiplient...
Près de Tagtag (Nord), le caporal Thamer M. ne veut pas mourir pour Saddam. Voilà trois ans et demi que ce jeune homme au sourire facile effectue son service national au sein de la division d'infanterie Al-Soumoud et, même s'il aime son pays, il souhaite sa défaite. A cause du régime. A cause du passé, aussi : la mort de son père, lors de la guerre contre l'Iran, est une inguérissable blessure d'enfance. Ils sont des milliers dans ce cas en Irak, orphelins des années 1980 devenus - à contrecoeur - la "chair à canon" de Saddam. Le fait que Thamer soit chiite, comme la majorité de ses camarades, renforce sa haine du pouvoir sunnite. Enfin, il y a l'armée, cette machinerie vieillissante dont il connaît désormais les rouages... A Tagtag, la ration quotidienne se limite à deux petits pains. Les soldats doivent acheter en ville de quoi survivre. Mais avec quel argent ? Quand il était à Bassora, la solde de Thamer était de 5 000 dinars par mois, soit 2,5 euros. En février, il a été augmenté de 3 500 dinars. A peine de quoi manger à sa faim... Les officiers, eux, n'ont pas tant de soucis : la corruption les a enrichis. Le système est bien rodé : pour échapper au service, le tarif est de 40 000 dinars par mois. Chaque officier a ainsi sous sa coupe une dizaine de "protégés".
En théorie, ils devraient être présents puisque leurs noms figurent sur les listes, mais ils sont en fait chez eux. "Avant la guerre, se souvient le caporal, les chefs ont essayé de rameuter les gars. Inutile de dire qu'ils ne sont pas venus ! Sur un effectif de 500 hommes, nous étions 300. Et encore, pas pour longtemps..."
Tandis que Bagdad se prépare à ce qui doit être LA bataille, l'heure est à la débâcle du côté de Tagtag. Redoutant des sanctions, les gradés se montrent pourtant scrupuleux : ils refusent les "enveloppes" des candidats à la désertion ! Ceux-ci décident alors de fuir en pleine nuit, par groupes de trois ou quatre. "Ça a commencé le 25 mars, se souvient Thamer. Les officiers avaient beau répéter qu'ils encouraient la peine de mort en cas d'arrestation, il y avait des dizaines de gars en moins chaque matin. Et le général s'est barré dans les premiers ! Nous les détestions, ces gradés... Ils ont filé un à un. Un soir, des copains m'ont proposé de les suivre, mais j'ai refusé. Je n'avais plus que trois semaines à tirer et je ne voulais pas prendre de risques. Sur 300, nous avons fini à 50..."
En ce début du mois d'avril, les déserteurs se comptent par milliers sur les routes d'Irak. Abandonnant armes et uniformes, ils partent à pied ou à bord de véhicules militaires dont ils ont effacé la peinture kaki. La Garde républicaine n'échappe pas au phénomène. A Sowera, au sud-est de Bagdad, les hommes de la 2e division rêvent aussi de rentrer chez eux. C'est le cas de Mithak, jeune homme de 23 ans, timide au possible. Avant la guerre, il travaillait dans un centre d'écoutes téléphoniques, à espionner les communications des "éléments destructeurs", kurdes au Nord et chiites au Sud. Puis le conflit a éclaté, le bâtiment a été détruit. Depuis, Mithak et près de 400 autres gardes s'entassent par groupes de huit dans des abris souterrains. Combattre est inutile : ils n'ont que des kalachnikovs à opposer à l'aviation ennemie.
Les journées sont longues. Ils chantent, prient, discutent. Il leur arrive même de blaguer sur Saddam. Oui, Saddam, le dictateur que nul n'osait critiquer trois semaines plus tôt. Dans tout le pays, soldats et officiers se libèrent peu à peu. Les confidences sur le président, réservées d'ordinaire à un cercle d'initiés, deviennent plus franches.
Mithak et ses copains le haïssent, ce tyran : n'est-ce pas de sa faute s'ils sont dans ce cercueil de béton ? Chaque soir, les bombes font trembler les murs, la flamme de leur lampe à pétrole s'éteint. Ils ont peur. "Nous avons guetté la mort pendant dix-sept jours, confie Mithak. Mes copains sont partis un à un. Soit ils demandaient une courte permission et ne revenaient pas, soit ils filaient en douce. Moi, j'avais la trouille d'être exécuté... Le 5 avril, quelqu'un a tiré au kalach sur un appareil ennemi. Evidemment, c'était une connerie ! Les Américains nous ont repérés. Ils ont commencé à tracer des cercles dans le ciel. Ceux qui restaient, une cinquantaine, ont déguerpi à temps."
De retour dans son quartier, dans la banlieue sud de Bagdad, Mithak apprend que trois étrangers y ont trouvé refuge : des jeunes fedayins syriens. Comme quelques milliers d'autres Arabes, ils sont en Irak au nom du djihad (guerre sainte). La relative passivité de leurs "frères" irakiens est pour eux une désillusion : ils les imaginaient en héros, ils les découvrent en déserteurs. "J'ai eu du mal à leur expliquer qu'ils s'étaient trompés en soutenant ce régime qui n'en valait pas la peine, se souvient Mithak. Ils ignoraient tout de notre pays. J'ai dû leur dire que les Irakiens, sans être favorables aux Américains, refusaient de mourir pour Saddam. C'était la vérité. A peine 20 % des gardes républicains ont combattu !" Et si tout cela n'était qu'une fausse reculade destinée à attirer l'ennemi dans la capitale ? Les Américains ont pris l'aéroport (4-5 avril), la Garde républicaine ne leur a opposé qu'une résistance limitée, et les voici aux portes de la cité.
Là, au moins, les fidèles du régime sont prêts au combat. La Garde spéciale, autre unité d'élite, surveille les palais présidentiels. Quartier par quartier, les milices baasistes sont en position. Des armes ont été distribuées, des galeries souterraines creusées. A Saddam City, le faubourg chiite, Kasim K. s'attend à ce qu'il appelle la "bataille des rues". Cet homme de 44 ans, technicien dans une centrale électrique, est un cadre local du parti. Tous les habitants du secteur connaissent son visage anguleux, son regard noir ; il est de ceux qui contrôlent, inspectent, sanctionnent. En théorie, 1 200 baasistes sont sous ses ordres. A l'en croire, ils se battront moins pour Saddam que pour échapper aux représailles (les "lâches" encourent l'exécution) et préserver leurs privilèges. Lui-même ne s'en cache d'ailleurs pas : ses fonctions au Baas lui assurent un revenu mensuel de 300 000 dinars (150 euros).
Le mardi 8 avril est une journée décisive. Kasim dirige alors la "division d'urgence" de Saddam City, unité mobile d'une quinzaine d'hommes, armés de grenades et de kalachnikovs. Ils ont pour mission de surveiller la population et d'engager dès que possible la fameuse bataille des rues. Mais, en parcourant la capitale, Kasim comprend vite que celle-ci est mal engagée : plus l'ennemi progresse, moins ses compatriotes se battent. "C'était la pagaille absolue, se souvient-il, nous recevions des ordres contradictoires, des informations erronées. Des lieux de regroupement avaient été prévus pour les différentes forces armées, mais nous étions moins nombreux à chaque fois, de plusieurs milliers à quelques dizaines en moins de vingt-quatre heures !" La débandade touche aussi l'hôpital militaire de Rachidia : sur les 40 médecins, il n'en reste que trois.
A 18 heures, Kassim se rend à Saddam City, où sont réunis quelques dizaines de miliciens et d'agents des services de renseignement. "A ce moment-là, raconte-t-il, il s'est produit un incident décisif. Une voiture rouge s'est approchée. Un homme en est sorti. Il a tiré un coup de feu en l'air. Ce devait être un signal puisque les types des services se sont envolés comme une nuée de moineaux ! Alors, j'ai compris que c'était terminé. Avec le recul, je suis persuadé que tout a basculé plus tôt dans l'après-midi de ce même 8 avril, vers 15 heures. C'est à ce moment-là, d'après moi, que Saddam a quitté le pouvoir." Le lendemain, la chute de sa statue, place du Paradis, officialisera la capitulation.
Aujourd'hui encore, cinq semaines après la fin d'une guerre dont le bilan humain ne sera sans doute jamais connu, tous ceux qui y ont participé cherchent leur place dans l'Irak incertain de l'après-Saddam.
Le lieutenant-colonel Adnan C., dont les chars T55 n'ont finalement pas servi, est devenu commerçant ; il garde en mémoire la terrible vision de trois amis soldats déchiquetés par une bombe "US". Le général d'aviation Issam H., qui a dû attendre d'être à Bagdad (le 7 avril) pour prendre conscience de l'échec, espère trouver un emploi de chauffeur ; il regrette que ses compagnons de Nassiriya soient morts pour "rien". Thamer et Mithak, le caporal et le garde républicain, n'ont plus la moindre ressource. Quant à Kasim, l'ancien milicien, il a repris ses fonctions à la centrale électrique et veut espérer que son passé ne lui vaudra pas d'ennuis : "Je n'ai fait de mal à personne, assure-t-il. C'est la dictature qui voulait cela. Elle ne tenait que par la terreur, l'argent, le mensonge. Chacun de nous avait peur de celui qui était au-dessus de lui. Voilà peut-être pourquoi tout s'est effondré si facilement..."
Philippe Broussard
Catégorie : Autres Sujet(s) uniforme(s) : Conflits armés; Défense nationale et armée Taille : Long, 1638 mots
WASHINGTON (AP) - L'administration américaine pense avoir retrouvé la majeure partie du milliard de dollars (environ 880 millions d'euros) retirés par Saddam Hussein de la banque centrale irakienne peu avant le début des bombardements sur Bagdad.
Selon des responsables du Trésor américain, 950 millions de dollars ont été découverts par les forces de la coalition dans 191 boîtes cachées dans différents palais de la capitale irakienne.
Le 18 mars dernier, Qoussai, le fils cadet de Saddam Hussein, avait ordonné aux employés de la banque centrale irakienne de mettre l'argent retiré dans 236 boîtes et de charger ces dernières dans trois semi-remorques.
Les employés avaient alors placé des certificats d'identification d'opérations dans les boîtes. Les forces de la coalition ont retrouvé ces certificats lorsqu'elles ont découvert les boîtes.
Les troupes américaines sont toujours à la recherche des 45 autres boîtes. Selon des responsables du Trésor américain, les enquêteurs américains vérifient le contenu des boîtes après avoir interrogé les employés de la banque centrale irakienne ayant participé à l'opération du 18 mars.
"Nous avançons dans la découverte de fonds et de l'argent retiré", a déclaré jeudi John Taylor, sous-secrétaire au Trésor américain. Il a ajouté que l'argent et les biens du régime irakien retrouvés depuis la chute du régime de Saddam Hussein seront probablement utilisés pour la reconstruction de l'Irak. AP
IRAK Irak: découverte d'une fosse commune à Kerbala
KERBALA, Irak (AP) - Des volontaires armés de pelles ont commencé à creuser vendredi dans une fosse commune de la ville sainte chiite de Kerbala, dans le sud de l'Irak. C'est le troisième charnier découvert dans le pays depuis le début de la semaine.
Les restes de 45 corps ont été exhumés du site, proche du tombeau sacré de l'imam Hussein, petit-fils de Mahomet. Un millier de personnes étaient rassemblées, criant que "le sang des innocents ne s'effacera pas. Les criminels devraient être jugés!" ou "Mort aux membres du parti Baas" au pouvoir du temps de Saddam Hussein.
Les chiites, qui représentent 60% des 26 millions d'Irakiens, ont été persécutés et opprimés par le régime de Saddam Hussein, dominé par les sunnites. Mais beaucoup en veulent aux Etats-Unis de les avoir laissé tomber dans leur révolte en 1991 après les avoir incités à se soulever. La répression a fait des milliers de morts.
A Mahawil, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, environ 3.100 restes de corps de personnes tuées après la révolte de 1991 ont été retrouvés. Quant au charnier découvert près de Bassorah, dans le sud, il pourrait contenir les restes d'environ 150 chiites tués après une autre rébellion, en 1999. AP
Découverte en Irak d'un charnier de plus de 3.000 corps
HILLAH, Irak (AP) - Quelque 3.000 corps ont été découverts dans un charnier dans un village du centre de l'Irak, qui daterait de la répression de la révolte des chiites en 1991 contre Saddam Hussein, ont annoncé des responsables mercredi.
Des centaines de personnes venant des villages voisins observaient les excavations à Hillah derrière une barrière de barbelé alors que des restes étaient retirés du champ puis enveloppés dans des sacs de plastique, des draps ou des couvertures. Certains des crânes avaient encore des cheveux et selon les responsables des fouilles, ils appartiennent probablement à des femmes.
Au cours des neuf derniers jours, les équipes qui se relaient ont retiré plus de 1.500 restes non identifiés, a dit Amir Choumri, un représentant du gouverneur de Hillah, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, en charge de l'opération.
Par ailleurs, 719 corps ont été identifiés principalement grâce aux documents découverts sur eux. "Quelque 20% d'entre eux ont été enterrés vivants, parce qu'ils n'avaient pas de blessures par balles, mais leurs mains étaient attachées et ils portaient un bandeau sur les yeux", a dit Choumri.
Rafed Husseini, un médecin dirigeant une équipe locale d'hommes chargés de creuser, a déclaré que plus de 3.000 cadavres avaient été repérés ou extraits.
Tout suggère que cette fosse commune est la plus grande découverte en Irak depuis le renversement du régime le mois dernier par les forces américaines. Deux jours plus tôt, un charnier avait été repéré près de Bassorah (sud), la deuxième ville du pays. Il contiendrait jusqu'à 150 corps de chiites tués après une rébellion en 1999.
Les organisations humanitaires estiment que de nombreuses fosses communes parsèment le territoire. Peter Bouckaert, chercheur pour Human Rights Watch, basée à Londres, évalue à au moins 200.000 le nombre de personnes disparues en Irak ces dix dernières années. Et de critiquer Washington, qui n'a pas envoyé d'experts légistes à Hillah, laissant les villageois se débrouiller et effacer de nombreuses preuves pouvant servir à de futurs procès.
"Ils veulent creuser eux-mêmes", affirme le capitaine David Romley des Marines, arrivé mercredi pour protéger le site dont son unité n'aurait entendu parler que deux jours plus tôt. Les Marines devraient aussi apporter de l'eau et des vêtements de camouflage pour protéger les villageois des brûlures du soleil.
A Londres, Entifadh Qanbar, porte-parole du Congrès national irakien (CNI), proche des Américains, a déclaré que quatre charniers étaient explorés près de Hillah et qu'ils pourraient contenir environ 15.000 corps -chiffre plus élevé que celui avancé par les organisations humanitaires. AP
UN MOIS APRES LA CHUTE du régime de Saddam Hussein, l'ayatollah Mohammad Baqer Hakim (qui vivait depuis vingt-trois ans en exil en Iran) est rentré hier en Irak, où il a été accueilli par des dizaines de milliers de fidèles chiites à Bassora. « Le peuple irakien est capable de bâtir un nouvel Irak sans l'aide d'un autre pays, capable d'assurer la sécurité. Ils doivent laisser l'Irak aux Irakiens », a-t-il lancé, dès son retour, à l'adresse des Américains et des Britanniques, dont les forces assument désormais le rôle de « puissances occupantes » en Irak. Une « république islamique » sur le modèle iranien « Oui, oui à l'islam », scandait d'ailleurs la foule de ses partisans, rassemblés dans le grand stade de Bassora, en ponctuant chaque phrase de son discours de nombreux « Allah Akbar » (Dieu est grand). Un retour triomphal qui n'est pas sans rappeler celui de l'ayatollah Khomeyni à Téhéran, en février 1979, après son exil en France, à Neauphle-le-Château. Leader de l'Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (Asrii), qu'il fonda en Iran dès 1982, l'ayatollah Hakim ne cache pas son ambition d'imposer, demain, un pouvoir musulman dans un pays où les chiites représentent plus de 60 % de la population. Le chef religieux, qui a prévu de se rendre dès ce dimanche dans sa ville natale de Nadjaf, puis dans les prochains jours à Karbala, l'autre ville sainte de l'islam, et enfin à Bagdad est en effet favorable à l'instauration en Irak d'une « république islamique » sur le modèle iranien. Et, pour atteindre son but, avec la secrète complicité de Téhéran, l'ayatollah se dit prêt à défier les Américains. D'ores et déjà, il a ouvertement laissé entendre qu'il ne participerait pas au « gouvernement intérimaire » que les Américains s'emploient à mettre sur pied à Bagdad, même si son propre frère, Abdel Aziz al-Hakim (rentré le 16 avril dernier en Irak) représente l'Asrii au « Conseil des cinq » (regroupant les principaux opposants à Saddam) considéré par les Etats-Unis comme le « noyau dur » de la future autorité intérimaire. Qualifiant le régime déchu de Saddam de « dictatorial » et de « raciste », l'ayatollah Hakim a publiquement reconnu hier que les Irakiens jouissaient désormais « d'une certaine liberté », avant d'ajouter aussitôt : « Mais celle-ci n'est pas complète parce qu'il y a des forces étrangères qui limitent notre action. » Les Américains auront d'ailleurs tout fait pour retarder le plus possible le retour de cet ayatollah encombrant qui, avant de quitter Téhéran, avait redit vendredi que « l'avenir de l'Irak appartient à l'islam ».
BASSORA (IRAK), HIER. L'ayatollah Mohammad Baqer Hakim (qui vivait depuis vingt-trois ans en exil en Iran) a été accueilli par des dizaines de milliers de fidèles chiites.
e premier à se présenter au micro, l'ambassadeur pakistanais, président en exercice du Conseil de sécurité, n'a lâché que quelques mots. «C'est un texte très complet, il faut l'étudier de près.» Quelques minutes plus tard, son homologue angolais a préféré «ne pas faire de commentaires», à l'image du représentant bulgare ou mexicain. Tout juste si l'ambassadeur chilien glissait qu'il fallait «adopter une attitude constructive».
Prudence et modération. C'est un peu ce qui dominait, vendredi, avant la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la résolution américaine sur l'après-guerre en Irak. Depuis des semaines, les diplomates s'interrogaient sur le rôle que l'administration Bush allait bien vouloir allouer à l'ONU après son offensive. Présenté officiellement vendredi, après avoir circulé à New York dès jeudi, le projet de résolution de Washington livre une réponse assez claire : un rôle minimum. Tout en réclamant la levée des sanctions commerciales con tre l'Irak et la suspension d'ici quatre mois du programme «Pétrole contre nourriture», le document demande surtout à l'ONU «d'endosser» la prise du contrôle de l'Irak par les puissances occupantes (Etats-Unis, Grande-Bretagne) pour au moins un an. Londres et Washington ont d'ailleurs fait parvenir une lettre à l'ONU pour affirmer «leur responsabilité de gouvernement» en Irak.
«Partie délicate». Pourtant, on ne sent guère souffler le vent de la révolte à New York. Comme si l'ONU, après avoir étalé toutes ses divisions avant la guerre, n'avait d'autre solution que de retrouver son unité dans la reconstruction de l'Irak. «Les Nations unies jouent une partie délicate», résume Warren Haffar, spécialiste des relations internationales à Arcadia University, «elles ne peuvent pas se permettre d'être exclues de ce qui se passe à Bagdad, mais l'organisation doit faire face à une puissance qui a gagné la guerre sans elle et qui veut dicter les termes de son engagement.»
Dans ces conditions, tout le monde s'accorde à dire que le Conseil de sécurité aura «une marge de manoeuvre réduite» dans les débats sur la résolution qui vont se tenir à New York dans les jours qui viennent. Et, pour l'instant, les craintes de marginalisation de l'ONU se font surtout entendre dans les commentaires de couloir. «Certes, si on lit le texte, l'ONU est reléguée à des fonctions subalternes, avec tout le pouvoir de décision concentré à Washington, confie un diplomate, mais il faut voir où vont mener les discussions.»
Revenus irakiens. D'ores et déjà, les diplomates précisent qu'ils vont soumettre des «questions» à leurs homologues américains. Au centre des interrogations, le fonctionnement du fonds d'assistance à l'Irak, censé gérer les revenus irakiens notamment pétroliers et qui est placé sous l'autorité des «puissances occupantes». Il sera bien supervisé par un conseil d'administration où figurera un représentant de l'ONU, mais avec des pouvoirs qui restent vagues. Même chose pour le «coordinateur spécial de l'ONU» qui, selon le texte, aura principalement des fonctions humanitaires et ne fera que «travailler» avec Washington pour établir un futur gouvernement irakien intérimaire.
A l'évidence, tout cela ne peut guère satisfaire la France et la Russie, toutes deux opposées à l'intervention militaire et qui disent depuis des semaines vouloir placer l'ONU au coeur de l'après-guerre. Paris s'était prononcé pour une simple suspension des sanctions, afin d'étudier le délicat sujet de la gestion du pétrole, et Moscou insistait sur le fait que les inspecteurs de l'ONU constatent le désarmement de l'Irak avant de lever l'embargo. Le projet américain, cosponsorisé par la Grande-Bretagne et l'Espagne, ne fait pas même mention des experts et place le secteur pétrolier sous contrôle américain. A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, s'est contenté de rappeler la nécessité d'un «rôle central» des Nations unies, sans commenter la résolution.
Partenariat potentiel. «En réalité, beaucoup dépendra de l'attitude des Américains, assurait, vendredi, une source onusienne, s'ils se montrent ouverts et sont prêts à faire certaines modifications, alors tout est envisageable.» Dans les couloirs, un représentant de Washington soulignait «que les Etats-Unis veulent un partenariat potentiel» avec l'ONU sur la reconstruction irakienne.
A la sortie des consultations, Jeremy Greenstock, l'ambassadeur britannique, estimait que «la résolution ne peut pas répondre à tous les problèmes de l'Irak et elle devrait servir à ouvrir un débat afin de déterminer la meilleure solution pour le peuple irakien».
Dossier. L'Irak côté femmes. L'avenir s'éclaircit pour les femmes irakiennes. Bagdad, reportage de notre envoyée spéciale.
ROTIVEL Agnès
L'Irak n'est pas l'Afghanistan des talibans. Les femmes irakiennes n'ont pas subi, heureusement, le même sort que les Afghanes. Mais la laïcité irakienne, tant invoquée par les Occidentaux comme un signe de modernité pour justifier de leur soutien au régime de Saddam Hussein, ne résiste pas à l'examen des faits. « La question des femmes et leur combat ont surtout été utilisés pour la propagande extérieure du régime, écrit Françoise Brié de l'Alliance internationale pour la justice. Avec efficacité d'ailleurs, puisqu'il s'est toujours trouvé d'ardents défenseurs du régime de Saddam Hussein pour lesquels ses centaines de milliers de victimes restaient un détail au regard de ses prétendues « avancées » en faveur des femmes. » Il faut en fait distinguer : d'abord le début de ce régime, quand la prospérité économique due au développement de l'activité pétrolière a enrichi le pays, ouvrant la voie à une modernisation commencée en fait dès la fin de la monarchie ; et puis la période couvrant la guerre Iran-Irak (1980-1988) jusqu'à la chute du régime il y a un mois, marquée par un retour en arrière favorisant des valeurs claniques et tribales où le rôle de la femme fut inexistant. L'encouragement de la polygamie pour répondre aux problèmes sociaux créés par le grand nombre de veuves, la tolérance du régime à l'égard des crimes d'honneur, les décapitations sous prétexte de prostitution, le déclin du système éducatif : autant d'exemples de ce retour en arrière. Plusieurs lois votées en faveur des femmes, et favorisant leur participation au développement national, ou établissant des droits égaux en matière d'éducation, de santé ou d'emploi, n'ont pas été appliquées. Ou alors elles étaient réservées à une minorité soutenant le régime. Les associations de femmes, les syndicats et les journaux sont restés sous le contrôle du gouvernement.
Le constat est là : la société civile a été laminée, gommant les acquis qui avaient fait de l'Irak un pays moderne. La liberté retrouvée pourra peut-être aider les femmes irakiennes à reconstruire une société qui leur garantirait enfin l'égalité, la liberté, la paix et la prospérité auxquelles elles aspirent.
Agnès ROTIVEL
Dossier. L'Irak côté femmes. L'avenir s'éclaircit pour les femmes irakiennes. Nour, du parti Baas à l'islam. Bagdad, reportage de notre envoyée spéciale.
ROTIVEL Agnès
« Je dors et je mange. C'est tout. Je ne fais rien d'autre de toute la journée. » Nour al Chalabi est nerveuse. Dans le salon de la maison paternelle, les rideaux sont tirés. Il fait sombre. La vie de toute la famille semble s'être arrêtée le jour où le régime de Saddam Hussein est tombé. La mère de Nour travaillait pour le parti Baas. Autant dire qu'aujourd'hui, elle ne sort plus et se demande de quoi sera fait son avenir. La tension est perceptible. « Je ne suis pas heureuse. Je vois un avenir très sombre. Politiquement, c'est un désastre, estime Nour. Je ne sais pas si notre président avait raison ou tort. Mais il était courageux. Au fond, sa grosse erreur a été d'envahir le Koweït. Il aurait dû faire ses excuses et l'affaire en serait restée là. Même si au plus profond de nous, Irakiens, nous pensons que le Koweït méritait d'être envahi... »
Nour est une jeune fille de 28 ans. Sa mère l'a élevée dans l'idéologie baasiste des années 1970, laïque et moderne. Sa fille devait faire des études et exercer un métier. Nour, élève brillante, a donc étudié les mathématiques appliquées à l'université Saddam de Bagdad. Puis elle a poursuivi avec un diplôme d'ingénieur chimiste à l'université de technologie. Douée, la jeune femme peint, et a appris le français toute seule. Moderne et coquette, elle porte un pantalon, un tee-shirt moulant, et son maquillage soigné est relevé d'un rouge à lèvres éclatant. Mais, curieusement, depuis 1993, Nour porte le foulard. Non pas noir et opaque, mais un voile léger et sexy qui laisse deviner de beaux cheveux. Depuis un an, sa mère aussi le porte, et son père a fait le pèlerinage à La Mecque en 1999. « Avant, quand je sortais, je portais des jupes courtes... » Maintenant, Nour ne laisse voir ni ses jambes ni ses bras. « C'est plus facile, dit-elle, d'évoluer dans cette société vêtue de cette façon. »
La jeune fille a ainsi fait un virage à 180 degrés par rapport aux principes dans lesquels elle a été élevée. Est-ce dû au poids d'une société qui, sous l'effet de la guerre, de l'embargo et des privations, s'est réfugiée dans l'islam ? Ou au rejet de valeurs imposées par une mère autoritaire ? Un peu des deux probablement. « Le précédent gouvernement n'était pas très religieux, dit-elle encore. Mais un prêtre de Mossoul m'a dit : si tu crois, fais ce qu'il faut pour cela, tu sais ce dont tu as besoin. »
Pourtant, la mère de Nour n'appréciait pas qu'elle porte le foulard. Elle lui a même proposé de lui offrir de l'argent pour qu'elle l'enlève. « Tu es si jolie, qui voudra de toi si tu te caches sous un voile ? », lui disait-elle. Née sous le régime de Saddam Hussein, dans une société laïque, fille sunnite de la nomenklature baasiste, Nour a subi les pressions d'une société qui, sous l'effet de la guerre et de l'opportunisme de son président, s'est fortement islamisée.
Le chaos, dans sa tête, est à l'image de ses propos confus et contradictoires. Elle a déjà dépassé l'âge minimum (25 ans) où une femme doit passer de la tutelle du père à celle de son mari. « Ma mère s'est mariée à 29 ans, alors j'ai de la marge », dit-elle pour se rassurer. Nour voudrait se trouver un mari musulman, chiite ou sunnite. Pourtant, elle n'est pas prête à se marier avec le premier venu. Elle travaille depuis quatre mois dans une société commerciale libanaise. Elle aime son job et voudrait poursuivre une carrière pour, dit-elle, « avoir ma propre individualité et être indépendante financièrement, car c'est une forme de liberté ». Pourtant, en Irak, c'est l'homme qui décide si sa femme peut travailler ou non : « J'apprécierais que mon futur mari comprenne... »
« Si l'Irak devient une République islamique, conclut Nour, je crois que la société sera meilleure. Nous vivrons avec la conscience claire de ce que l'islam peut nous apporter. » Porter le tchador à l'iranienne ? Nour n'y voit pas d'inconvénient. « C'est une protection contre ceux qui vous veulent du mal, dit-elle, il ne faut pas heurter les gens. »
Ancien officier de l'armée, Hind, 50 ans, quatre enfants, gynécologue-obstétricienne est une Iraquienne éduquée. Elle suit toujours des études, en deuxième année à l'Institut de fécondation in vitro et d'embryologie. « L'augmentation des cas de tuberculose, l'utilisation de bombes à uranium appauvri et le stress causé par la guerre ont rendu beaucoup de couples stériles, dit-elle. C'est un réel problème. » Hind déplore la baisse de qualité de l'enseignement. « Quand j'étais jeune, l'éducation était importante. Le niveau général était bon. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les professeurs sont si mal payés qu'ils ne travaillent que pour donner des cours privés. »
· l'heure actuelle, Hind travaille à l'hôpital public Al-Jarrah, à Bagdad. « Les patients sont pauvres, ils n'ont souvent pas de quoi payer un accouchement. Nous vivons une période difficile, avec un déficit de médecins dans les hôpitaux et le manque d'électricité qui complique les opérations. On est tributaire des générateurs. » Sa retraite de l'armée lui permet de toucher une pension d'un peu moins de 75 dollars. Hind travaille aussi dans une clinique privée pour arrondir ses fins de mois car son mari, professeur, est sans travail. Très religieuse, Hind porte par choix le hijab (grand voile couvrant). « Quand j'étais à l'armée, je me suis battue pour cela. C'était très mal vu. Mais ces dix dernières années, le régime encourageait les femmes à le porter. Allez comprendre pourquoi ce revirement ». Oui, bien sûr, l'avenir de Hind et des siens est encore très flou mais, « ce ne sera pas pire que ce que nous avons vécu. »
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Thikra veut à tout prix rattraper le temps perdu. S'appesantir sur le passé ne sert à rien, semble dire cette femme de 40 ans, sportive, qui ne nie pas les souffrances passées mais est surtout pressée de retrouver ses passions. Au premier rang desquelles le parachutisme. « Depuis la guerre du Golfe, dit-elle, les terrains d'aviation ont tous été mobilisés pour l'armée. Les avions et l'équipement sont vétustes. Je ne pouvais plus pratiquer mon sport favori. » Ce matin-là, Thikra est venue à la Maison des écrivains et artistes de Bagdad, afin de participer à l'élection du président de cette association, longtemps dominée par des membres du Baas.
L'autre activité de Thikra, elle aussi mise en veilleuse pendant ces douze dernières années, est le théâtre et le cinéma, où elle exerçait la profession de maquilleuse. « Comme je ne voulais pas travailler pour des productions commandées par le gouvernement, mon activité a été réduite ces dernières années. » Son mari, écrivain, s'arrangeait avec la censure omniprésente en publiant des histoires pour enfants.
Grande et svelte, petites lunettes fines, les yeux bordés de Khôl, Thikra a de grands projets pour l'avenir, comme si le rideau qui l'empêchait de voir l'avenir venait de se déchirer : recommencer à sauter en parachute et reprendre des études supérieures à l'Académie des beaux-arts, quand les bâtiments brûlés et pillés pendant la guerre seront rouverts. Depuis que sa candidature au Parlement a été refusée (en 1995), parce qu'elle n'était pas membre du parti Baas. Thikra reste disponible, dit-elle, « pour aider les femmes à retrouver leur place dans une société dont elles ont été largement écartées ».
« La dernière fois que j'ai vu ma soeur et ses enfants, c'était. il y a vingt-cinq ans. » La vie de Hanaa, la cinquantaine, a été une succession de départs sans retour. Très jeune, cette militante du Parti communiste irakien s'engage pour l'avancement du statut des femmes. En 1972, elle représente les Iraquiennes à la conférence de Berlin. Compte tenu de ses activités politiques, elle ne peut pas rentrer en Irak. Premier exil de trois ans en Syrie, puis au Kurdistan d'Irak où, de 1985 à 1988, Hanaa s'engage auprès des Peshmergas pendant la guerre contre l'Iran.
Après le bombardement à l'arme chimique des Kurdes à Halabja par le régime et le cessez-le-feu signé entre Bagdad et Téhéran (juillet 1988), Hanaa repart en Syrie (à Damas), où elle participe à la création de l'organisation non gouvernementale (ONG) Al-Amal. Elle se mobilise en 1991 et porte assistance aux Irakiens du Sud, lors du soulèvement chiite contre le régime. En 1996, elle s'installe au Kurdistan d'Irak. Dans cette zone protégée par l'aviation anglo-américaine, Al-Amal crée des hôpitaux, des cliniques, des écoles, reconstruit et développe des activités pour les femmes. C'est sur ce plan que Hanaa, de retour en Irak non kurde, va concentrer ses activités.
« Avant la mainmise du Baas sur le pouvoir, dit-elle, les femmes pouvaient s'exprimer dans notre pays. Elles avaient un rôle inédit dans les pays arabes. » Après l'indépendance de 1932, la première juge irakienne a ainsi été nommée en 1938. Au début des années 50, les femmes ont obtenu le droit de vote et, avant la révolution de 1958 (qui a mis fin à la monarchie), « une loi sur la famille » a interdit la polygamie, sauf autorisation du juge. En 1959, l'Irak avait une femme ministre. En 1962, la Ligue des femmes iraquiennes est créée. Jusqu'en 1963, elles portaient l'abaya, voile leur couvrant non seulement le corps mais aussi le visage. Après le second coup d'état baasiste du 17 juillet 1968, dans un geste symbolique de leur libération, elles l'ont brûlée. Mais tout bascule dans les années 70, lorsque le régime dirigé par Saddam Hussein « baasise » les institutions : la Fédération iraquienne des femmes, l'Union nationale des étudiants iraquiens, tout est passé à la moulinette du parti au pouvoir. Le régime nomme alors une Iraquienne du Baas à la tête de la Fédération nationale des femmes, qui devient pendant vingt et un ans un outil de propagande au service du régime. « Ces femmes sont coupables d'avoir servi le pouvoir », poursuit Hanaa qui se souvient de leur rôle pendant la guerre Iran-Irak. « Elles participaient activement aux fouilles des maisons par les forces de sécurité à la recherche de déserteurs. C'est elles qui étaient chargées de rameuter la foule pour assister aux exécutions publiques. Elles ont dénoncé d'autres femmes et sont responsables de leur détention. »
Pour Hanaa, les années Saddam sont de ce fait responsables de la régression du statut des femmes irakiennes. « L'oppression du régime et la peur qu'il engendrait ont poussé nombre d'entre elles vers la religion musulmane, où elles ont trouvé un refuge ». Le port du hijab, de plus en plus fréquent, leur assure selon elle cette « protection morale » que le pouvoir n'assurait plus auprès de son peuple.
Hanaa, qui s'est réinstallée définitivement à Bagdad, a déjà pensé aux premières mesures à prendre pour assurer aux femmes iraquiennes la « dignité, l'égalité de leurs droits et la paix ». « Elles doivent retrouver une voix dans la société », dit-elle. Pour cela, Hanaa ne compte pas sur les partis politiques, « organisations devenues machistes » et où, même à la direction du Parti communiste, les femmes n'ont plus aucun rôle, mais bien plutôt sur les ONG. Au moins au début, elle estime nécessaire d'imposer des quotas de femmes au Parlement, par exemple : sinon, « au vu de l'état de la société, repliée aujourd'hui sur des valeurs tribales et claniques, aucune femme n'aura de chance d'être élue députée ».
Hanaa acceptera-t-elle de travailler avec l'administration civile américaine ? « Non, c'est une question de crédibilité, dit-elle, car les États-Unis occupent notre pays. » Partager des informations, les rencontrer ? « Oui, peut-être, mais nous devons rester indépendantes. Et puis, la société est totalement déstructurée et il faut reconstruire l'être humain. Cela prendra du temps, mais je suis optimiste, nous y arriverons. »
Les principaux points de la résolution américano-britannique sur l'Irak
NATIONS UNIES (AP) - Voici les principaux points du projet de résolution sur l'Irak que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne vont soumettre vendredi aux membres du Conseil de sécurité, et dont l'Associated Press a obtenu copie:
-Mettre fin au contrôle de l'ONU sur les revenus de l'industrie pétrolière. L'argent du pétrole ira à un "Fonds d'assistance irakien" contrôlé par les Etats-Unis et les Britanniques, pour aider à financer la reconstruction. Un corps international, auquel appartiendront le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, et des représentants du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, aura le pouvoir de contrôler le Fonds.
-Autoriser les Etats-Unis et les Britanniques à administrer l'Irak pour une période d'au moins 12 mois, automatiquement reconduite à moins d'une décision du Conseil de sécurité. Leur rôle serait de restaurer la sécurité et de favoriser la prospérité des Irakiens, pendant la mise en place d'une administration intérimaire sous l'égide des Irakiens, des deux pays et d'un coordinateur de l'ONU. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne assument leur autorité spécifique et leur responsabilité en tant que puissances occupantes.
-lever l'embargo économique imposé par le Conseil de sécurité après l'invasion du Koweït par l'Irak. L'embargo sur les armes est maintenu.
-faire disparaître progressivement en quatre mois le programme pétrole contre nourriture, mais permettre aux Nations unies de jouer un rôle vital sur le plan humanitaire et de la sécurité.
-demander à Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, de désigner un coordinateur spécial pour travailler avec les autorités britanniques et américaines, ainsi qu'avec les Irakiens pour restaurer la sécurité et établir un gouvernement permanent. Le coordinateur s'occupera de la fourniture d'aide humanitaire, du retour des réfugiés, de la reconstruction, des droits de l'homme, des réformes légales et judiciaires, de la reconstruction de la police irakienne.
-appeler à condamner le précédent régime irakien pour ses crimes et ses atrocités.
-appeler à poursuivre la suppression des armes de destruction massive et des missiles balistiques du pays. AP
IRAK L'armée américaine lance un ultimatum aux Moudjahidine du peuple en Irak
BAGDAD (AP) - L'armée américaine a lancé vendredi un ultimatum aux membres des Moudjahidine du peuple opérant en Irak, exigeant qu'ils déposent les armes sous peine d'essuyer une attaque.
Par ailleurs, des responsables du département américain du Trésor ont annoncé vendredi avoir localisé les principaux coffres de la Banque centrale irakienne à Bagdad, qui auraient semble-t-il échappé aux pillages.
Sous couvert de l'anonymat, des officiers du Ve corps de l'US Army à Bagdad ont révélé que des membres des Moudjahidine du Peuple, un groupe d'opposition iranien qui opérait depuis le territoire irakien avec la bénédiction de Saddam Hussein, avaient été encerclés par les forces arméricaines au nord-est de Bagdad.
Les Moudjahidine du peuple disposent de plusieurs camps près de Baqbah, à 70km de Bagdad. Les troupes américaines se préparaient à des opérations de combat à grande échelle, mais négociaient encore vendredi avec les membres du groupe, précisait-on de même source.
Les Etats-Unis ont signé le 15 avril un accord de cessez-le-feu avec le groupe, l'autorisant à conserver ses armes pour se défendre contre des attaques soutenues par l'Iran. A l'époque, le département d'Etat américain avait qualifié cet accord de "prélude à la reddition du groupe".
Mais ces derniers jours, des informations faisant état d'accrochages à des barrages routiers aux environs de Bagdad ont laissé supposer que le groupe joue toujours un rôle armé actif dans la région, que les Etats-Unis pourraient percevoir comme un défi à leur autorité en tant que puissance militaire occupante.
Dans le passé, les Etats-Unis ont décrit les Moudjahidine du peuple comme une organisation terroriste. Dans les années 70, une série d'attentats qui ont tué plusieurs personnels civils et militaires américain travaillant à des projets de défense en Iran lui ont été imputé, même si le groupe a démenti prendre pour cible des Américains. Il aurait soutenu la prise de l'ambassade américaine à Téhéran en 1979 avant de rompre avec le gouvernement iranien. Téhéran dénonce une politique américaine trop tolérante selon eux vis à vis des Moudjahidine du Peuple. AP
La famille Hussein est passée à la banque La famille Hussein aurait retiré 900 millions de dollars de la banque centrale irakienne avant les bombardements américains. - L'administateur civil, Jay Garner, évoque un "noyau d'autorité" de cinq personnes au plus. - La presse russe accuse l'ancien Premier ministre Primakov d'avoir touché de l'argent de Saddam Hussein. - La gestion de trois aéroports internationaux confiée à une société américaine.
Saddam Hussein (AP)
Saddam Hussein a retiré 900 millions de dollars en espèces de la Banque centrale irakienne peu de temps avant le début des bombardements américains sur Bagdad, selon Washington.Lire l'article
- Le président du CICR estime que "la puissance occupante" doit faire davantage pour assurer le rétablissement de la sécurité. Lire l'article
- Jay Garner estime qu'un "noyau d'autorité" irakien, un groupe de cinq responsables ou plus, est en train d'émerger. Lire l'article
- La presse russe accuse mardi l'ancien Premier ministre russe Evguéni Primakov d'avoir protégé les intérêts de Saddam Hussein contre de l'argent. Lire l'article
- Un plan pétrolier devrait être dévoilé la semaine prochaine, selon le directeur de gestion du ministère irakien du Pétrole. Lire l'article
- Considérée comme la spécialiste de l'ancien régime irakien en matière d'armes chimiques et biologiques, surnommée "madame microbes", Houda Saleh Mahdi Ammach a été arrêtée par l'armée américaine. L'institut Pasteur de Lille l'avait reçue comme stagiaire durant six semaines en 1989. Lire l'article
- Les ministres de l'Intérieur et de la Justice du G8 se sont réunis à Paris lundi pour faire le point sur la lutte contre le terrorisme et la coopération judiciaire. Ils affirment que la menace terroriste reste "réelle" et "toujours présente". Lire l'article
- Les spécialistes de la police et les experts en art sont réunis au siège d'Interpol à Lyon pour tenter de se doter de moyens permettant de récupérer les antiquités pillées dans les musées irakiens. Lire l'article
- L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a attribué lundi un contrat à la société américaine "Skylink Air and Logical Support" pour la gestion de trois aéroports internationaux du pays. Lire l'article
- Les Carnets de Bagdad, de Jean-Paul Mari. Lire l'article
- La guerre jour par jour depuis le 20 mars. Lire l'article
- Pour mieux comprendre les événements : une sélection d'articles et de sites, d'informations et de commentaires pour suivre la guerre autrement. Lire l'article