Actualites Diplomatiques
Actualités diplomatiques du ministère des Affaires étrangères
Sommaire du point de presse du porte-parole du Quai d'Orsay du 30 avril 2003 :
1 - UNION EUROPEENNE/GYMNICH 2 - FRANCE/MEXIQUE 3 - FRANCE/ESTONIE/LETTONIE/LITUANIE 4 - FRANCE/UNION EUROPEENNE/JUSTICE 5 - FRANCE/ETATS-UNIS 6 - QATAR 7 - COLOMBIE 8 - CUBA 9 - FRANCE/VETERINAIRE INTERNATIONALE
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1 - UNION EUROPEENNE/GYMNICH
''Le ministre des Affaires étrangères, M. Dominique de Villepin, se rendra le vendredi 2 et le samedi 3 à Rhodes et sur l'île de Castellorizo, pour participer à la réunion semestrielle informelle des ministres des Affaires étrangères, dénommée Gymnich (du nom du château allemand où s'est tenue pour la première fois ce type de réunion en 1974) qui est organisée par la présidence grecque de l'Union européenne. Cette dernière souhaite consacrer le déjeuner de travail et la session de l'après-midi du vendredi à la crise irakienne, à la situation au Proche-Orient ainsi qu'aux relations transatlantiques. Au cours de la séance de travail du samedi 3 mai au matin, les ministres feront le point sur les moyens de renforcer la Politique Etrangère et de Sécurité Commune et la Politique Européenne de Sécurité et de Défense. Les ministres feront également le point sur les récents développements dans les Balkans, notamment dans la perspective du prochain Conseil européen de Thessalonique des 20 et 21 juin prochains ainsi que sur la question de la prolifération des armes de destruction massive, en vue de parvenir à une stratégie européenne concertée. A l'arrivée sur l'île de Castellorizo, les ministres rencontreront leurs homologues de Bulgarie, de Roumanie et de Turquie pour un déjeuner de travail, au cours duquel ils aborderont les principales questions européennes. Au lendemain de la réunion des chefs d'Etats et de gouvernements d'Allemagne, de France, du Luxembourg et de Belgique sur la défense européenne, le Ministre, avec ses homologues des pays concernés, en présentera les résultats aux autres ministres de l'Union.''
2 - FRANCE/MEXIQUE
''A l'occasion d'un déplacement à Paris pour la session ministérielle de l'OCDE, M. Luis Ernesto DERBEZ, ministre mexicain des Relations extérieures, a été reçu par M. de Villepin, ministre des Affaires étrangères, le 29 avril 2003 pour un échange de vues informel. Les deux ministres, qui entretiennent des contacts suivis, ont évoqué les relations bilatérales ainsi que les grands sujets d'actualité internationale, en particulier l'Irak et le rôle de l'ONU, le Proche-Orient. Ils ont également exprimé leur préoccupation sur la situation des droits de l'homme à Cuba. Nos relations se caractérisent par une grande proximité de vues ainsi que l'avait montré la visite officielle du Président Fox à Paris en novembre 2002.''
3 - FRANCE/ESTONIE/LETTONIE/LITUANIE
''Le ministre des Affaires étrangères a reçu hier ses homologues estonien, letton et lituanien, Mme Kristiina OJULAND, Mme Sandra KALNIETE et M. Antanas VALIONIS, venus tous trois à Paris pour participer à un colloque à l'IFRI (Institut français des relations internationales) et à un séminaire au CFCE (Centre français du commerce extérieur). Au cours de cet entretien, M. de VILLEPIN a évoqué le sommet /Belgique/France/Luxembourg sur les questions de défense, qui se tenait le même jour à Bruxelles, en soulignant que cette réunion quadripartite était une initiative transparente, ouverte à tous les membres de l'Union européenne qui souhaiteraient s'y joindre par la suite. La discussion a également porté sur les travaux de la Convention et sur le fonctionnement de l'Union européenne élargie. Le ministre a rappelé que la position de la France reposait sur son désir de '' plus d'Europe '' et sur son souci d'efficacité et de légitimité. Les déséquilibres du monde rendaient nécessaire que fût entendue la voix de l'Europe qui ne pouvait se contenter de n'être qu'un marché commun.3
4 - FRANCE/UNION EUROPEENNE/JUSTICE
''M. Pierre Bédier, Secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la Justice, a représenté hier le Garde des Sceaux, M. Dominique Perben, à l'inauguration d'Eurojust. Comme vous le savez, cette instance, installée à la Haye, permettra de mieux coordonner les enquêtes pénales et les poursuites au sein de l'Union européenne. Elle participe ainsi de la réalisation d'un espace européen de sécurité de liberté et de justice que la France souhaite voir mis en place.''
5 - FRANCE/ETATS-UNIS
''Nous commémorons, ce 30 avril 2003, le bicentenaire de la signature des accords franco-américains de cession de la Louisiane aux Etats-Unis. A l'initiative des associations ''France-Louisiane'' et ''Souvenir napoléonien'', une plaque sera dévoilée par M. Hubert Colin de Verdière, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et par Son Excellence Howard H. Leach, Ambassadeur des Etats-Unis à Paris sur le lieu où se déroulèrent les négociations et la signature (ancien Hôtel de Marbois, ministère des Finances à l'époque).''
6 - QATAR
''La France se félicite de l'adoption par référendum le 29 avril du projet de Constitution du Qatar. L'adoption de cette constitution constitue une étape essentielle du processus de démocratisation au Qatar, engagé par son Altesse l'Emir, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani. Comme nous l'avons déjà fait par le passé, nous sommes disposés à contribuer aux efforts du Qatar. Je vous rappelle à cet égard que des experts constitutionnalistes français ont participé en 2000 au comité de rédaction de ce projet de Constitution.''
7 - COLOMBIE
''Nous devons malheureusement de nouveau exprimer notre indignation face aux violences meurtrières dont sont victimes les journalistes en Colombie après l'assassinat, mardi matin, de M.Jaime Rengifo Jr, directeur de l'hebdomadaire El Guajiro et animateur de la radio Olimpica. Ce meurtre a été commis quelques heures après celui de M.Guillermo Bravo Vega, que nous avons condamné lors du point de presse d'hier. Il suit de quelques semaines celui de M.Luis Fernando Alfonso, journaliste d'El Tiempo ainsi que celui de M. Emeterio Rivas au sujet desquels nous avions également manifesté notre émotion. Devant cette situation dramatique, nous exprimons le souhait que les autorités et la société colombiennes se mobilisent, avec l'appui de la communauté internationale, pour protéger les journalistes contre ceux qui, en Colombie, veulent, par tous les moyens, leur interdire d'exercer leur métier.''
8 - CUBA
''La situation à Cuba, vous le savez, nous préoccupe vivement et nous avons eu l'occasion, à diverses reprises, de nous exprimer à ce sujet depuis le début de la vague de répression qui s'est abattue sur ce pays au mois de mars. Nous avons fait part de cette vive préoccupation aux autorités cubaines, tant à La Havane qu'à Paris. Je vous rappelle par ailleurs les prises de position de l'Union européenne, inspirées par le même sentiment de forte réprobation. Ces réactions s'expriment aussi au sein des opinions publiques, à l'occasion notamment de manifestations telles que celles qui ont eu lieu devant l'ambassade de Cuba à Paris, et qui ont donné lieu à des incidents regrettables. Enfin, je vous signale que l'Ambassadeur de Cuba à Paris a été reçu à nouveau hier au Département.''
9 - FRANCE/VETERINAIRE INTERNATIONALE
''Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, et Hervé Gaymard, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pche et des Affaires rurales (MAAPAR), ont installé aujourd'hui le groupement d'intérêt public ''France vétérinaire international'' (FVI). C'est le premier outil opérationnel français dans le domaine de la coopération vétérinaire et sanitaire. Il est composé de l'Agence française de sécurité sanitaire des éléments (AFSSA), du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), des Ecoles nationales vétérinaires (ENV), de l'Institut de formation des personnels du ministère chargé de l'agriculture (INFOMA) et du Réseau des laboratoires vétérinaires départementaux. C'est Jacques Godfrain, ancien ministre de la Coopération, député-maire de Millau (Aveyron) qui a été élu ce matin, Président du conseil d'administration. ''France Vétérinaire International est un véritable outil qui nous permettra notamment de renforcer notre coopération avec les pays du Sud'', ont déclaré Dominique de Villepin et Hervé Gaymard.''
L'état d'exception, décrété le 12 août en Colombie par le président Alvaro Uribe, a été levé mardi soir par la Cour constitutionnelle à Bogota, a annoncé son président, Eduardo Montealegre. Destinées à combattre la violence après 39 ans de guerre civile, avec un bilan de plus de 200.000 morts, les mesures incluaient la création de "zones spéciales" sous commandement militaire, les détentions de suspects sans mandat judiciaire durant 24 heures et les écoutes téléphoniques. "Cette mesure prend effet a partir de mercredi (30 avril)", a annoncé le président de la Cour, après avoir qualifié "d'inutile" la précédente prorogation de l'état d'exception, le 5 février, jusqu'au 8 mai. Indépendant du pouvoir exécutif, cet organisme n'a cassé de poser des banderilles au gouvernement, depuis l'entrée en vigueur de cette mesure prévue par la Constitution de 1991, au nom du respect des libertés.
200.000 morts depuis 1964
Malgré une violence redoublée, la Colombie reste un pays profondément attaché aux droits fondamentaux du citoyen. Sans le décret sur l'état d'exception, l'armée ne pouvait ainsi intervenir dans une contre-attaque contre la guérilla sans la présence d'un juge du Parquet. Le pouvoir avait déjà subi les foudres de la Cour le 26 novembre avec la remise en cause partielle de l'état d'exception. La faculté donnée aux militaires d'engager des enquêtes judiciaires avait été rejetée par cet organisme, en vertu de l'article 251 de la Constitution, qui en réserve le droit "à la police". Au nom de la "liberté d'expression", le Conseil avait également refusé que soit exigée des journalistes étrangers une autorisation écrite du ministère de l'Intérieur, avant chacun de leurs déplacements dans les "zones spéciales", menacées par l'influence rebelle. Cette nouvelle a été annoncée alors que le président Uribe a quitté Bogota par avion pour se rendre à Washington, où il doit avoir des entretiens mercredi avec le président américain George W. Bush. La guerre civile en Colombie a fait plus de 200.000 morts depuis 1964, avec 2,9 millions de déplacés depuis 1985 et une moyenne de 3.000 enlèvements de civils par an.
EGYPTE ÉGYPTE Acteur clé dans le monde arabe et dans la crise israélo-palestinienne, le président égyptien est invité à libéraliser son régime
Pressé par Washington, Moubarak choisit la diplomatie
Le Caire : de notre envoyé spécial Claude Lorieux [30 avril 2003] Pressé par George Bush de réformer un régime politique et économique vieillissant, préoccupé par une crise économique aiguë qui affecte cruellement les pauvres, et même conspué, du jamais vu, lors de manifestations anti-guerre d'Irak, au Caire, le président Hosni Moubarak botte en touche : il reprend l'initiative sur la scène diplomatique.
La soif de remodelage régional qui anime le président des États-Unis inquiète davantage le raïs que son messianisme démocratique que, comme d'autres chefs d'États arabes, il juge farfelu et risqué, y compris pour les intérêts de l'Amérique.
Pour Mustapha Kamel el-Sayed, professeur à l'Université du Caire, «les Égyptiens voudraient surtout que les États-Unis ne leur créent pas trop de problèmes en se lançant dans des interventions extérieures intempestives. Ils prennent au sérieux les menaces américaines à l'encontre d'autres pays arabes, car elles risquent de compromettre la stabilité de la région.» La diplomatie égyptienne avait dû, depuis des mois, laisser la vedette à l'Arabie saoudite ou encore à la Turquie. Elle reprend, si l'on peut dire, du service. Occupés par l'Irak, les États-Unis sollicitent toutes les bonnes volontés. Sans se faire prier, Hosni Moubarak répond présent. Il contribue à l'apaisement de la tension entre Washington et Damas et à la solution de la crise opposant Yasser Arafat à son premier ministre désigné Abou Mazen. La présence d'Omar Souleiman, chef des renseignements égyptiens, sur la photo de baptême du nouveau gouvernement palestinien aura mis du baume au coeur du président égyptien.
Épuisant ses ministres, Moubarak vient d'effectuer, de Damas à Riad en passant par Bahreïn, une série de consultations interarabes sur l'après-Saddam. Qu'elle ait été ou non «historique», comme n'hésitait pas à la qualifier un journal cairote, cette tournée visait à rameuter les pays arabes que «les États-Unis vont tenter de marginaliser pour faciliter une solution au problème israélo-palestinien», selon Nabil Abdel Fatta, du Centre d'études stratégiques du journal Al Ahram. Son collègue Dia Rachwan estime que les États-Unis comptent avant tout sur l'Égypte pour «faire pression sur Abou Mazen».
A l'instar des Saoudiens, les dirigeants égyptiens ont reçu comme une gifle la déclaration de l'ancien patron de la CIA James Woolsey avertissant que, désormais, les États-Unis seraient du côté des «peuples» et que les princes saoudiens et la famille Moubarak avaient du souci à se faire. Le président permet néanmoins à son peuple de s'exprimer plus librement que par le passé. Cette liberté ne se manifeste pas tant à l'Assemblée du peuple que dans la presse et à la télévision. Le professeur Kamel el-Sayed n'en revient toujours pas d'avoir été invité à un débat télévisé avec une intellectuelle récemment arrêtée lors d'une manifestation, et dont le mari était lui-même encore en prison ! Le président du «club des magistrats» n'hésite pas à proclamer que «l'interdiction de la démocratie constitue une erreur gigantesque équivalant au meurtre par préméditation d'une nation».
Mais les Égyptiens restent sans illusions. Mustapha Kamel el-Sayed souligne qu'«aucune force politique n'est en mesure d'assumer cette effervescence», qui s'est également manifestée aussi lors de manifestations anti-guerre. Nabil Abdel Fatta confirme que toutes ces déclarations «sont sans effet sur les décisions politiques». «Nous avons affaire à un régime autoritaire, avec des aspects débonnaires puisque les gens osent se moquer du pouvoir», résume un observateur.
Afin de ne pas offrir d'arguments supplémentaires aux faucons de Washington, qui ont leur mot à dire sur le montant de l'aide financière américaine à l'Egypte, le président Moubarak a décrété ou annoncé plusieurs mesures d'ouverture : création d'une fête chômée le jour du Noël copte, nomination d'une femme juge, institution prévue d'une commission des droits de l'homme, ou encore suppression prochaine des travaux forcés et des cours spéciales.
«Ici rien ne stagne», tranche Nabil Osman, président de l'Organisme d'information. Mais le changement serait plus évident si les travaux forcés n'avaient pas été supprimés depuis des années, si la disparition des cours spéciales n'était pas liée à celle de l'état d'urgence (reconduit récemment), et si «l'on n'était pas allé chercher le modèle de la commission des droits de l'homme en Tunisie, un pays où les violations de ces droits ne sont pas rares», soulignent plusieurs commentateurs. Face aux pressions américaines «Moubarak se contente de repeindre la «Maison Égypte», conclut l'un d'eux.
Véritable «père la Prudence», le successeur d'Anouar el-Sadate «utilise le besoin de réformes économiques comme justification de la rigidité politique», analyse un chercheur égyptien. Un diplomate ajoute : «Si le pays bouge, c'est sous la pression des États-Unis, de l'Union européenne, à laquelle l'Égypte est depuis peu «associée», et des modernistes. Mais Moubarak ne veut pas prendre de risques.» Les dernières manifestations ont confirmé que les protestataires passaient vite des slogans anti-américains à la dénonciation du gouvernement, voire du président Moubarak, de son fils Gamal, l'espoir du Parti national démocrate au pouvoir. Les autorités ont certes repris la situation en main. Les «services» entretiennent en effet avec les Frères musulmans, officiellement interdits mais omniprésents, une relation ambiguë mais efficace. Entre deux vagues d'arrestations (généralement provisoires), les Frères coopèrent avec le régime dans la gestion des manifestations. Ils en garantissent le bon déroulement, ce que ne peuvent faire les partis de gauche, moins disciplinés.
Cette pression populaire n'incite pas Moubarak à lâcher les brides. Il y est d'autant moins porté que la guerre a tué le tourisme, que le flottement de la livre égyptienne relance l'inflation, et que la mal-vie se répand, aggravant le mécontentement. Les dirigeants n'ont pas oublié les émeutes du pain de 1986.
Les partisans du statu quo sont d'autant moins enclins à changer d'avis qu'ils ne sentent pas une pression bien vive de la part de Washington. Pour le chroniqueur islamiste Fahmi Howeidi, «les États-Unis n'attendent de l'Égypte qu'une sorte de maquillage démocratique. Or c'est un petit jeu où, depuis des années, excelle le président Moubarak». D'autres pensent que «les Américains ménagent l'Égypte parce qu'ils attendent d'elle qu'elle ménage Israël». Ils en déduisent que «le régime n'a pas de raison de se hâter vers la démocratie».
Nombre d'Égyptiens tirent argument du vote du parlement de Turquie rejetant le copieux «plat de lentilles» offert par l'Amérique pour le transit de ses troupes vers l'Irak. Ils soulignent à l'unisson la double poussée de l'islam et de l'antiaméricanisme dans toute la région. Dia Rachwan en vient logiquement à se demander «si la démocratisation de l'Égypte est le meilleur moyen d'assurer la sécurité d'Israël, comme le souhaitent les États-Unis». «Elle débouchera sur une recomposition du monde politique égyptien au profit, notamment, d'adversaires de l'État d'Israël», conclut le chercheur d'Al Ahram.
éjà accusé par l'opposition d'avoir déserté les cérémonies du 25 avril qui célèbrent la Libération, Silvio Berlusconi est aujourd'hui soupçonné d'avoir fomenté «un coup d'Etat chromatique». Avec d'autres parlementaires, le Vert Alfonso Pecoraro Scanio a en effet accusé le président du Conseil d'avoir porté atteinte à l'identité historique du pays en modifiant les couleurs du drapeau national. Depuis quelques jours, dans les couloirs du Parlement, le vert de la bannière est devenu plus sombre, le rouge tend au bordeaux et le blanc tourne à l'ivoire. «Les nouveaux drapeaux apparaissent plus laids, presque décolorés et sales», s'est plaint le communiste Marco Rizzo. «Alors que l'Union européenne a invité les pays membres à définir exactement la couleur des drapeaux, les nouvelles teintes ont été définies par un comité d'experts», a répliqué le porte-parole de Berlusconi. «L'UE n'a rien demandé», a réagi hier le socialiste Ugo Intini. «Ces couleurs témoignent du fait qu'une génération télévisuelle est arrivée au sommet du pays», a dénoncé le démocrate de gauche Fabio Mussi qui, avec d'autres parlementaires de l'opposition comme de la majorité, a déposé une motion pour réclamer le retour d'un tricolore aux couleurs brillantes.
APARTHEID Régime minimum pour les victimes de l'apartheid
Afrique du Sud. Les réparations, peu élevées, et l'exemption des entreprises occidentales qui ont collaboré avec le régime, suscitent l'indignation.
Johannesburg (Afrique du Sud),
correspondance particulière.
Les victimes de crimes politiques, commis sous l'apartheid, attendaient ce moment depuis cinq ans. Quelques semaines après la publication du rapport final de la commission vérité et réconciliation (TRC), le gouvernement de Pretoria vient, enfin, de définir sa position sur les réparations de l'apartheid. Pourtant, les victimes sont déçues par l'annonce faite mardi au Parlement par le président sud-africain Thabo Mbeki. Elles se voient promettre 30 000 rands (environ 3 900 euros) chacune dans les mois qui viennent. À un an des élections générales, le chef du Congrès national africain (ANC) se devait de faire ce geste mais qui, jugé trop timide, suscite l'indignation.
" C'est une honte ", s'emporte Mavis Khumalo de Khulumani, association de soutien aux victimes. La TRC recommandait, en effet, des réparations presque quatre fois plus élevées, à hauteur de 21 000 rands annuels pendant cinq ans. Non qu'un prix puisse être donné aux vies emportées ou aux souffrances endurées. Mais, explique Mavis Khumalo, " pour les victimes de torture ou de brutalités policières qui se retrouvent en chaise roulante et ont de ce fait perdu leur emploi, ne peuvent payer l'éducation de leurs enfants, ni leur loyer et risquent ainsi d'être expulsées de chez elles ", la somme promise reste une goutte dans l'océan de cette urgence de besoins.
De plus, les 30 000 rands ne s'adressent qu'aux 22 000 victimes identifiées par la commission vérité et réconciliation alors que, comme l'a reconnu Thabo Mbeki lors de son discours, ils sont " des millions à avoir subi l'oppression ". Aux laissés-pour-compte, le président sud-africain a toutefois promis l'intensification de programmes d'accès à la santé, à l'éducation ou au logement, ainsi que des projets de réhabilitation, particulièrement pour " les communautés qui ont été exposées à d'intenses actes de violences et de destruction ". Au chapitre symbolique est également prévue la multiplication de lieux de mémoire.
Face à ce vaste chantier qui reste à construire, le chef de l'État a assuré que " tout le monde devrait faire partie de la solution ". Tout le monde, sauf les entreprises. La TRC avait bien proposé " une taxe exceptionnelle sur la fortune au monde des affaires et de l'industrie sud-africain " à cause de leur soutien au pouvoir blanc. Une telle mesure ne serait pas " correcte ", a platement rétorqué Thabo Mbeki. Soucieux de ne pas froisser le secteur privé et surtout les investisseurs, il a également qualifié de " complètement inacceptables " les procès intentés par plusieurs groupes de victimes contre les multinationales accusées de complicité avec l'apartheid. Il préfère s'en remettre aux contributions volontaires, ainsi qu'à la politique de black empowerment (prise de pouvoir économique des Noirs) qui profite pourtant plus à une nouvelle élite qu'à la majorité. Les patrons applaudissent. Au grand dam des victimes.
de notre envoyée spéciale Sylvaine Pasquier, avec Alla Chevelkina
En dépit de l'antiaméricanisme suscité dans son pays par la guerre d'Irak, le président russe sait qu'il n'a pas d'autre choix que de miser sur les Etats-Unis
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Le regard ardent, Alil Chourpaev ne se remet pas de la victoire américano-britannique à Bagdad. A l'heure de l'après-guerre, ce jeune Moscovite, originaire du Daguestan, espère un sursaut des Irakiens: «Ils rejetteront les idées occidentales que les Etats-Unis veulent imposer. Moi, je suis oriental et je déteste la démocratie.» Il s'indigne que les gardes-frontières russes aient refoulé des centaines de volontaires, issus de sa république natale, qui tentaient de sortir du pays pour aller se battre en Irak. Depuis six mois, Alil a rejoint les rangs du parti Eurasie, codirigé par l'ex-intendant du Kremlin, Pavel Borodine, et Abdoul-Vakhed Niazov, député à la Douma. «Les Etats-Unis ont peut-être vaincu par les armes, mais leur défaite morale est écrasante, assène ce dernier. Jamais on n'a vu une telle vague d'anti-américanisme dans le monde. Pour les Russes, c'est la fin des complexes.» A l'entendre, chrétiens et musulmans russes sont enfin dans le même camp, dressés contre la «mondialisation vulgaire», sous hégémonie américaine.
Interrogés aux premiers jours des opérations en Irak par le Centre d'étude de l'opinion publique (VTSIOM), 88% des Russes, «scandalisés», s'opposaient à cette guerre, 58% souhaitant même ouvertement que Bagdad l'emporte. «L'Irak combattra comme nous avons combattu Napoléon et Hitler», annonçait alors Anatoli Iegorine, directeur adjoint de l'Institut des études orientales. Las, il a fallu en rabattre... Et Vladimir Poutine, pilier du camp de la paix, se trouve aujourd'hui dans une posture assez délicate.
Où en est le «partenariat stratégique» entre Moscou et Washington, résultat d'un virage à 180 degrés opéré par le Kremlin au lendemain du 11 septembre 2001? La crise irakienne a révélé qu'il était non seulement inconsistant, mais fondé sur un malentendu. A la différence des Etats-Unis, la Russie n'a ni les moyens de ses ambitions ni de véritable alternative. Vladimir Poutine a cru pouvoir miser sur Paris et Berlin, sans mesurer que ces partenaires de circonstance n'avaient aucun désir réel de divorcer de Washington pour épouser Moscou.
Situation intérieure complexe
Frappé d'impuissance, le sommet de Saint-Pétersbourg, les 11 et 12 avril, aura eu, malgré tout, un effet salutaire. Celui de ramener Jacques Chirac à la conscience des réalités. Après deux mois de silence, il sollicite un entretien téléphonique avec George W. Bush et tente de surmonter les différends. La presse russe crie à la «capitulation», accuse le président français d'avoir «dupé» la Russie. «En réalité, Poutine s'est abrité derrière l'épaule de Chirac, commente, à Paris, un expert du dossier. On lui a beaucoup plus rendu service que l'inverse.» La France se contorsionne sous la pression américaine, mais semble déjà céder du terrain en faveur de la levée des sanctions jadis imposées à l'Irak. Ironie du sort: Moscou, qui bataillait ferme en ce sens, au temps de Saddam Hussein, s'insurge aujourd'hui, réclamant au préalable le feu vert des inspecteurs onusiens en désarmement.
Désormais à découvert, le président russe va devoir sortir de l'impasse, tout en gérant une situation intérieure complexe. Deux échéances électorales se profilent: les législatives, à la fin de l'année, et la présidentielle, en mars 2004. Vladimir Poutine n'a guère de souci à se faire pour la reconduction de son mandat - le contrôle des urnes est l'une des «technologies politiques» les plus avancées en Russie. Cependant, «entre une décision difficile et sa cote de popularité, Poutine choisira toujours la seconde», souligne le politologue Gueorgui Satarov, président de la fondation Indem. Et le pouvoir russe est allé trop loin dans la voie de la confrontation pour faire aisément machine arrière.
«Punir la France, oublier l'Allemagne, pardonner à la Russie»
Du bout des lèvres, le chef de l'Etat a concédé, au début d'avril, qu'«un échec des Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de la Russie» - on notera le mode négatif. Ces derniers temps, les porte-voix du Kremlin s'évertuent à calmer l'«hystérie antiaméricaine», largement répandue parmi les «patriotes» en tout genre, qui supportent mal «l'arrogance et le cynisme» des Etats-Unis, leur exaspérante «habitude de gagner». En résumé, «ils font ce qu'ils veulent» - grief majeur. «Les intellectuels démocrates eux-mêmes, précise Gueorgui Satarov, leur reprochent d'être aujourd'hui ce que nous étions hier, autrement dit d'agir comme l'Union soviétique, à coups d'interventions militaires.» Aux antipodes, les libéraux et les barons du grand business ont choisi leur camp. A la tête de la compagnie pétrolière Ioukos - bientôt quatrième producteur mondial, après sa fusion avec Sibneft - Mikhaïl Khodorkovski a clairement défini la coopération avec les Etats-Unis comme une «priorité». Et d'ajouter qu'il serait illusoire de se tourner vers l'Europe, où «il n'existe pas d'intérêt réel pour l'intégration avec la Russie».
Le mot que l'on prête à Condoleezza Rice, conseillère de George W. Bush pour la sécurité nationale - «Punir la France, oublier l'Allemagne, pardonner à la Russie» - pourrait suggérer que Moscou s'en tirera à bon compte. Etre ignorée est sans doute le pire cauchemar de la Russie, hantée par le «syndrome de la grandeur», dont elle ne parvient pas à faire son deuil. Mais l'absolution ne va pas sans contrepartie. Le Département d'Etat a déjà pris les devants en accusant publiquement des entreprises russes d'avoir livré des armes à l'Irak en dépit de l'embargo. Aux yeux des Etats-Unis, Moscou dispose d'une capacité de nuisance qu'il convient de réduire en lui arrachant des concessions successives. «Ils en voudront toujours plus! proteste le général Leonid Ivachov - ancien responsable de la coopération internationale au ministère de la Défense. Demain, ils imposeront à la Russie de rester passive s'ils décident d'intervenir en Syrie, en Iran ou ailleurs.» Désormais vice-président de l'Académie de géopolitique, il plaide pour la préservation du camp antiguerre: «L'avenir est à la formation d'un bloc continental avec la France, la Russie, l'Allemagne, l'Inde, l'Iran et la Chine - qui fera pièce aux puissances maritimes, Etats-Unis et Grande-Bretagne. A cette fin, il faut nous allier dans le monde arabe aux forces radicales antiaméricaines.»
Plus près du monde réel, Alexeï Arbatov, vice-président du comité de la Défense, à la Douma, estime que la crise irakienne laissera des traces profondes. «Il faudra sans doute des années pour que s'efface le ressentiment qu'éprouvent l'opinion et l'élite politique russes à l'égard des Etats-Unis. Moscou et Washington feront en sorte de revenir au business as usual. Mais la communauté de la défense et du renseignement n'est plus guère disposée à coopérer dans la lutte contre le terrorisme et la prolifération nucléaire, domaines qui nous obligent à céder toujours davantage.»
En attendant, Vladimir Poutine aura fort à faire pour préserver les intérêts nationaux dans la bataille de l'après-guerre: les créances, contrats et accords de coopération passés avec le régime de Saddam Hussein atteindraient plus de 50 milliards de dollars. Déterminé à défendre ses droits sur le gisement géant de Gharb al-Qurna - un contrat signé en 1997 - le pétrolier Lukoil, compagnie semi-publique, vient d'engager les services d'un cabinet d'avocats londoniens.
A la fin de mai, George W. Bush devrait se rendre à Saint-Pétersbourg afin d'y assister aux festivités du tricentenaire. Jusqu'ici, il n'a rien changé à ses plans. Le 18 avril dernier, faute d'une majorité suffisante, la Douma a rejeté un projet de résolution réclamant, en substance, que Vladimir Poutine annule l'invitation. Mais 138 députés, soit près d'un tiers, ont signifié par leur vote qu'ils jugeaient indésirable la présence du vainqueur de Bagdad.
ARABIE-SAOUDITE
Les Etats-Unis mettent fin à leur présence militaire en Arabie Dépêche reçue le 30/04/2003 à 11:01 [<>] Les Etats-Unis ont décidé de mettre fin à treize ans de présence militaire directe en Arabie saoudite, une revendication chère au réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden et aux groupes islamistes purs et durs dans la région. L'annonce du transfert du QG aérien de ces troupes de la base saoudienne de Prince Sultan, à 50 km au sud de Ryad, vers la base qatariote d'Al-Oudeid, a été faite par le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld au terme d'une brève visite dans le royaume dans le cadre d'une tournée au Proche-Orient après la victoire militaire contre l'Irak. Ce transfert a été décidé "par consentement mutuel", a souligné M. Rumsfeld lors d'un point de presse à Ryad en présence de son homologue saoudien, le Prince Sultan. Il a ajouté avoir discuté avec les dirigeants saoudiens des changements intervenus dans la région. "C'est une région plus sûre (...) après la libération réussie de l'Irak. Nous allons réaménager nos forces dans cette partie du monde", a-t-il dit. Pour sa part, le prince Sultan a assuré qu'après la fin des opérations de surveillance de la zone d'exclusion aérienne du sud de l'Irak, "les forces américaines n'ont plus besoin d'être là". Donald Rumsfeld et le prince saoudien Abdullah mardi à Ryad Responsables américains et saoudiens se sont empressés de préciser que le retrait des forces américaines n'était pas le résultat de divergences ou sous la pression des appels de ben Laden ou de l'opposition saoudienne réclamant le départ de ces troupes du royaume, le berceau de l'islam. "Il est important de savoir que cette décision n'est pas dictée par ben Laden. Il'a rien à avoir avec cette décision", a souligné mardi un haut responsable militaire américain. "Cela ne signifie pas que nous leur avons demandé de partir ou que nos relations amicales ont été affectées", a pour sa part assuré le prince Sultan. "La coopération entre nos deux pays a commencé avant l'opération Tempête du Désert, et elle continuera après la fin de la guerre en Irak", a indiqué le Prince Sultan, en soulignant que les relations Washington-Ryad étaient économiques et diplomatiques autant que militaires. L'Arabie saoudite a ouvert ses portes pour la première fois aux troupes américaines en 1990 lorsque plus de 500.000 soldats, outre des dizaines de milliers de soldats britanniques, français et arabes, ont été déployés dans le royaume au lendemain de l'invasion irakienne du Koweit. Ils s'en sont presque complètement retirés après la libération du Koweit en 1991, mais les Etats-Unis ont maintenu plusieurs milliers de leurs forces aériennes et des douzaines d'avions pour surveiller la zone d'exclusion aérienne au-desssus de l'Irak. Leur présence dans un pays qui abrite les deux principaux sanctuaires de l'islam, à La Mecque et à Médine, a exacerbé les sentiments anti-américains, provoquant des protestations et des arrestations parmi des groupes islamistes extrémistes. Ben Laden, s'est servi de ce prétexte, pour appeler à la guerre contre la présence américaine dans le royaume et son réseau al-Qaïda a mené une série d'attaques contre les intérêts américains. Le 25 juin 1996, 19 membres de l'armée de l'air américaine ont été tués dans un attentat au camion piégé, qui avait visé un complexe résidentiel de la base aérienne de Dahran, près de Khobar, dans l'est de l'Arabie saoudite. Plus de 370 autres personnes ont été blessées dans l'attentat. Un an plus tôt, une attaque suicide contre une installation militaire américaine à Ryad avait fait fait plusieurs tués. Mais il n'a pas été établi que l'attaque avait été commanditée par ben Laden. Ces attaques terroristes contre des installations militaires à Dahran et Ryad ont amené les Américains à regrouper leurs forces aériennes sur la base du Prince Sultan, dans le désert, à quelque 80 km au sud de la capitale. Les Etats-Unis ont plus tard établi le siège de leur Commandement central (Centcom) sur la base aérienne qatariote Al-Oudeid pour en faire leur plus grand centre de stockage de matériel militaire au Proche-Orient. Selon l'amiral américain David Nichols, adjoint au commandant de la base de Prince Sultan, le QG opérationnel a été transféré dès lundi et les forces aériennes américaines auront complètement évacué la base saoudienne d'ici à la fin de l'été. Mardi, environ 100 appareils de la coalition se trouvaient toujours à Prince Sultan, contre 200 au plus fort de l'offensive.
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-04-30 11:15:49 Permalien
Mercredi 30 avril 2003
COREE DU NORD
La Corée du Nord sous-entend publiquement détenir l'arme nucléaire Dépêche reçue le 30/04/2003 à 11:48 [<>] Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il La Corée du Nord a suggéré publiquement mercredi qu'elle possédait l'arme nucléaire, en affirmant avoir été contrainte de choisir une "force de dissuasion indispensable" en raison de l'hostilité des Etats-Unis dans un texte officiel. Cette déclaration, faite par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères nord-coréen, est considérée comme une indication supplémentaire que Pyongyang possède effectivement l'arme nucléaire. "La réalité contraint la RPDC (Corée du Nord) à contrecarrer l'escalade américaine visant à étouffer la RPDC par la force, et l'a contrainte à choisir de posséder la force de dissuasion indispensable et à la rendre effective", indique la déclaration officielle. Dans une autre dépêche, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a également fait une allusion transparente à la possession de l'arme atomique en écrivant que les Etats-Unis devraient renoncer à leurs armes nucléaires avant que la Corée du Nord fasse de même. "Les Etats-Unis, qui possèdent le plus grand nombre d'armes nucléaires dans le monde, représentant une menace constante pour les autres pays souverains, devraient abandonner leur programme nucléaire, avant qu'un petit pays tel que la RPDC fasse de même", a écrit l'agence. Le porte-parole a souligné que la Corée du Nord se devait de posséder les moyens de contrecarrer une attaque nucléaire préventive américaine. "Comment la possession de moyens par un pays aussi petit que la RPDC pour simplement sa défense" peut être une "menace" ou un "chantage" ? demande le texte officiel. La mise en garde nord-coréenne à Washington vise également la transmission du dossier nucléaire de Pyongyang devant le Conseil de Sécurité des Nations unies. "Si les Etats-Unis en définitive transmettent le dossier nucléaire à l'ONU (...) la RPDC n'aura pas d'autre choix que d'envisager des mesures pratiques pour faire face à l'urgence", a-t-il souligné. "La question de savoir si la péninsule coréenne sera ou pas une zone dénucléarisée dépend entièrement de la politique américaine", ajoute le porte-parole nord-coréen. KCNA ajoute que la Corée du Nord considère que toute tentative américaine d'obtenir une résolution des Nations unies en faveur de sanctions serait le "feu vert" pour une guerre. L'agence officielle indique toutefois que la Corée du Nord est prête a reprendre des pourparlers avec les Etats-Unis. La Corée du Nord "ne pense pas que les pourparlers ont abouti à une rutpure complète", ajoute KCNA soulignant que leur reprise "dépend entièrement de l'abandon par les Etats-Unis de leur politique hostile" envers Pyongyang. "Mettre un point final à l'hostilité dans les relations bilatérales est donc une condition préalable au succès des pourparlers", ajoute le porte-parole du régime stalinien au pouvoir en Corée du Nord. Selon les Etats-Unis, la Corée du Nord a offert, lors des entretiens tripartites de la semaine dernière à Pékin, de mettre fin à ses programmes nucléaires et balistiques en échange de larges concessions. Mardi au Congrès, le chef de la diplomatie américaine Colin Powell a déclaré que "c'est une proposition qui ne va pas dans la direction vers laquelle nous avons besoin d'aller" tout en reconnaissant que "c'est quelque chose qui intéresse nos autres amis et que bien sûr nous allons étudier". "Nous ne serons pas intimidés par leurs revendications et menaces", a aussi prévenu Colin Powell.
ericjeanloicbreton |
Ajouter un commentaire | 2003-04-30 11:14:51 PermalienCOREE DU NORD
Mercredi 30 avril 2003
DROITS DE L'HOMME
NATIONS UNIES
Les droits de l'homme, l'ONU et Cuba Cuba a été réélu mardi à la commission des droits de l'Homme des Nations unies. Les Etats-Unis ont quitté la réunion en signe de protestation.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, n'est pas content (AP)
Cuba a été réélu mardi à la commission des Nations unies sur les droits de l'Homme, amenant les Etats-Unis à quitter la réunion de l'ONU en signe de protestation. L'élection sans débat de Cuba est intervenue alors que le gouvernement de Fidel Castro a envoyé en prison il y a quelques semaines 78 journalistes indépendants et chefs de l'opposition, et a exécuté trois hommes qui avaient détourné un avion pour se rendre aux Etats-Unis. "C'est un outrage pour nous parce que nous considérons Cuba comme le pays qui viole le plus les droits de l'Homme dans cette hémisphère", a déclaré Sichan Siv, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès du Conseil économique et social de L'ONU, qui a élu 24 nouveaux membres pour siéger à la commission.
Ari Fleischer n'est pas content
Les défenseurs des droits de l'Homme déplorent de plus en plus le nombre de nations présentes dans cette enceinte qui viole les droits de l'Homme. Le porte-parole de la Maison blanche Ari Fleischer a déclaré que la commission ne pouvait "avoir pour présidente la Libye, réélire Cuba, et ne pas avoir des gens qui se demandent si elle défend vraiment les droits de l'Homme ou pas". Ont également été élus le Costa Rica, la République dominicaine, le Guatemala, le Honduras, le Pérou, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Russie, la Hongrie, le Bhutan, l'Inde, le Népal, le Qatar, l'Arabie saoudite, l'Indonésie, le Congo, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Nigeria, la Mauritanie, l'Afrique du Sud. Selon les règles des Nations unies, chaque groupe régional choisit les pays qui le représenteront à la commission des droits de l'Homme. Au cours des six semaines de la session annuelle de la commission qui s'est achevée vendredi, la commission n'a finalement pas adopté une résolution dénonçant les violations récentes de Cuba, pas plus qu'elle n'a condamné la Russie ou le Zimbabwe. (AP)
''La France condamne vigoureusement l'assassinat hier du journaliste colombien Guillermo Bravo Vega de l'hebdomadaire Tribuna del Sur. Nous exprimons une nouvelle fois notre solidarité aux membres de la presse colombienne, et nous saluons le courage avec lequel les journalistes exercent leur métier dans le contexte de violence qui sévit dans ce pays. ''
2 - BELGIQUE/FRANCE
'' Dans le cadre de ses entretiens réguliers avec ses homologues, Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux Affaires européennes, aura un entretien, mercredi 30 à 16h15, avec Mme Annemie Neyts, ministre déléguée aux Affaires étrangères belge. ''
3 - FRANCE/BURUNDI
''Le Président de la République a demandé au Professeur Bernard Debré, ancien ministre de la coopération, de le représenter aux cérémonies d'investiture du nouveau Président burundais, Domitien Ndayizeye, et de son Vice-Président, Alphonse Kadege. Ces cérémonies auront lieu demain à Bujumbura. Cette passation de pouvoirs entre le président Buyoya et son successeur s'effectue dans le cadre du processus de transition lancé par l'accord d'Arusha du 28 août 2000. La deuxième phase de la transition doit durer 18 mois, au terme desquels des élections générales seront organisées. La France salue ce moment important de l'histoire du Burundi. Elle rend hommage au Président Buyoya, qui transmet ses responsabilités présidentielles conformément aux engagements pris. Elle souhaite que le Burundi poursuive avec succès l'expérience démocratique lancée avec l'accord d'Arusha. Dans ce cadre, la France appelle les rebelles qui ne l'ont pas encore fait à se joindre instamment au processus en cours afin de parvenir dans les meilleurs délais à un cessez-le-feu complet, lequel permettra le retour à la paix civile tant désiré par la population et seul susceptible de relancer le développement social et économique au Burundi. ''
4 - FRANCE/ETATS BALTES
'' Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux Affaires européennes, a reçu à dîner lundi 28 avril au Quai d'Orsay, Mme Sandra Kalniete, ministre des Affaires étrangères de Lettonie, Mme Kriistina Ojuland, ministre des Affaires étrangères d'Estonie, ainsi que M. Antanas Valionis, ministre des Affaires étrangères de Lituanie, de passage à Paris pour une conférence à l'IFRI. Ce dîner a été l'occasion de discuter de l'approfondissement de la coopération entre la France et les pays baltes dans le cadre de l'Union élargie. Les trois ministres baltes seront reçus aujourd'hui à 16h par M. Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères.''
5 - TOGO
'' Nous notons avec satisfaction le retour dans son pays de M. Gilchrist Olympio, figure politique importante du Togo. Ce retour va dans le bon sens. Nous souhaitons qu'il encourage les forces politiques togolaises au dialogue dans la perspective de l'élection présidentielle. ''
6 - CONFERENCE DE PRESSE DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, M. DOMINIQUE DE VILLEPIN
''Le ministre, M. Dominique de Villepin compte tenir demain à midi au Quai d'Orsay, une conférence de presse ouverte à tous pour faire le point sur les grands dossiers internationaux et tout d'abord l'Irak, et le Proche et Moyen Orient.''
7 - IRAK
(Dans plusieurs journaux depuis hier, on parle d'une affaire qui semble un peu étonnante qui fait référence à des propos du Quai d'Orsay d'il y a trois ans, en avril 2000. Il y aurait eu une conversation avec une ''source'' iraquienne pour se mettre d'accord de manière à bloquer des opposants irakiens pour assister à la conférence de Paris. Etes-vous au courant ? Avez-vous une réaction ? Et pour enchaîner sur d'autres allégations plus sérieuses concernant la transmission des données militaires pour l'Iraq par la France, selon la presse anglaise, pourriez-vous commenter ces allégations ?) '' Puisque vous posez la question, je voudrais dire que je suis évidemment indigné. Le ministre est revenu hier soir sur ce sujet. Il a dit : ''à aucun moment, je ne peux donner un quelconque crédit à toutes ces informations. Je veux que l'on évite de se fier à des rumeurs et à des ragots et que l'on se concentre sur l'essentiel.'' Concernant la question plus précise que vous posez, je voudrais remarquer simplement que la mission de cette Direction est d'entretenir de bonnes relations avec les 1300 journalistes étrangers accrédités à Paris et avec chacun d'entre eux. Sur le fond, j'avais répondu publiquement le 11 avril 2000 à une question sur la réunion de l'association INDICT. Je rappelle la position française : '' Nous avons appris la tenue prochaine à Paris d'une réunion de l'association '' Indict '', une initiative strictement privée à laquelle les autorités françaises ne sont pas associées et vis-à-vis de laquelle nous n'avons aucune réaction particulière à fournir dès lors que les activités de cette association respectent la loi française. ''
J'ajouterai que nous avons interrogé notre consulat à Londres, je n'ai eu une première réponse que ce matin car il faut un peu de temps pour faire des recherches remontant à trois ans. A ce stade, ils n'ont pas trouvé trace de refus de visas, au moins pour les passeports ordinaires, car leurs archives ne concernent pas les passeports diplomatiques. Mais à priori, l'opposition iraquienne n'avait guère de passeport diplomatique... ''
(Il n'y a donc pas eu de refus ?) '' En tout cas, le consulat à Londres n'a pas retrouvé pour l'instant trace de refus dans ses archives ., nous poursuivons les vérifications. Je fais également appel à la mémoire de ceux qui étaient là qui pourront témoigner du fait qu'il y avait de nombreux opposants Iraquiens présents à cette réunion. ''
(Cette affaire est un problème politique., la France n'était-elle pas en droit de refuser que l'opposition iraquienne se réunisse à Paris ? Cela peut arriver pour l'opposition d'autres pays ?) '' Tout à fait. Nous aurions pu être en droit de refuser en effet : la presse britannique insinue que nous l'avons fait, mais en l'espèce, nous ne l'avons pas fait. ''
(Les accusations qui paraissent beaucoup plus sérieuses sont celles du '' Sunday Times '' sur des données éventuellement transmises aux Irakiens ?) '' Encore une fois, comme l'a dit le ministre, soyons sérieux ! Il y a toute une série de sections d'intérêts de différents pays en Iraq, il est naturel que les diplomates présents en Iraq passent des messages à leurs homologues iraquiens. Ils ont fait leur travail, rien que leur travail. ''
(Je me souviens, j'étais au point de presse dont vous parlez et à la réunion Indict, je connais beaucoup des gens présents et à aucun moment quelqu'un n'a protesté contre des difficultés causées par la France.) '' Merci de signaler que personne de l'association Indict à l'époque n'avait protesté.''
(Je m'en souviens moi aussi, mais dans la salle, il y avait des diplomates iraquiens prétendant être des opposants et qui filmaient la manifestation.) '' Encore une fois, je l'avais indiqué publiquement, il s'agissait d'une réunion privée qui, dès lors qu'elle respectait la loi française n'appelait aucune intervention particulière de notre part, ni dans un sens, ni dans un autre. ''
(Et la réponse à l'époque avait suscité plusieurs questions ''off'' de notre part pour connaître le vrai du faux et mieux comprendre la réponse...) '' C'est assez habituel... ''
(C'est vrai mais pourquoi ne réagissez-vous pas à cette offensive de dénigrement ridicule ?) '' Vous savez qu'ici, nous avons pour habitude de ne pas répondre aux ragots de presse. ''
(Une question que j'ai posé plusieurs fois et à laquelle vous refusiez de répondre. Peut-être maintenant, est-ce l'occasion. Il y a une francophobie aux Etats-Unis et ailleurs, il y a des relais. Et je vous demandais si vous aviez identifié les relais de presse qui font circuler des idées racistes et xénophobes contre la France et des attaques politiques abjectes ?) (On sait que l'empire Murdoch complote contre la France. Pourquoi ne réagissez-vous pas publiquement, une fois pour toute pour dire que vous êtes dans votre droit ?) '' Il ne m'appartient pas de commenter des activités relevant de la liberté de la presse, mais votre question reflète certainement effectivement, le sentiment d'un certain nombre d'entre vous. ''
(En d'autres circonstances, y aurait-il eu un procès en diffamation ? avez-vous l'intention de faire des procès contre ces organes de presse qui diffusent et qui entretiennent des idées fausses et qui ne s'apparentent à la francophobie ?) '' Je vous renvoie aux propos de Mme Alliot-Marie sur ce point. ''
(Par voie officielle, avez-vous reçu un quelconque document authentifié qui proviendrait de Bagdad qui mettrait en cause la France ?) '' Non, pour l'instant, nous n'avons pas eu connaissance de ces documents. Nous avons eu à ce sujet, des contacts avec les Britanniques et les Américaines et il semble qu'il s'agisse de documents trouvés par des journalistes sur place. Je ne spéculerai pas davantage, je ne crois pas que cela mérite la peine de spéculer très loin. ''
8 - COTE D'IVOIRE/DECES DE FELIX DOH
(Avez vous une réaction sur le décès de M. Félix Doh ?) '' Tout ce que je peux dire c'est que les circonstances précises de la disparition du chef du MPIGO ne nous sont pas connues. ''
9 - FRANCE/GRANDE-BRETAGNE/ETATS-UNIS/RUSSIE
'' Je voudrais vous signaler trois entretiens téléphoniques qui ont eu lieu avec M. Colin Powell, M. Jack Straw et M. Igor Ivanov hier à l'initiative du ministre, M. Dominique de Villepin. Les thèmes évoqués ont été l'Irak, le Proche et Moyen-Orient et le Sommet européen à quatre sur la défense d'aujourd'hui. ''
10 - PROCHE-ORIENT
(Il faut s'attendre à la publication prochaine de la feuille de route. La France n'a-t-elle pas d'objection à ce que le pays chargé de la surveillance de l'application d'étapes de la feuille de route soit les Etats-Unis ?) '' La feuille de route est l'ouvrage collectif du Quartett, et sa publication est de la responsabilité collective du Quartett.''
(Pourquoi est-ce le président Bush doit la publier ?) '' Je comprends que cela a été convenu dans le cadre des travaux du Quartett. Il y a eu des discussions au sein du Quartett pour savoir sous quelle forme et par qui cela serait rendu public. Je comprends qu'il n'y a pas que les Etats-Unis qui la rendent publique Les modalités exactes de publication de la feuille de route ont été étudiées sur le plan diplomatique pour permettre à cette feuille de route d'avoir une autorité et une efficacité maximales. ''
(La partie européenne va seulement présenter la feuille de route ?) '' Je n'ai pas dit cela. ''
(Est-ce qu'il y a des mécanismes contraignants prévus par cette feuille de route, si l'une ou l'autre des parties n'applique pas cette feuille de route ?) ''C'est un document de nature politique. Ce qu'elle contient dérive de sa nature. ''
(2005, est-ce une indication politique ?) '' Non, ce n'est pas une indication, c'est un élément agréé. ''
(Cette feuille de route va-t-elle remplacer les accords d'Oslo ?) ''Non, on reste toujours dans le cadre des efforts de la Communauté internationale. Aujourd'hui, nous sommes dans une impasse et la manière de sortir de l'impasse, de revenir aux principes fondamentaux, c'est la démarche de la feuille de route. Oslo c'était un plan de règlement global. La feuille de route est un moyen de débloquer les choses. ''
(Est-ce que 2005 est une date butoir ?) '' C'est une date agréée. Pour l'instant, la feuille de route est agréée par les membres du Quartett.''