+ accueil
+ Derniers messages
+
Faites connaître ce blogue
+ archives
+ Un blogue de :
ericjeanloicbreton
+ lectures
Sommaire ANCIENS ARTICLES
+ catégories
ADMINISTRATION INTERIMAIRE EN IRAK AFRIQUE ALLEMAGNE AMERIQUE LATINE ANGLETERRE ARABES ARABIE-SAOUDITE CHINE CHIRAC, L\'IRAK ET LE PAPE... COBAYE OU VICTIME DE GUERRE ? CA RESTE AVOIR... COLUMBIA COREE DU NORD COTE D\'IVOIRE DROITS DE L\'HOMME ETATS-UNIS EUROPE EUROPE FRANCE(international) INDE IRAK IRAK PAR ERIC JL BRETON IRAN IRLANDE ISRAEL LE GENERAL PERDU DU RAIS L\'IRA-K MESSAGE A AMNESTY PROCHE-ORIENT SHARON TCHETCHENIE TO BE OR NOT TO BE ?
|
|
Publié le vendredi 28 mars 2003
Vendredi 28 mars 2003
BRESIL
|
Brésil : la mafia
s'attaque aux
juges
Le crime organisé soupçonné de l'assassinat de deux magistrats.
|

|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Chantal RAYES
vendredi 28 mars 2003

 «Si l'Etat n'agit pas avec fermeté, le Brésil court le risque de se transformer en Colombie.» Julita Lembruger, chercheuse |
|
Sao Paulo de notre correspondante
«La bataille sera dure mais nous la gagnerons», avertit Luiz Inacio Lula da Silva. Pour le nouveau président du Brésil, le défi est de taille dans un pays qui figure parmi les plus violents de la planète : combattre le «crime organisé» qui a «déclaré la guerre à l'Etat», selon la presse. Deux juges ont été assassinés à dix jours d'intervalle.
Le premier, Antonio Machado Dias, tué le 14 mars, était chargé de l'application des peines des leaders du Premier commando de la capitale (PCC), la plus puissante faction criminelle de l'Etat de Sao Paulo, à l'origine de la rébellion simultanée, en 2001, d'une trentaine de prisons paulistes, où elle fait régner la terreur, et d'attentats à la bombe contre des bâtiments publics. Le PCC est le principal suspect du meurtre de Dias. Selon la police, le gang avait prévu, dès l'an dernier, d'éliminer les gêneurs, et ce juge, réputé «sévère», n'était pas dans ses bonnes grâces.
L'autre magistrat, Alexandre Martins de Castro, qui recevait des menaces de mort depuis un an, a été tué lundi dans l'Etat de l'Espirito Santo. Castro était membre de la mission spéciale de lutte contre le crime organisé, soupçonné d'être infiltré dans les institutions politiques, la police et la justice de ce petit Etat du Sud-Est et que les autorités accusent d'avoir commandité le meurtre. Cela, en riposte à l'arrestation de l'ex-président de l'assemblée législative locale, Carlos Gratz, accusé d'être à la tête du crime organisé, et d'un colonel de police.
Intimidation. Le chef de l'Etat a accusé «le crime organisé de vouloir terroriser les gens honnêtes». Le ministre de la Justice, Thomaz Bastos, a dénoncé «une tentative d'intimider le pouvoir judiciaire et les institutions». La presse, elle, parle d'«un défi à la démocratie». Le pays redoute désormais une vague de meurtres de juges, comme celle menée par les cartels colombiens de la drogue dans les années 80 et 90. Ces craintes sont nourries par l'impunité qui sévit au Brésil, où moins de 5 % des 40 000 homicides annuels sont élucidés, la police étant considérée incompétente, sous-équipée et corrompue.
Première. Pour les experts, le meurtre des juges marque un tournant. «S'il s'avère qu'ils ont été liquidés à cause de leur action contre le crime organisé, ce sera une première au Brésil, note la chercheuse Julita Lembruger. En tout cas, la criminalité organisée a franchi un nouveau palier en s'attaquant à la légalité. Son audace est de plus en plus grande, comme le montre aussi la vague de terreur qui s'est abattue sur Rio.»
Fin février, le Commando rouge, le plus important des gangs du narcotrafic à Rio, avait multiplié pillages, assassinats, et ordonné aux commerces de fermer, sous peine de représailles. Le gouvernement avait dû dépêcher l'armée pour mettre fin aux violences, qui ont duré plusieurs jours, en plein carnaval.
Là aussi, un palier a été franchi. Habitués à imposer des «couvre-feux» aux favelas, qu'ils contrôlent, les narcos, parfois mieux armés que la police, étendent désormais la terreur aux quartiers aisés de Rio. L'an dernier, ils avaient même mitraillé la mairie de la ville. «Le narcotrafic est devenu puissant à Rio en partie à cause de l'inertie des gouvernements locaux, surtout ceux de gauche, qui estimaient que la violence est due à la pauvreté et que seules de meilleures conditions de vie pouvaient y remédier, note José Vicente da Silva, ex-colonel de police et chercheur. Longtemps, le Parti des travailleurs (formation de gauche dont Lula est le chef historique, ndlr) a tenu lui aussi ce discours.»
Désormais président, Lula promet d'agir avec fermeté. «Si l'Etat ne le fait pas, le Brésil court le risque de se transformer en Colombie», prévoit Julita Lembruger. A Brasilia, on a déjà créé un néologisme pour évoquer ce risque : Italombia, mélange de l'Italie de la mafia avec la Colombie des cartels.
|
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:33:45
Permalien
AMERIQUE LATINE
|
Vendredi 28 mars 2003
BOYCOTT
Les listes de produits français à boycotter se multiplient
 New York: Guillemette Faure [28 mars 2003]
 «Il n'y a personne ici qui puisse répondre à vos questions. Vous savez, on est tout petit...», explique un peu confuse la standardiste du bureau de Floride d'où opère le site Internet NewsMax.com. Tout petit, mais suffisamment important pour s'offrir mercredi dans le New York Times un quart de page de publicité appelant au boycott des produits français. Ornée d'une photo de Jacques Chirac, l'annonce rappelle que «nous n'oublierons pas la façon dont la France a inlassablement travaillé pour soutenir l'Irak». Elle liste les «produits et services français» interdits, une énumération un peu confuse qui mélange des marques et des entreprises («Air liquide... le magazine Elle... tous les roqueforts...»), tout en omettant quelques grands groupes présents aux États-Unis (des banques, des firmes de luxe). Au New York Times, la responsable de la communication, Catherine Mathis, rappelle que le quotidien «acceptait la publicité d'opinion». Et de conclure: «Nous ne portons pas de jugement sur ces opinions et sur leurs arguments factuels.»
En dehors d'interdire les produits français, NewsMax.com se présente comme un site Internet républicain bon teint, qui publie les billets de chroniqueurs conservateurs et commercialise toutes sortes de produits dérivés de ces idées, des photos de Ronald Reagan aux T-shirts «J'aime Bush». NewsMax.com publie également un magazine du même nom, qui se targue d'avoir été «le premier à prévoir que Gore essayerait de voler les résultats de l'élection de 2000», «le premier à avertir d'une récession à venir» et dont les pages sont consacrées à ses héros (Donald Rumsfeld, John Aschcroft) et à ses têtes de Turc (les époux Clinton).
C'est un ex-grand reporter au New York Post, Christopher Ruddy, qui dirige cette petite société lancée en septembre 1998. Il défend sans réserve les thèses des «ultraconservateurs» américains. Il suffit de se rendre dans la boutique en ligne – elle génère environ 50% des 4,5 millions de dollars de recettes du petit groupe – pour s'en faire une idée plus précise. Fin 2001, NewsMax.com comptait 60 000 abonnés payants à son mensuel en ligne, soit une progression de 100% en un an. Malgré cela, la société affichait plus de 4,3 millions de dollars de pertes. La nouvelle guerre en Irak est idéale pour recruter de nouveaux abonnés. Un joli coup de pub.
NewsMax.com n'est pas le seul à en profiter: il a pioché sa liste sur un autre site: Metrospy.com, où là non plus personne ne souhaite répondre aux appels de journalistes. Metrospy.com veut fournir des conseils «à ceux qui veulent mener le boycott sérieusement», mais aussi d'autres listes comme celle des entreprises dont il faut vendre les titres, ou celle des événements internationaux à boycotter. Pour compléter la panoplie, Metrospy.com vend également, à côté d'autocollants «Boycott France», des porte-clés, listes de courses, à avoir avec soi au supermarché pour savoir en un clin d'œil si le produit acheté n'aurait pas des appartenances françaises cachées.
Plusieurs sites ont déjà entrepris de fournir des modes d'emploi des marques françaises, parce que, explique l'opérateur qui veut rester anonyme de FranceStinks.com, «l'Américain moyen ne sait pas que la chaîne Motel 6 appartient à un groupe français» (Accor). Ces listes ne font pas l'unanimité. Bill O'Reilly, l'animateur de Fox architecte, premier porte-parole du boycott, a limité sa liste à neuf marques françaises, en excluant les chaînes d'hôtel pour, dit-il, protéger les emplois des Américains qui y travaillent et «ne pas faire de mal aux franchisés». Il prône en revanche le boycott des produits vendus au détail, comme l'eau d'Evian ou les yaourts Danone. Il ne sait probablement pas qu'ils sont produits dans trois entreprises américaines. (Avec Jacques-Olivier Martin à Paris)
Stigmatisé pour sa «déloyauté», l'Hexagone est désormais sous la menace de représailles économiques et politiques dans l'après-guerre

(Dobritz) | Comment les États-Unis veulent punir la France
 Washington : de notre envoyé spécial Charles Lambroschini [28 mars 2003]
 «La France se conduit en ennemi stratégique des États-Unis»... Spécialiste des questions de sécurité, Michael Ledeen appartient à ce groupe d'intellectuels de droite qui a donné au «nouvel ordre mondial» célébré par George W. Bush sa légitimité idéologique. Participant à un colloque de l'American Enterprise Institute, un des centres de recherche stratégiques les plus réputés de Washington, il ne mâchait donc pas ses mots lundi: «L'Amérique profonde est très en colère contre Jacques Chirac. En encourageant Saddam à la résistance, la politique du président français a coûté la vie à plusieurs de nos soldats.»
Washington est habitué à la contestation française. James Wolsey, directeur de la CIA au temps de Clinton, rappelle que, déjà, lors de la guerre d'indépendance américaine, les relations étaient souvent tendues entre George Washington et Lafayette, le vainqueur de la bataille de Yorktown, qui vit pourtant tomber plus de Français que d'Américains. Helmut Sonnenfeldt, ancien de l'équipe Kissinger, énumère depuis son bureau de la Brookings Institution, les innombrables différends qui ont marqué les rapports franco-américains depuis cinquante ans: sous de Gaulle, la querelle à propos de la force nucléaire française ou la rupture avec l'Otan; plus tard, le contentieux du gazoduc sibérien, Paris étant accusé d'avoir poussé l'Europe à faire affaire avec l'URSS. Mais la crise actuelle est bien plus profonde. La dispute, explique Wolsey, a de loin dépassé le niveau de celles qui mettent du sel dans la vie des vieux couples. «Ce que nous reprochons à la France, ce n'est pas qu'elle exerce son droit à la liberté d'expression, mais d'être allée trop loin. Elle a organisé la coalition du non à l'Amérique.»
Les civils du Pentagone, qui donnent à l'Administration Bush son ton radical, se veulent impitoyables: il faut que Chirac paie son insolence. Des représailles économiques seraient la riposte la plus logique. Un banquier français de New York remarque: «Dans les mois à venir, un PDG qui aura le choix entre signer avec un PDG français, italien ou espagnol, risque d'écarter systématiquement le Français.» Le problème, c'est qu'en punissant les entreprises françaises on punit aussi les entreprises américaines. Boycotter Evian se solderait par une perte sèche pour Coca-Cola qui est le distributeur de cette eau minérale pour les États-Unis. Refuser d'acheter des pneus Michelin condamnerait au chômage les milliers d'ouvriers américains qui travaillent dans les usines que le groupe français a ouvertes en Caroline du Sud. Entre l'Europe et les États-Unis, qui échangent chaque jour 1 milliard de dollars en marchandises et 2 milliards en produits financiers, le commerce est en effet trop imbriqué pour qu'il soit possible de distinguer entre les intérêts de l'un et ceux de l'autre. Lorsque le député républicain du New Jersey, James Saxton, a appelé les sociétés qui ont des contrats avec le Pentagone à boycotter le Salon aéronautique du Bourget, il s'est heurté à un refus catégorique. «Si nous n'y allons pas, ont répondu unanimes les industriels américains, nous perdrons des marchés.»
La sanction sera d'abord symbolique. On videra encore quelques bouteilles de beaujolais dans les caniveaux de New York et le stilton britannique connaîtra plus de succès que le roquefort. Ginny Brown-Waite, une député républicaine de Floride, a eu sa minute de gloire télévisée quand elle a proposé de rapatrier les corps des GI tombés en Normandie le 6 juin 1944: «Nos soldats doivent reposer dans leur patrie plutôt que dans un pays qui ne respecte pas la mémoire des Américains morts pour la France.»
À écouter Justin Waisse, un chercheur français de la Brookings Institution, le vrai pouvoir de nuisance ne se révélera qu'au moment de la reconstruction de l'Irak: «Les firmes françaises seront systématiquement écartées de tous les chantiers.» Inutile d'avoir des regrets: la participation militaire de la France à la première guerre du Golfe ne lui avait rien rapporté. À l'époque ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas raconte que le roi d'Arabie saoudite, pour remercier Paris d'avoir aidé à protéger son pays, avait offert à la France une concession pétrolière particulièrement généreuse. Mais, quelques mois plus tard, la concession avait été annulée sous la pression de Washington.
La vengeance des faucons sera essentiellement politique. «Les Américains, explique Waisse, accroîtront leurs efforts pour diluer l'Union européenne. Plus que jamais ils vont récuser le projet de Jacques Chirac de convertir l'Europe en contrepoids à la puissance des États-Unis. La Maison-Blanche veut qu'à travers l'Otan les Européens partagent le fardeau militaire, mais elle refuse l'idée qu'une diplomatie et une défense communes puissent un jour retourner la coopération en concurrence.» George W. Bush exploitera au maximum l'alliance de revers qui se dessine entre Washington et les anciens satellites de Moscou. Sonnenfeldt affirme: «Les pays d'Europe centrale, qui ont été si longtemps privés de leur identité par le joug soviétique, ne sont pas près de sacrifier à l'Europe intégrée leur souveraineté enfin retrouvée. Et encore moins si la seule raison d'être de ce plan est de contrebalancer l'Amérique à qui ils doivent leur libération.»
Thomas Donelly, un autre des penseurs néoconservateurs, qui ont tellement d'influence aujourd'hui à Washington, est, lui, partisan d'un dédain bienveillant. Sous le titre Pax Americana, il a écrit un article ironisant sur les illusions de la France. «Paris s'imagine que le «pouvoir doux» d'une puissance moyenne, tel qu'il s'exerce à travers les Nations unies, a une valeur similaire au «pouvoir dur» que seules garantissent la richesse économique et la force militaire.» Mais, devant le Conseil de sécurité, la France n'a remporté qu'une victoire à la Pyrrhus car «elle n'a pas obtenu que George W. Bush fasse ce que Jacques Chirac voulait qu'il fasse: laisser Saddam Hussein au pouvoir».
Sonnenfeldt renchérit. À ses yeux, l'obsession de la France à retrouver un statut de grand aboutit au résultat inverse: l'affaiblissement. «Le Conseil de sécurité est très important pour la France, constate Sonnenfeldt, parce que c'est la seule enceinte où, grâce au droit de veto, Paris se retrouve à égalité avec Washington. Mais si le Conseil de sécurité sabote toutes les initiatives américaines, il se transformera en coquille vide du jour où les États-Unis décideront d'aller voir ailleurs.» Selon Donelly, il s'agira alors de créer des institutions où «un lien sera rétabli entre le droit d'écrire la loi internationale et la responsabilité de son application».
Michael Ledeen croit avoir le mot de la fin: «Entre la France et les États-Unis, la blessure sera impossible à guérir aussi longtemps que Chirac sera au pouvoir.» Mais le président français étant assuré de rester à l'Élysée jusqu'en 2008, cette prédiction suppose que George W. Bush obtiendra d'être reconduit à la Maison-Blanche l'an prochain. Rien n'est moins sûr si l'on en juge par les malheurs de Bush père: vainqueur de la guerre du Golfe en 1991 mais vaincu de l'élection présidentielle de 1992.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:32:00
Permalien
FRANCE(international), ETATS-UNIS, IRAK
|
Vendredi 28 mars 2003
ONG
Des ONG demandent la création de corridors humanitaires
LE MONDE | 28.03.03 | 14h08
Pour acheminer l'aide aux civils irakiens, agences de l'ONU et associations refusent de se placer sous l'autorité des armées d'invasion.
Les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires ont remporté une première bataille dans leur revendication d'une action indépendante des militaires américains. A Koweït, le Humanitarian Operations Center (HOC), émanation de l'US Army, voulait leur délivrer une carte d'identification leur permettant de se rendre sur le terrain."Les ONG ont refusé, explique, à Washington, Sid Balman, porte-parole d'Interaction, réseau qui regroupe 165 ONG humanitaires aux Etats-Unis.Pour une raison pratique : elles doivent être neutres, sinon elles seront la cible des belligérants. Le HOC a abandonné cette identification, et nous allons faire nous-mêmes des cartes."
Ce conflit apparemment administratif recouvre en fait tout l'enjeu de l'indépendance des ONG et des agences de l'ONU par rapport aux armées d'invasion. Leur crédibilité repose sur leur capacité à apparaître autonomes : "Notre principale préoccupation est d'assurer notre indépendance par rapport aux militaires, dit Kathrin Schick, du réseau européen d'ONG Voice (Voluntary Organisations In Cooperation in Emergencies). Il est de plus en plus clair que l'aide humanitaire est utilisée par les militaires. Comment opérer sur le terrain tout en maintenant nos valeurs ?" "Il faut dénoncer l'appropriation des emblèmes humanitaires par les militaires", renchérit Pierre Salignon, à Médecins sans frontières.
A cette nécessité de la neutralité s'ajoutent aussi des raisons pratiques, comme le remarque un porte-parole de l'Unicef : "Les militaires sont imbattables en logistique, mais ils ne savent pas comment faire à l'arrivée, quand il faut distribuer l'aide équitablement." Démonstration en a été faite à Safouane, lorsqu'une distribution très médiatisée de nourriture s'est opérée dans le désordre, les hommes les plus forts s'en saisissant au détriment des femmes et des faibles, qui en ont le plus besoin. Les autorités américaines sont conscientes du problème : "Nous ne distribuerons pas directement la nourriture, indique Luke Zahner, un porte-parole de US AID, l'agence de coopération américaine. Nous travaillons très étroitement avec le Programme alimentaire mondial -PAM-, qui effectuera la distribution quand il en sera temps."
Mais, alors que le port d'Oum Qasr devrait être accessible d'un jour à l'autre, et que deux bateaux australiens chargés de 55 000 tonnes de blé attendent d'y accoster, le degré d'autonomie des ONG et des agences onusiennes pour pénétrer en Irak et y effectuer leur travail reste incertain. "Notre position, dit Sid Balman, est que l'ONU devrait avoir un rôle prééminent dans l'assistance et la reconstruction de l'Irak." Cette prééminence est l'enjeu de la remise en route du programme "Pétrole contre nourriture", dont la résolution le concernant pourrait être votée par le Conseil de sécurité.
"ON IRA, AUTORISATION OU PAS"
Il reste à acheminer l'aide. La route du sud est bloquée, et c'est surtout depuis la Jordanie que l'aide pourrait passer. Les ONG revendiquent l'autonomie : "Nous n'avons pas à obtenir une autorisation d'une organisation rattachée à un état-major militaire, dit Thierry Morisset, à Première Urgence, une des rares ONG occidentales présentes à Bagdad. Nous devons apporter des médicaments, on va trouver des camions à Amman, prévenir les belligérants, afficher des signes humanitaires sur les véhicules, et on ira, autorisation ou pas."
D'autres demandent que cet accès à Bagdad soit sécurisé de manière indépendante :"Il faut confier à l'ONU la sécurisation de voies d'accès où les ONG pourraient acheminer de l'aide humanitaire de manière indépendante, affirme Jean-Christophe Rufin, d'Action contre la faim. Il faut mettre en place des corridors humanitaires, sous l'égide de l'ONU." "Ce serait parfait", juge M. Morisset. "Ce serait bien, mais nous n'en avons pas encore discuté", dit Sid Balman. "On avait beaucoup réfléchi à cette idée au moment de l'Afghanistan, raconte Kathrin Schick. Mais par qui la sécurité serait-elle assurée ?"
Il reste à formaliser cette idée de corridor humanitaire, qui n'a pas encore atteint les cercles diplomatiques. Les ONG manquent, pour ce faire, d'une affirmation commune de leur position dans le conflit irakien, alors que tout l'enjeu va maintenant porter sur les questions d'organisation plus que d'argent. Celui-ci ne devrait pas manquer : le PAM note que son appel de 23 millions de dollars a été largement couvert - 47 millions reçus mardi 25 mars. Des engagements d'aide humanitaire ont, par ailleurs, été annoncés par la France, pour 10 millions d'euros, par l'Allemagne pour un montant équivalent, par la Grèce (12 millions d'euros), et par l'Espagne (5 millions). Le Canada a promis 100 millions de dollars canadiens, et les Etats-Unis, nous indique US AID, ont déjà engagé quelque 140 millions de dollars. Surtout, un appel général de fonds pourrait être lancé par l'ONU vendredi 28 mars, à New York, pour "le montant le plus élevé jamais lancé", dit-on au PAM : sans doute plus de 1,5 milliard de dollars.
Hervé Kempf
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:30:10
Permalien
IRAK
|
Vendredi 28 mars 2003
IRAK
|
MM. Bush et Blair en désaccord sur le régime à venir
LE MONDE | 28.03.03 | 14h08
Le président américain et le premier ministre britannique affichent toutefois une complète unanimité dans leur détermination à éliminer le régime de Saddam Hussein par les armes et sont désormais favorables à la reprise de l'aide alimentaire et humanitaire aux civils via les Nations unies.
Washington de notre correspondant
Après une soirée et une matinée d'entretiens, George Bush et Tony Blair se sont bornés, jeudi 27 mars, à répéter leur engagement de mettre à bas le régime de Saddam Hussein. "La campagne qui est devant nous va demander encore plus de courage et encore plus d'abnégation, a dit le président américain. Cependant, nous savons quel en sera le résultat : l'Irak sera désarmé ; le régime irakien sera liquidé ; le peuple irakien, qui souffre depuis longtemps, sera libre". Le premier ministre britannique a observé que la façon dont la guerre est suivie par les médias "peut donner l'impression aux gens qu'elle dure depuis beaucoup plus longtemps qu'un peu moins d'une semaine". "Nous allons continuer jusqu'à ce que le travail soit fait", a ajouté M. Blair, refusant, comme M. Bush, d'évaluer le temps nécessaire en semaines ou en mois.
Une querelle s'est installée, à travers des déclarations officieuses, sur les erreurs d'analyse et de prévision éventuellement commises par le Pentagone. Le ministre de la défense, Donald Rumsfeld, est accusé, anonymement, d'avoir lésiné sur les moyens. Devant une commission de la Chambre des représentants, il a assuré que les moyens supplémentaires acheminés dans la région le sont à un rythme quotidien, prévu par le plan initial. Les 100 000 à 120 000 hommes tenus en alerte pour être prêts à renforcer, d'ici la mi-avril, les 100 000 combattants déjà engagés en Irak par les Etats-Unis "arrivent jour après jour, de façon continue", a déclaré M. Rumsfeld.
Selon lui, la seule différence par rapport aux projets initiaux, c'est que les 40 000 hommes de la 4e division d'infanterie, "au lieu d'arriver par le nord, entreront en Irak par le Koweït", la Turquie ayant refusé le passage. Les Britanniques envoient, eux aussi, des renforts.
Il ne fait guère de doute, malgré tout, que la stratégie adoptée par Saddam Hussein, qui consiste à tenir, le plus longtemps possible, les villes situées entre le Golfe et Bagdad, a surpris les alliés.
Ceux-ci s'attendaient, selon les informations qui ont circulé dans la presse avant la guerre, à ce que le dictateur irakien se prépare à livrer bataille à Bagdad et abandonne les villes du sud, tout en détruisant les infrastructures afin de ralentir l'avance des forces américaines et britanniques. Or, plutôt que de se barricader d'emblée dans sa capitale, Saddam Hussein a choisi d'apparaître comme défendant non pas son pouvoir contre la population, mais le pays contre l'invasion étrangère.
AIDE HUMANITAIRE
Pour la distribution de l'aide humanitaire, MM. Bush et Blair ont demandé qu'une décision du Conseil de sécurité, reconduisant le dispositif "Pétrole contre nourriture" sous l'autorité du secrétaire général de l'ONU, soit prise rapidement. Visant, sans les nommer, la France, la Russie et la Chine, qui refusent un texte légitimant la guerre, M. Bush a déclaré que "cette importante question de l'aide humanitaire ne doit pas être politisée". Dire cela, c'était aussi s'adresser, à lui-même, l'injonction de ne pas chercher à obtenir une sorte de seconde résolution, pour laquelle les Etats-Unis n'avaient pas de majorité, sous couvert d'organiser l'aide.
Cette étape devrait être franchie assez rapidement, mais il en va autrement d'un accord sur l'organisation de l'Irak après la défaite de Saddam Hussein. M. Blair a dit, dans un euphémisme, que "beaucoup de détails" doivent être réglés. Il a rappelé qu'aux Açores, le 16 mars, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne et le Portugal ont assuré que le régime politique et administratif de l'Irak devra faire l'objet d'un vote du Conseil de sécurité. Cela étant dit, il est patent que les Etats-Unis veulent contrôler le pays et réduire les Nations unies à une responsabilité marginale, voire symbolique.
M. Blair a souhaité que ce désaccord soit traité "par la discussion plutôt que par des conférences de presse". Il a opposé les conversations par téléphone à la "diplomatie du mégaphone". Il n'est pas sûr, pourtant, que les lignes fonctionnent très bien, dans les semaines à venir, entre Washington, Londres, Paris et Moscou.
Patrick Jarreau
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.03.03 |
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:28:58
Permalien
IRAK
|
Vendredi 28 mars 2003
ONU
L'Onu s'achemine vers une reprise du programme "Pétrole contre nourriture" Dépêche reçue le 28/03/2003 à 7:10 [<>] Tony Blair et Kofin Annan, jeudi à New York Une résolution permettant la reprise du programme "pétrole contre nourriture" en Irak pourrait être votée dès vendredi, a annoncé jeudi l'ambassadeur d'Allemagne aux Nations Unies. "Il semble qu'un accord ait été trouvé", a déclaré à la presse Gunter Pleuger, qui préside le comité d'experts chargé depuis vendredi dernier de la laborieuse mise au point de ce texte. L'ambassadeur d'Allemagne a ajouté espérer que ce texte coparrainé par la France, qui jette les bases de la reprise de ce programme humanitaire, serait adopté vendredi à l'unanimité des 15 membres du Conseil. Le Premier ministre britannique Tony Blair, en escale jeudi à New York après un bref sommet avec le président George W. Bush, et le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, qui se sont entretenus pour évoquer l'état d'urgence humanitaire provoqué par la guerre en Irak, "ont accueilli favorablement les progrès obtenus sur ce front", selon un porte-parole de M. Annan. Selon M. Pleuger, le programme suspendu depuis dix jours repartira effectivement "dès que la situation sur le terrain le permettra, dès que le secrétaire général Kofi Annan aura décidé que la sécurité est suffisante pour envoyer des personnels dans la région". "Il est très important, pour éviter un désastre humanitaire, que ce programme reprenne aussi vite que possible", a souligné le diplomate allemand, rappelant qu'il y avait actuellement au titre de "pétrole contre nourriture" plus de 2,5 milliards de dollars de contrats en cours de réalisation. Soixante pour cent de la population irakienne dépend pour sa survie quotidienne de "pétrole contre nourriture", mis en place en 1996 pour alléger l'impact des sanctions prises contre l'Irak au lendemain de l'invasion du Koweït. Son principe repose sur le financement des importations irakiennes de produits et de biens de première nécessité par la vente, gérée par les Nations Unies, du pétrole brut irakien. Des Irakiens se battent pour des vivres distribués à Safwan par le Croissant rouge Très technique, ce projet de résolution de quatre pages, donne à Kofi Annan la possibilité d'adapter les dispositions initiales du programme à la situation sur le terrain après le déclenchement de la guerre. Ces pouvoirs, qui sont très soigneusement détaillés, sont accordés au secrétaire général pour une période de 45 jours, éventuellement renouvelable. Il doit les exercer en consultant le comité du Conseil de sécurité chargé des sanctions contre l'Irak, actuellement présidé par l'Allemagne. Les Etats-Unis voulaient une période plus longue et sans le contrôle du comité. Le projet de texte maintient également le terme de "puissance occupante" pour les forces américano-britanniques en Irak, ainsi que les références aux conventions de Genève et de La Haye qui font porter à cette puissance "l'ultime responsabilité" du sort et de la survie des populations civiles. Jusqu'à la dernière minute, selon ces diplomates, les Etats-Unis s'opposaient à ce terme et à ces références. Ils s'opposaient également, selon les mêmes sources, au rappel, qui figure dans le projet de résolution, des conventions de Genève et de La Haye leur demandant de fournir "toutes les facilités nécessaires" ainsi que "d'assurer la sûreté, la sécurité et la liberté de mouvement des personnels des Nations Unies et des organisations humanitaires". Il n'était pas encore confirmé jeudi soir, selon certains diplomates, que les Etats-Unis avaient formellement donné leur accord à ce texte maintenant officiellement déposé et qui devrait être soumis vendredi au vote. "La Grande-Bretagne a joué un grand rôle dans l'élaboration de ce texte, il est difficile d'envisager que les Etats-Unis tous seuls s'y opposent", a déclaré à l'AFP un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat, "et plus encore qu'ils mettent leur veto à un texte visant à faire face à une catastrophe humanitaire provoquée par la guerre qu'ils ont déclenchée".
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:27:03
Permalien
|
Vendredi 28 mars 2003
FRANCE-IRAK
Irak : la France débloque une aide humanitaire de 10 M EUR (AFP) - Interviews - 27/03/2003 - 15:11 Jean-Pierre Raffarin a réuni ce jeudi matin ses ministres pour faire le point avec eux sur la situation internationale et sur ses répercussions en France. Le gouvernement a décidé de débloquer une aide humanitaire de 10 millions d'euros pour la population irakienne et il a mis en place un nouveau plan Vigipirate avec 4 niveaux d'alerte, la France étant actuellement au niveau 2. Le premier ministre a par ailleurs confirmé qu'il engagerait la responsabilité de son
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:26:17
Permalien
IRAK, FRANCE(international)
|
Vendredi 28 mars 2003
ETATS-UNIS
Le Parlement américain appelle au jeûne Un texte adopté par la Chambre des représentants invite les citoyens à observer une journée de jeûne et de prière afin de "rechercher conseil auprès de Dieu".
| |
 Bush en prière avant son discours devant l'armée américaine à Tampa (Floride) mercredi (AP) | En pleine guerre en Irak et devant la menace terroriste, les Etats-Unis en appellent à la Providence. Le Congrès américain a demandé au président George W. Bush de décréter une journée de jeûne et de prière, ce qui ne s'est pas vu depuis Abraham Lincoln. Après le Sénat le 17 mars dernier, la chambre des représentants a en effet adopté à son tour jeudi une motion appelant à la tenue d'une journée de jeûne et de prière pour "assurer la bénédiction et la protection de la Providence pour le peuple des Etats-Unis et nos forces armées durant le conflit en Irak et devant la menace du terrorisme à l'intérieur du pays". En lançant cet appel, le Congrès américain remonte ainsi aux origines des Etats-Unis d'Amérique, avant même la Guerre d'indépendance. Le texte de la motion votée par les représentants rappelle ainsi que le 1er juin 1974, l'assemblée de Virginie (Virginia House of Burgesses) avait appelé à une journée de jeûne et de prières en solidarité avec le peuple de Boston assiégé par les Britanniques.
Depuis 1863
Le 16 mars 1776, le Congrès continental réunissant les représentants des 13 colonies décrétant que les "Libertés de l'Amérique font face à un danger imminent" et proclamant la nécessité de "reconnaître la toute puissante Providence de Dieu" avait appelé à un jour "d'humiliation, jeûne et prière". Le 28 juin 1787, lors du débat de la Convention constitutionnelle, Benjamin Franklin, "convaincu de l'implication intime de Dieu dans les affaires humaines, implora le Congrès de demander l'assistance du ciel". Enfin, le 30 mars 1863, en pleine guerre de Sécession, Abraham Lincoln, "à la demande du Sénat, et reconnaissant lui-même la nécessité que la Nation se montre humble devant Dieu en repentance des pêchés nationaux, a proclamé une journée de jeûne, prière et humiliation". La motion souligne que les Américains devraient profiter de cette journée «pour rechercher conseil auprès de Dieu afin de mieux comprendre nos propres défauts, d'apprendre à nous améliorer dans nos tâches quotidiennes et d'avoir plus de détermination face aux défis posés à notre pays». Les parlementaires emboîtent ainsi le pas de George W. Bush. La référence à la religion, à Dieu, au bien et au mal, s'est faite omniprésente dans le discours du président américain depuis les attentats du 11 septembre 2001. (AP)
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-28 13:23:05
Permalien
ETATS-UNIS, IRAK
|
|