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Publié le samedi 31 mai 2003

Samedi 31 mai 2003

RUSSIE
Un accord minimal mais inespéré entre la Russie et l'Europe LE MONDE | 31.05.03 | 13h13 L'UE se contente d'une référence timide à la Tchétchénie dans un texte Saint-pétersbourg de nos envoyés spéciaux Le sommet entre l'Union européenne et la Russie, qui s'est tenu samedi 31 mai, s'est conclu par un résultat plutôt inespéré, sous la forme d'un communiqué commun. Toute la semaine, tant du côté russe que du côté européen, les pronostics avaient, effet, été négatifs en raison de l'insistance de l'Union à vouloir mentionner la situation en Tchétchénie, ce que Moscou ne pouvait accepter. Dès lors, le sommet aurait pu, comme celui de novembre 2002, se terminer sans communiqué. Devant l'insistance des Européens, le président Vladimir Poutine n'a toutefois pas voulu gâcher la fête de Saint-Pétersbourg qui, précédant le sommet du G8 à Evian, consacre une sorte de retour de la Russie sur la scène internationale. Les concessions de Moscou sur la Tchétchénie sont cependant très relatives. Le communiqué commun prend acte du récent référendum dans la république caucasienne, et indique : "Nous espérons que le processus politique récemment engagé comme la reconstruction économique et sociale mèneront au retour de l'Etat de droit, favorisant ainsi la protection des droits de l'homme, ainsi qu'une vraie réconciliation en Tchétchénie". Le texte poursuit : "Nous condamnons toute forme de violence, en particulier les actes terroristes (...). Nous reconnaissons que les organisations internationales peuvent apporter une contribution substantielle en coopération étroite avec les autorités russes." Ni sévère ni contraignant, le communiqué ignore les dénonciations d'organisations des droits de l'homme sur les "crimes" commis par les troupes russes dans la région ; il ne mentionne pas l'expulsion, en début d'année, de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et passe sous silence le fait que la Russie n'a jusqu'à présent pas accepté la venue en Tchétchénie du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et d'un groupe de travail de l'ONU sur les disparitions. Cette rédaction timorée sera vraisemblablement présentée par le Kremlin comme une approbation tacite de son action. Les diplomates européens la justifient en soulignant que le "partenariat stratégique" avec la Russie est trop important pour être l'otage de la situation en Tchétchénie. Le président Poutine peut, d'autre part, être satisfait de l'acceptation par les Européens du principe de l'élimination à terme des visas entre son pays et l'Union européenne. Alors que celle-ci avait jusqu'à présent refusé d'ouvrir un tel débat, le texte envisage d'"examiner les conditions" d'une telle "perspective à long terme". La Russie n'obtient cependant pas que la date de 2007 soit mentionnée. Pour l'Union, un point important concerne la réadmission de migrants illégaux : Moscou devrait s'engager à réadmettre sur son territoire des citoyens de pays tiers refoulés par l'Union européenne et venant de Russie. Cette question ne figure pas dans le communi-qué, elle est renvoyée à un groupe d'experts. L'autre déception d'importance pour les Quinze concerne la ratification du protocole de Kyoto par la Russie, les deux parties s'engageant simplement à "faire en sorte" que celui-ci entre en vigueur le plus vite possible. Or, les Etats-Unis et l'Australie ayant renoncé à participer au protocole, la ratification par la Russie est indispensable pour que cet accord international (déjà ratifié par 108 pays), qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, puisse entrer en vigueur. Sans cet accord, la Russie, va se trouver dans une situation paradoxale pour accueillir la conférence internationale sur les changements climatiques, qui doit se réunir à l'automne, à Moscou. Les Européens ont également pris note de la décision des dirigeants russes de repousser, de 2003 à 2004, l'entrée de leur pays à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La Russie n'est pas prête à renoncer au double tarif de l'énergie (les tarifs intérieurs sur le pétrole et le gaz sont plusieurs fois inférieurs à ceux pratiqués à l'exportation). Enfin, la Russie a manifesté à plusieurs reprises son inquiétude devant les conséquences de l'élargissement de l'Union à dix nouveaux pays, estimant qu'elle va pâtir d'un alignement de ces pays sur les tarifs européens. Natalie Nougayrède et Laurent Zecchini -------------------------------------------------------------------------------- Les "ratés" d'un sommet de la CEI En marge des festivités du tricentenaire de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a reçu, sur un bateau de luxe amarré à un quai de la Neva, vendredi 31 mai, les dirigeants de onze autres républiques de l'ex-URSS, pour un sommet de la Communauté des Etats indépendants (CEI). Des divergences entre les participants ont cependant conduit à l'annulation de la conférence de presse clôturant ce sommet, ont raconté des sources diplomatiques. Les relations de Moscou avec le président turkmène, Saparmourad Niazov, traversent une mauvaise passe, ce dernier ayant récemment menacé d'expulsion 100 000 russophones vivant dans son pays s'ils n'optaient pas pour la citoyenneté turkmène. Le Kremlin a réagi en accusant le régime de M. Niazov de "liens avec le terrorisme" et d'avoir prêté main forte aux talibans. Une autre dispute opposait le président géorgien, Edouard Chevardnadze, à ses hôtes russes, au sujet de la présence à Saint-Pétersbourg d'une délégation de représentants d'Abkhazie, région séparatiste appuyée par Moscou. - (Corresp.) • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.06.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-31 13:20:10
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Samedi 31 mai 2003

IRAN
Téhéran appelle les musulmans à s'opposer à un gouvernement "US" à Bagdad agrandir la photo TEHERAN (AFP) - Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei a appelé samedi les pays musulmans à s'opposer collectivement au projet "colonialiste" d'installer un gouvernement "américain" à Bagdad. "Comme tous les colonisateurs du XIXème siècle, les Etats-Unis essaient d'imposer un gouverneur américain en Irak", a déclaré l'ayatollah Khamenei lors d'un entretien avec le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), Abdelwahed Belkeziz, selon la télévision d'Etat iranienne. "Les pays musulmans doivent mettre de côté leurs différends sur des questions subalternes et s'opposer collectivement à ce projet", a-t-il ajouté au moment où les Américains dénoncent les ingérences, voire les manoeuvres iraniennes chez son voisin irakien, autre pays majoritairement chiite. Ces incriminations ne sont pas les seules des Américains à l'encontre de Téhéran : ils l'accusent également, de manière accrue depuis quelques semaines, de donner refuge à des membres du réseau terroriste Al-Qaïda, de chercher à posséder l'arme atomique et d'entraver la paix entre Israéliens et Palestiniens. "Le monde musulman doit refuser tout gouvernement qui n'aurait pas été élu par les Irakiens eux-mêmes et s'en tenir à ce refus", a exhorté l'ayatollah Khamenei. "Le principal objectif de ces impudents dans la région, c'est d'attenter à l'islam parce que l'adhésion des hommes et de leur pays à l'islam fait barrage à la domination des exploiteurs sur les pays musulmans", a-t-il ajouté, dénonçant les velléités hégémoniques des Etats-Unis et d'Israël sur le Proche-Orient. "Les nations musulmanes n'ont pas d'autre choix que de résister aux ennemis de l'islam et cette résistance n'est possible que si les pays musulmans s'unissent", a-t-il insisté. Parmi les innombrables mises en garde américaines aux Iraniens ces derniers jours, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait prévenu mardi que les Etats-Unis combattraient "fermement" tout projet de "refaire l'Irak à l'image de l'Iran". Il a renchéri jeudi en affirmant que l'Iran tentait d'organiser l'opposition aux forces américano-britanniques en Irak, par des émissions radiophoniques et l'infiltration de Gardiens de la révolution, membres de l'armée idéologique de la République islamique. Le lendemain, la radio de la coalition américano-britannique s'est alarmée de l'entrée en Irak "d'intégristes sous commandement étranger" avec "des intentions agressives". Ces informations coïncident avec celles de la presse américaine selon lesquelles le Pentagone envisagerait de fomenter un soulèvement populaire en Iran pour déstabiliser le régime islamique ou de soutenir les Moudjahidine du peuple, opposants iraniens réfugiés pour une grande part en Irak et combattant par les armes les dirigeants religieux de Téhéran. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi a "ri" vendredi des accusations d'ingérence dans les affaires irakiennes. Lui aussi a accusé les Américains de vouloir "priver les Irakiens de leur droit le plus élémentaire, qui est de décider eux-mêmes de leur avenir" et de vouloir "installer un gouvernement américain" à Bagdad.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-31 12:49:04
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Samedi 31 mai 2003

BIRMANIE
Aung San Suu Kyi retourne en prison Aung San Suu Kyi, chef de l'opposition birmane et prix Nobel de la paix, ainsi que 19 de ses partisans, ont été mis en "détention protective". Aung San Suu Kyi (AP) Le chef de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, et 19 membres de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND) ont été emmenés en «détention protective» après des affrontements entre les partisans et les opposants de la dissidente à Dipeyin dans le nord de la Birmanie, a déclaré la junte birmane. Aung San Suu Kyi et ses partisans ont été mis en «détention protective» par la junte après que des combats eurent eu lieu tard vendredi dans le nord du pays, faisant quatre morts et 50 blessés, a précisé le général Than Tun lors d'une conférence de presse. Il a démenti les informations selon lesquelles la voiture de Suu Kyi aurait essuyé des tirs, affirmant que la dissidente birmane et les membres de la LND étaient sains et saufs. «Pour leur propre sécurité, ils sont désormais en détention protective temporaire», a-t-il déclaré. Suu Kyi injoignable Il était impossible de savoir si Suu Kyi, injoignable, a donné son accord pour être placée en détention. La dissidente avait été libérée l'an dernier, après 19 mois d'assignation à résidence. La libération de Suu Kyi en mai 2001 avait suscité l'espoir d'une fin de la paralysie politique en Birmanie. Mais les affrontements de vendredi marquent plutôt l'impossibilité d'un accord négocié entre la junte au pouvoir et l'opposition menée par Suu Kyi, qui a remporté les élections générales en 1990, mais n'a pu accéder au pouvoir du fait des militaires. Than Tun a ajouté que les tensions entre les partisans et les opposants de Suu Kyi étaient dues à des discours enflammées et critiques vis-à-vis de la junte militaire, prononcés par la dissidente, lauréate du Nobel de la paix. Une tournée dans le nord du pays Avant ces affrontements, Suu Kyi avait entamé une tournée d'un mois dans le nord du pays, la septième de ce genre depuis la levée de son assignation à résidence en mai dernier. Les affrontements ont éclaté vendredi alors que le cortège de Suu Kyi composé de 15 voitures et d'une centaine de motos est entré dans la ville de Dipeyin, où 5.000 de ses opposants s'étaient rassemblés. Une bagarre a éclaté quand le cortège a tenté de passer à travers la foule, ce qui a dégénéré en une bataille de plus de deux heures avant que la police ne parvienne à rétablir l'ordre. Quatre personnes sont mortes et cinquante ont été blessées. La grille bloquée Les quartiers généraux de la LND ont été temporairement fermés et certains des responsables de la Ligue ont été assignés à résidence, a précisé le général birman. Un peu plus tôt, des témoins, ayant requis l'anonymat, ont déclaré que des officiers de police en civil étaient entrés dans les locaux du parti de Suu Kyi, avant de bloquer la grille d'entrée avec une corde. Une vingtaine de policiers ont également été placés à l'extérieur de la résidence du porte-parole de la Ligue, U Lwin, toujours selon les témoins. AP

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-31 12:42:13
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Samedi 31 mai 2003

RUSSIE
Vladimir Poutine dénonce le "mur de Schengen" Au sommet Russie-UE de Saint-Pétersbourg, le président russe déplore le peu de progrès enregistrés dans les pourparlers sur la suppression des visas entre son pays et l'Union. Vladimir Poutine et Madame à Saint-Pétersbourg (AP) A la veille du G8 d'Evian, le sommet Russie-Union européenne, qui réunit le président russe Vladimir Poutine et 25 dirigeants de l'UE élargie s'est tenu samedi matin au palais Konstantin à Saint-Pétersbourg. Ce sommet, premier grand rendez-vous européen depuis les déchirements causés par la guerre en Irak, a porté sur la coopération économique UE-Russie; la perspective de suppression des visas entre l'Union et la Fédération; l'environnement; la situation en Tchétchénie. Le président russe Vladimir Poutine est monté au créneau d'entrée de jeu, en dénonçant le "nouveau mur de Schengen" séparant l'Europe de la Russie, en déplorant, à l'ouverture du sommet Russie-UE, le peu de progrès enregistrés dans les pourparlers sur la suppression des visas. Evoquant les conséquences de l'élargissement de l'Union européenne, M. Poutine a déploré les limitations à la liberté de mouvement des Russes qu'il apportait, de nouveaux membres de l'UE devant introduire des visas pour eux. "Pour beaucoup de nos simples citoyens, la situation actuelle ne saurait être accueillie autrement que comme un nouveau mur de Schengen", a-t-il dit, dans une allusion aux accords de Schengen fixant les conditions d'entrée sur le territoire de l'UE. La convention de Schengen est appliquée jusqu'à présent par quinze pays: 13 des 15 Etats membres de l'UE (sauf la Grande-Bretagne et l'Irlande) et deux pays non-membres, la Norvège et l'Islande. Poutine met Prodi en cause M. Poutine a explicitement reproché au président de la Commission européenne Romano Prodi, assis à ses côtés, de n'avoir pu parvenir à un accord avec Moscou sur la création d'un groupe de travail sur la question des visas. Evoquant, sans les citer, des propositions faites en la matière par l'Allemagne, l'Italie et "nos amis polonais", M. Poutine a souhaité que des progrès sur ce chapitre puissent être enregistrés au prochain sommet UE-Russie à Rome en novembre. Au début de son discours, le président russe a remercié les Européens d'être venus "partager la fierté" des Russes à l'occasion du tricentenaire, et énuméré les grands sujets à évoquer, le partenariat stratégique, l'espace économique commun et le dialogue énergétique. Il a souligné ensuite le caractère "unique" du sommet élargi côté européen aux nouveaux membres. L'élargissement, a-t-il souligné, relève du "choix souverain" de chaque Etat, mais "il ne doit pas se faire au détriment de qui que ce soit". Intervenant par la suite, M. Prodi a qualifié le problème des visas de "question de long terme". "Progresser pas à pas" "Nous devons progresser pas à pas. Régler ce problème est aussi notre priorité, c'est notre objectif commun", a-t-il assuré. Cela implique une "coopération étroite" avec la Russie sur des sujets tels que le contrôle des frontières, la lutte contre le crime organisé et les documents de voyage, a poursuivi M. Prodi. "Nous devons donner toutes les garanties à nos populations", a-t-il dit, en souhaitant la conclusion d'un accord sur la réadmission de migrants illégaux d'ici juillet. M. Poutine a répondu brièvement, rappelant le "bon exemple" d'un tel accord déjà conclu par Moscou avec la Lituanie. Le président français Jacques Chirac a lui aussi évoqué la question de la liberté de circulation des Russes en Europe, indiquant qu'il s'agissait d'un des objectifs de la coopération Russie-UE. "La France est favorable à l'objectif à terme d'une libre circulation des citoyens russes dans l'UE et des citoyens de l'UE en Russie. C'est un objectif conforme à l'idée que nous nous faisons tous d'un continent sans lignes de partage", a dit M. Chirac. Bush-Poutine dimanche matin Après le sommet UE-Russie, un entretien Bush-Poutine est programmé dimanche matin. George W. Bush a indiqué espérer que son tête-à-tête avec le président russe permettra de relancer le "dialogue stratégique" avec la Russie, dans une interview à la télévision russe diffusée vendredi. "Je pense que la chose la plus importante qui sortira de la réunion avec (Vladimir) Poutine est que le monde verra qu'en dépit de nos désaccords sur l'Irak, nous avons la volonté de continuer à travailler ensemble pour le bien de nos pays respectifs, ainsi que pour la paix dans le monde", a-t-il déclaré à la chaîne publique Rossia. "Il y aura certainement l'établissement d'un dialogue stratégique, non seulement entre Vladimir et moi, mais entre nos administrations et agences, de façon que le peuple russe et les Américains sachent que nous travaillons de concert sur des perspectives communes", a-t-il ajouté. Chirac : "Le G8 n'a rien à voir avec les divisions" Le président français Jacques Chirac a souhaité samedi, en clôture du sommet Russie-Union européenne de Saint-Pétersbourg, que les «divisions» apparues entre pays membres du G8 ne freinent pas les travaux du sommet qui s'ouvre dimanche à Evian en Haute-Savoie. «La vie internationale est faite de divisions assumées et maîtrisées», a déclaré le président français à la presse devant le palais Constantin où s'est tenu le sommet Russie-UE. Soulignant que les objectifs du G8 concernent «l'ordre mondial de demain», il a estimé que les dossiers du sommet n'avaient «rien à voir avec des divisions qui ont pu apparaître et qui sont des approches politiques différentes d'une situation donnée». «Par conséquent, mon voeu est que tout ceci ne soit pas de nature à freiner ce qui doit être une impulsion nouvelle dans la solution d'un certain nombre de grands problèmes du monde de demain. Et je n'en doute pas», a poursuivi M. Chirac.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-31 12:40:52
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