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Publié le mercredi 28 mai 2003

Mercredi 28 mai 2003

LA FAIM
Le président Lula propose au G8 un fonds mondial contre la faim LE MONDE | 28.05.03 | 13h07 • MIS A JOUR LE 28.05.03 | 14h00 Invité au sommet des pays les plus industrialisés, le chef d'Etat brésilien demandera de taxer les ventes d'armes ou d'utiliser le remboursement de la dette des pays pauvres pour financer un programme d'éradication de la faim. Il se veut le porte-parole d'une Amérique latine sinistrée. Infographie : Quatre zones de sécurité et les contrôles rétablis à la frontière Brasilia de notre correspondant Issu d'une famille de paysans pauvres, Luiz Inacio Lula da Silva a fait de la lutte contre la faim l'un de ses chevaux de bataille. Inscrite comme action prioritaire de son gouvernement, par le biais du programme "Faim zéro" qui prévoit d'éradiquer le fléau en quatre ans de mandat, le président brésilien veut maintenant en faire une revendication "globale" sur la scène internationale. M. Lula da Silva l'a fortement répété au cours d'un entretien, le premier accordé à des journalistes depuis son investiture le 1er janvier 2003, avec la presse étrangère (El Pais, The New York Times, Financial Times, Welt am Sonntag, Yomiuri Shimbun, la télévision portugaise et Le Monde), qui s'est déroulé, mardi 27 mai, au palais du Planalto à Brasilia. "Parmi les financements possibles, on peut envisager le prélèvement d'une taxe sur les ventes d'armes", a proposé le chef de l'Etat à propos du projet de fonds mondial contre la faim qu'il défendra au sommet du G8 à Evian, où il sera l'un des invités représentant les pays en voie de développement. Fin janvier, M. Lula da Silva avait fait sensation en se rendant successivement à Porto Alegre, la ville brésilienne organisatrice des trois premières éditions du Forum social mondial, puis à Davos, siège de son contrepoint, le Forum économique mondial des "décideurs". Devant un parterre de banquiers et de chefs d'entreprise réunis dans la station touristique helvétique, l'ancien leader syndical des métallos de Sao Paulo avait déjà plaidé en faveur d'une mobilisation générale contre la misère. S'il n'est certes plus officiellement question de relancer le débat sur la taxation des transactions financières, la "taxe Tobin" chère aux militants de "l'autre mondialisation" dont Porto Alegre est devenu le port d'attache, l'idée d'œuvrer pour la création d'un fonds mondial contre la faim suit cependant son chemin à Brasilia. Le versement d'une partie du service de la dette extérieure des pays les plus pauvres figure également au nombre des suggestions brésiliennes, qui seront évoquées à Evian, concernant la constitution de son capital. Le fondateur du Parti des travailleurs (PT) est "tout à fait conscient du symbolisme résultant de l'élection d'un tourneur mécanique à la présidence d'un pays comme le Brésil". Prêt à "prendre (ses) responsabilités dans le mouvement historique" qu'il incarne et qui "dépasse les frontières du Brésil", il veut donc se conduire en porte-parole d'une Amérique latine sinistrée. "Après cinquante ans de guerre froide et une décennie de néolibéralisme, marquée par les ajustements fiscaux préconisés par le Fonds monétaire international (FMI), il faut se rendre compte, précise-t-il, qu'il n'y a pas d'autre solution viable qu'une nouvelle dynamique d'investissements." Et de citer en exemple l'Espagne, le Portugal et la Grèce, dont le décollage économique a été financé par l'Union européenne. CONTRE LE PROTECTIONNISME "Les pays industrialisés, souligne-t-il, ont tout intérêt à promouvoir la croissance dans les pays en développement, car ces derniers représentent des débouchés potentiels pour leurs exportations. C'est la meilleure manière de combattre le terrorisme, la contrebande, le narcotrafic et le crime organisé." Avec un taux d'épargne qui n'atteint plus que 17 % du produit intérieur brut (PIB), le Brésil dépend plus que jamais des capitaux étrangers pour relancer une économie guettée par la récession. Le leadership régional du Brésil a été récemment conforté tant au cours de la réunion du Groupe de Rio à Cuzco (Pérou), que lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président argentin, Nestor Kirchner, favorable en politique étrangère au renforcement prioritaire du Mercosur (le marché commun associant le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay). A ce titre, M. Lula da Silva mène aussi l'offensive contre le protectionnisme et les subventions agricoles des pays riches. Il en sera d'autant plus question au sommet du G8, tout au moins en coulisses, que le Brésil est engagé en première ligne sur un double front. Au sein du Mercosur, le Brésil négocie, fort de son rôle de puissance agricole de premier plan, un accord de libre échange avec l'Union européenne. Simultanément, il copréside avec les Etats-Unis les pourparlers sur la Zone de libre-échange des Amériques (connue sous le sigle ALCA), qui devrait englober, à l'horizon 2005, tous les pays du continent à l'exception de Cuba. Or, à Brasilia, cette échéance est jugée de plus en plus "irréaliste" en raison de la décision de Washington de s'en remettre aux futures décisions de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur l'épineux dossier du commerce agricole. A une ALCA semée d'embûches, le Brésil préfère dorénavant un accord Mercosur-Etats-Unis. C'est le message qui a été transmis à Robert Zoellick, le représentant américain pour le commerce, pendant la visite de deux jours qu'il a effectuée à Brasilia avant le départ du président brésilien pour Evian. Un tête-à-tête entre M. Lula da Silva et George Bush est d'ailleurs programmé le 20 juin à Washington. "Je dois apprendre à vivre avec Bush. Je ne peux pas lui demander de devenir ce qu'il n'est pas, et vice versa", dit le président brésilien. Féru de ballon rond, le chef d'Etat se plaît à comparer l'art de gouverner à celui de diriger une équipe de football. "Les entraîneurs aiment bien discuter entre eux, dit-il, mais ils veulent tous gagner." Autrement dit, les accords en cours de négociations ne peuvent aboutir que s'ils correspondent à des intérêts bien partagés. Soucieux de pousser ses pions sur l'échiquier international, M. Lula da Silva va accessoirement mettre à profit son voyage à Evian pour tenter d'obtenir, dans le cadre d'une éventuelle réforme des instances des Nations unies, des appuis supplémentaires - il a déjà obtenu celui de la France - en faveur de la candidature brésilienne à un poste de membre permanent au Conseil de sécurité. Jean-Jacques Sévilla -------------------------------------------------------------------------------- Le programme brésilien a trouvé ses bases Piloté par José Graziano, le ministre brésilien de la sécurité alimentaire, le programme "Faim zéro" a débuté en mars, après quelques cafouillages administratifs, dans deux communes-tests, Guaribas et Acaua, dans l'Etat nordestin du Piaui, l'un des plus pauvres du Brésil. Les familles dont les revenus sont inférieurs à 90 reals mensuels (environ 30 euros) reçoivent une carte de crédit, valable six mois et renouvelable au maximum deux fois pour la même période, donnant droit à 50 reals d'achats mensuels de nourriture. Composés de neuf membres (trois représentants des pouvoirs publics et six des populations concernées), des comités de gestion recensent les bénéficiaires et contrôlent l'utilisation des fonds. Dans les semaines qui viennent, le programme sera étendu, via la distribution directe d'aliments, à 114 000 familles de paysans sans terre regroupés dans 626 campements, ainsi qu'à une centaine de milliers de descendants d'esclaves fugitifs, qui vivent dans des communautés isolées. De 46 millions à 20 millions, le nombre estimé de Brésiliens affectés par la malnutrition reste pour l'heure une inconnue. - (Corresp.) • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.05.03 --------------------------------------------------------------------------------

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 14:20:23
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Mercredi 28 mai 2003

ZAMBIE
Les orphelins du sida, «drame national» en Zambie 800 000 enfants ont perdu leurs deux parents. Par Sabine CESSOU mercredi 28 mai 2003 imprimer l'article envoyer l'article articles les plus envoyés Lusaka (Zambie) envoyée spéciale erdue dans les champs qui parsèment Lusaka, la capitale de la Zambie, une maison en parpaings sert d'école maternelle. Comme tous les matins, les trois maîtresses de l'école commencent la journée par une distribution générale de porridge, une bouillie de plusieurs céréales. Leurs 150 élèves, certains en haillons, grelottent dans le froid matinal de l'hiver austral. Tous ont apporté un récipient, écuelle en fer, bol ou vieux pot de margarine en plastique. Certains, trop pauvres pour avoir une cuiller, mangent leur bouillie du bout des doigts. D'autres n'avalent qu'une partie de leur ration et emballent le reste pour le partager avec leur famille. Dans une salle de classe en construction, entre quatre murs inachevés et sans toit, des enfants, plus grands, suivent une leçon d'alphabet. «T pour tasse», répètent-ils en choeur. Ils sont plus de 700 à être venus pour profiter de la distribution gratuite. «Ici, on ne renvoie pas les enfants», explique une institutrice. Stigmatisation. Depuis janvier, cette petite école communautaire de Chinika fait partie des 77 sites choisis par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour nourrir les orphelins de Lusaka. «Cette distribution d'aide en milieu urbain est une première pour nous, en raison du taux de personnes infectées par le sida à Lusaka», explique Sibi Lawson, responsable du PAM. Avec 27 % de sa population contaminée, la capitale de la Zambie affiche le plus fort taux de la région, mais aussi l'un des plus élevés du monde. Avant le début des opérations de distribution, les écoles communautaires de Chinika comptaient 685 élèves. Ils sont plus de 850 aujourd'hui. Afin d'éviter la stigmatisation des enfants, le PAM a décidé d'approvisionner les écoles sans chercher à savoir qui est orphelin ou pas. «En nourrissant tout le monde, nous sommes sûrs de toucher notre cible», remarque Kate Vorley, de Project Concern International (PCI), une ONG américaine qui sert de relais au PAM. Les trois quarts des enfants nourris à l'école maternelle de Chinika seraient des orphelins. Les victimes d'un «drame national», dit Félix Musangu Mutelo, coordinateur de PCI. Le gouvernement zambien dénombre 800 000 orphelins ayant perdu leurs deux parents. L'Unicef, elle, en compte 1,8 million à travers le pays, en incluant les enfants ayant perdu un seul parent. Des chiffres alarmants, pour une population totale de moins de dix millions de personnes. En Zambie, le budget de la santé est d'un euro par habitant et par an. L'espérance de vie moyenne est tombée... à 35 ans ! Et la population a cessé de croître. Mourir à 40 ans, c'est «mourir vieux», souffle un des participants à un cortège funèbre, lors d'un enterrement à Lepard's Hill, le plus grand cimetière de la ville. Prévention. Tous les mois, 750 tonnes de céréales sont distribuées par le PAM à 30 000 enfants, dans les écoles des quartiers pauvres de Lusaka, mais aussi à leurs familles, soit 15 000 foyers. Les parents reçoivent une fois par mois un sac de 50 kilos de maïs jaune en grains. Lors des distributions, le PAM encourage les bénéficiaires à monter des spectacles de danse et de théâtre et à écouter des messages de prévention sur le sida. Manière d'inciter les parents à envoyer les enfants à l'école, mais aussi à s'occuper des orphelins, souvent maltraités dans la société zambienne. «L'idée consiste à donner de la valeur aux enfants qui apportent de la nourriture à la maison, pour qu'on cesse de les considérer comme un fardeau», explique Sibi Lawson. A Misisi, quartier coincé entre une voie ferrée et Kafue Road, une des grandes artères de la ville, des femmes sont venues avec des brouettes pour récupérer le sac de maïs auquel elles ont droit. Elles attendent, regroupées autour de l'école où vont leurs enfants, adoptifs ou non. C'est une maison minuscule, plantée sur un terrain vague parsemé d'ordures. Bien que situé à deux pas du centre-ville et de ses buildings, Misisi respire la misère. Dès le matin, des hommes se retrouvent dans les tavernes pour noyer leur ennui dans la bière de sorgho traditionnelle. La principale occupation, ici, consiste à casser des pierres, ensuite vendues pour faire du gravier. Nodia, une jeune femme qui élève les quatre orphelins laissés par sa soeur aînée, en plus de ses deux enfants, ramène son sac de maïs chez elle. Son mari est au chômage. Leur maison se résume à une pièce, où la famille s'entasse tous les soirs. «Ma soeur aînée est morte en 2000, de la tuberculose», raconte Nodia, sans jamais parler du sida. Elle dit aussi : «Sans cette aide, je ne m'en sortirais pas.».

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:59:13
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Mercredi 28 mai 2003

RWANDA
Neuf ans après le génocide, les rancoeurs subsistent entre les deux ethnies. Un sujet tabou. Rwanda: «Tutsis et Hutus se parlent mais ne s'aiment pas» Par Francesco FONTEMAGGI mercredi 28 mai 2003 « Dire qu'il n'y a pas d'ethnie, c'est un mensonge. Il faudrait pouvoir être fier de ce que l'on est, accepter notre identité, pour mieux la dépasser.» Albert, Hutu Butare envoyé spécial «Les gens me disent que je suis folle.» Sabine (1) s'interrompt, un rire nerveux l'empêche de poursuivre. Tutsie, cette jeune étudiante de l'université de Butare, dans le sud du Rwanda, est mariée depuis six mois à un Hutu. Une exception dans un pays encore marqué par le génocide : si les mariages mixtes étaient monnaie courante avant les années 90, ils se sont réduits à peau de chagrin depuis 1994. «Après tout ce qui s'est passé dans notre pays, c'est pas facile, soupire Sabine, en berçant son bébé de deux mois. Mes amies me disent qu'il n'est pas sérieux d'aimer un homme de l'autre ethnie.» La réconciliation entre communautés est inscrite au programme du gouvernement dominé par le Front patriotique rwandais (FPR), l'ex-rébellion tutsie qui dirige le Rwanda depuis 1994, après avoir mis fin au génocide de quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés, planifié et perpétré par l'ancien régime extrémiste hutu. Aujourd'hui, après neuf années de «transition», le pays s'apprête à tourner la page. Les électeurs étaient appelés, lundi, aux urnes pour adopter une nouvelle Constitution. Blessures. Pourtant, sur le campus de l'université nationale, les relations entre les membres des deux ethnies restent souvent empreintes de méfiance. «Les Tutsis et les Hutus se parlent, mais c'est de l'hypocrisie, car au fond de leur coeur, ils ne s'aiment pas», tranche Sabine, dont la voix trahit les blessures causées par les réactions de son entourage face à son mariage. Sa famille a fini tant bien que mal par respecter son choix. «Ce sont mes amis qui m'ont complètement lâchée, poursuit cette étudiante en sociologie, réfugiée au Congo voisin avant la guerre. Surtout mes amies rescapées.» A 22 ans, Sabine admet pourtant qu'avant de rencontrer son futur mari, elle n'était pas loin de penser comme ses amis qu'elle dénonce aujourd'hui. «Pour moi, les Hutus étaient sales, impolis», reconnaît-elle, avant d'ajouter, dans un sourire : «Et puis je suis tombée amoureuse.» C'est pour cela qu'elle n'a pas cédé. Pour son mari et pour son bébé. «Jamais il n'entendra dans ma bouche, ni dans celle de son père, des histoires de Hutus ou de Tutsis», assure-t-elle en haussant la voix. Butare est un microcosme bien à part dans la société rwandaise. Une petite ville de province aux rues bien agencées, aux belles villas avec jardin et aux rues bordées d'arbres taillés et de buissons joliment entretenus. Le campus de l'université, fondée en 1976, est un havre de paix, avec ses vastes jardins et ses infrastructures relativement modernes. Rien à voir avec les maisons en boue séchée, encore nombreuses dans ce pays très pauvre. Les 6000 à 7 000 étudiants ­ ils n'étaient plus que 3 000 immédiatement après le génocide ­ sont les futures élites du pays. Pour la plupart, ils sont issus de milieux plutôt aisés. Alors, le gouvernement les protège de son regard paternaliste. Les deux derniers recteurs de l'université sont des poids lourds du FPR, chargés de mettre en musique sa doctrine : il n'y a au Rwanda ni Hutus ni Tutsis, que des Rwandais. Dans les rangs du FPR. Hubert a fait sienne cette devise. Etudiant en dernière année d'histoire, il rédige son mémoire sur la «Réconciliation nationale, forces et faiblesses». Ses premières conclusions sont «positives», dit-il, sans s'étendre sur le sujet. «Je n'attache pas d'importance à l'ethnie, je me sens Rwandais», assure ce jeune homme de 26 ans dont le discours très argumenté tranche un peu avec son visage enfantin. Tout juste reconnaît-il qu'il est Tutsi. «Mais ma copine, je ne sais même pas si elle est hutue ou tutsie», jure-t-il. Vraiment ? «Oui, je n'ai aucune preuve sur son ethnie. En fait, je ne veux pas la connaître.» Pourtant, à l'abri des regards de ses camarades dans un restaurant de Butare, Hubert révèle son secret, au détour d'une phrase. Personne ne sait, à la fac, qu'il a été militaire dans les rangs du FPR, pendant six mois en 1994. Il n'avait que 17 ans. La première fois qu'il a foulé le sol rwandais, il était jonché de milliers de cadavres. L'ex-soldat a grandi au Zaïre et a pris les armes pour combattre les génocidaires. Mais pas question d'en parler à son entourage. «Si je dis que j'ai été militaire, on ne me verra plus que comme un Tutsi, du FPR en plus. Je veux qu'on me juge pour ce que je suis réellement.» Peu de Rwandais osent parler ouvertement de leur ethnie. Surtout parmi les Hutus. Sur le campus, Albert fait exception. Sans détour, cet étudiant affirme d'emblée : «J'appartiens à l'ethnie qui a participé aux massacres.» La plupart de ses amis du lycée, également hutus, ont pris la fuite vers l'ex-Zaïre en 1994, mais sa famille, opposée au génocide, a choisi de rester. «J'ai retrouvé ces amis à la fac, et ils m'ont accusé d'avoir retourné ma veste, d'être du côté des gagnants, de délaisser mon ethnie», déplore ce futur géographe. Albert est en fait coupable d'avoir de vrais amis tutsis, de fréquenter les personnes avec lesquelles il s'entend. Mais, contrairement au discours dominant, il pense qu'il est trop tôt pour faire table rase des différences. «On est mal parti. Dire qu'il n'y a pas d'ethnie, c'est un mensonge. Il faudrait pouvoir être fier de ce que l'on est, accepter notre identité, pour mieux la dépasser.» Réduire au silence. Car le tabou qui plane sur l'ethnicité provoque bien souvent des dérapages, et permet parfois au pouvoir, au nom de la lutte contre la «division ethnique», de réduire au silence toute opposition interne. On parle tout haut de réconciliation, mais on pense tout bas en termes d'ethnie. «Le seul problème, c'est que les Hutus ont souvent honte de dire qu'ils sont hutus, alors que certains Tutsis restent fiers de clamer leur appartenance, souligne Albert. Malheureusement, ici, ce sont des gens instruits qui réagissent ainsi. Cela ne laisse rien présager de bon.». >(1) Tous les prénoms ont été changés.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:57:58
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Mercredi 28 mai 2003

IRAK
Baassistes traqués en Irak Les sbires de l'ancien régime sont l'objet de règlements de comptes sauvages. Par Marc SEMO mercredi 28 mai 2003 «Celui qui a volé une maison devra rendre la maison. Celui qui a assassiné ou fait assassiner devra être mis à mort.» Un militant chiite Bagdad envoyé spécial Habitué aux toiles de commande pour les hiérarques du défunt régime, le peintre l'a campé martial et rondouillard, regard de braise et moustache drue sur un sourire éclatant. Sa femme a pieusement posé le cadre sur un canapé au fond du salon cossu, là où il aimait s'asseoir juste à côté d'un piano de bois clair. Les murs sont remplis de portraits et de photos, mais ceux où Daoud al-Qaissi posait aux côtés du «Président» ont été enlevés après la chute de Bagdad. Très populaire «crooner» aux mélopées sucrées, il était le chanteur «patriotique» par excellence et régnait sans partage depuis dix-sept ans sur le syndicat des artistes irakiens. Ce jovial quinquagénaire, membre éminent du Baas, a été abattu de cinq balles alors qu'il prenait le frais devant sa villa, le 17 mai. Venu en pick-up, le commando a aussitôt pris la fuite. «Il avait refusé de partir, convaincu de n'avoir fait de mal à personne et sûr de l'amour de son public. Maintenant, j'ai peur pour mes fils car dans le voisinage on murmure que ce sera bientôt leur tour», sanglote la veuve Manal al-Qaissi. Des cousins et des amis armés de Kalachnikov gardent la maison jour et nuit mais cela ne suffit pas à la rassurer. Mouchards. Quinze jours plus tôt, le responsable de l'ex-parti au pouvoir pour cette zone élégante du centre-ville avait déjà été assassiné dans des circonstances similaires. Si les règlements de comptes contre les notables et les sbires du Baas sont encore rares dans les beaux quartiers, ils se multiplient dans les banlieues, et notamment dans l'ex-Saddam City, entassement de taudis où vivent plus d'un million de Chiites férocement réprimés pendant des années par le régime. «Il y a eu entre 60 et 70 cas de ce genre ces dernières trois semaines et le nombre va en augmentant. Ce sont des gens connus pour être des baassistes ou des mouchards», explique Ali Salman qui travaille aux urgences de l'hôpital Al Qadisiyah, le plus important du quartier. «Il n'y a pas d'organisation. Ce sont des fidèles qui ont souffert et qui, de leur propre initiative, châtient ces hommes coupables de crimes terribles. Mais la vengeance personnelle est nuisible car elle provoque le chaos», assure le jeune imam Mohamed al-Fartoussi dont les positions et le verbe enflammé séduisent les foules de l'ex-Saddam City. Nombre de Bagdadiens restent en revanche convaincus qu'il s'agit de groupes bien structurés. «Le père des femmes de deux de mes fils qui était réfugié en Iran nous avait averti que mon mari était le numéro 8 sur une liste noire de gens à exécuter mais nous ne l'avions pas cru», assure Manal al-Qaissi, convaincue que le chanteur a été tué «par des Chiites extrémistes». Riche médecin chrétien sans histoire et sans parti, X (qui souhaite garder l'anonymat) a été enlevé il y a une semaine alors qu'il rentrait de l'hôpital «par un commando de miliciens chiites». Il a une grosse voiture et habite une belle maison dans un quartier qu'affectionnent nombre de notables de l'ancien régime. Il a été interrogé, pas mal secoué, puis finalement relâché au bout de quelques heures après avoir prouvé sa bonne foi. Pour éviter tout nouvel incident ses ravisseurs ont ensuite prévenu les gens aux alentours qu'il avait été victime d'une méprise et qu'il était innocent. Vide judiciaire. Ces «punitions» sont assez bien accueillies par la population, d'autant que l'appareil judiciaire, qui pourrait sanctionner les coupables de crimes, n'a toujours pas réellement recommencé à fonctionner. «Quand c'est l'affaire de tous, ce n'est celle de personne. Mais il y a heureusement des gens courageux décidés à prendre les choses en main», se félicite un petit commerçant chiite dont le père et deux oncles ont été exécutés lors du soulèvement de 1991. La tentation de se faire justice soi-même est d'autant plus forte que des millions d'armes sont en circulation. Il y a celles distribuées avant-guerre pour la défense populaire, ou celles pillées dans les dépôts lors de l'effondrement du régime. Kalachnikov et pistolets se vendent sur les marchés. «Chaque famille irakienne en a au moins une. Cela permet aux habitants de se défendre mais aussi aux délinquants remis en liberté par Saddam juste avant la guerre de régler leurs comptes contre les policiers qui les avaient arrêtés», témoigne, résigné, le responsable d'un commissariat près de la rue Palestine. Deux de ses inspecteurs qui venaient de reprendre du service ont été abattus en début de semaine. Les vengeances restent néanmoins en nombre très limité compte tenu du contexte. Les structures tribales avaient recommencé ces dernières années, encouragées par Saddam à jouer un rôle de plus en plus important dans la société irakienne. Tout crime commis à l'encontre d'un de leurs membres implique de faire payer le sang par le sang. Dans chaque tribu, chaque famille, il y a eu des membres du Baas, des profiteurs du système et des victimes du régime. Une fois lancé, le cycle des violences serait sans fin. Conscient de ce risque, les grands partis chiites comme nombre de religieux essaient de calmer les esprits. L'association des anciens prisonniers a récupéré des centaines de milliers de dossiers de victimes de la répression. «Nous informons les proches des disparus du sort de leurs parents, de la date d'exécution, du lieu où a été enterré le corps quand nous le savons, mais jamais nous ne les laissons prendre connaissance du contenu des dossiers qui seront donnés au gouvernement quand il y en aura un. Il y a dedans les noms des informateurs, ceux des officiers de sécurité qui ont mené les interrogatoires et prononcé la condamnation à mort. Ils seraient tentés de se venger», explique Settar Jabar, l'un des fondateurs de l'association. Pestiférés. «Le peuple irakien a déjà trop souffert. Certes, il faut chasser les baassistes de leurs fonctions mais pour le reste ce sera à la justice de punir les crimes commis. Nous savons où habitent ceux qui ont dénoncé nos fils ou nos frères, mais la vengeance ne ferait qu'ajouter au chaos. Ces gens-là ne sont plus une menace. Ils vivent désormais dans la peur comme des pestiférés que la terre comme le ciel refusent», souligne Abou Hamze al-Saidi, professeur et cadre du parti chiite al-Dawa, qui fut pendant des années la cible privilégiée de la répression et dont les «martyrs» se comptent par centaine de milliers. Mais dans de nombreux quartiers de la capitale, les militants chiites veillent, bien décidés à empêcher la fuite des notables du Baas qui ne sont pas partis après l'arrivée des Américains. L'un d'eux confie : «Des enquêtes officielles seront menées mais il faut que justice soit faite. Celui qui a volé une maison devra rendre la maison. Celui qui a assassiné ou fait assassiner devra être mis à mort.».

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:55:40
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Mercredi 28 mai 2003

SHARON
Pour la première fois, le premier ministre a employé le terme d'«occupation» des territoires palestiniens Sharon fait tomber un tabou israélien Jérusalem : Marc Henry [28 mai 2003] «Occupation» : jusqu'à présent le mot était banni par les dirigeants israéliens. Mais Ariel Sharon a fait tomber le tabou. «Maintenir 3,5 millions de Palestiniens sous occupation, c'est terrible, cela ne pourra pas continuer éternellement», a lancé le premier ministre devant le groupe parlementaire du Likoud, son parti. Ces propos, jusqu'à présent l'apanage de la frange la plus à gauche du Parti travailliste, ont provoqué un véritable choc. Signe des temps : des responsables du ministère des Affaires étrangères se sont réunis d'urgence hier pour savoir si le mot «occupation» que les diplomates avaient interdiction d'employer pouvait maintenant faire partie du vocabulaire des représentants israéliens à l'étranger. En attendant une décision, Elyakim Rubinstein, le conseiller juridique du gouvernement, s'est mis de la partie. Selon lui, le recours au mot «occupation» est «susceptible de porter atteinte aux intérêts israéliens dans le monde». Ce terme a également déclenché une minifronde au sein du Likoud. Une dizaine de députés sur 40 du grand parti de la droite ont dénoncé vertement celui qui les a pourtant menés à une victoire électorale écrasante au début de l'année. «Ce mot est faux, les véritables occupants, ce sont les Palestiniens», s'est ainsi exclamé Uzi Landau, ministre du Likoud. Très embarrassé, Silvan Shalom, le chef de la diplomatie, a préféré esquiver l'obstacle. «Chacun choisit comme il l'entend sa propre terminologie», s'est borné à expliquer le ministre des Affaires étrangères. Ces réactions à fleur de peau ont poussé Ariel Sharon a faire en partie machine arrière. Il a ainsi affirmé hier qu'il avait employé le mot «occupation dans le sens juridique et non pas comme les gens ont l'habitude de l'utiliser». Une explication alambiquée qui n'est pas à la hauteur de la confusion créée. Ariel Sharon a en effet brouillé des pistes. Le recours au terme kibouch' («occupation» en Hébreu) dans une conversation privée ou un débat public permettait immédiatement de classer sans trop de risque d'erreur celui qui l'utilisait comme faisant partie du «camp de la paix», tandis que ceux qui évitaient comme la peste cette formule avaient toutes les chances d'appartenir au «camp national» de la droite et des colons. Toute la question est de savoir si cette révolution sémantique reflète un réel changement d'Ariel Sharon. Une partie des médias, échaudée par les volte-face passées du premier ministre, reste sceptique. Les radios et la télévision n'ont pas manqué de puiser dans leurs archives pour retrouver de vieilles interviews ou images et rappeler un parcours idéologique parfois sinueux. «Le véritable test ne joue pas avec des mots, mais dans les faits. Ariel Sharon aura prouvé qu'il ne s'agit pas de paroles en l'air lorsqu'il ordonnera par exemple le démantèlement de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, comme le prévoit la feuille de route», souligne Emmanuel Rozen, commentateur politique d'une chaîne de télévision privée. Mais encore faut-il que cette fameuse «feuille de route», un plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien par étapes d'ici à 2005, commence à être appliquée. Or quelques ratés se sont d'ores et déjà produits. La nouvelle rencontre prévue aujourd'hui à Jérusalem entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas, le premier ministre palestinien, partisan de l'arrêt des violences, a été reportée. Le temps presse pourtant. George W. Bush, qui a fait de la «feuille de route» sa chasse gardée, veut organiser un sommet avec Ariel Sharon et Mahmoud Abbas la semaine prochaine, sans doute en Jordanie, pour tout mettre sur les rails. La rencontre Sharon-Abbas, après l'adoption dimanche, par le gouvernement israélien, de la «feuille de route», est censée servir de lever de rideau.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:45:42
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Mercredi 28 mai 2003

IRAN
Washington durcit le ton vis-à-vis de Téhéran agrandir la photo WASHINGTON (AFP) - Les Etats-Unis ont durci le ton mardi vis-à-vis de l'Iran à propos de l'Irak, du nucléaire et du terrorisme, mais l'administration américaine apparaît divisée sur la stratégie à adopter vis-à-vis de Téhéran. La Maison Blanche a clairement fait savoir son mécontentement concernant l'attitude de l'Iran vis à-vis de membres du réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden présents sur son sol. Les Etats-Unis ont également réaffirmé qu'ils ne croyaient pas un mot des déclarations de Téhéran assurant que son programme nucléaire était à but uniquement civil. Le secrétaire à la Défense Donald Rumfeld a enfoncé le clou en affirmant que Washington n'accepterait pas que l'Iran cherche à exporter son modèle islamique en Irak, où les Etats-Unis sont confrontés à une difficile transition après le renversement de Saddam Hussein. "L'Iran doit comprendre que tout effort pour tenter de refaire l'Irak à l'image de l'Iran sera fermement combattu", a déclaré M. Rumfeld. La Maison Blanche a de son côté jugé insuffisants les efforts que l'Iran assure faire contre les membres d'Al-Qaïda présents sur son sol, qui sont notamment soupçonnés par les Etats-Unis d'être impliqués dans les attentats du 12 mai en Arabie saoudite (34 morts, dont 8 américains). "Nous continuons à demander à l'Iran de mettre fin à son soutien au terrorisme, y compris le fait d'abriter des terroristes d'Al-Qaïda", a déclaré le porte-parole du président George W. Bush, Ari Fleischer, en mentionnant également le programme nucléaire iranien parmi les préoccupations américaines. Selon un responsable américain parlant sous couvert de l'anonymat, l'Iran sera au centre d'entretiens jeudi entre M. Rumsfeld, le secrétaire d'Etat Colin Powell et Condoleezza Rice, la conseillère présidentielle pour la sécurité nationale. Mais à la veille de cette rencontre, les responsables américains ont semblé ne pas être sur la même longueur d'ondes quant à la politique à suivre. Placé l'an dernier dans un "axe du mal" par le président Bush, l'Iran est aussi devenu un interlocuteur incontournable en raison de sa position stratégique entre l'Irak et l'Afghanistan, deux pays où les Etats-Unis sont fortement engagés. La ligne de partage semble passer une fois de plus entre le Pentagone (Défense) qui multiplie les messages durs à l'égard de l'Iran, et le département d'Etat (Affaires étrangères) soucieux de préserver une amorce de dialogue avec la république islamique. La presse américaine s'est faite l'écho ces derniers jours d'un arrêt des discussions engagées dernièrement à Genève entre Américains et Iraniens, et a évoqué une possible stragégie de soutien à un soulèvement populaire en Iran pour renverser le régime en place, reflétant les vues des tenants d'une ligne dure à l'égard de Téhéran. Le secrétaire d'Etat Colin Powell en revanche a assuré mardi que "les "contacts allaient se poursuivre" avec l'Iran, sans cependant dire sous quelle forme, et a assuré qu'il n'y avait "pas de changement" dans la politique iranienne de Washington. M. Powell a toutefois lui aussi cité le terrorisme et le nucléaire comme deux sujets de préoccupation majeurs pour les Etats-Unis. Le département d'Etat est également resté vague sur une modification de la politique américaine, renvoyant à des déclarations du président Bush de juillet 2002, dans lesquelles il avait déjà semblé prendre ses distances par rapport aux espoirs suscités par le président réformateur Mohamad Khatami, jugé prisonnier du système, au profit d'un soutien plus affiché aux aspirations populaires. Washington entend "soutenir les appels du peuple au gouvernement iranien en faveur de réformes démocratiques et de l'ouverture sociale", a déclaré le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Richard Boucher. La Maison Blanche a par ailleurs écarté une opération militaire comme en Irak, en rappelant que Washington entendait avoir une "approche diplomatique" avec l'Iran.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:01:47
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Mercredi 28 mai 2003

AMNESTY
Amnesty International dit "non au commerce des droits humains" PARIS (AP) - Sur une photo, le bas d'un visage, celui d'une Blanche dans sa moitié droite, d'une Noire côté droit. D'une part, une femme blonde et blanche, les lèvres maquillées de rouge, un collier de diamants autour du cou; la joue gauche est moins "glamour": du sang coule de la bouche de la femme noire et sa gorge a été tranchée. "Quel prix pour ces diamants?", demande la légende. Cette campagne de lutte contre le commerce des armes et des matières premières avec les pays qui violent les droits humains va être présentée par Amnesty International à l'occasion du sommet du G8 à Evian en France du 1er au 3 juin. Elle sera diffusée par le biais d'un affichage urbain dans toute la France. Objectif: dénoncer le "négoce meurtrier des diamants du sang". L'organisation rappelle que "les matières premières de plusieurs pays africains (bois, diamant, pétrole) continuent aujourd'hui à être exportées pour acheter des armes, ce qui permet à des Etats et à des groupes armés de violer les droits humains et bafouer le droit international humanitaire". Par le biais de cette campagne, Amnesty plaide pour un renforcement du Processus de Kimberley: mis au point par des représentants de nombreux pays et des professionnels de l'industrie du diamant en janvier 2003, ce système de certification doit permettre la traçabilité du diamant depuis l'extraction jusqu'à l'exportation. Reconnu par l'ONU, ce processus n'est toutefois pas soutenu par des mesures juridiquement contraignantes dans les pays concernés. AP

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:00:42
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Mercredi 28 mai 2003

INDE
Vague de chaleur en Inde: 494 morts en deux semaines HYDERABAD, Inde (AP) - Le bilan de la vague de chaleur qui frappe le sud de l'Inde depuis deux semaines est monté à au moins 494 morts mercredi, selon les secours de l'Etat d'Andhra Pradesh. Une centaine de personnes sont hospitalisées pour déshydratation ou insolation, a précisé le responsable des secours, D.C. Roshaiah. On dénombrait 430 morts mardi, selon lui. Il a ajouté que les secteurs les plus touchés étaient ceux de Godavari et Malgonda. "Nous avons demandé aux habitants d'éviter de sortir durant les pics de chaleur de la journée". La température la plus élevée (47°C) a été recensée dans la ville de Hanamkonda, dans le secteur de Warangal, à 170km au nord de Hyderabad. Un millier de personnes avaient péri de chaleur l'année dernière. La plupart étaient âgées et n'ont pas supporté des températures atteignant 50 degrés. AP

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 12:59:39
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Mercredi 28 mai 2003

PALESTINE
Mahmoud Abbas demandera à Ariel Sharon une déclaration affirmant le droit des Palestiniens d'avoir un Etat JERUSALEM (AP) - Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas demandera à son homologue israélien Ariel Sharon une déclaration explicite acceptant le droit des Palestiniens à avoir un Etat lors de leur prochaine rencontre, ont annoncé mercredi des responsables palestiniens. La deuxième rencontre entre les deux hommes, qui a été repoussée, devrait finalement avoir lieu jeudi matin. Un responsable du gouvernement israélien a déclaré qu'Israël envisagerait de faire une telle déclaration, mais probablement seulement dans le cadre d'un ensemble de dispositions qui seront annoncées lors d'une rencontre qui devrait se tenir la semaine prochaine avec le président américain George W. Bush. Elles devraient notamment exiger des autorités palestiniennes qu'elles prennent des mesures de répression à l'encontre du Hamas, du Djihad islamique et d'autres mouvements qui ont perpétré des attaques contre des Israéliens. AP pyr/v394

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 12:57:53
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Mercredi 28 mai 2003

CONGO
Crimes sans châtiment par Vincent Hugeux Les combats et les massacres qui endeuillent l'Ituri, cette région du nord-est de la République démocratique du Congo, témoignent de l'écrasante responsabilité des Etats voisins. Mais quel gendarme du monde s'en soucie? C'est une région enclavée, adossée à la frontière ougandaise, perdue à l'extrême nord-est de l'ancien Zaïre. La terre y est fertile, le sous-sol truffé de minerais recherchés. Mais des entrailles du district de l'Ituri on exhume surtout, ces temps-ci, des cadavres mutilés. Sans que les plaintes étouffées de rescapés hébétés émeuvent, pour peu qu'elles leur parviennent, les gendarmes du monde. Depuis 1998, depuis que le poison de la guerre gangrène les confins de la République démocratique du Congo (RDC), pays-continent menacé de dépeçage, on recense dans ce mouroir tropical 50 000 tués et un demi-million de déplacés. Chaque fois qu'une milice tribale, cornaquée ou non par ses mentors étrangers, reconquiert Bunia, chef-lieu de l'Ituri livré aux pillages, elle laisse dans son sillage des relents de charniers. A la mi-mai, le conflit qui mit aux prises les soudards de l'ethnie hema, minoritaire, et leurs homologues lendu aurait ainsi coûté la vie à plus de 230 civils. De part et d'autre, il arrive que les porte-flingue n'aient pas 10 ans. Comme au Liberia ou en Sierra Leone, des gamins «chanvrés» jusqu'aux yeux s'enivrent du plaisir morbide de tuer, de terrifier et d'avilir. Kigali et Kampala se livrent, par mouvements rebelles interposés, une lutte féroce pour la suprématie régionale Le vent tournerait-il? L'impuissance du contingent local de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc) - 700 Uruguayens faiblement armés, souvent terrés dans leurs campements, et censés céder la place en juillet à une force venue du Bangladesh - devient obscène. Mieux, des témoins opiniâtres, prêtres ou francs-tireurs de l'humanitaire, obligent les ténors de la planète à sortir de leur apathie. D'autant que l'assassinat récent de deux observateurs de la Monuc rend soudain plus audibles les cris d'alarme. Emmenée par des militaires français, une «mission de reconnaissance» étudie depuis le 20 mai les modalités d'acheminement des secours. Un cauchemar logistique? Qu'importe. Sur les instances du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, Paris consent à animer une force internationale d'urgence. Mais à la condition d'hériter d'un mandat aussi clair que ponctuel et d'obtenir l'aval de tous les acteurs régionaux. C'est mal parti: neuf ans après l'opération «Turquoise», tenue par Kigali pour un sauf-conduit offert aux cerveaux du génocide, le Rwanda et ses protégés congolais récusent toute «ingérence» tricolore dans les grands lacs. Même si l'engagement espéré de l'Afrique du Sud, du Nigeria, voire de la Grande-Bretagne, contribuerait sans doute à tempérer leur hostilité. Saisis par les démons de l'ethnologie comme Le Trouhadec le fut par la débauche, les «afro-fatalistes» ont tôt fait de réduire les tueries de l'Ituri au énième épisode d'un affrontement ancestral. Certes, voilà plus d'un siècle que les litiges fonciers aiguisent l'antagonisme entre Hema et Lendu. Maints carnages ont depuis lors endeuillé la chronique locale. Mais c'est à leurs parrains extérieurs que les rivaux doivent de basculer dans une frénésie meurtrière. Et de troquer flèches et machettes contre des brassées de fusils d'assaut et de lance-roquettes. Gare au génocide, préviennent d'une même voix les envoyés onusiens, Carla del Ponte, procureur général du Tribunal pénal international, ou Sergio Vieira de Mello, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et prochain représentant spécial du «Machin» à Bagdad. Le régime rwandais arme et manipule ainsi la mouvance hema, par le biais de ses supplétifs du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Et ce d'autant plus aisément que le pouvoir tutsi du pays des Mille Collines et ses alliés de l'Ituri partagent une hantise commune: l'anéantissement des minorités. Après avoir, dans une confusion qui reflète l'intensité de la lutte des clans au sein de l'armée, travaillé les deux camps, l'Ouganda téléguide quant à lui les combattants lendu. Et ses officiers affairistes s'accommodent fort bien du chaos armé dans lequel sombre le district depuis le retrait de leurs troupes, achevé le 19 mai. Quoi d'étonnant? Jadis associés contre leur ancien protégé, le défunt Laurent-Désiré Kabila, tombeur de Mobutu et un temps maître de Kinshasa, Kigali et Kampala se livrent, par mouvements rebelles interposés, une lutte féroce pour la suprématie régionale. Sans perdre de vue des enjeux plus prosaïques. Diamants, or, bois précieux, cobalt, coltan: les ressources de l'Ituri attisent les convoitises des grands voisins comme de sociétés privées américaines, sud-africaines ou européennes. Sans parler des fabuleux gisements pétroliers que recèlerait le secteur... Vue sous cet angle, la richesse a tout d'une calamité. En novembre 2002, l'ONU avait consacré au pillage du pactole congolais un rapport accablant, tant pour la nomenklatura kinoise que pour les sbires du Rwandais Paul Kagamé ou la clique de l'Ougandais Yoweri Museveni. Un détail: seules les largesses anglo-américaines protègent ces deux chefs d'Etat du naufrage budgétaire. En cinq ans, de 3 à 4 millions de civils ont péri danx l'ex-Zaïre Ubuesque, la première semaine d'avril aura jeté sur la tragédie congolaise une lumière crue. Le 3, en trois heures à peine, des commandos lendu sèment la mort dans une quinzaine de villages hema proches de Droro, à 80 kilomètres au nord de Bunia. Sinistre riposte aux carnages perpétrés par les miliciens hema quand, huit mois durant, ils ont tenu le chef-lieu. La veille, les délégués du «Dialogue intercongolais», forum pagailleux ouvert dix-neuf mois plus tôt, avaient approuvé à Sun City, le Las Vegas sud-africain, les contours d'une transition incertaine, prélude à la tenue d'élections générales à l'horizon 2005. Le lendemain, Joseph Kabila, fils et successeur de Laurent-Désiré, assassiné le 16 janvier 2001, promulgue une Constitution provisoire. Et, trois jours plus tard, ce président tout juste trentenaire prête serment. Car à 2 000 kilomètres à l'ouest de Bunia, kabilistes, opposants et chefs rebelles goûtent aux délices et aux poisons des marchandages politiques. De quoi, faute de mieux, mettre à l'abri du besoin plus de 70 ministres et vice-ministres, 500 députés, 120 sénateurs et des cohortes de hauts fonctionnaires. Clef de voûte de la «réconciliation», la nomination de quatre vice-présidents. Parmi eux, un fidèle de Kabila père, psychanalyste vindicatif, autrefois disciple de Jacques Lacan, et le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba. Fils de l'ancien patron des patrons zaïrois, ce protégé de Kampala traîne pourtant un lourd passif. Passe encore que la justice belge le condamne par défaut à un an de prison ferme pour avoir introduit illégalement dans le royaume des employés de maison. Passe encore que l'ONU l'épingle dans son palmarès des pillards de l'ex-Zaïre. Mais Bemba devra peut-être un jour - sait-on jamais? - répondre des crimes abjects commis dans l'Ituri par ses miliciens à l'automne 2002. Accusés d'actes de cannibalisme sur des Pygmées réduits en esclavage, ils ont parfois contraint leurs captifs à cuisiner et à manger la chair des défunts. Le reste est à l'avenant: viol collectif de fillettes sous les yeux de leur mère, décapitation, au couteau, d'une femme en présence de ses enfants, mutilations rituelles. Pour l'heure, M. le vice-président s'en tire à bon compte: il lui aura suffi de châtier quelques lampistes sous des motifs futiles pour obtenir l'absolution. Tôt ou tard, il faudra bien que l'on se demande pourquoi les guerres du Congo-Kinshasa ont suscité si peu d'émoi. Combats, exodes, famines, épidémies: en cinq ans, de 3 à 4 millions de civils y ont péri. Qui leur rendra justice? Le Rwanda a son tribunal ad hoc, la Sierra Leone le sien. Mais pour la République démocratique du Congo, rien.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 12:33:22
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Mercredi 28 mai 2003

LE PEROU
L'état d'urgence décrété au Pérou Le président veut disperser des milliers de manifestants qui bloquent la circulation et le transport de marchandises sur les autoroutes du pays. Alejandro Toledo s'adresse à la nation mardi (AP) Le président péruvien Alejandro Toledo a proclamé un état d'urgence de 30 jours mardi pour disperser des milliers de manifestants qui bloquent la circulation et le transport de marchandises sur les autoroutes du pays. Il a déclaré dans une allocution nationale que l'armée assisterait la police pour «assurer la sécurité» des 26 millions de Péruviens. La police et l'armée péruvienne ont commencé mercredi à démanteler une trentaine de barrages de paysans. Le calme régnait dans le pays et la capitale Lima. Les forces armées, chargée du maintien de l'ordre, n'ont pas rencontré de résistance lors du démantèlement des barrages qui entravaient depuis lundi la Panamériacine, artère qui s'étire sur 2.000 kilomètres tout le long du littoral pacifique. Grève illimitée Mardi, les personnels de santé se sont joints à la grève des agriculteurs, professeurs et personnels juridiques qui manifestent sur tout le territoire. Le syndicat unique des 280.000 enseignants en grève illimitée depuis plus de deux semaines, le SUTEP, fer de lance du mouvement de mécontentement, a indiqué mercredi matin qu'il entendait poursuivre son mouvement et organiser des protestations jusqu'à la satisfaction de ses revendications. Les agriculteurs bloquent les routes depuis lundi pour obtenir une baisse des taxes et une meilleure protection contre les importations de produits agricoles. (avec AP )

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 11:56:57
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON