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Publié le dimanche 4 mai 2003

Dimanche 4 mai 2003

COTE D'IVOIRE
L'armée ivoirienne signe un accord de cessez-le-feu avec les forces rebelles

ABIDJAN (AP) - Les dirigeants rebelles ivoiriens ont annoncé avoir signé samedi avec les forces gouvernementales un accord de cessez-le-feu concernant l'ensemble du pays, ce pourrait marquer la fin des violences après sept mois de guerre civile.

"Il pourrait y avoir toujours des éléments incontrôlés sur le terrain", a reconnu Michel Gueu du Mouvement démocratique de Côte d'Ivoire (MPCI) lors de la signature de l'accord. "Mais c'est la fin de la guerre".

Selon le colonel Gueu, l'accord signé à Abidjan entrera en vigueur dimanche à 00h01 GMT. Il prévoit une "cessation complète et totale des hostilités sur l'ensemble du territoire national".

Les responsables gouvernementaux n'ont pas fait de commentaires dans l'immédiat.

Samedi, les rebelles ont néanmoins fait état de nouveaux combats dans le pays. Selon un porte-parole rebelle, les combats se poursuivaient après une attaque nocturne lancée par les forces loyalistes sur Danane, dans l'ouest du pays, juste avant la signature de l'accord de cessez-le feu.

Les dirigeants du gouvernement "savent que l'accord prend effet à minuit, c'est pourquoi ils attaquent maintenant", a déclaré Antoine Beugre, joint par téléphone à Bouaké. "Parce qu'ils ne peuvent plus attaquer après minuit", a-t-il précisé.

La guerre civile a ravagé la Côte d'Ivoire depuis septembre dernier et un coup d'Etat manqué contre le président Laurent Gbagbo. Les rebelles, qui se sont emparés du nord et de l'ouest du pays, siègent au sein d'un gouvernement de transition dirigé par Seydou Diarra, avant que des élections ne soient organisées en 2005. AP

lp/v0198/mw/jp/v


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:43:56
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Dimanche 4 mai 2003

PALESTINE
Les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa refusent de déposer les armes

JERUSALEM (AP) - Les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un des deux groupes palestiniens à avoir revendiqué l'attentat-suicide de mercredi à Tel Aviv, ont annoncé samedi qu'elles n'obéiraient pas à l'ordre du premier ministre Mahmoud Abbas de déposer les armes.

"Nous n'abandonnerons pas les armes et nous n'arrêterons pas la résistance", déclare le mouvement palestinien dans un communiqué faxé à l'Associated Press.

Par ailleurs, le chef de l'armée israélienne a fait savoir que l'Etat hébreu ne mettrait pas un terme pas ses incursions en territoire palestinien tant que Mahmoud Abbas ne désarmerait pas les activistes palestiniens.

"Puisque nous assistons à une escalade dans le terrorisme visant à torpiller le processus palestinien (de réforme, ndlr), nous n'avons d'autre choix que d'agir contre lui (le terrorisme, ndlr) aussi longtemps que le côté palestinien ne s'en chargera pas", a déclaré vendredi le général Moshe Yaalon sur la télévision israélienne.

Le désarmement des activistes palestiniens est une des étapes de la "feuille de route" prévoyant la création d'un Etat palestinien en 2005 dévoilée mercredi. La première étape de ce plan exige la fin de la violence entre Israël et les Palestiniens. AP


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:43:18
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Dimanche 4 mai 2003

LIBAN
Le Hezbollah refuse de se retirer du sud du Liban

BEYROUTH (AP) - Le Hezbollah a rejeté samedi l'appel du secrétaire d'Etat américain Colin Powell demandant au Liban de mettre un terme à la présence du mouvement islamiste dans le sud du pays et de déployer un contingent militaire dans la région.

"Le mot "retrait" ne figure pas dans le dictionnaire du Hezbollah car il signifierait la fin de la présence (du Hezbollah, ndlr) et même l'effacement du Liban de l'échiquier politique actuel", a déclaré Hussein Khalil, un assistant de Cheik Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah.

Lors de sa visite-éclair à Beyrouth samedi, Colin Powell a estimé que le calme devait être maintenu le long de la frontière libano-israélienne et que "l'armée libanaise (devrait, ndlr) se déployer à la frontière et mettre un terme à la présence armée du Hezbollah".

Arrivant d'atterrir à Beyrouth, le secrétaire d'Etat américain avait évoqué cette question avec le président syrien Bashar el-Assad. Plusieurs milliers de soldats syriens sont stationnés au Liban. AP


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:42:36
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Dimanche 4 mai 2003

IRAK
Découverte de fosses communes en Irak

KHAN AL-ROUBEA, Irak (AP) - A l'aide de pelles ou à mains nues, plusieurs Irakiens ont entrepris dimanche d'exhumer des cadavres dans une fosse commune près de Nadjaf (sud) contenant les restes de dizaines de personnes qui auraient été exécutées après le soulèvement chiite de 1991 contre le régime de Saddam Hussein. Une autre fosse se trouverait près de l'antique cité de Babylone.

Des fragments de montres, une pantoufle de femme bleue, des vêtements tâchés de sang et des morceaux de voile noir traditionnellement porté par les Irakiennes ont été trouvés sur le site, à quelque 20km au nord-ouest de Nadjaf, l'une des villes saintes chiites. Des douilles ont également été découvertes près de la fosse, où environ 25 cadavres ont été déterrés samedi et dix d'entre eux identifiés.

Dimanche à la mi-journée, une vingtaine de restes avaient été exhumés par cinq personnes. On ignore combien de corps ont été enterrés dans la fosse, mais plusieurs monticules de terre étaient visibles à l'horizon et pourraient indiquer selon des Marines américains la présence d'autres fosses communes.

Des documents d'identité ont été trouvés dans les poches de certains cadavres. "Je cherche mes proches", a expliqué Jaouad Shaker, qui est arrivé dimanche sur les lieux. "Tout le monde savait, mais a gardé le silence", raconte Kamel al-Tamini, un paysan de la région. "On nous avait ordonné de rester à l'écart, que c'était une zone de sécurité".

Les travaux d'excavation sont menés sous la direction du Conseil suprême pour la Révolution islamique en Irak (CSRII, chiite). Ce dernier a déclaré qu'un emplacement spécial était préparé dans un cimetière pour inhumer les restes des "martyrs" de 1991.

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées après le soulèvement des chiites qui a suivi la guerre du Golfe en 1991 et et leur prise de contrôle de la majeure partie du sud du pays. Les chiites représentent 60% de la population musulmane en Irak.

A quelque kilomètres de la fosse commune, des Marines américains assuraient la garde dimanche d'un lieu où ont été découvert deux corps et quatre douilles. Un keffiyeh rouge enveloppait les orbites vides de l'un des crânes. "C'est le sommet de l'iceberg", a estimé le capitaine de Marines Mike Urena.

En outre, à environ 80km au nord-est, sur un terrain situé à la périphérie de Babylone, les habitants assuraient une veille dimanche sur le lieu d'une fosse commune présumée, dont l'existence est liée par la population au régime de Saddam Hussein.

Environ vingt-cinq crânes étaient exposés au soleil, dont la moitié étaient découpés à la scie, alors que des Irakiens tentaient d'identifier des proches. Des habitants ont déclaré que par le passé des responsables arrivaient au cours de la nuit, creusaient des trous et inhumaient les restes.

"C'est notre terre et le gouvernement l'a prise", a lancé un homme en accusant comme d'autres le régime du raïs déchu d'avoir tenté de cacher les corps. Les habitants ont précisé que des militaires américains s'étaient rendus sur les lieux samedi et avaient demandé aux gens d'arrêter de creuser. AP


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:41:30
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Dimanche 4 mai 2003

IRAK
L'Onu s'installe dans le sud de l'Irak, victime d'une "crise chronique"

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BASSORAH (Irak) (AFP) - Les Nations unies ont ouvert dimanche une représentation permanente à Bassorah, dans le sud de l'Irak, et diagnostiqué que cette région souffrait d'une "crise chronique et structurelle grave" plutôt que d'une "crise humanitaire".

"L'impression générale, c'est que nous n'avons pas affaire à une crise humanitaire mais à une crise chronique et structurelle grave", a déclaré à l'AFP la coordinatrice des opérations de l'Onu dans la région, Kim Bolduc.

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Mme Bolduc a tenu ces propos après une prise de contact avec des représentants d'ONG implantées sur le terrain et des militaires britanniques, qui sont déployés dans le secteur.

Le régime de Saddam Hussein a très peu investi dans les régions majoritairement peuplées de chiites dans le sud du pays, traditionnellement hostiles à l'ancien dictateur, de confession sunnite.

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"Il faut remettre sur pied les services publics et les différentes infrastructures, créer des emplois, assurer les services essentiels, c'est ça le but", a-t-elle ajouté.

Elle a averti que "si l'on n'intervenait pas suffisamment tôt, la situation pourrait s'aggraver et on se trouverait confronté à une crise humanitaire".

Selon elle, des régions isolées du sud de l'Irak sont encore inaccessibles pour des raisons de sécurité et l'Onu espère pouvoir s'y rendre le plus rapidement possible pour déterminer les besoins des populations.

Les Nations unies comptent intervenir là où il y a des "lacunes", a-t-elle dit, sans donner plus de précisions sur le cadre de la mission. Le Conseil de sécurité doit encore se prononcer sur la question et voter prochainement une résolution.

La mission de l'Onu est "l'assistance humanitaire et le soutien d'urgence", puisque les Etats-Unis ont pris en charge l'administration civile du pays. Le personnel onusien ne cache pas sa frustration.

"Effectivement, le mandat n'est pas de l'envergure des précédents mandats", a reconnu sans amertume Kim Bolduc, faisant référence aux missions de l'organisation au Kosovo, en Afghanistan ou au Timor oriental.

Depuis quelques jours, des véhicules de l'Onu sillonnent la région et un cargo affrété par le Programme alimentaire mondial (Pam) est arrivé vendredi à Oum Qasr, le seul port en eau profonde du pays situé à 50 km au sud de Bassorah.

"Les opérations ont commencé depuis sept à huit jours. L'Unicef et le Pam ont repris contact avec leur réseau local pour réorganiser leurs activités", a précisé Kim Bolduc.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) aura pour tâche d'aider à la remise en état du secteur de la santé qui peut s'appuyer sur un corps médical expérimenté. Les établissements scolaires ont rouvert et manquent cruellement de matériel éducatif et parfois même de mobilier. Pour pallier ce manque, l'Unicef s'apprête à distribuer des fournitures aux écoles.

La coordinatrice de l'Onu insiste sur la nécessité de "dépolitiser l'école" où les jeunes Irakiens devaient jurer leur loyauté à Saddam Hussein à chaque rentrée scolaire.

Les maladies chroniques feront aussi l'objet d'une attention particulière ainsi que les conditions sanitaires, l'eau, la nourriture, l'éducation et l'élimination des munitions qui n'ont pas explosé.

La plupart des membres du Bureau de coordination de l'aide humanitaire pour l'Irak (UNOHCI) sont arrivés samedi soir dans la principale ville du sud du pays en provenance du Koweït.

Ils ont temporairement investi deux hôtels du centre de Bassorah, en attendant de trouver des bureaux et des villas pour loger le personnel. Les conditions de sécurité semblent démesurées: obligation de se déplacer à deux véhicules minimum et couvre-feu de 19H30 à 06H30 locales.

L'Onu, déjà présente à Bagdad et à Erbil (nord), installera une autre mission à Mossoul et à Hilla "dès que les conditions le permettront", a indiqué Kim Bolduc.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:40:27
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Dimanche 4 mai 2003

IRAK
Les proches des Français détenus sur la base de Guantanamo s'impatientent

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PARIS (AFP) - Les proches des six Français, détenus sur la base américaine de Guantanamo (Cuba) depuis près d'un an et demi, ont manifesté leur impatience, avant la rencontre lundi à Paris entre l'Attorney general (ministre de la Justice) américain John Aschroft et le ministre de la Justice Dominique Perben.

Au sein du Comité de soutien des familles de deux Français de la région lyonnaise, le ton s'est durci. "Le discours de calme ne tient plus du tout", explique Ounsi, membre de ce comité, selon qui les amis de ces Français en veulent autant aux Etats-Unis qu'à la France, qui, selon eux, ne défend pas ses ressortissants.

Depuis leur arrestation lors de la campagne américaine en Afghanistan, les Français, soupçonnés par les Etats-Unis d'être des "combattants illégaux" proches d'Al-Qaïda, n'ont eu accès à aucun avocat et n'ont vu aucun juge, comme les quelque 650 autres prisonniers de la base.

Leur cas pourrait être évoqué lundi lors d'un entretien entre le ministre de la Justice Dominique Perben et John Ascroft, en marge du sommet des ministres de l'Intérieur et de la Justice du G8, mais à ce jour aucune promesse officielle n'a été faite à la France. De plus, les autorités américaines estiment qu'ils relèvent du département de la Défense, et non du ministère de John Ascroft.

Dans les rares lettres qui leurs parviennent du camp de Guantanamo, les familles devinent une lassitude croissante. "Les dernières lettres de Nizar Sassi et Mourad Benchellali sont parfois désespérées", explique Ounsi.

Atika Yadel, l'épouse de Brahim Yadel, un autre Français qui vivait en banlieue parisienne, a indiqué à l'AFP n'avoir pas reçu de courrier en 2003.

Selon Ounsi, quatre des six Français sont désormais dans la même cellule, "ce qui montre qu'ils ne sont pas de dangereux terroristes".

Si, en France, certains de ces hommes sont déjà connus des services antiterroristes, aucune preuve n'a été à ce jour présentée --du moins officiellement-- par les Etats-Unis sur leur appartenance à Al-Qaïda.

De leur côté, les avocats des familles de Nizar Sassi et Mourad Benchellali continuent à s'activer pour obtenir de la justice française qu'elle condamne ces détentions.

A Lyon, ils ont porté plainte, notamment pour "détention arbitraire". Mais un juge d'instruction a rendu une décision de "refus d'informer", estimant que les faits ne peuvent être poursuivis.

Me William Bourdon et Jacques Debray ont fait appel de cette décision. Par un hasard de calendrier, leur recours doit être examiné mardi par la Cour d'appel de Lyon.

Ils ont peu d'espoir: dans ses réquisitions écrites, le parquet général a donné raison au juge d'instruction, estimant qu'en arrêtant ces hommes les Etats-Unis agissaient de manière légale "dans le cadre de résolutions de l'ONU reconnaissant leur droit à la légitime défense", après les attentats du 11 septembre 2001. Une position "aberrante", selon Me Jacques Debray, qui estime que le conseil de sécurité n'a jamais légitimé les détentions arbitraires.

Rubrique : Monde
  Article précédent : L'Onu s'installe dans le sud de l'Irak, victime d'une "crise chronique" (AFP)
Dossier : États-Unis

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:39:12
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Dimanche 4 mai 2003

BHL
L'INVITE DU DIMANCHE : BERNARD-HENRI LEVY
« J'ai découvert des choses terribles... »

CHAQUE SEMAINE, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui : le philosophe Bernard-Henri Lévy, auteur d'une enquête sur l'assassinat, au Pakistan en janvier 2002, de l'envoyé spécial du « Wall Street Journal » : « Qui a tué Daniel Pearl ? » (Grasset).

Pourquoi Daniel Pearl a-t-il été tué ? Parce qu'il était américain, juif, occidental ? Ou parce qu'il risquait de mettre à nu des secrets explosifs sur Al-Qaïda ?
Bernard-Henri Lévy.
Il a été kidnappé parce qu'il était juif et américain, dans un pays où être juif et américain n'est pas une identité mais un crime. Et il a été assassiné dès qu'on a compris qu'il en savait trop sur des sujets trop sensibles.

Ce que vous avez découvert est-il pire que ce que vous imaginiez ?
Toute l'idée de ce livre était de continuer de tirer les quelques fils que Pearl lui-même avait commencé de tirer. Et c'est vrai qu'en faisant cela, en m'avançant parmi ses meurtriers, en entrant dans ce paysage glauque des madrasas pakistanaises ou des banques de Dubaï, j'ai découvert des choses terribles : un Pakistan gangrené, un Al-Qaïda plus mobile, plus cancéreux, plus métastatique que je ne le pensais, une imbrication absolue entre certaines mosquées et la terreur, la puissance extrême (notamment financière) de ces réseaux dont les ramifications plongent jusqu'aux Etats-Unis. Une sorte d'archipel de la terreur. Et qui donne le vertige.

Pourquoi Pearl a-t-il été décapité ?
Pour faire un exemple. Pour nous montrer, à nous, démocrates, Occidentaux et non-Occidentaux, comment nous serons traités à l'avenir si nous continuons de mettre le nez dans les secrets de l'archipel.

Le Pakistan est pourtant l'allié officiel des Etats-Unis...
C'est vrai. Mais est-ce la première fois que les Etats-Unis et l'Occident en général se seront aveuglés sur la réalité de la menace ? Ils ont tardé à comprendre ce que représentait le nazisme. Ils se sont trompés sur le communisme. Eh bien, je crois qu'un mécanisme du même ordre est en train de se reproduire avec ce troisième totalitarisme. On lui trouve des excuses. On maquille la réalité. Quand c'était le terrorisme algérien, on disait que le GIA, ce n'était pas les islamistes, mais l'armée. Quand ce sont les kamikazes palestiniens, on dit que les massacres de civils sont une réaction de désespoir dictée par la politique criminelle de Sharon. Quand c'est Al-Qaïda, on dit : revanche des damnés de la terre contre l'arrogance américaine. Après ces séjours au Pakistan, je me sens, toutes proportions gardées, dans l'état d'esprit de ces premiers témoins qui, dans les années trente, rentraient d'Allemagne disant : « Ce que j'ai vu est terrible ; vous ne voulez pas en prendre la mesure, mais c'est terrible... »

L'aveuglement, ce serait aussi celui des Américains qui auraient conduit en Irak une guerre dépassée...
Peut-être y a-t-il des choses dans la stratégie américaine que nous ne comprenons pas. Peut-être un dessein secret qui nous échappe encore. J'ai l'impression d'une vraie erreur de cible. On cherche en Irak des liens avec Al-Qaïda et des armes de destruction massive. Alors que c'est à Karachi que vous avez et les uns et les autres. L'administration Bush donne le sentiment d'avoir vingt ans de retard et de travailler sur une définition des Etats voyous qui date de l'époque Carter : Libye-Iran-Irak. Je crois, moi, que la vraie triade d'aujourd'hui, où l'on voit concentrées une idéologie mortifère en expansion et des armes effrayantes, c'est : Yémen-Pakistan-Arabie saoudite. Attention à ne pas se tromper de siècle.

« Il faut être intraitable sur la laïcité »

Tout se joue, dites-vous, entre l'islam modéré et l'islam terroriste...
Oui. L'islam n'est pas monolithique. Il y a autant de lectures du Coran qu'il y a de lectures de la Bible ou des Evangiles. Et l'immense majorité des musulmans dans le monde sont des gens, je le sais, qui réprouvent le terrorisme, la violence, le fanatisme. J'ajoute que les principales cibles de la violence islamiste ce sont les musulmans eux-mêmes. Ils ont égorgé Daniel Pearl, mais combien de Daniel Pearl en Algérie ? Combien au Pakistan ? Combien de chiites assassinés, coulés dans la chaux vive, ces trois dernières années dans la seule ville de Karachi !... Le communisme était un bloc. Le nazisme était un bloc. Dans cette affaire-ci, il n'y a pas de bloc. Le monde musulman est bel et bien coupé en deux.

Comment doit réagir la France ?
Avec fermeté et modération. C'est ce que fait, aujourd'hui, Sarkozy. Intraitable sur la laïcité, et notamment sur le port du foulard, mais attaché, en même temps, à rendre justice à l'islam de France, à lui donner la place qui lui revient, à aider les musulmans de France à rejeter la loi de fer des ayatollahs. C'est enfin la bonne ligne. Idem pour mon ami Malek Boutih, le patron de SOS Racisme, qui tient, lui aussi, une parole de vérité. Il dit simultanément deux choses. D'un côté : « non à la criminalisation des communautés musulmanes ; non, les banlieues, ce n'est pas le far west ; non, les musulmans de France ne sont pas tous des délinquants ni des terroristes en puissance ». Mais de l'autre : « être intraitable sur l'essentiel et, notamment, sur l'antisémitisme ; refuser la logique de l'excuse, qui, face aux attentats contre les synagogues, aux insultes ou aux violences contre les élèves juifs dans les collèges, voudrait nous convaincre que ce sont des actes de voyous isolés, de la délinquance juvénile, du désespoir ». Que quelqu'un comme Malek Boutih dise aux jeunes musulmans antisémites : « Vous parlez comme Le Pen, vous agissez comme Le Pen, et vous n'avez aucune excuse », c'est si important ! C'est dans cette double parole - primo, pas de quartier pour les salauds ; secundo, les salauds sont une minorité - qu'est la juste réponse. La France est l'un des pays où est en train de se jouer - j'espère pour le meilleur - cet affrontement entre les deux islams.

Propos recueillis par Dominique de Montvalon

Le Parisien , dimanche 04 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:19:10
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Dimanche 4 mai 2003

IRAK
Irak
Vers une force internationale
CALIFORNIE, VENDREDI. George W. Bush.   (AP.)

POUR mener à bien la reconstruction de l'Irak, les Américains ont décidé de diviser le pays en trois zones et d'exclure tout recours à l'ONU. Selon un schéma rappelant un peu le sort de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale, chaque secteur sera administré séparément par les Etats-Unis et deux de leurs alliés, la Grande-Bretagne et la Pologne. Des soldats d'une force de stabilisation internationale seront déployés aux côtés des militaires américains, qui devraient eux-mêmes réduire leur dispositif (passant, selon le « New York Times », de 130 000 hommes aujourd'hui à 30 000 d'ici à l'automne). Cette force, précise un officiel américain, sera recrutée sur la base du volontariat.
Nouvelle arrestation Il ne s'agira donc en aucun cas d'une opération chapeautée par les Nations unies, cantonnées à l'aide humanitaire. Une réunion de 16 pays volontaires vient de se tenir à ce sujet à Londres. Ni la France ni l'Allemagne, pays leaders du camp de la paix, n'y ont été invitées. La volonté de tenir Paris à l'écart du dossier irakien reste donc manifeste. Washington s'apprête d'ailleurs à nommer un diplomate de carrière, Paul Bremer, responsable de la reconstruction de l'Irak. Un désaveu pour l'actuel numéro un américain dans le pays, l'ex-général Jay Garner, proche du faucon Donald Rumsfeld. Garner, qui sera désormais sous les ordres de Bremer (nommé lui par le secrétaire d'Etat Colin Powell), paie apparemment sa lenteur à rétablir un semblant d'ordre et à assurer la reprise des services publics. Hier, les Américains ont annoncé la nomination d'un Irakien à la tête d'une équipe chargée de gérer l'exploitation du pétrole. Mais il ne décidera que flanqué d'un conseil consultatif dirigé par un Américain, ancien patron de Shell. Quant à la région de Bassora, elle sera dirigée pendant six mois par l'ambassadeur du Danemark en Syrie, Ole Woehlers Olsen, de confesssion musulmane. Par ailleurs, un dix-huitième haut responsable du régime de Saddam, Mizban Khidir Hadi, a été capturé. Il était n o 41 sur la liste de 55 personnes recherchées.

H.V.

Le Parisien , dimanche 04 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:18:05
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Dimanche 4 mai 2003

BIRMANIE
La junte birmane libère 21 prisonniers politiques


[dimanche 04 mai 2003 - 13h51 heure de Paris]

RANGOUN (AFP) - La junte au pouvoir en Birmanie a libéré 21 prisonniers politiques au nombre desquels un universitaire de renom, Salai Tun Than, ainsi que 12 membres de la ligue nationale pour la démocratie (LND), selon un communiqué dimanche.

Cette annonce se produit à une semaine de la date du premier anniversaire de la libération de la célèbre opposante, chef de file de la LND, Aung San Suu Kyi, à l'issue d'une période de 19 mois d'assignation à résidence.

"Le gouvernement de Birmanie a commué leurs peines et libéré 18 prisonniers aujourd'hui et trois la semaine dernière, soit un total de 21, pour des raisons de santé et humanitaires", souligne le communiqué de la junte.

"Ces libérations font partie des initiatives prises par le gouvernement pour rapprocher la Birmanie de la démocratie multipartite et promouvoir une réconciliation nationale", souligne le communiqué officiel.

Aung San Suu Kyi avait entrepris des pourparlers secrets avec la junte en octobre 2000 en vue de parvenir à une réconciliation du pays, mais le dialogue politique ne s'est pas encore établi.

Face à l'immobilisme des généraux birmans peu pressés d'abandonner le pouvoir, la dirigeante de la LND s'est départie voici quelques jours pour la première fois de son attitude conciliante et a décidé de changer de ton.

Récemment, Aung San Suu Kyi s'était plainte du fait que le dialogue politique n'avait toujours pas démarré et avait mis en doute la sincérité de la junte.

Dans le groupe de libérés se trouve l'universitaire à la retraite Salai Tun Than, 74 ans, qui avait manifesté en faveur de la démocratie à Rangoun en novembre 2001.

Il avait été arrêté et condamné à sept ans de prison, ce qui avait suscité des protestations parmi de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-04 10:12:37
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON