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Publié le lundi 2 juin 2003

Lundi 2 juin 2003

ISRAEL
AFP Général Général; International, lundi 2 juin 2003 Dix colonies sauvages, tout au plus, pourraient être démantelées (responsable) JERUSALEM (AFP) - Le gouvernement israélien envisage de démanteler "tout au plus" dix colonies sauvages (sur plus de cent créées depuis 1996), a annoncé lundi le vice-ministre de la Défense Zeev Boim. "La question d'un démantèlement ne se pose que pour les points d'implantation clairement illégaux et il ne dépassent pas le nombre de dix", a déclaré le ministre à la radio militaire. "Il s'agit d'implantations construites sans permis et qui ne l'ont pas reçu a posteriori" a-t-il précisé, laissant clairement entendre que les autres colonies sauvages ne seraient pas démantelées. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a envisagé dimanche le démantèlement de certaines colonies sauvages israéliennes dans les territoires palestiniens à l'issue du sommet d'Aqaba (Jordanie), qui doit se tenir mercredi prochain. "Il se pourrait bien que nous démantelions des implantations illégales" à l'issue du sommet, a déclaré M. Sharon lors du conseil des ministres hebdomadaire. Il devrait faire une annonce à ce sujet à l'issue du sommet d'Aqaba, lors duquel il rencontrera le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et le président américain George W. Bush. M. Sharon, qui a été le grand maître d'oeuvre de la colonisation juive tout au long de sa carrière politique et militaire, et qui a même encouragé en 1996 la création de colonies sauvages, s'efforce de parvenir à un accord à l'amiable avec les représentants des colons, selon des sources proches de la présidence du Conseil. Il leur propose d'accepter le démantèlement de certains points de colonisation, pour la plupart inhabités, en échange de la légalisation d'autres, selon ces sources. Ces projets ont été dénoncés par différents représentants palestiniens, notamment par le député Zyad Abou Zyad, qui a accusé lundi à la radio militaire le gouvernement Sharon d'agir en sous-main avec les colons en "démantelant ici où là des colonies factices, érigées pour la galerie". En acceptant le plan de paix international baptisé "feuille de route", Israël s'est toutefois en principe engagé à démanteler tous les points de colonisation établis depuis l'entrée en fonctions du premier gouvernement Sharon, en mars 2001. La "feuille de route" exige en effet le "démantèlement des points de colonisation établis depuis mars 2001". Le mouvement israélien La Paix Maintenant, opposé à la colonisation des territoires palestiniens (considérée comme illégale par la communauté internationale), évalue à 62 ou 63 le nombre de points de colonisation sauvages, habités ou non, érigés depuis mars 2001. Au total, 116 points de colonisation sauvages ont été créés depuis 1996, selon les chiffres de La Paix Maintenant. Certains sont présentés comme des "fermes", les autres comme de simples quartiers de colonies existantes, bien que parfois distantes de plus de deux kilomètres de la colonie mère et la plupart ont reçu a posteriori l'aval des autorités. Les mouvements de colons ont appelé à manifester mercredi soir à Jérusalem contre la "feuille de route" et contre les projets de démantèlement de colonies sauvages. Des rabbins de colonies ont quant à eux stigmatisé le Premier ministre de droite dans un communiqué. "Comme sont tombés nos héros!", écrit en citant un verset biblique le "comité des rabbins de Judée-Samarie-Gaza" (Cisjordanie et Gaza) qui regroupe les rabbins les plus radicaux, accusant M. Sharon de "livrer à l'étranger des parties de notre terre sacrée". Quelque 220.000 colons sont installés dans environ 160 colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sans compter les 12 quartiers de colonisation érigés à Jérusalem-est conquise et annexée depuis 1967, où vivent plus de 200.000 Israéliens. ms/tq tf Catégorie : Actualités Sujet(s) uniforme(s) : Frontières et territoires; Politique extérieure et relations internationales Sujet(s) - AFP Général : PO; sommets; Israël; colonies Heure de publication : 07:53 GMT Taille : Moyen, 421 mots © 2003 AFP. Tous droits réservés. Doc. : 20030602AF0FRS198_153_095324

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:16:30
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Lundi 2 juin 2003

CAMBODGE
La Croix TELEVISION-MEDIAS, lundi 2 juin 2003, p. 24 Cambodge. Les Khmers rouges face à leurs victimes. Un procès international enfin en vue. Six hauts responsables khmers rouges pourraient bientôt être jugés, grâce à un accord conclu entre l'ONU et le gouvernement royal du Cambodge après sept ans de pourparlers. Phnom penh, de notre correspondant. SCHWAB Philippe Vingt-quatre ans après la chute du Kampuchéa démocratique, l'espoir renaît au Cambodge de voir les ex-dirigeants khmers rouges, responsables de la mort de deux millions de personnes entre 1975 et 1979, répondre enfin de leurs crimes devant le justice. Au terme de sept ans de pourparlers mouvementés, les Nations unies et le gouvernement royal sont parvenus, le 17 mars dernier, à un projet d'accord sur la création de deux chambres extraordinaires à caractère international destinées à les juger dans le pays. Ce projet, soutenu notamment par la France, vient d'être adopté par l'Assemblée générale de l'ONU et devrait l'être dans les prochaines semaines par le Parlement cambodgien. « Le procès pourrait débuter dans moins d'un an : nous avons déjà réuni une masse considérable de documents et de témoignages », affirme Youk Chhang, directeur du Centre de documentation du Cambodge, qui se bat depuis 1995 « pour que cesse l'impunité » des anciens dirigeants khmers rouges. « Il faut qu'ils comparaissent pour que toute la lumière soit faite sur cette époque, et que les Cambodgiens puissent enfin faire leur deuil et tourner la pag.e » Pol Pot étant décédé en 1998, six responsables, tous septuagénaires, sont aujourd'hui susceptibles d'être jugés. Quatre d'entre eux vivent en liberté. Khieu Sampan et Nuon Chea, ancien chef de l'État et « frère nø 2 » du « KD », coulent une retraite paisible à Pailin, non loin de la frontière thaïlandaise. Le « frère nø 3 » Ieng Sary et sa femme Khieu Tirith, belle-soeur de Pol Pot, mènent grand train dans la somptueuse villa qu'ils se sont fait construire à Phnom Penh, après avoir obtenu un pardon royal en 1996. Seules deux personnalités sont aujourd'hui en prison : Ta Mok, dit « le Boucher », et Kang Kek Ieu, alias Douch, l'ancien patron de S 21. « Je veux comprendre la raison de ces massacres » Si tout le monde s'accorde sur cette liste d'accusés, des organisations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International et Human Rights Watch, ont d'ores et déjà récusé le compromis juridique adopté par l'ONU et le gouvernement de Hun Sen : selon elles, cette formule, qui prévoit une majorité de juges cambodgiens au sein des deux chambres extraordinaires, « ne permettra pas d'obtenir un procès crédible ». « Cet accord n'est pas parfait, mais l'important est que le procès ait lieu, et le plus rapidement possible : les ex-dirigeants sont vieux et nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas les juger. L'avenir du Cambodge en dépend », estime Youk Chhang, qui souhaite que la population soit « très largement associée à la procédure ». Un avis que partage Kong Sothanarith, jeune journaliste phnompenhois de 32 ans, qui a perdu son père et quatre frères et soeurs sous le régime khmer rouge : « Je veux comprendre la raison de ces massacres infligés par des Khmers à d'autres Khmers. Ce procès est vital pour les survivants, mais aussi pour les nouvelles générations qui ne veulent pas croire à ce qui s'est passé », dit-il. Le procès, dont le coût a été évalué à 16 millions d'euros par l'ONU, pourrait durer de trois à cinq ans. Philippe SCHWAB Catégorie : Arts et culture Sujet(s) uniforme(s) : Cours et administration de la justice; Droits et libertés Sujet(s) - La Croix : KHMER; VICTIME; DOCUMENTAIRE; PROCES Lieu(x) géographique(s) - La Croix : CAMBODGE Nom(s) propres(s) : PANH Rithy Société(s) : ONU Type(s) d'article : CRITIQUE FILM Taille : Moyen, 414 mots © 2003 la Croix. Tous droits réservés. Doc. : 20030602LC0030602LC_inx084

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:05:00
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Lundi 2 juin 2003

CHINE
International, mardi 3 juin 2003, p. 3 La Chine n'est plus révulsée par le "club des riches" Pékin de notre correspondant La Chine est-elle en train de réviser sa doctrine diplomatique ? Forte de sa montée en puissance économique, serait-elle sur le point de recadrer ses relations avec les grands de ce monde au point d'envisager d'intégrer à terme le club ? En ayant accepté l'invitation de Jacques Chirac de venir à Evian participer "en marge" du sommet à un dialogue Nord-Sud, le nouveau président chinois Hu Jintao crée un précédent. Dans l'orthodoxie de Pékin, le G8 n'était autre qu'un "club de riches" auquel la Chine, "pays en voie de développement" posant volontiers en porte-parole du Sud, n'avait aucune raison de s'associer. Du reste, le gouvernement chinois avait déjà décliné de nombreuses invitations qui lui avaient été adressées ces dernières années. A Evian, Hu Jintao n'est certes que l'un des douze représentants du Sud, ce qui relativise la portée de sa présence. Le ministère chinois des affaires étrangères ne cesse de répéter qu'il n'y a aucune inflexion dans les options diplomatiques du pays à l'égard du G8. Mais l'annonce de la présence de Hu Jintao à Evian a alimenté un débat dans la presse chinoise qui témoigne d'un évident flottement sur le sujet, voire esquisse une révision doctrinale. De nombreux "experts" ont fait savoir qu'il était peut-être temps de porter un regard moins dogmatique sur le G8, l'essentiel pour la Chine étant de défendre ses "intérêts d'Etat" quitte à prendre ses distances avec les référents idéologiques - le tiers-mondisme - du passé. L'affaire est bien sûr compliquée car les "intérêts d'Etat" imposent aussi à la Chine de jouer sur son identité de pays en développement, notamment sur les questions du commerce international où Pékin tente d'obtenir des dérogations pour freiner le rythme d'ouverture de son marché intérieur. On l'a bien vu dans les négociations sur son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), où son statut de pays du tiers-monde a été maintes fois invoqué pour contrer les exigences américaines. Toutefois, l'interdépendance économique avec l'Ouest - surtout avec les Etats-Unis, qui absorbent le quart de ses exportations - s'est à ce point renforcée que les "intérêts d'Etat" de la Chine la poussent simultanément à resserrer le dialogue stratégique avec les pays riches. La thèse très hétérodoxe qui tend à apparaître est que la seule Organisation des nations unies n'est pas nécessairement une panacée. Dans un article intitulé "Le monde a besoin de pays super puissants", le bihebdomadaire Huanqiu shibao (qui appartient au groupe du Quotidien du peuple, organe du comité central du Parti communiste) écrit ainsi dans son édition du 16 mai que "l'ONU a besoin des puissances pour l'escorter et maintenir sa dignité". Cette idée qu'il faille relativiser le rôle de l'ONU - que la Chine défendait jusque-là si âprement en qualité de membre permanent du Conseil de sécurité - est reprise dans plusieurs organes de presse chinois. La dernière édition - 30 mai - du Huanqiu shibao l'explicite nettement. "Le G8 n'est plus aujourd'hui le "club des pays riches" qu'il était sous la guerre froide, écrit le bihebdomadaire. Le moment est venu d'y entrer. L'adhésion de la Chine au G8 va accélérer le processus de multipolarisation de la scène mondiale." C'est un "dégât collatéral" de la guerre d'Irak : la Chine a perdu foi dans le multilatéralisme onusien et amorce son ralliement à une vision oligarchique des relations internationales. Frédéric Bobin

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 14:00:25
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Lundi 2 juin 2003

EUROPE
La réforme de la Commission pourrait être renvoyée à 2009 LE MONDE | 02.06.03 | 13h41 • MIS A JOUR LE 02.06.03 | 16h17 Face au blocage des travaux de la Convention par un groupe de pays emmené par l'Espagne et le Royaume-Uni, qui refusent toute réforme en profondeur de l'Union, Valéry Giscard d'Estaing veut faire accepter un calendrier progressif. Bruxelles de notre bureau européen Mieux vaut une réforme tardive que pas de réforme. Le président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, a convaincu, samedi 31 mars, son présidium de ne faire entrer en vigueur la réforme de la Commission, qui sera pléthorique après l'élargissement, qu'en novembre 2009. Chaque pays enverrait comme prévu un représentant à la prochaine Commission, qui entamera son mandat de cinq ans à l'automne 2004. Ce n'est qu'après que ses effectifs seraient réduits à quinze, comme l'a proposé M. Giscard d'Estaing fin avril. Cette concession signifie de facto que les équilibres institutionnels négociés à Nice fin 2000 resteraient inchangés jusqu'à la fin de la décennie. Sans réforme de la Commission, le Parlement européen, dont le mandat est parallèle à celui de la Commission, ne devrait pas voir sa composition révisée avant les élections de 2009. De même l'entourage de M. Giscard d'Estaing estime peu probable que la modification de la procédure de vote au conseil des ministres, qui avait été envisagée par le présidium, entre d'ici là en vigueur. M. Giscard d'Estaing cherche à se gagner les bonnes grâces des pays de l'Est. Ces Etats tiennent à envoyer un représentant à la Commission, qui sera, selon eux, leur meilleur ambassadeur à Bruxelles et ne veulent pas changer juste après leur adhésion les règles du jeu fixées par le traité de Nice, qu'ils sont en train de faire approuver par référendum. Mais, objectera-t-on, pourquoi accepteraient-ils demain ce qu'ils refusent aujourd'hui ? Le traité de Nice prévoit de réduire la taille de la Commission lorsque l'Union aura atteint 27 membres. Ce chiffre devrait être atteint en 2007 avec l'admission de la Roumanie et de la Bulgarie, ce qui laisse peu de chance de conserver le principe "un commissaire par Etat" au-delà de 2009. Les pays candidats le savent. La concession de calendrier sur la réforme de la Commission a pour but essentiel de briser la coalition des partisans du statu quo, qui bloque la Convention en ne voulant pas revenir sur l'équilibre des pouvoirs fixé à Nice. Ce front conservateur, qui réunit les principaux pays ayant pris le parti des Etats-Unis dans la crise irakienne, est emmené par l'Espagne. Elle est soutenue par le Royaume-Uni, qui sape les avancées de la Convention avec l'aide des eurosceptiques de toujours, comme le Danemark et la Suède, ou de conversion plus récente, comme l'Irlande. En bougeant sur la Commission, M. Giscard d'Estaing entend faire basculer en sa faveur les pays de l'Est. Certains l'ont bien compris. "John Bruton -le représentant du Parlement irlandais au présidium- était fou furieux. Il sait que sa démagogie auprès des petits pays candidats ne fonctionnera plus", se réjouit l'entourage de M. Giscard d'Estaing. PROBLÈMES D'ARITHMÉTIQUE Ce dernier doit rencontrer, mercredi, séparément, les représentants des gouvernements, des Parlements nationaux et du Parlement européen. Il espère trouver un écho plus favorable qu'auprès des représentants des Etats et des Parlements nationaux qui siègent au présidium, notamment s'agissant de l'Espagne, du Danemark, du Royaume-Uni, de l'Irlande ou de la Slovénie. Si la Convention se déchire sur des problèmes d'arithmétique, c'est qu'elle a peu progressé sur le fond. "La crise irakienne a tué la Convention, car elle a montré que dès qu'il y avait un vrai sujet, les Européens n'avaient pas d'unité, résume le conventionnel eurosceptique William Abitbol. Au début, la Convention devait donner à l'Europe une politique nouvelle, les affaires étrangères. Mais comme finalement il n'y a rien de nouveau à se partager, les gens se crispent sur leurs avantages acquis." Le rôle du futur ministre des affaires étrangères de l'Union s'annonce étriqué. Il n'est plus question que ses propositions, lorsqu'elles seront présentées de concert avec la Commission, soient adoptées à la majorité qualifiée. L'expérience irakienne a montré, selon M. Giscard d'Estaing, que les pays mis en minorité ne se plieraient pas à la décision de la majorité. Les Conventionnels n'ont pas renoncé à le faire revenir sur cette décision. Pour permettre à l'Europe de progresser plus tard, certains souhaitent, à l'instar du commissaire français Michel Barnier, que la Constitution permette aux institutions d'évoluer. Ainsi, il voudrait qu'à terme, la Commission et le Conseil européen puissent être présidés par une seule personne, mais n'a pas obtenu gain de cause. La Constitution prévoit aussi la possibilité de créer un procureur européen. Mais il faudra l'unanimité des Etats membres, ce qui rend ce mouvement illusoire. "C'est plus une promesse qu'une décision", tempère l'entourage de M. Giscard d'Estaing. Les principales avancées concrètes qui devraient rester concernent la défense et l'économie. Les pays qui le souhaitent pourront créer une Europe de la défense, ce qu'interdisait Nice, tandis que les membres de la zone euro pourront décider de coordonner plus fortement leurs politiques économiques et d'avoir un représentant de leur monnaie sur la scène internationale. La Convention, qui devait doter l'Europe élargie des moyens de fonctionner, semble surtout ouvrir la voie à la création rapide d'un noyau dur. Arnaud Leparmentier • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.06.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:37:19
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Lundi 2 juin 2003

BUSH
M. Bush fait une leçon sans concession aux Européens LE MONDE | 02.06.03 | 13h38 • MIS A JOUR LE 02.06.03 | 15h51 A Cracovie, il oppose sa vision de la lutte antiterroriste à celle des pays du "camp de la paix". Cracovie (Pologne) de notre envoyé spécial Au premier jour de son voyage en Europe, George Bush a choisi un lieu riche en symboles pour opposer, sans la moindre concession, sa vision du combat contre le terrorisme à celle des gouvernements qui s'étaient rangés dans le "camp de la paix" face à l'Irak. Dans la grande cour du château de Wawel, à Cracovie, samedi 31 mai, le président américain a reçu les encouragements de son hôte polonais, Alexandre Kwasniewski, qui a exalté la "solidarité des nations face au mal" et réaffirmé l'engagement de la Pologne aux côtés des Etats-Unis. Victime des deux totalitarismes du siècle dernier, la Pologne incarne la renaissance de l'Europe centrale, depuis la chute du communisme, et sa gratitude envers les Etats-Unis. Cracovie, qui témoigne de l'ancienneté de l'histoire polonaise, est la ville de Jean Paul II, auquel M. Bush a rendu un hommage appuyé, sans mentionner son opposition à la guerre. A 40 kilomètres de là, le camp d'extermination d'Auschwitz, que M. Bush a visité, atteste du crime perpétré en Europe entre 1939 et 1945 et des souffrances du peuple juif. Tel est l'arrière-plan sur lequel le président américain a exposé les "intentions" des Etats-Unis à l'égard de l'Europe. L'Amérique, a dit M. Bush, veut une Alliance atlantique forte, pour "assurer notre sécurité, faire avancer la liberté humaine et maintenir la paix dans le monde". S'adressant à Jacques Chirac, sans le nommer, M. Bush a déclaré que la Pologne n'a pas fait, dans l'histoire, un chemin si long et si difficile "pour s'entendre dire qu'elle devait maintenant choisir entre l'Europe et l'Amérique". Ce propos visait l'admonestation du président français aux futurs membres de l'Union européenne qui avaient signé, fin janvier, avec les premiers ministres britannique, italien et espagnol, notamment, une déclaration approuvant la position américaine au sujet de l'Irak. LA "COMBINAISON MORTELLE" Pour M. Bush, s'il n'y a pas similitude, du moins y a-t-il continuité entre les combats d'hier contre le nazisme et contre le communisme et ceux d'aujourd'hui contre la "combinaison mortelle" de groupes terroristes, d'Etats "hors la loi" et d'une"idéologie de puissance et de domination", qu'il n'a pas désignée de façon plus précise. Il a mis en garde contre la tentation d'ignorer cette menace ou de chercher à la réduire par des concessions. "Il faut affronter tôt et de façon décisive l'agression et les intentions malignes", a-t-il affirmé. Ce combat relève, pour une part, des services de renseignement et de police, mais il nécessite aussi, parfois, une "action militaire directe", comme celle qui a mis fin au régime des talibans en Afghanistan et à celui de Saddam Hussein en Irak. Face au risque de prolifération des armes de destruction massive, le président américain a annoncé un projet, la Proliferation Security Initiative, destiné à organiser la saisie des cargaisons d'armements ou de composants. Y participent, pour le moment, la Grande-Bretagne, la Pologne et l'Australie. La continuité invoquée par M. Bush entre les combats du XXe siècle et celui d'aujourd'hui touche à la nature des menaces. A ses yeux, le mal dont est né le génocide des juifs est toujours à l'œuvre dans le monde. Pour le président américain, qui a visité Auschwitz samedi matin, les camps de la mort "nous rappellent que le mal est réel, qu'il doit être appelé par son nom et qu'il doit être affronté". En même temps, M. Bush convient que la lutte contre le terrorisme doit aussi s'attaquer aux réalités dans lesquelles il s'enracine. Il range parmi elles la misère qui frappe de vastes régions du monde, et il a invité l'Europe à accompagner l'effort des Etats-Unis pour la prévention et le traitement du sida en Afrique et pour rendre plus efficace l'aide au développement. Il est revenu à la charge contre le moratoire de l'Union européenne sur les organismes génétiquement modifiés, car ces produits, selon la thèse américaine, peuvent augmenter le rendement des agricultures des pays pauvres. M. Bush refuse de classer le conflit israélo-palestinien parmi les réalités qui contribuent à l'extrémisme arabe ou islamique. Pour lui, ce n'est pas ce conflit qui alimente le terrorisme, mais le terrorisme qui entretient ce conflit et qui fait en sorte de le raviver chaque fois qu'un progrès est en vue. Ce n'est donc pas au titre de la lutte contre le terrorisme qu'il a présenté sa tentative pour ramener les ennemis sur la voie de la négociation. Cette entreprise fait partie, selon lui, de celles qui doivent être menées de concert afin de faire progresser "la liberté et la démocratie" dans le monde. Patrick Jarreau • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.06.03 --------------------------------------------------------------------------------

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:33:11
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Lundi 2 juin 2003

G8
Jacques Chirac-George Bush, des désaccords qui pèsent sur le G8 LE MONDE | 02.06.03 | 13h37 • MIS A JOUR LE 02.06.03 | 15h42 De fraîches retrouvailles : les rencontres, dimanche 1er et lundi 2 juin, de George Bush et de Jacques Chirac n'ont pas permis d'aplanir les désaccords entre les deux pays. Si chacun se déclare déterminé à travailler "ensemble", les divergences restent profondes. Dimanche, en organisant un "dialogue élargi" avec dix-neuf dirigeants de pays émergents, et en ouvrant le club du G8 à des pays plus pauvres, M. Chirac a mis en scène sa conception d'un monde multipolaire attentif au développement. Lundi, le G8 devait chercher les moyens de relancer la croissance mondiale. La question des taux de change - chute du dollar par rapport à l'euro - ne devait pas figurer dans le communiqué final. Plus de 100 000 personnes ont manifestéce week-end contre la tenue de ce sommet, dénonçant un "directoire illégitime". Première grande rencontre internationale depuis la fin de la guerre contre l'Irak, le sommet d'Evian (Haute-Savoie) des pays les plus industrialisés devait, lundi 2 juin, être consacré aux moyens de relancer la croissance économique mondiale, mais aussi à la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération d'armes de destruction massive. Le G8 doit "donner une nouvelle impulsion à la confiance dans la croissance", a déclaré, dimanche, le président français Jacques Chirac. Plusieurs résolutions devaient insister sur ce thème. En revanche, la baisse des taux d'intérêt en Europe ou la forte dépréciation du dollar par rapport à l'euro ne devaient être que prudemment évoquées par les dirigeants. George W. Bush et M. Chirac se sont rencontrés, lundi, en fin de matinée. La journée de dimanche a permis de constater que les tensions et désaccords entre la France et les Etats-Unis n'étaient pas résorbés."Nous avons eu des échanges très positifs aujourd'hui et nous en aurons d'autres demain", précisait dimanche M. Chirac. En accueillant 19 dirigeants des pays émergents et en transformant la première journée du G8 en un "dialogue élargi" entre le Nord et le Sud, M. Chirac a soigneusement mis en scène sa vision d'un monde multipolaire. Attentif aux difficultés de l'Afrique, s'affichant aux côtés du président chinois et du président brésilien, le président français s'est livré indirectement à de multiples mises en garde et critiques de la politique américaine. La lutte contre le sida a été l'objet des premières décisions du G8. Après l'annonce d'un plan américain mobilisant 15 milliards de dollars (12,8 milliards d'euros) sur cinq ans, dont 5 milliards qui seront versés au Fonds mondial de lutte contre le sida, l'Europe devrait décider de verser également 1 milliard de dollars par an à ce fonds. La contribution de la France passera de 50 à 150 millions de dollars. Les militants altermondialistes ont mobilisé en masse durant un week-end de protestations à Annemasse, à Lausanne et à Genève. En tout, plus de 100 000 personnes ont défilé pour dénoncer le "directoire mondial autoproclamé" et les "saigneurs du G8". Côté français, les manifestants, à Annemasse, ont également dénoncé le projet gouvernemental de réforme des retraites. En Suisse, les manifestations ont été perturbées par quelques groupes de casseurs. Des affrontements ont fait dix blessés, dont deux graves. Avant le sommet d'Evian, les principaux dirigeants s'étaient retrouvés, samedi, à Saint-Pétersbourg. M. Bush et Vladimir Poutine ont multiplié les signes de réconciliation, malgré des désaccords persistants sur la coopération nucléaire entre la Russie et l'Iran. M. Poutine est également sorti renforcé du sommet Union européenne-Russie, les Européens renonçant à évoquer les exactions des troupes russes en Tchétchénie pour, au contraire, se féliciter de l'amorce d'un processus politique. M. Chirac a même placé la Russie "au premier rang des démocraties". Le départ de M. Bush du sommet du G8 interviendra dès lundi après-midi : il se rendra en Egypte pour une rencontre avec les dirigeants des pays arabes sur le processus de paix au Proche Orient. Les Américains se disent déterminés à prendre des responsabilités accrues dans la mise en application de la "feuille de route", ce nouveau plan de paix international. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.06.03 -------------------------------------------------------------------------------- Le président français met en scène sa vision d'un monde multipolaire et son dialogue avec le Sud LE MONDE | 02.06.03 | 13h38 • MIS A JOUR LE 02.06.03 | 15h43 Evian de notre envoyée spéciale "Ne croyez pas ce que l'on dit", a répondu dimanche soir Jacques Chirac à un journaliste qui lui demandait s'il lui était encore possible de travailler avec George Bush, "nous avons eu des échanges très positifs aujourd'hui et nous en aurons d'autres demain". Les deux présidents devaient avoir lundi en fin de matinée un entretien en tête à tête, que les documents officiels américains présentent comme "la visite de courtoisie" au chef d'Etat du pays hôte du G8, autrement dit une simple formalité d'usage. Puis, après le déjeuner, George Bush abandonnera ses partenaires du G8 pour s'envoler vers Charm El-Cheikh. A chacun sa scénographie. L'administration américaine continue de souffler le chaud et le froid sur ses relations avec Paris. Jacques Chirac n'en paraît pas déstabilisé : il aura passé la première journée de cette réunion d'Evian, dimanche, à afficher sa différence, en prenant en quelque sorte à témoin le reste de la planète. Tout était conçu dans cette optique : son entretien avec le président chinois, les fraternelles accolades avec les dirigeants des "pays émergents", sa complicité manifeste avec Luiz Inacio Lula da Silva, ses appels à la mobilisation générale pour stopper la "dérive" du continent africain, sa compassion pour l'Algérie endeuillée par le tremblement de terre. Tout - jusqu'aux circuits de communication soigneusement établis avec les contestataires "anti-G8" - visait à signifier que le respect de l'autre est le fondement essentiel de la politique de Jacques Chirac. Tout pouvait se lire en creux comme une critique de l'administration Bush. Le "dialogue élargi" avec les dirigeants des pays émergents a été bien accueilli par tous les participants. "Tony Blair m'a confirmé qu'il ferait la même chose en 2005 -année où la Grande-Bretagne aura la présidence du G8-, a indiqué Jacques Chirac, et je pense, mais c'est une intuition, que le président Bush pourrait le faire aussi." CRAINTE D'UNE RUPTURE La présidence du G8 reviendra l'année prochaine aux Etats-Unis et à plusieurs reprises, dans sa conférence de presse, Jacques Chirac a fait allusion à cette année 2004 comme à une rupture de la continuité existant entre lui et le premier ministre britannique. Il l'a fait sur le ton de la gravité, à propos de l'Afrique. "Je souhaite que la continuité soit assurée dans les efforts en faveur du Nepad -Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique-, que l'Afrique soit soutenue de façon constante, sans qu'il y ait d'à-coups ; Tony Blair partage cet avis", a-t-il dit, sous-entendant que ce n'était pas en revanche une priorité pour Washington. "J'en parlerai demain au président Bush", a-t-il ajouté. Blair-Chirac même combat, donc, en faveur de l'Afrique. Lula-Chirac même combat aussi contre la faim. Le président du Brésil a proposé des mesures concrètes pour combattre ce fléau et Jacques Chirac s'est déclaré "totalement favorable" à celle qui consisterait à "prélever une partie du surcroît de richesses que dégage la mondialisation" pour la consacrer à la lutte contre la faim dans le monde. "Ce débat a été pollué par celui sur la taxe Tobin, il faut le relancer", a-t-il dit, en souscrivant à la suggestion du président brésilien de taxer le commerce des armes individuelles. C'est les Etats-Unis aussi que visait Jacques Chirac, sans les citer, lorsqu'il a fait remarquer que pèsent sur les agricultures des pays en voie de développement non seulement les subventions des pays riches à leurs propres agricultures "mais aussi les systèmes de préférences et certaines modalités contestables de l'aide alimentaire". Hu Jintao-Chirac même combat, enfin, pour un monde "multipolaire", contre l'hégémonie de la seule puissance américaine. La porte-parole de l'Elysée, Catherine Colonna, s'est chargée de le souligner dimanche matin, après un entretien de plus d'une heure du président français avec son homologue chinois. "La France et la Chine ont le même attachement à un système multipolaire équilibré, au rôle des institutions multilatérales, à la nécessité du dialogue entre les cultures", a déclaré Mme Colonna. Rien de tout cela ne signifie que Paris veuille donner dans l'opposition systématique à Washington. Le président de la République n'a, par exemple, pas craint de qualifier d'"historique" la décision prise par George Bush en faveur de la lutte contre le sida. Sur les 15 milliards de dollars que les Etats-Unis sont prêts à lui consacrer dans les cinq ans qui viennent, 5 milliards doivent aller au Fonds mondial contre le sida, à condition que deux fois plus soient engagés par d'autres contributeurs. "J'ai l'impression que l'Europe relèvera le défi", a déclaré Jacques Chirac. Dans cette comptabilité, la France assume sa part, a poursuivi le président, en triplant sa contribution au Fonds (de 50 à 150 millions de dollars). "OBJECTIFS COMMUNS" C'est dans un esprit constructif aussi que le président français envisageait son entretien de lundi avec George Bush. "Nous voulons l'entendre sur le Proche-Orient, lui redire que ce qui se fait en faveur de la construction européenne n'est pas dirigé contre les Etats-Unis, lui demander ce que nous pouvons faire ensemble en Irak à partir des objectifs qui nous sont communs, à savoir la souveraineté et l'intégrité de ce pays", disait un proche du président français à la veille de cette rencontre. Un autre journaliste a demandé au président de la République s'il pensait que sa vision d'un monde multipolaire était partagée par une majorité. "Je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle soit très largement majoritaire !", s'est exclamé Jacques Chirac. Toute la journée de dimanche à Evian avait précisément été organisée pour le rappeler à George Bush. Claire Tréan • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.06.03 Au menu, un plat de résistances Les principaux points de divergence entre Europe et Etats-Unis. Par Christian LOSSON et Vittorio DE FILIPPIS et Véronique SOULE samedi 31 mai 2003 Sur les bords sans vagues du lac Léman, les débats de dimanche, lundi et mardi risquent d'être houleux entre Européens et Américains. Les points de désaccord ne manquent pas, même s'ils peuvent être aplanis par la volonté d'éviter tout nouveau clash transatlantique. Revue des positions de deux principaux protagonistes du G8, dont rarement les visions et les intérêts ont été aussi divergents. Subventions agricoles : entre dumping et hypocrisie Le sujet ne figure pas à l'agenda officiel. Mais on l'évoquera probablement, car l'Afrique est invitée, et pas pour faire de la figuration, du moins dans l'esprit de Jacques Chirac. En début d'année, l'hôte de l'Elysée a sorti une botte secrète, malgré son obstination à maintenir la PAC (politique agricole commune) en l'état. La France pourrait s'engager à supprimer, en 2006, et à condition que tout le monde suive, ses subventions agricoles à l'exportation. Lesquelles permettent d'écouler des produits à des prix inférieurs au coût de production. Un dumping désastreux pour les pays du Sud. La riposte américaine ne s'est pas fait attendre : aucune raison, selon Washington, de faire une différence entre l'Afrique et le reste du monde en développement. Depuis, Europe et Etats-Unis n'ont pas vraiment fait preuve de coordination pour améliorer l'accès au marché international des produits agricoles africains. L'hypocrisie reste de règle. Les deux blocs continuent de subventionner leurs agriculteurs à raison de plus d'un milliard de dollars par jour. Sept fois ce qu'ils versent en aide publique au développement... Parité euro-dollar : coopération zéro En moins de dix-huit mois, le dollar a dégringolé de près de 35 % par rapport à la monnaie européenne. Difficile d'éviter le sujet à Evian. D'autant que l'économie mondiale est en petite forme. Le G8, qui n'a pas pour mission d'ajouter de l'incertitude à l'incertitude, évitera des mots tels que déflation, dépression ou récession... Et pratiquera la méthode Coué, autrement dit l'appel à la «confiance». Mais les Huit ne pourront pas faire l'économie d'un échange sur le niveau des monnaies. Les chances d'une coopération entre les deux plus grandes zones monétaires du monde semblent plus que minces. Face à la chute du billet vert, Washington n'a ­ jusqu'ici ­ pas manifesté d'inquiétude, proclamant même qu'il maintient une politique de dollar fort. Sauf que sa monnaie faible actuelle dope la production intérieure via les exportations, ce qui pourrait relancer l'économie américaine. Essentiel pour un Bush en quête de réélection. Ce qui ne l'empêchera de chercher à convaincre les Européens d'adopter une politique monétaire capable de relancer leur économie plombée par la déprime... Accès aux médicaments : bras de fer Des médicaments à prix cassés pour les pays du Sud et la possibilité pour les plus pauvres d'importer ou de fabriquer des copies (génériques) : c'était l'objectif que s'étaient assigné à Doha, lors de la conférence ministérielle de l'OMC de 2001, les pays les plus riches. Près de deux ans plus tard, le sujet s'est transformé en bras de fer entre les Etats-Unis et l'Europe, avec la France en première ligne. A Genève, les Etats-Unis, pressés par leur lobby pharmaceutique, ont été le seul des 144 pays membres de l'OMC à bloquer un compromis. Pas d'exemptions pour les pays pauvres dépourvus d'industrie pharmaceutique dans leur lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. Pour tenter d'éviter la stigmatisation, les Etats-Unis viennent d'annoncer en fanfare le déblocage de 15 milliards de dollars sur cinq ans pour la lutte contre le sida, dont un milliard pour le Fonds mondial contre les pandémies. Manière pour l'administration américaine de rappeler que le multilatéralisme n'est pas sa priorité, mais surtout manoeuvre pour ne rien lâcher sur les brevets. Reste qu'un tel pactole renvoie dans les cordes les engagements financiers de Paris, 50 millions d'euros par an à peine jusqu'à présent. Chirac devrait au moins doubler cette aide, malgré les contraintes du Pacte de stabilité européen qui pèsent sur le budget français OGM : réticences et grosses ficelles La dispute provoquée par l'embargo européen sur les OGM dure depuis plusieurs années. L'Europe est prête à discuter. Après avoir tenté d'avancer sur les politiques d'étiquetage, la Commission devrait même autoriser l'arrivée de nouveaux OGM dans les assiettes européennes dès l'automne. Mais ce geste de Bruxelles est tardif pour Washington, qui se moque de savoir que les Européens sont à 70 % hostiles aux OGM, ou qu'ils mettent en avant le nécessaire principe de précaution. Les Etats-Unis, premier producteur mondial d'OGM, viennent donc de déposer une plainte contre l'Europe auprès de l'OMC. Façon aussi de faire payer les réticences européennes à l'aide alimentaire américaine à base d'OGM à destination de l'Afrique. «Scandaleux !», a répondu Pascal Lamy, le pourtant placide commissaire européen au Commerce. A Evian, Bush continuera à tirer la même grosse ficelle des «OGM, solution contre la faim dans le monde». En invoquant le soutien de pays en développement qui, comme l'Argentine, plaident pour un libre commerce des produits génétiquement modifiés. L'après-guerre irakien : petits pas Après l'affrontement diplomatique, l'heure est officiellement au travail en commun. En réalité, la France a dû se résoudre à laisser les Américains avoir la haute main sur l'après-guerre. Le 23 mai, après de minces concessions accordant un rôle minime à l'ONU, Paris a voté la résolution1483 présentée par les Américains, geste accueilli comme un «pas dans la bonne direction» par le secrétaire d'Etat, Colin Powell. Interviewé par le Financial Times, Chirac a assuré que les Américains «avaient mis beaucoup d'eau dans leur vin» afin de rallier la France... Sur le fond, Paris reste persuadé que, les difficultés s'accumulant, les Américains finiront par revenir à l'ONU, seule instance ayant l'expérience et la légitimité suffisantes pour gérer la transition .

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:28:58
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Lundi 2 juin 2003

ISRAEL
PROCHE-ORIENT Le sommet d'Aqaba, en Jordanie, doit réunir mercredi Bush, Sharon et Abbas Les 14 points de désaccord d'Israël sur la «feuille de route» Un activiste du Hamas a été tué samedi par l'armée alors que se poursuivaient les préparatifs du sommet d'Aqaba (Jordanie) qui doit réunir mercredi les premiers ministres israélien Ariel Sharon et palestinien Mahmoud Abbas et le président américain George W. Bush. «Aucun dirigeant intègre ne peut accepter davantage de mois et d'années d'humiliations, de tueries et de deuils», a déclaré le président américain, dans une allocution radiodiffusée hebdomadaire, pressant les dirigeants israéliens et palestiniens de faire de ce sommet un succès. Des équipes techniques palestiniennes et israéliennes se penchaient dans le même temps sur l'élaboration de la formulation d'une déclaration commune qui pourrait être faite à l'issue du sommet. Jérusalem : de notre correspondant Pierre Prier [02 juin 2003] Sous la pression américaine, Israël a accepté la «feuille de route», le plan de paix international élaboré par le Quartette réunissant les Etats-Unis, l'Europe, la Russie et l'ONU. Mais Ariel Sharon a présenté à George Bush 14 «réserves» que les Etats-Unis ont promis de «prendre complètement et sérieusement en considération». Sans que l'on sache si Washington entend s'aligner sur tout ou partie des remarques israéliennes. C'est l'une des inconnues du sommet d'Aqaba. Voici les principaux points des remarques israéliennes publiées par le quotidien Haaretz confrontées aux recommandations de la «feuille de route». 1. Le calme devra régner dès le début du processus, pendant son déroulement, et comme condition de sa poursuite. Les Palestiniens démantèleront les organisations de sécurité existantes et en formeront de nouvelles pour combattre le terrorisme, la violence et l'incitation contre Israël. Dans la première phase du plan, les Palestiniens achèveront le démantèlement des organisations terroristes (Hamas, Djihad islamique, FPLP, FDLP, Brigades des martyrs d'al-Aqsa). Les armes illégales seront ramassées et confiées à une tierce partie pour être détruites. Ce que dit la «feuille de route» : durant la phase 1, un appareil de sécurité palestinien reconstruit et recentré entreprend... des opérations effectives contre les responsables du terrorisme et visant à démanteler les infrastructures terroristes. Ceci comprend la confiscation des armes illégales. Israël se retire des zones palestiniennes occupées depuis septembre 2000 et cesse toute action pouvant détruire la confiance mutuelle. Toutes les institutions israéliennes cessent l'incitation contre les Palestiniens. 2. Le passage d'une phase à l'autre se fera uniquement après l'application de la phase précédente. Le progrès dépendra de la bonne foi des deux parties. A l'intérieur de chaque phase, les deux parties doivent remplir leurs obligations parallèlement, sauf indication contraire. 3. La formation d'une nouvelle direction palestinienne est une condition du passage à la deuxième phase. Dans ce cadre, des élections législatives auront lieu en coordination avec Israël. Dès que possible, les Palestiniens organisent des élections libres, ouvertes et transparentes. 4. Le mécanisme de supervision sera géré par les Etats-Unis. La supervision se fera par secteurs (économique, juridique, financier) sans créer un mécanisme unifié. Les décisions substantielles resteront dans les mains des deux parties. Dans la phase I, les représentants du Quartette (Etats-Unis, Europe, Russie et ONU) commencent une surveillance informelle et consultent les parties pour établir un mécanisme formel de surveillance, et le mettre en oeuvre. 5. L'Etat palestinien provisoire aura des frontières provisoires, sera complètement démilitarisé, sans autorité pour conclure des traités de défense ou engager une coopération militaire. Israël contrôlera l'entrée et la sortie de toutes personnes et marchandises, l'espace aérien et le spectre électromagnétique de cet Etat. La phase II s'achève en 2003 avec la création possible d'un Etat palestinien indépendant doté de frontières provisoires. 6. En rapport avec les préambules et avec l'accord final, des déclarations devront être faites sur le droit d'Israël à exister en tant qu'Etat juif, et sur l'abandon de tout droit au retour des réfugiés dans l'Etat d'Israël. A la fin de la phase I, la direction palestinienne fait une déclaration sans équivoque réitérant le droit d'Israël à exister en paix et en sécurité. Dans la phase III, après une conférence internationale, les deux parties signent un accord final en 2005, qui comprend une solution juste et réaliste de la question des réfugiés. 7. La fin du processus conduira à la fin de toutes les revendications, et pas seulement à la fin du conflit. Les parties concluent en 2005 un accord permanent qui met fin au conflit israélo-palestinien et accomplit la vision de deux Etats, Israël et une Palestine souveraine, indépendante, viable et démocratique. 8. La solution sera atteinte par des négociations directes et un accord direct entre les deux parties, en relation avec la vision du président Bush dans son discours du 24 juin 2002. La phase finale du processus sera lancée au cours d'une conférence internationale convoquée par le Quartette, qui apportera son soutien actif, soutenu et opérationnel. 9. Les questions dépendant de l'accord final ne seront pas discutées auparavant. Ceci comprend : les implantations en Judée, Samarie et Gaza (sauf un gel de la colonisation et les avant-postes illégaux) ; le statut de l'Autorité palestinienne et de ses institutions à Jérusalem. Dans la phase I, Israël gèle toute activité de colonisation. Dans la phase II, de nouvelles actions sont entreprises concernant les colonies, en conjonction avec l'établissement d'un Etat palestinien doté de frontières provisoires. 10. Suppression des références autres que les résolutions 242 et 338 de l'ONU : la résolution 1397, l'initiative saoudienne et celle du sommet arabe de Beyrouth. L'accord final sera négocié sur la base des résolutions 242, 338 et 1397, et sur l'initiative du prince héritier saoudien Abdallah, adoptée par le sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, et qui propose la paix et la sécurité au voisin israélien en échange d'un accord global. 11. Une Constitution palestinienne provisoire sera composée. Dans la phase II, avant la fin de 2003, une Constitution palestinienne démocratique est ratifiée. 12. Le redéploiement des forces israéliennes le long des lignes de septembre 2000 sera soumis à l'article 4 (calme absolu) et accompli en tenant compte des changements requis par les nouvelles circonstances... On insistera sur la division des responsabilités et sur la répartition de l'autorité civile en septembre 2000, et non sur les positions des forces sur le terrain à ce moment-là. Parallèlement à l'application des mesures sécuritaires par les Palestiniens, l'armée israélienne se retire des zones occupées depuis le 28 septembre 2000 et restaure le statu quo qui existait alors. 13. Les agences humanitaires reconnues seront aidées. Aucune référence ne sera faite au rapport Bertini. Israël et les Palestiniens appliquent dans leur totalité les recommandations du rapport Bertini sur l'amélioration des conditions humanitaires, la levée des couvre-feux et des restrictions sur le mouvement des personnes et des biens, et l'accès sans restrictions du personnel humanitaire et international. 14. Aucun lien ne sera établi entre la piste de négociations palestiniennes et les autres pistes (Liban et Syrie). La conférence internationale sera fondée sur une paix globale au Proche-Orient, y compris entre Israël et la Syrie, et Israël et le Liban.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 12:13:10
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Lundi 2 juin 2003

TOGO
Soupçons de «bourrage d'urnes» lundi 02 juin 2003 Les Togolais ont voté dans un calme apparent hier lors du scrutin présidentiel joué d'avance et dont le président sortant, le général Eyadéma, est le grand favori face à cinq candidats de l'opposition. Au total, 3,2 millions d'inscrits étaient appelés à voter. A l'exception d'une échauffourée à Tsévié au cours de laquelle deux bureaux de vote ont été brûlés, aucun incident majeur n'a été signalé mais Jean-Pierre Fabre, le n° 2 de l'Union des forces du changement, parti de l'opposant Gilchrist Olympio, privé d'élection pour cause de dossier «incomplet», a fait état de «bourrage d'urnes», de «rétention de cartes d'électeurs» ou d'intimidations. Les résultats devraient être connus aujourd'hui. (AFP, Reuters)

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 11:59:01
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Lundi 2 juin 2003

AFRIQUE
Les membres du G8 approuvent la création d'une force africaine de maintien de la paix EVIAN (AP) - Les membres du G8 se sont engagés dimanche soir à soutenir la création d'ici 2010 d'une force africaine de maintien de la paix et à favoriser le développement du continent africain. Après avoir rencontré les présidents de quatre des cinq pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Sénégal, Nigeria) membres du comité de pilotage du Nouveau partenariat pour le développement économique de l'Afrique (NEPAD), les membres du G8 ont approuvé dans une déclaration commune la mise en place d'une force prépositionnée dans les cinq "sous-régions" africaines capable d'intervenir partout en Afrique. Le seul absent à cette réunion était le président égyptien Hosni Moubarak, parti avant le dîner. Le président nigérian Olusegun Obasanjo a salué cette l'engagement du G8, déclarant que "la condition majeure au développement est l'absence de conflit". La porte-parole de la présidence française, Catherine Colonna, a pour sa part qualifié la réunion d'"exceptionnelle". AP jp/v

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 10:59:32
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Lundi 2 juin 2003

IRAK
Armes de destruction massive: les preuves sont "écrasantes", assure Jack Straw LONDRES (AP) - Les preuves que le régime de Saddam Hussein représentait bien une menace sont "écrasantes", a assuré lundi le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, bien que les forces de la coalition n'aient toujours pas trouvé en Irak la trace des armes de destruction massive dont Washington s'était servi pour justifier l'entrée en guerre. "Il ne s'agit pas d'admettre que nous avions tort ou de dire qu'il n'y avait pas de preuves, car les preuves sont là", a déclaré le chef de la diplomatie britannique interrogé sur la BBC sur la polémique sur les arguments donnés par Washington et Londres pour justifier le conflit. "Les preuves sont écrasantes", a-t-il estimé avant de se référer à un rapport du chef des inspecteurs des Nations unies Hans Blix datant de mars dernier, qui détaillait les tâches que devaient entreprendre les Irakiens tout en notant que les experts en désarmement n'avaient pas trouvé d'armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires en trois mois et demi d'inspection. Toutes les preuves dans ce document et la conduite de Saddam Hussein montrent qu'il "posait, effectivement, dans les termes du Conseil de sécurité, une menace pour la paix et la sécurité internationale", a affirmé Jack Straw. Des membres du Labor de Tony Blair, dont deux anciens membres de son gouvernement, accusent le Premier ministre d'avoir trompé le Parlement. Et le parti conservateur, qui avait fermement soutenu la décision du chef du gouvernement d'entrer en guerre au côté des Etats-Unis, a laissé entendre qu'il pourrait appuyer les appels à une enquête sur le sujet. "Il y a des questions auxquelles il faut répondre", a déclaré un porte-parole des Tories, Michael Ancram. "Le Premier ministre dit qu'il détient les réponses dans des informations qui n'ont pas été encore rendues publiques. Il doit maintenant présenter ces réponses". AP sb/v164

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 10:57:49
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Lundi 2 juin 2003

INDE
Vague de chaleur en Inde: le bilan atteint le millier de morts HYDERABAD, Inde (AP) - Le bilan de la vague de chaleur qui frappe a atteint lundi le millier de morts, selon les autorités. L'Etat d'Andhra Pradesh dans le sud du pays, où au moins 900 morts ont été signalés, a été le plus touché. Dans d'autres régions du nord et de l'est de l'Inde, une centaine de personnes ont succombé à la déshydratation et à des insolations, selon la radio All India. Dans le district de Nalgonda, dans l'Andhra Pradesh, les températures ont atteint jusqu'à 49 degrés Celsius par endroits. AP sb/v

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 10:44:07
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Lundi 2 juin 2003

ZIMBABWE
Zimbabwe : Mugabe frappe l'opposition Malgré les menaces de l'armée et des vétérans de l'indépendance, la semaine d'action contre le président en exercice Robert Mugabe a été maintenue par le chef de l'opposition. Mais dès lundi matin, celui-ci a été arrêté. Mis en ligne le 30 mai 2003 Le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai (photo ci-dessus - AFP) a été arrêté lundi matin à Harare par la police avant le début d'une semaine d'action contre le régime du président Robert Mugabe. Cette arrestation est en effet intervenue juste avant le début d'une semaine d'action, sous forme de grèves et de marches pacfiques, lancée à l'appel de son parti, le MDC, pour protester contre la détérioration politique et économique au Zimbabwe provoquée, selon l'opposition, par le régime du président Robert Mugabe. Cette semaine d'action a été interdite par la Haute cour de justice du Zimbabwe qui, dans un arrêt rendu samedi soir, a estimé qu'elle avait pour objectif de renverser un "président légitimement élu et son gouvernement". Morgan Tsvangirai avait décidé de passer outre cet arrêt, qui, avait-il affirmé dimanche, "n'est contraignant, ni pour moi ni pour le MDC", en raison des "irrégularités" qu'il comporte. Une prétendue trahison Le chef du MDC, principal parti d'opposition du Zimbabwe, avait prévu de mener une des marches "pacifiques" à Harare lorsqu'il a été arrêté. Ensuite, il aurait du aller, comme chaque jour, assister à son procès pour "trahison". Avec deux autres dirigeants du MDC, il est jugé depuis début février pour sa participation présumée "à un complot" visant à assassiner le président Mugabe. Lundi matin, la situation était calme à Harare où les forces de sécurité étaient massivement présentes, bloquant les principaux axes routiers menant au centre de la ville, ainsi que la route qui passe devant la résidence officielle de Robert Mugabe. L'armée, la police, les membres les plus importants du gouvernement Mugabe, les anciens combattants de la guerre d'indépendance des années 70, proches du pouvoir et connus pour leur actions violentes, ont tous mis en garde le MDC contre cette semaine d'action. Les forces de sécurité ont promis qu'elles ne resteraient pas "les bras croisés" et les anciens combattants qu'il utiliseraient toute leur expérience militaire pour s'en prendre aux opposants "d'une manière encore jamais vue au Zimbabwe". Rapport accablant Le gouvernement australien a présenté la semaine dernière un nouveau rapport accablant sur la situation au Zimbabwe. Ce "Rapport sur abus et répression par le gouvernement zimbabwéen" se fonde sur des compte-rendus de diplomates australiens qui disent "avoir constaté les résultats de plusieurs attaques brutales par des militaires, dont des coups de bâtons enrobés de fil de fer barbelé". Il signale qu'au cours des 18 derniers mois, 42 opposants du MDC ont été arrêtés et beaucoup d'entre eux torturés. Il cite le rapport d'un groupe de défense des droits de l'Homme documentant notamment 58 meurtres, 111 cas de détentions illégales, 170 arrestations non justifiées, 227 enlèvements et 1.060 cas de torture. Les diplomates décrivent également la manière dont les responsables de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, utilisent l'aide alimentaire internationale au Zimbabwe à des fins politiques, en favorisant les membres de leur parti dans les programmes de distribution et en permettant à des responsables politiques de faire de vastes profits en revendant les produits alimentaires à des prix exorbitants sur le marché noir. Quant au plan de réforme agraire lancé il y a 3 ans par l'éviction de fermiers blancs, seuls "20 à 50%" des 11 millions d'hectares de terre redistribués par le gouvernement sont exploités, le restant étant laissé en jachère.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-02 08:59:24
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON