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Publié le jeudi 22 mai 2003
Jeudi 22 mai 2003
CHYPRE
Chypre: l'île déchirée L'Express du 22/05/2003 Après l'ouverture de la frontière Un toit pour deux familles de notre envoyée spéciale Nükte V. Ortaq Depuis l'ouverture de la frontière, de nombreux Chypriotes grecs reviennent voir leur maison en secteur turc. Récit d'une visite -- PUBLICITE -- Les «propriétaires grecs»! De Morfou à Famagouste, de Kyrinia à Nicosie, partout dans la partie turque de Chypre on ne parle que d'eux. Depuis l'ouverture, le 23 avril dernier, par les autorités du secteur turc, de la frontière entre les deux parties de l'île, fermée depuis vingt-neuf ans, plus de 250 000 Chypriotes grecs sont venus revoir leurs maisons, abandonnées le plus souvent dans l'urgence au cours de l'été 1974. «C'est d'abord Kostas, le fils cadet, qui est venu, raconte Hanife Hasguler, une Chypriote turque de 49 ans, qui habite à Famagouste dans la maison d'une famille grecque, les Nikolaisis. Il est arrivé dès le premier jour. Je ne l'attendais pas si tôt! Mais j'avais toujours pensé que les propriétaires reviendraient à un moment ou à un autre.» Soucieux de prouver qu'il s'agissait bien de la maison de son enfance, Kostas a tenu à leur montrer le slogan des nationalistes grecs - «Enôsis» - qu'il avait, à l'âge de 11 ans, gravé sur le mur en pierre. Les Hasguler avaient dissimulé l'inscription derrière un meuble, mais ils ne l'avaient pas effacée. «Je n'ai jamais pu oublier, pas même un seul jour, que cette maison restait la leur», dit Hanife. «Je pensais que mon père avait oublié le grec. Mais pas du tout. C'est revenu naturellement» Cette petite femme aux cheveux roux, mère de trois enfants et plusieurs fois grand-mère, s'est toujours sentie comme invitée dans cette maison qui lui a été attribuée par les autorités chypriotes turques en remplacement de la sienne, détruite pendant la guerre. Après la première visite, les «propriétaires grecs» sont revenus plusieurs fois, souvent accompagnés d'un gendre, ou de cousins. Ensemble, ils ont bu le café, partagé un repas. La propriétaire grecque a beaucoup pleuré en racontant comment ils avaient dû tout abandonner pour s'enfuir, au cours de cet été 1974. «J'étais très émue en l'écoutant, dit Hanife; les deux côtés ont terriblement souffert.» Sur le mur de son salon, une photo: celle de sa nièce, morte à 17 ans, pendant cette même année 1974, lors d'un bombardement grec. «Je ne leur ai pas parlé de cette photo», dit Hanife. Pour ne pas froisser ses hôtes. Les Nikolaisis ont constaté à leur retour les changements apportés à la maison par les Hasguler: une fenêtre en plus au rez-de-chaussée et surtout la construction d'un deuxième étage où habite Serap, la fille de Hanife, avec son mari, Ibrahim, et leurs deux enfants. A 63 ans, Hasan Hasguler travaille toujours comme ouvrier sur le port, mais il s'occupe aussi du troupeau de chèvres de la famille. «Nous voulons vivre ensemble» C'était la première fois, depuis vingt-neuf ans, qu'il reparlait grec. «Je pensais que mon père avait oublié le grec. Mais pas du tout. C'est revenu naturellement», dit Serap. Ahmet, 9 ans, l'aîné des fils de Serap, a appris ses premiers mots de grec avec ses récents visiteurs et les répète à tout bout de champ avec fierté. «Nous pensons tous que nous pouvons à nouveau vivre ensemble», assure la jeune femme avec l'accent chantant des Chypriotes. Hanife, elle, est plus circonspecte. Il lui semble plus sage de commencer par ouvrir les frontières et laisser les gens circuler librement. Sans forcer les choses. Elle a tenu à offrir à ses propriétaires du fromage helloumi (hellim, en turc), la spécialité de l'île, fabriqué avec le lait de ses chèvres. Et Serap leur a promis de leur rendre visite très prochainement, en secteur grec. Toutes les familles grecques n'ont pas eu la chance de pouvoir retrouver ainsi leur maison, le temps d'une visite, car certaines n'existent plus. Une petite croix en or bien apparente sur son tee-shirt, Aliki Spyridonos, 74 ans, est venue de Nicosie. Mais elle est déçue. A la place de sa petite maison et de son jardin d'arbres fruitiers s'élève un immeuble de trois étages à l'architecture banale. A défaut de locataires avec qui parler, elle engage la conversation avec les voisins et les gérants d'une boutique située au rez-de-chaussée de l'immeuble. Ses filles, Mary et Chrystalleni, qui l'accompagnent, évoquent avec nostalgie leurs jeux d'enfants dans cette rue. Elles se souviennent de Djemal et de Mustafa, les petits voisins avec lesquels elles parlaient en mêlant le grec et le turc. Mary a la larme à l'œil. «C'est dur de devoir montrer son passeport pour rentrer chez soi», soupire-t-elle. «Nous, Chypriotes grecs et turcs, nous voulons vivre ensemble», ajoute-t-elle. «Bien sûr», lui répond Ibrahim, fonctionnaire au ministère de la Santé du secteur turc. Par politesse ou par conviction? Si la perspective d'un avenir commun au sein de l'Union européenne a incontestablement amorcé une dynamique, il reste aux politiques grecs et turcs à profiter de celle-ci pour ne pas s'arrêter en chemin.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-22 09:33:10
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Jeudi 22 mai 2003
TOTAL
Htoo Chit, militant birman des droits de l’homme

«J’apporte 14 témoignages contre Total»
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Le Nouvel Observateur. – La date de votre audition par le magistrat du tribunal de Nanterre qui instruit la plainte pour «séquestration» déposée contre Total par deux de vos compatriotes a-t-elle été fixée ? Htoo Chit. – Oui. Je serai entendu le 12 juin par le juge. Je lui indiquerai ce que je sais de la pratique du travail forcé dans la zone du chantier du gazoduc de Yadana, construit par Total dans le sud de la Birmanie. Et je lui remettrai les témoignages des quatorze Birmans qui ont décidé de parler. Certains sont d’anciens soldats de l’armée birmane dont les unités ont utilisé – ou surveillé – des travailleurs forcés. D’autres ont été salariés de Total ou d’autres entreprises lors de la construction du gazoduc et sont des témoins directs de l’usage du travail forcé...
N. O. – Les responsables de Total en Birmanie pouvaient-ils ignorer le recours au travail forcé dans la zone du gazoduc? Htoo Chit. – Sauf exception, ce n’est pas à la pose des tubes qu’étaient affectés les paysans raflés par l’armée. C’était surtout à des travaux de construction et de terrassement. Ce sont eux, par exemple, qui ont construit les casernements pour les 10000 soldats chargées d’assurer la sécurité du chantier. Ce sont eux aussi qui ont aménagé cinq des six plates-formes d’hélicoptères qui jalonnent le couloir de sécurité, autour du gazoduc. Il est arrivé que les soldats cachent la présence des travailleurs forcés aux gens de Total en les conduisant dans la jungle lorsqu’ils entendaient un hélicoptère. Mais en général les responsables de Total étaient parfaitement au courant de ce qui se passait sur le terrain. La preuve, c’est qu’ils versaient de l’argent aux unités de l’armée birmane pour rémunérer leurs services...
N. O. – Total affirme que sa présence dans la région a apporté un réel progrès économique... Htoo Chit. – Ce n’est pas l’avis des organisations de défense des droits de l’homme. Les Birmans qui ont été, au moins pendant un temps, recrutés par Total ont obtenu à l’échelle locale de bons salaires. Mais ils constituent une minorité. Le problème, c’est que ces bons salaires ont fait monter les prix. Un kilo de riz vaut dix fois plus cher aujourd’hui qu’en 1992. Le résultat, c’est que la majorité des habitants vivent beaucoup plus mal qu’avant. Et les pêcheurs, très nombreux dans la région, ont perdu leur travail à cause des mesures de sécurité. Aucune embarcation n’est autorisée dans une zone de 15 kilomètres qui longe la côte et leurs bateaux sont beaucoup trop petits pour aller au-delà... C’est pourquoi beaucoup de gens tentent de franchir la frontière pour aller travailler en Thaïlande... Propos recueillis par René Backmann
Après avoir participé aux manifestations de 1988 en faveur de la démocratie, Htoo Chit, 38 ans, a d’abord rejoint un mouvement d’opposition armé, avant de militer pour la défense des droits de l’homme et d’enquêter sur les conséquences de l’arrivée de Total. Clandestin depuis quinze ans, il a demandé à la France le statut de réfugié politique.
René Backmann
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ericjeanloicbreton |
| 2003-05-22 08:58:48
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Jeudi 22 mai 2003
ACTUALITES DIPLOMATIQUES
Actualités diplomatiques du ministère des Affaires étrangères
Sommaire du point de presse de ce jour :
1 - COTE D'IVOIRE 2 - AFGHANISTAN 3 - FRANCE/ROUMANIE/UE 4 - ELARGISSEMENT DE L'UE/CAPE 5 - FORUM MONDIAL DE LA RECHERCHE AGRICOLE 6 - RDC
1 - COTE D'IVOIRE
''L'accord donné par le Président Kufuor, Président en exercice de la CEDEAO, pour le déploiement de la MICECI dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, ouvre la voie à une opération des Forces armées ivoiriennes et des forces nouvelles, en vue de la pacification de cette région. La MICECI et les éléments français du dispositif Licorne la soutiendront dans le cadre des résolutions 1464 et 1479 du Conseil de sécurité des Nations Unies.''
2 - AFGHANISTAN
Réunion de groupe de travail du G8 sur la sécurité en Afghanistan (20 mai 2003)
''La sécurité de l'Afghanistan est la condition de la reconstruction de ce pays et de sa stabilisation à long terme sur une base démocratique. C'est dans cet esprit que la France a proposé à ses partenaires du G8 de se réunir hier pour faire le point sur les grands chantiers liés à la remise en état de l'appareil de sécurité afghan. Cette réunion de travail s'est tenue en deux temps : d'abord en format G8, en présence de M. Brahimi pour les Nations Unies et de M. Vendrell qui représente l'Union européenne à Kaboul ., élargie ensuite aux acteurs clefs de la région - Afghanistan représenté par son ministre des Affaires étrangères le Dr Abdullah, Pakistan, Inde, Tadjikistan, Chine, Ouzbekistan, Iran - . Nous avons en effet considéré qu'il était essentiel de mieux impliquer les voisins de l'Afghanistan dans la stabilisation de ce pays. La stabilité des pays voisins est étroitement liée à l'évolution interne de l'Afghanistan. Il s'agit de la première réunion de travail où les pays qui contribuent à la sécurité de l'Afghanistan ont pu confronter leurs attentes avec les pays de la région. La matinée a permis de faire le point de manière très opérationnelle sur l'état d'avancement des différents programmes de reconstruction de l'appareil de sécurité afghan, l'objectif étant de contribuer à stabiliser les provinces : actions de la FIAS, formation de l'armée afghane et de la police, installation d'équipes provinciales de reconstruction (Provincial Reconstruction Teams - Trois PRT américains sont déjà déployés) réforme du système judiciaire, lutte contre le trafic de stupéfiants, démobilisation des combattants... Alors que des échéances déterminantes approchent, adoption d'une Constitution avant la fin de l'année, élections à l'été 2004, l'engagement de la communauté internationale dans le secteur de la sécurité demeure indispensable pour donner aux autorités afghanes les moyens d'assurer elles-mêmes le retour à une situation normale. La seconde réunion élargie aux acteurs clés de la région a également permis de traiter les questions régionales et le suivi de la déclaration de bon voisinage signée en décembre 2002 à Kaboul. Des pistes ont été évoquées pour renforcer la coopération régionale dans les secteurs commercial et douanier, économique, et dans la lutte contre les narcotiques.''
3 - FRANCE/ROUMANIE/UE
''Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux Affaires européennes, a reçu hier M. Mihai Tanasescu, ministre roumain des finances, afin d'évoquer avec lui des négociations d'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne. Rappelant les conclusions du Conseil européen de Copenhague Mme Lenoir a réitéré le soutien de la France à la Roumanie et lui a fait part de son intention de se rendre très prochainement à Bucarest.''
4 - ELARGISSEMENT DE L'UE/CAPE
''Mme Noëlle Lenoir, Ministre déléguée aux Affaires européennes, s'exprimera sur '' l'élargissement au lendemain d'Athènes '' le jeudi 22 mai à 17h00 lors d'une conférence de presse au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère (Maison de la Radio). La Stratégie de Lisbonne (une Europe plus compétitive), la réforme des institutions (la Convention), la politique régionale, l'Europe et les citoyens (Rencontres pour l'Europe) seront également évoquées à cette occasion.''
5 - FORUM MONDIAL DE LA RECHERCHE AGRICOLE
''La prochaine réunion du Forum mondial de la recherche agricole - GFAR, aura lieu du 21 au 24 mai à Dakar. Le ministère français des Affaires étrangères y sera représenté par la directrice de la coopération scientifique, universitaire et de recherche, Mme Elisabeth Beton Delègue. Créé en 1996 à l'initiative des systèmes nationaux de recherche agricole des pays du Sud, le GFAR entend : - favoriser la mobilisation collective de tous les acteurs participant à la recherche agricole pour le développement, ''du chercheur jusqu'à l'agriculteur'' ., - faire intégrer dans les programmes de recherche des partenaires du Nord des projets jugés stratégiques par les communautés agricoles et les chercheurs du Sud ., - participer, par les liens ainsi créés entre sociétés civiles. La France finance déjà plusieurs projets de recherche qui ont été identifiés par le GFAR et qui s'inscrivent dans les résolutions du plan d'action du Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg. A la réunion de Dakar, les bailleurs de fonds devraient dégager des moyens permettant de consolider le GFAR et de promouvoir ses activités.''
6 - RDC
(La France est-elle disposée à prendre le commandement d'une force mise en place par l'UE?) '' Face à la grave détérioration des conditions de sécurité et humanitaires à Bunia, il s'agit de répondre à une demande du secrétaire général des Nations Unies. Nous avons fait part de notre disponibilité, tout en posant un certain nombre de conditions : - une force multinationale hors MONUC, autorisée par une résolution du conseil de sécurité sous chapitre VII. - une opération temporaire. - une force qui sécuriserait l'aéroport de Bunia, et, en fonction des événements sur le terrain, protégerait les populations en danger. - une force se déployant avec l'accord explicite des pays concernés. Dans l'immédiat, les Nations unies ont dépêché une mission de reconnaissance logistique à Bunia, à laquelle participent plusieurs Français. Nous en sommes là.''
- - - - - - - - - - - - Pour consulter les points de presse précédents : http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/pointpresse.asp
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-22 08:39:35
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