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Publié le lundi 26 mai 2003

Lundi 26 mai 2003

AFGHANISTAN

En Afghanistan, la condition des femmes reste tributaire des traditions et la burqa de vigueur
LE MONDE | 26.05.03 | 13h43     MIS A JOUR LE 26.05.03 | 16h35
Les initiatives se multiplient, mais la quasi-totalité des Afghanes sont analphabètes.

Kaboul de notre envoyée spéciale

Serrant dans ses mains les 5 000 afghanis (100 euros) qu'elle vient de recevoir, Rabia, dix-huit ans, écoute les clauses du contrat qu'elle va signer pour bénéficier d'un prêt conjoint avec trois de ses voisines. Suscitée par l'organisation non gouvernementale Mercy Corps, cette expérience de micro-crédit dans un des quartiers défavorisés de la périphérie de Kaboul vise à donner à des femmes illettrées et confinées dans leur maison la possibilité de participer à la vie économique. L'initiative s'inscrit dans un programme général de formation à des métiers tels que la sculpture du bois ou la fabrication de chandelles.

DE TRÈS FAIBLES MOYENS

Un an et demi après la chute des talibans et les promesses d'un avenir radieux pour les femmes, les Afghanes apprécient tous les changements intervenus mais soulignent le long chemin restant à parcourir pour faire enfin partie intégrante de la société. Ministre de la condition féminine et l'une des deux femmes membres du cabinet, le docteur Habiba Sorabi concède volontiers : "Sans le soutien de la communauté internationale, les hommes afghans -le gouvernement- ne sont pas prêts à donner des positions aux femmes." Mme Sorabi dispose de très faibles moyens, avec un budget de fonctionnement équivalent à moins de 500 000 euros pour payer les fonctionnaires et aucun budget de développement, alors qu'elle a calculé ses besoins à 9,5 millions d'euros. Mais elle s'est fixé quatre priorités : l'éducation (plus de 90 % des femmes sont analphabètes) ; la santé (éducation et, "indirectement", planning familial) ; la législation et le travail.

"Le système judiciaire est contre les femmes, ajoute le docteur Sorabi. En outre, la plupart du temps, les coutumes traditionnelles sont plus puissantes que les lois. Nous devons lutter contre ces traditions." Pour cela, la ministre pense à demander l'aide de mollahs "ouverts" à des changements de société. "Cela prendra du temps", avoue-t-elle.

Trente-cinq organisations non gouvernementales (ONG) afghanes s'occupant plus particulièrement des femmes ont envoyé des "recommandations" à la commission constitutionnelle en vue de renforcer le droit des femmes dans la future Constitution. Membre de cette commission, qui compte 7 femmes sur 35 membres, Shukria Barakzai déclare : "Nous voulons en finir avec certaines traditions au nom desquelles une femme est livrée -à une famille adverse- pour laver le sang versé ou une veuve doit épouser un membre de la famille de son mari. Nous voulons codifier l'âge du mariage et explicitement mentionner le droit à l'éducation des filles." Pour l'instant le plus gros travail va consister à accéder aux Afghanes. "Les femmes ne connaissent pas leurs droits et ignorent même qu'elles en ont", affirme, à Gardez, le docteur Farahnaz Paktin.

Dans les campagnes, où vivent plus des trois quarts des quelque 20 millions d'Afghans, presque rien n'a changé pour les femmes. "Elles devraient être les agents des changements", souligne Rahela Hashimi. "Mais, pour cela, il faut leur donner les moyens de s'organiser afin qu'elles identifient les problèmes, qu'elles planifient leurs actions, etc. Or nous ne faisons rien pour instaurer un mécanisme au niveau politique qui accroîtrait la participation des femmes", déplore Mme Hashimi, qui, sous sa burqa, a travaillé sans relâche en faveur de ses consœurs pendant le régime taliban. "En milieu rural, très peu d'ONG internationales emploient des femmes", constate Rolla Khadduri, qui a passé plus d'un an à Maïmana (Nord-Ouest) pour Save The Children USA.

"L'un des effets est que les programmes de développement sont orientés en faveur des hommes", dit-elle. Pour répondre aux exigences locales, Save The Children emploie des couples à Maïmana. "Entre autres avantages, cela permet à une femme de vérifier l'évolution des programmes. Si elle n'est pas en couple, la femme ne pourra pas passer une seule nuit hors de la maison familiale", explique Rolla Khadduri.

La plus grande préoccupation des femmes reste toutefois le manque de sécurité. "A l'intérieur de Kaboul -où patrouillent les 4 500 hommes de la Force internationale d'assistance à la sécurité-, cela va encore. Mais à la périphérie, pas une femme ne sort seule et environ 70 % portent toujours la burqa en raison de la présence d'hommes en armes", affirme Jamila Mujahed, rédactrice en chef de l'hebdomadaire féminin Malalai. "Le gouvernement doit en finir avec les seigneurs de la guerre et les milices. Peut-être que le changement viendra alors", relève Shukria Barakzai. Celle qui fut l'une des premières femmes à réapparaître à la télévision afghane après la chute des talibans avoue : "J'avais alors beaucoup d'espoir et je pensais que les racines du fondamentalisme étaient à jamais éradiquées. Malheureusement ce n'est pas le cas." Les chanteuses sont interdites à la télévision et à la radio afghanes ; à la télé, les femmes n'ont droit qu'à une heure de programme par mois.

"IL N'Y A PAS DE TRAVAIL"

Entourée d'une quinzaine de clientes, Latifa plonge dans la braise de son four une longue pique pour en retirer des galettes de pain. Elle a ouvert sa boulangerie dans un quartier excentré de Kaboul, sans eau ni électricité, pour nourrir ses cinq enfants. "La vie est meilleure parce que nous ne sommes plus battues et qu'il n'y a plus de police religieuse pour contrôler nos mouvements. Mais c'est tout, dit Latifa. Il n'y a pas de travail, les prix des produits alimentaires ont doublé et les loyers quadruplé." Aucune des femmes présentes n'a de travail et toutes ignorent le débat constitutionnel en cours.

"Nous n'avons ni télévision ni radio, pas d'informations, et à la nuit tombée, on dort jusqu'au matin", jette Mahajan, une mère de dix enfants. "Seule la vie de 2 % des femmes a sans doute changé", affirme Rahela Hashimi. "Si la situation n'empire pas, peut-être les dix prochaines années nous permettront de changer réellement les choses", espère le docteur Sorabi.

Françoise Chipaux


Mme Chirac en visite de trois jours à Kaboul

Accompagnée du secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Renaud Musellier, Bernadette Chirac est arrivée, dimanche 25 mai, à Kaboul pour une visite de trois jours dans la capitale afghane. Mme Chirac qui va poser la première pierre d'un hôpital pour enfants, initiative de l'organisation Enfants afghans, et inaugurer la réouverture de la Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA), a commencé sa journée lundi par la visite du Jardin des femmes, récemment réhabilité grâce à l'action du ministère de la condition féminine et à des fonds du gouvernement français. Au cours de son séjour, Mme Chirac s'entretiendra avec le président Hamid Karzaï et avec l'ancien roi Zaher Chah. Elle déjeunera, lundi en privé, avec Zinat Karzaï, l'épouse, médecin gynécologue, du président afghan, qui pour l'instant n'est jamais apparue en public. Mme Chirac recevra la communauté française de Kaboul, composée pour une grande partie par les travailleurs humanitaires. Avant de repartir mercredi, l'épouse du chef de l'Etat déjeunera avec les membres du contingent français de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF). - (Corresp.)

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 27.05.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 12:11:08
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Lundi 26 mai 2003

ISRAEL
INTERNATIONAL Alors que les Américains se félicitent de l'approbation conditionnelle de la «feuille de route» par le gouvernement israélien
Une occasion de paix à saisir


PAR SHIMON PERES *
[26 mai 2003]

Le dévoilement de la «feuille de route», après la récente formation du nouveau gouvernement palestinien, était destiné à raviver le processus de paix et à sortir le conflit avec les Palestiniens de son impasse. C'est une étape positive à elle seule, mais le document ne possède pas en lui-même une puissance d'impulsion suffisante. L'intention de la «feuille de route» était de définir le tracé des routes le long desquelles les deux parties pourraient voyager, mais cela ne peut remplacer le carburant de motivation nécessaire pour entreprendre ce voyage. Pour éviter que cette feuille de route ne devienne moribonde avant même qu'elle n'ait une chance de donner le feu vert à un processus de paix, les deux parties doivent officiellement en accepter le principe. Elles peuvent, bien entendu, y ajouter des commentaires. Mais en aucun cas ces commentaires ne doivent se transformer en préalables – ce qui équivaudrait en gros à négocier les négociations elles-mêmes. De plus, les questions qui n'ont guère de chances d'être résolues – comme le «droit de retour» palestinien – doivent être retirées du programme de la feuille de route. La position israélienne sur ce thème est sans équivoque et soutenue par la totalité du spectre politique israélien. Si des millions de réfugiés palestiniens sont autorisés à revenir en Israël, cela compromettra les fondements même d'un Etat juif. Un État juif suppose une majorité juive. Et Israël ne se suicidera pas politiquement en renonçant à ce droit. Le droit de retour palestinien devra se réaliser à l'intérieur des frontières d'un État palestinien. Je suis bien conscient que les Palestiniens n'accepteront pas publiquement cette position. Sur ce sujet, nous devons par conséquent nous accorder sur notre désaccord, sans permettre que cette divergence n'interfère avec la feuille de route. Il faut prendre des mesures pour construire la confiance. Le gouvernement palestinien doit sans retard appliquer un plan pour démanteler et désarmer les différentes milices opérant sur le sol israélien et conforter les mesures de sécurité sous son unique autorité.

Si ce mode d'action n'est pas renforcé, le Hamas et le Djihad islamique dicteront l'agenda palestinien et déjoueront les tentatives de progression de la paix. Un gouvernement peut être démocratique ou non, mais un pays décousu par une autorité morcelée ne peut survivre. Le gouvernement israélien doit mettre en oeuvre les promesses faites non seulement lors de sa récente élection, mais aussi lors de son dernier exercice, lorsqu'il assura qu'il cesserait de faire croître les implantations. Cette résolution avait été débattue à la Knesset et approuvée, ce qui lui a donné un caractère d'obligation légale. La même promesse à été engagée auprès des Etats-Unis et doit être remplie. Depuis que cet engagement a été pris, plusieurs centaines d'installations et d'avant-postes ont été créés et doivent être démantelés. Les soi-disant «douloureuses concessions» sur lesquelles s'est engagé Sharon ne peuvent remplacer l'épreuve des faits. Parallèlement, tous les acteurs du Quartette – les Etats-Unis en tête, Israël et les Palestiniens – doivent s'entendre, dès le début de ce processus de paix renouvelé, sur une trajectoire à double voie : il faut combattre la terreur comme s'il n'y avait aucune négociation et engager les négociations comme s'il n'y avait pas de lutte contre la terreur.

Si l'un des termes dépend de l'autre, il est douteux que le processus démarre un jour. Si les négociations sont repoussées jusqu'à ce que la lutte contre la terreur produise des résultats formels, elles auront toutes les chances d'être indéfiniment ajournées. Nous avons été soumis à de telles conditions par le passé (comme les «six jours de calme» posés comme préalables aux négociations, et dont il fut prouvé qu'ils étaient intenables) qu'il est obligatoire que la lutte contre la terreur commence immédiatement, mais, à ce stade, le critère de performance importe davantage que les résultats eux-mêmes. A juste titre, Israël appelle à 100% d'efforts, quand bien même cet effort ne produirait pas au départ 100% de résultats. Combattre la terreur n'est pas un présent offert à Israël par les Palestiniens. Un État palestinien terroriste – ou même semi-terroriste – n'a aucune chance de voir le jour. Un tel État ne répond à aucune nécessité, et personne n'assumera jamais son existence. Personne ne pourra par conséquent contribuer à l'établissement d'un tel État, à moins qu'il ne soit parfaitement clair que le gouvernement palestinien officiel soit un pion entre les mains d'un gang de milices armées hostiles à la paix. Pour leur propre salut, et dans l'intérêt de leur avenir, les Palestiniens doivent prouver qu'ils ne combattent pas seulement l'occupation territoriale mais aussi terroriste. D'autre part, les négociations politiques s'avèrent une mesure nécessaire, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Israéliens. Israël ferait une erreur si elle se limitait à combattre les terroristes sans combattre la terreur, c'est-à-dire les mobiles de la terreur. Le peuple palestinien ne s'engagera pleinement à combattre la terreur que lorsqu'il deviendra clair que son extinction sera plus rentable que sa perpétuation. Dans le monde arabe, l'Egypte et la Jordanie ont déjà compris qu'ils ont gagné beaucoup plus autour de la table de négociations que sur le champ de bataille. Par conséquent, il est manifestement du propre intérêt d'Israël de créer un horizon politique qui inclurait la fin de l'occupation, de donner son accord sur les frontières sur la base des résolutions onusiennes 242 et 338, et l'établissement d'un État palestinien démilitarisé, alors viable et indépendant.

L'image de Yasser Arafat auprès des Israéliens est négative. Et de nouveaux espoirs s'attachent à la nomination d'Abu Mazen au poste de premier ministre. La lutte entre Arafat et Abu Mazen est présentée par les médias comme une affaire de pouvoir exécutif. Cette manière de voir est quelque peu théorique, dans la mesure où c'est Israël qui exerce pour le moment un contrôle considérable sur la sécurité. Ainsi, la vraie confrontation entre Arafat et Abu Mazen dépasse l'opinion publique palestinienne. Arafat peut être perçu comme déterminé à mettre un terme à l'occupation et à établir un État palestinien. Abu Mazen doit donc prouver qu'il peut tenir bon sans recourir à la violence. La cause palestinienne progressera bien plus rapidement par le dialogue diplomatique, et nous devons clairement faire savoir que nous ne désirons pas «utiliser» Abu Mazen mais plutôt chercher à le conforter dans son rôle de leader élu par le peuple palestinien. Si Abu Mazen doit être snobé par Arafat et Israël, il aura les mains liées et peinera à se libérer de ces contraintes.

Après l'Irak, une exceptionnelle occasion stratégique de construire la paix a émergé au Moyen-Orient. Les modifications fondamentales établies sur les frontières du nord et de l'est d'Israël, résultant de la victoire de la coalition en Irak, et combinées avec la nomination d'un nouveau gouvernement palestinien, quoique encore fragile, a créé une nouvelle situation.

Le président Bush a d'ores et déjà ajouté une nouvelle dimension économique à cet aménagement en proposant que le Moyen-Orient devienne une zone de libre-échange, et un Moyen-Orient ouvert sera un nouveau Moyen-Orient. Ajoutons à cela que les Palestiniens disposent maintenant d'un homme sérieux en la personne du premier ministre, un homme estimant que l'intifada compromet la cause palestinienne. On compte par ailleurs dans son équipe le ministre des Finances Salaam Fayyad, qui a déjà mis de l'ordre dans le système économique palestinien, et le ministre de l'Intérieur Mohammed Dahlan, qui a le pouvoir de reprendre le contrôle d'une situation actuellement chaotique, due à l'endémie des milices. La combinaison de tous ces facteurs augure d'un bon début, en dépit des obstacles qui ne manqueront pas de surgir à l'avenir. En aucun cas les vieilles tactiques ne doivent étouffer la nouvelle stratégie. Nous ne devons pas manquer, une fois de plus, la rare opportunité qui nous est à présent offerte. Il nous a toujours été difficile de nous dégager d'une situation intensément complexe, et ce ne sera pas non plus aisé cette fois-ci. Mais, à la différence du passé, les chances de la paix semblent aujourd'hui éclipser l'angoisse de la guerre.

* Ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre d'Israël (traduit par Marie-Laure Germon.) (c) 2003, Global Viewpoint. Distributed by Tribune Media Services International.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 12:04:14
Permalien ISRAEL, PROCHE-ORIENT


Lundi 26 mai 2003

IRAN
Les Etats-Unis veulent déstabiliser le régime des mollahs


(AFP.)
[26 mai 2003]

Les Etats-Unis ont cessé tout contact avec l'Iran et envisagent des actions, publiques et secrètes, pour déstabiliser le gouvernement de Téhéran, selon le Washington Post.

La stratégie vis-à-vis de l'Iran sera discutée jeudi lors d'une réunion de hauts responsables du gouvernement américain, ajoute le journal dans son édition d'hier. Le Pentagone propose de fomenter un soulèvement populaire pour faire tomber le gouvernement iranien, et le département d'Etat pourrait accepter cette approche si l'Iran ne prend pas d'ici à mardi des mesures contre le réseau terroriste al-Qaida, précise le quotidien.

L'Iran a mis fin à ses relations avec les Etats-Unis en 1979 après la révolution islamique et a été décrit comme l'un des trois pays de l'«axe du Mal» avec la Corée du Nord et l'Irak par le président George W. Bush. Le programme nucléaire iranien inquiète aussi les analystes du gouvernement américain. Pourtant, Washington et Téhéran ont maintenu des contacts discrets avant et pendant la guerre d'Irak, dernièrement lors d'une réunion secrète à Genève le 3 mai, dont l'existence a été confirmée par des responsables américains. Selon le «Washington Post», une nouvelle stratégie est en préparation

Washington a cependant annulé une nouvelle rencontre de ce type après les attentats du 12 mai en Arabie saoudite, selon le Washington Post, à la suite de renseignements montrant que des agents d'al-Qaida réfugiés en Iran étaient impliqués dans la préparation de ces attentats qui ont fait 34 morts, y compris 9 membres de commandos suicides.

L'Iran dément donner asile aux terroristes, mais un responsable gouvernemental américain cité par le journal affirme qu'une dizaine d'agents d'al-Qaida se cachent dans le nord-est de l'Iran, une région isolée sur laquelle il admet que Téhéran n'a que peu de contrôle.

Par ailleurs, après une démarche similaire de 116 opposants, 127 députés iraniens en ont appelé samedi directement au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, pour qu'il mette fin à la résistance des conservateurs aux réformes, afin de préserver la République islamique. «S'il faut boire un poison, il faut le faire avant que l'indépendance et l'intégrité territoriale ne soient menacées, une attitude aussi sage et courageuse serait récompensée par la nation comme l'a été celle de l'imam Khomeyni», écrivent les 127 parlementaires dans cette lettre ouverte, très véhémente contre les conservateurs et plutôt directe à l'adresse du guide dont les conservateurs se réclament.

La lettre fait référence à la décision, «aussi amère que de boire un verre de poison», prise en 1988 par l'imam Khomeyni, prédécesseur de l'ayatollah Khamenei, d'accepter la résolution 598 de l'ONU proposant un cessez-le-feu avec l'Irak. Pour les signataires, il s'agit de sortir le pays de «la période peut-être la plus délicate de l'histoire récente de l'Iran». «Il reste peu de temps, la plupart des gens sont mécontents et déçus, la plupart des intellectuels se taisent ou émigrent, toutes les réserves financières quittent le pays, encerclé de toutes parts par les forces étrangères», s'alarment-ils. Ils invoquent la menace américaine et les projets de Washington de «modifier la carte géopolitique de la région», mais dénoncent surtout avec virulence l'obstruction des conservateurs aux réformes, au moment où la tension politique va s'avivant.

IRAN Pour le chef de la diplomatie iranienne, les Etats-unis doivent «rapidement» remettre le pouvoir aux Irakiens
Kharazi : «L'Amérique ne tient pas ses promesses»
Chef de la diplomatie de Téhéran depuis l'élection du président réformateur Mohammad Khatami en 1997, Kamal Kharazi a répondu aux questions du Figaro lors de son récent passage à Paris.

Propos recueillis par Claude Lorieux et Pierre Rousselin
[26 mai 2003]

LE FIGARO. – Les Etats-Unis vous accusent pêle-mêle de violer le traité de non-prolifération nucléaire, d'accueillir des chefs d'al-Qaida, d'aider le Hezbollah libanais et de tirer les ficelles de la communauté chiite en Irak. Quelles concessions êtes-vous prêts à leur faire ?
Kamal KHARAZI. – Cela fait un demi-siècle que les Américains interviennent dans les affaires intérieures de l'Iran. Il n'est donc pas surprenant qu'ils nous mettent sans arrêt en accusation. Mais, comme ils poursuivent des objectifs purement politiques, voire politiciens, la raison et la logique n'ont pas grand-chose à voir dans ces controverses. Nous pouvons apporter des réponses à chacune de leurs accusations. Hélas, dans le climat d'animosité actuel, nos réponses ne permettent pas de résoudre les différends. Les Américains semblent oublier que l'Iran a un régime démocratique et une société civile, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays qui sont, eux, proches de Washington. A notre égard, leur attitude est simple : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. C'est dans cette logique qu'ils nous accusent.

L'après-guerre en Irak représente-t-il un terrain sur lequel l'Iran peut coopérer avec les Etats-Unis ?
Nous ne voulons pas nous ingérer dans les affaires de l'Irak. Mais nous sommes prêts à contribuer positivement à la stabilité de ce pays et de la région. Pour cela, un régime démocratique doit être instauré en Irak, qui exprime la volonté de l'ensemble des communautés. Nous sommes prêts à coopérer, dans ce but, avec le peuple irakien.

Entre l'ayatollah Baqer al-Hakim, qui vient de faire un retour triomphal, et Mouqtaba al-Sadr, qui se dit «porte-parole du peuple chiite», les chiites irakiens n'auraient t-ils pas trop de dirigeants ? Avez-vous un favori ?
Dans chaque société, il existe des tendances différentes. La communauté chiite d'Irak ne fait pas exception. Elle a amplement prouvé sa sagesse lors des récentes commémorations religieuses de Nadjaf et de Kerbala. La compétition est tout à fait naturelle. L'important est de créer une structure qui offre une représentation politique à l'ensemble du peuple irakien.

Comment exclure que, dans un an, les Américains rapatrient l'essentiel de leurs forces d'Irak et que, largement majoritaires, les chiites s'imposent alors à Bagdad ? Ils auront le champ libre !
Il est clair que les chiites joueront un rôle important dans l'Irak de demain, aux côtés des sunnites et des Kurdes. Le régime baasiste les a, depuis des années, privés de leurs droits fondamentaux. Aujourd'hui, ce sont les Etats-Unis qui privent l'ensemble des communautés irakiennes de leurs droits fondamentaux. Si les Américains ne remettent pas rapidement le pouvoir aux Irakiens, ils auront des problèmes. Il est à craindre que ces problèmes ne servent de prétexte pour prolonger leur présence en Irak. Le dossier irakien doit être confié à l'ONU, afin que soit formé d'abord un gouvernement provisoire, puis un gouvernement permanent.

La question irakienne justifie-t-elle un développement des contacts irano-américains ?
Nous avons eu des contacts avec les Américains à propos de l'Afghanistan et nous en avons aujourd'hui à propos de l'Irak. Ils ne peuvent aboutir que s'ils ont lieu dans un climat d'équité et dans un esprit de coopération. Or, les Américains font des promesses mais ne les tiennent pas.

Au Liban, acceptez-vous de faire pression sur le Hezbollah, comme vous le demande le président Bush ?
Les Etats-Unis cherchent à contrôler le Liban. La présence du Hezbollah empêche Israël d'attaquer une fois de plus le Liban. Il ne faut pas oublier que c'est un parti libanais et une force au service du Liban.

Et que Téhéran aide militairement ?
Nous soutenons le Hezbollah politiquement mais pas militairement.

A Beyrouth, le président Khatami a tenu sur la question du Hezbollah des propos jugés plutôt modérés...
Le gouvernement iranien défend les valeurs auxquelles croit le peuple iranien. Nous ne sommes pas des aventuriers. Pour nous, la stabilité de la région importe beaucoup. A la différence des Etats-Unis, nous considérons que c'est Israël qui est à l'origine de l'instabilité de la région. Malheureusement, l'Europe n'a pas les moyens de faire pression sur Israël.

Vous reflétez l'attitude du président de la République. Mais le Hezbollah relève du guide, l'ayatollah Khamenei. Qui croire ? Qui parle au nom de l'Iran ?
Je ne pense pas que la complexité d'un peuple soit un handicap. La société iranienne ne s'exprime pas d'une seule voix. La presse, l'Assemblée et les autres organes en témoignent. Le problème est que vous devez essayer de comprendre ces complexités !

Cent seize politiciens, religieux et intellectuels viennent d'écrire que, sans réformes, la République islamique risque de subir le même sort que l'Afghanistan des talibans et l'Irak de Saddam Hussein. Le guide, l'ayatollah Khamenei, recevra-t-il ces pétitionnaires ?
Dans notre système, la voix des contestataires se fait entendre. Une démarche comme celle des 116 pétitionnaires attirera certainement l'attention du guide.

Les Etats-Unis accusent l'Iran d'héberger des membres d'al-Qaida et notamment l'un des organisateurs de l'attentat de Riad en Arabie saoudite. Que répondez-vous ?
Avant le 11 septembre 2001, al-Qaida était déjà une menace pour nous. Elle l'est toujours. Il n'y a aucune raison pour que nous aidions cette organisation. Nos frontières avec l'Afghanistan et le Pakistan sont si longues qu'un certain nombre de membres d'al-Qaida ont cherché à se réfugier en Iran. Nous en avons arrêté beaucoup et en avons extradé vers leurs pays d'origine. La lutte contre le terrorisme doit se faire dans l'égalité et la réciprocité. Il n'existe pas de bon terrorisme et de mauvais terrorisme. On ne peut combattre le terrorisme antiaméricain sans combattre aussi le terrorisme anti-iranien.

Depuis que les Américains ont désarmé les Moudjahidin du peuple en Irak, des responsables de ce mouvement d'opposition armée à Téhéran se seraient réfugiés en France. Votre réaction ?
Il s'agit en effet d'un problème complexe pour la France. Les Moudjahidin figurent sur la liste des organisations terroristes établie par l'Union européenne. la France ne peut donc pas leur donner l'asile politique.

L'Iran est-il la prochaine cible de Washington ?
Nous sommes déjà la cible des Etats-Unis. Ce n'est pas nouveau. Ils nous soumettent à toutes sortes de pressions depuis la révolution et depuis que nous avons dit non à Washington. Cela ne signifie pas pour autant que nous redoutons une attaque américaine.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 12:00:15
Permalien IRAN, ETATS-UNIS


Lundi 26 mai 2003

AZNAR SANCTIONNE PAR LES URNES
Le Parti populaire serait en recul dans de nombreuses régions et villes.
Par François MUSSEAU

lundi 26 mai 2003


 
 
 

  Madrid de notre correspondant

our la première fois depuis 1996, le Parti populaire (PP, droite) de José Maria Aznar subit un coup de frein, bien qu'il conserve la mairie de Madrid, où se présentait son épouse. Si l'on en croit les estimations obtenues vers 22 heures, avant la proclamation des résultats définitifs des municipales et des régionales, la formation au pouvoir a quelque peu payé les pots cassés de sa mauvaise gestion de la marée noire en Galice et, surtout, de son engagement en faveur de George W. Bush dans le conflit irakien.

«Meilleur score».
A la faveur d'une forte participation (un taux de 54,30 %, supérieur de 5 % à celui des municipales de 1999), le PP d'Aznar semblerait en recul un peu partout, au profit du Parti socialiste (PSOE), la principale force d'opposition. Selon le secrétaire chargé de l'organisation au PSOE, José Blanco, «le parti réalise son meilleur score depuis dix ans, et aurait davantage de voix au niveau national». Même si, hier soir, les dirigeants du PP affirmaient, eux aussi, que leur parti demeurait celui qui, globalement, a obtenu le plus de suffrages, ils pouvaient difficilement nier une relative sanction. Les premières estimations indiquaient en effet que le parti au pouvoir aurait perdu des voix, tant au niveau municipal que régional. Certes, le PP d'Aznar devrait garder le contrôle de ses bastions, les régions de Navarre ou de Murcie, ainsi que les municipalités de Madrid, de Valence ou de Malaga. En revanche, outre dans les mairies de Saragosse (cinquième ville du pays) et de Valladolid (fief d'Aznar), le PP aura du mal à conserver le contrôle du Parlement régional de Madrid.

En baisse constante depuis 1996, lorsque Felipe Gonzalez a quitté le pouvoir, les socialistes paraissent avoir réussi à inverser la tendance. Sous la houlette du jeune leader Rodriguez Zapatero, qui a axé sa campagne sur le refus de la guerre en Irak et sur la «radicalisation» du PP, le PSOE aurait gagné du terrain tout en consolidant ses positions dans ses places fortes, telles que les régions d'Estrémadure, des Asturies, les villes de Barcelone et de Séville.

Il faut également noter la bonne performance de la Gauche unie (IU), une coalition communiste qui connaissait un fort déclin ces dernières années et dont le chef de file, Gaspar Llamazares, a été le plus virulent opposant à l'option pro-Washington d'Aznar.

Marée noire. Il apparaît aussi clairement que le Parti populaire a perdu du terrain dans les grandes villes de Galice, région où a eu lieu la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier Prestige. Ainsi, dans les deux principaux ports, à Vigo et à La Corogne, ainsi qu'à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Lugo, le PP est en fort recul. Au lendemain de ce scrutin, l'avenir proche d'Aznar, qui ne se présentera pas aux législatives de 2004, risque d'être des plus délicats. Le leader conservateur, qui a personnalisé à l'extrême cette campagne électorale, avait présenté le scrutin comme un «plébiscite» de sa gestion. Hier soir, au vu des premiers résultats, il risquait bien de déchanter.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 11:38:40
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Lundi 26 mai 2003

ARGENTINE
Autrefois prospère, la région de Concordia est aujourd'hui sinistrée et illustre les défis économiques qui attendent le nouveau Président.
Par Antoine BIGO

lundi 26 mai 2003


 
 
 

«Ici, les seuls chiffres en croissance sont ceux de l'assistance. Près de 18 000 foyers vivent des aides de l'Etat, de la province ou de la ville.» German Almeya conseiller municipal
  Concordia envoyé spécial

u crépuscule, la brume du fleuve Uruguay et la fumée des cabanes chauffées au bois estompent les faubourgs miséreux qui entourent l'ancienne capitale des agrumes, mieux connue aujourd'hui pour être la ville la plus pauvre d'Argentine. Selon l'Indec, l'institut argentin des statistiques, 66 % des 137 000 habitants y vivent en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 230 euros par mois par foyer. Chef-lieu d'un département de la région d'Entre Rios, à 470 km au nord-ouest de Buenos Aires, Concordia n'est plus que l'ombre de cette petite ville florissante décrite par Antoine de Saint-Exupéry dans un des chapitres de Terre des hommes. En 1929, au cours d'un vol entre Buenos Aires et Asuncion, la capitale du Paraguay, l'aviateur, pris dans une tourmente, avait dû s'y poser en catastrophe.

Détournements de fonds. Alors qu'elle compte les terres les plus riches et les plus chères du pays, la province d'Entre Rios, peuplée d'1,2 million d'habitants, accumule une dette de 2 milliards de pesos (660 millions d'euros). Les instituteurs et professeurs de l'école publique, qui n'ont pas été payés depuis deux mois, sont en grève, et la moitié des 320 000 écoliers ne sont pas rentrés à l'école comme prévu, en mars. Le gouverneur, Sergio Montiel, du Parti radical, garantit la reprise des cours à la fin du mois si les fonds promis par l'Etat sont versés. Mais cet avocat de 75 ans, deux fois à la tête de la province entre 1983 et 1987, puis de nouveau à partir de 1999, a perdu toute crédibilité. Il fait l'objet de plusieurs plaintes pour détournement de fonds publics, non seulement de la part de l'opposition mais aussi de la part de députés de son propre mouvement qui ont refusé de voter le budget 2003. La réputation mafieuse du gouverneur est telle que le gouvernement national n'a pas versé les subsides dus chaque année aux provinces, ce qui n'améliore pas les comptes. La justice suit son cours, c'est-à-dire qu'aucune enquête n'a pour l'instant abouti.

Le péronisme régional n'est pas mieux loti. Aujourd'hui sénateur, après avoir été deux fois gouverneur de la province et deux fois maire de Concordia, Jorge Busti (parti justicialiste) devrait rendre des comptes à la justice locale, qui l'accuse d'être impliqué dans 200 affaires de corruption, pour un montant de 180 millions de dollars ! «La province d'Entre Rios est gouvernée par une structure de type mafieuse, accuse Oscar Rovira, procureur à la cour des comptes locale. Le radicalisme et le justicialisme se mettent d'accord pour maintenir un système de connivence, pour continuer à se répartir le pouvoir et à cultiver l'impunité.»

Sur la place centrale de Concordia, par petits groupes, quelques dizaines d'hommes grillent des cigarettes en se chauffant au maigre soleil de l'automne austral. Ils n'ont que quelques mètres à parcourir pour grimper les marches qui mènent au commissariat de police, à la mairie ou à l'église. «Ici, on les appelle les organisateurs. Ce sont les hommes de main des politiciens locaux. Ils s'infiltrent dans tous les quartiers. Ce sont eux qui répartissent les aides sociales et qui incitent les gens à voter du bon côté», raconte Gladys Cabrera, de la CTA (Centrale des travailleurs argentins). En ce matin de conseil municipal, les couloirs décrépis de la mairie ressemblent à une cour des Miracles. Des familles par dizaines quémandent auprès des élus locaux un peu de nourriture, de l'argent, un travail, de quoi survivre. «Tous les jours, une cinquantaine de personnes débarquent dans nos bureaux pour demander de l'aide, avoue German Almeya, conseiller municipal d'opposition. Ici, les seuls chiffres en croissance sont ceux de l'assistance. Près de 18 000 foyers vivent des aides de l'Etat, de la province ou de la ville. Dans les années 80, il y avait une seule cantine populaire. Il y en a aujourd'hui 136», poursuit-il, amer.

Noeud ferroviaire. La déliquescence des institutions politiques et les réformes économiques catastrophiques de Carlos Menem, dans les années 90, ont sonné le glas de la prospérité de Concordia. Avec la convertibilité un dollar pour un peso, les agrumes produits localement ne sont plus rentables, donc plus cultivés. Dans les supermarchés, on trouve à meilleur prix des citrons et des oranges venus d'Israël. Près de 10 000 employés sont licenciés, et les usines d'embouteillage et de jus de fruits rouillent aux portes de la ville. Concordia, au centre de la Mésopotamie argentine, qui s'étend entre les fleuves Parana et Uruguay, était un noeud ferroviaire important pour l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay. Des 7 000 employés du chemin de fer, dans les 100 gares qui maillaient la province, ne subsistent que 200 ouvriers et un train qui, chaque nuit, fait un raffut d'enfer en traversant la ville. Une seule entreprise à capitaux brésiliens a rouvert ses portes. Une menuiserie hautement mécanisée, qui n'emploie que 150 personnes.

Sur les vitrines de la principale rue commerçante, des affichettes proposent aux rares clients des crédits gratuits, des paiements en bons du Trésor ou en federales, cette monnaie de singe émise par la province pour payer ses employés et qui vaut la moitié de son cours officiel. Les banques sont vides, et changer un billet de 100 pesos (30 euros) est un exploit. Au lieu d'essayer d'attirer des entreprises, les politiciens locaux ont lutté contre le chômage en multipliant les emplois publics, qui représentent actuellement près du tiers des postes de travail de la province. Quand le maire péroniste de Concordia, Hernan Orduna, a été élu, en 1999, les salaires des 2 300 employés municipaux représentaient une sortie d'argent de 21 millions de pesos, pour un budget de 26 millions, et la dette de la ville était abyssale. Depuis, le nombre de fonctionnaires a été diminué de 6 %, celui des conseillers municipaux est passé de 115 à 57 et leurs émoluments réduits de moitié. Mais ils gagnent encore 600 euros par mois, alors que la rémunération moyenne des habitants tourne autour de 130 euros.

Pratiques du passé. On comprend mieux pourquoi les politiciens locaux s'accrochent à leur poste sans vergogne et développent à outrance un clientélisme dépassé. «Quand j'ai débarqué à la mairie, je me suis aperçu que les entreprises locales ne payaient pas d'impôts. Aujourd'hui, on récupère 600 000 euros de taxes... Près de 1 million de mètres carrés avaient été construits sans autorisation, ce qui représente 4 000 maisons», précise Hernan Orduna, qui s'est engagé à rompre avec les pratiques du passé dont les exemples abondent : 120 piscines déclarées alors que sur les photos aériennes, commandées en 2002 par la municipalité, on en compte 800 ! Les 50 000 rations de nourriture financées par l'Etat : jamais distribuées. L'aide financière pour une campagne de prévention contre le sida : envolée. Les 7 millions de dollars prévus pour la construction de 1 500 maisons : évaporés.

Nestor Kirchner, le prochain président du pays, a du pain sur la planche. Mais il faudra bien plus qu'un mandat politique pour changer les mentalités en Argentine. Surtout loin de Buenos Aires, là où des caudillos corrompus règnent en appauvrissant le pays.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 11:37:54
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Lundi 26 mai 2003

ACTUALITES DIPLOMATIQUES

A la Une
Actualité diplomatique

 

LA PHOTO D'ACTUALITÉ

Le président palestinien, Yasser Arafat, et le ministre des affaires étrangères français, Dominique de Villepin, après leur rencontre à Ramallah. Le président américain, George Bush, a annoncé qu'un sommet israélo-palestinien se tiendrait la semaine prochaine en Jordanie.
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Cette visite, à l'occasion de la conférence sur les routes de la drogue, a confirmé la convergence des analyses de la France et du Kirghizistan sur les grandes questions de l'actualité mondiale.

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Le Premier ministre ukrainien s'entretiendra notamment avec le Premier ministre.

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Communiqué conjoint des ministres polonais, allemand et française chargés des affaires européennes.

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Noëlle Lenoir s'entretiendra avec le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, M. Dick Roche ainsi qu'avec le Président du Parlement européen M. Pat Cox.

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Les autorités françaises présentent leurs condoléances aux familles et aux proches des victimes de ce tragique accident.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 11:09:44
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON