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Publié le mardi 25 mars 2003

Mardi 25 mars 2003

ALLEMAGNE

Polémique en Allemagne sur la participation "indirecte" au conflit
LE MONDE | 25.03.03 | 13h11
M. Schröder est embarrassé par les questions de l'opposition, qui relaient les critiques des pacifistes de son gouvernement.

Berlin de notre correspondant

L'opposition à la guerre ne faiblit pas en Allemagne, où, chaque jour, de nouveaux cortèges de manifestants défilent dans les principales villes du pays. Samedi 22 mars, à Berlin, ils étaient près de 40 000 ; lundi, de 25 000 à 40 000 personnes, selon les estimations, ont traversé Leipzig.

Ce même lundi, 20 000 manifestants, dont une majorité de lycéens, ont défilé à Hambourg, se heurtant violemment à la police lorsqu'une partie du cortège, emmenée par des protestataires kurdes et palestiniens, a tenté de s'approcher du consulat général des Etats-Unis. Depuis le début des défilés contre la guerre, c'est la première fois que l'un d'eux tourne à la confrontation violente.

Ces mouvements de lycéens qui sèchent les cours pour aller protester contre la guerre embarrassent cependant moins le gouvernement que la présence sur son sol de bases d'où les Américains sont susceptibles de conduire une partie de leurs opérations.

Alors que le mouvement antiguerre demande que le ciel allemand soit interdit aux avions engagés dans une guerre jugée illégale, le gouvernement, arguant qu'il ne peut ignorer certains traités, a pris la décision inverse. De même, c'est la Bundeswehr qui, en l'absence des soldats envoyés au Proche- Orient, assure la sécurité extérieure des bases, ce que beaucoup dénoncent comme une participation indirecte à la guerre.

Lundi, les premiers blessés américains du conflit sont arrivés sur la base aérienne de Ramstein, près de Francfort. Il y a quelques semaines, l'armée américaine avait envoyé hommes et matériels au front depuis cette même base. Des journalistes ont aussitôt demandé si la base ne servait pas de point de départ pour les bombardiers envoyés en Irak. Mal à l'aise, le porte-parole du gouvernement, comme celui du ministère de la défense, ont répliqué qu'ils n'en savaient rien, conseillant aux journalistes de s'adresser aux autorités américaines.

"PUREMENT DÉFENSIVE"

L'éventuelle intervention turque dans le conflit n'est pas moins délicate pour le gouvernement de M. Schröder. Depuis longtemps, des équipages allemands participent aux missions de reconnaissance des quatre avions Awacs qui, sous la bannière de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), patrouillent pour prévenir une éventuelle attaque de l'Irak sur la Turquie.

La mission, qualifiée de "purement défensive" par le gouvernement, suscite des polémiques en Allemagne, les adversaires de la guerre estimant qu'elle constitue un appui indirect aux troupes américaines. Si la Turquie entrait massivement dans le Kurdistan irakien, le gouvernement n'aurait d'autre choix que de retirer ses équipages, ce qui constituerait un coup sévère à la solidarité atlantique, déjà bien mal en point.

Entre-temps, les adversaires de M. Schröder entendent profiter de toutes ces difficultés pour avancer leurs pions. La semaine dernière, le Parti libéral (FDP) a ainsi décidé de saisir la Cour constitutionnelle sur la présence des équipages allemands dans les avions Awacs. Sous couvert de rendre les choses juridiquement claires et, dixit le chef du FDP (libéral), Guido Westerwelle, pour "éviter à nos soldats de se retrouver dans une situation embarrassante", les libéraux veulent obliger le gouvernement Schröder à débattre du dossier au Bundestag.

Un tel débat compliquerait la tâche d'une majorité qui compte dans ses rangs de nombreux pacifistes décidés à faire débarquer les équipages allemands des avions Awacs et à interdire leur ciel aux autres.

Les chrétiens-démocrates de la CDU-CSU demandent aussi un débat parlementaire, mais, eux, pour mieux dénoncer les atteintes à la solidarité atlantique du gouvernement Schröder.

Le gouvernement en est aujourd'hui réduit à prévoir des mesures humanitaires et, au plan politique, à attendre la suite des événements. Dans des entretiens, le ministre des affaires étrangères, Joschka Fischer, s'est fait l'écho de l'appréhension que soulève l'attitude américaine. "Je ne veux et ne peux m'imaginer que nous sommes à la veille d'une série de guerres de désarmement, a-t-il déclaré à Der Spiegel, faisant allusion, après l'Irak, à une possible guerre contre la Corée du Nord, puis contre l'Iran.

"Il ne faut pas, insiste-t-il, que la seule alternative qui nous reste soit de laisser se perpétuer un épouvantable danger ou d'être entraîné dans une guerre visant à désarmer l'adversaire."

Georges Marion

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.03.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:58:27
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Mardi 25 mars 2003

CUBA

Des dissidents cubains accusés de conspiration avec l'ambassadeur américain arrêtés à La Havane
LE MONDE | 20.03.03 | 13h00     MIS A JOUR LE 23.03.03 | 19h32
Selon une "note officielle", les déplacements des diplomates américains dans l'île seront désormais limités en raison de "leurs provocations répétées et de leurs activités subversives", et les dissidents interpellés "directement liés à ces activités conspiratives" seront traduits devant les tribunaux.

Saint-domingue de notre correspondant

Les dissidents cubains sont-ils les premières "victimes collatérales" de l'offensive américaine contre l'Irak ? Les autorités castristes ont annoncé l'arrestation de "plusieurs dizaines de personnes" accusées de conspirer avec le représentant des Etats-Unis à La Havane, James Cason. Selon une "note officielle" lue à la télévision et publiée en première page du quotidien du Parti communiste, Granma, les déplacements des diplomates américains dans l'île seront désormais limités en raison de "leurs provocations répétées et de leurs activités subversives", et les dissidents interpellés "directement liés à ces activités conspiratives" seront traduits devant les tribunaux.

Les restrictions imposées aux diplomates américains répondent à la récente adoption de mesures similaires visant le personnel diplomatique cubain en poste à Washington, précise la note, qui souligne qu'"aucun pays, aussi puissant soit-il, n'a le droit de convertir sa représentation diplomatique en quartier général d'activités visant à déstabiliser et subvertir l'ordre constitutionnel".

Le département d'Etat américain s'est déclaré, mercredi 20 mars, "scandalisé" par cette "atteinte à l'immunité diplomatique" et un "acte odieux d'intimidation contre ceux qui veulent la liberté et le changement démocratique à Cuba".

A La Havane, le président de la Commission des droits de l'homme et de la réconciliation nationale, Elizardo Sanchez, a confirmé l'arrestation d'une vingtaine de personnes en différents points de l'île. "C'est la plus importante vague de répression de ces dernières années", souligne ce responsable de l'opposition modérée. Selon d'autres sources, les domiciles de plusieurs journalistes indépendants, dont Ricardo Gonzalez Alfonso, qui dirige la revue De Cuba, ont été perquisitionnés par les agents de la sécurité. La semaine dernière, une trentaine de journalistes indépendants s'étaient réunis dans la résidence de James Cason pour participer à un atelier sur l'éthique journalistique.

"PROMOTION DE LA DÉMOCRATIE"

Poursuivant la politique inaugurée par Vicky Huddleston, qui l'a précédé à son poste, James Cason ne cache pas, depuis son arrivée en septembre 2002, que son objectif principal est "la promotion de la démocratie". En six mois, il a parcouru plus de 10 000 km à travers l'île pour rencontrer des opposants et pour leur apporter son aide. Au cours d'une "table ronde" consacrée, lundi soir, aux activités "subversives et provocatrices" du diplomate américain, la télévision cubaine a diffusé plusieurs déclarations de M. Cason appelant les groupes dissidents à s'unifier et accusant le gouvernement cubain "d'avoir peur de la liberté de conscience, de la liberté d'expression et des droits de l'homme". Le diplomate américain a fait cette déclaration le 24 février, au domicile de Marta Beatriz Roque, l'une des figures de proue de la dissidence, lors d'une réunion à laquelle assistaient une quarantaine d'opposants. Une dizaine de jours plus tard, Fidel Castro, réélu, sans surprise, président du Conseil d'Etat, répliquait que Cuba "pouvait parfaitement se passer" de la Section des intérêts américains, qui représente les Etats-Unis depuis 1977 en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays.

Depuis plusieurs semaines, la tension n'a cessé de monter entre Washington et La Havane. Selon une note interne du département d'Etat, des agents cubains ont harcelé psychologiquement des diplomates américains par des appels téléphoniques nocturnes, le dépôt de matières fécales devant leurs domiciles, des déprédations de leurs véhicules et des propositions sexuelles. Fin février, les autorités cubaines ont confisqué plus de 5 000 livres envoyés par le gouvernement américain et qui devaient être distribués dans les bibliothèques indépendantes.

Les autorités castristes fustigent de leur côté le "traitement cruel constituant un cas flagrant de torture" infligé à cinq Cubains emprisonnés aux Etats-Unis après avoir été condamnés, en 2001, pour espionnage. Selon le gouvernement américain, les "restrictions" imposées à ces prisonniers sont justifiées par des "raisons de sécurité nationale". Depuis plus d'un an, les médias cubains font campagne pour obtenir la libération des "cinq héros", injustement condamnés alors qu'ils ne faisaient qu'enquêter sur les "activités terroristes" des groupes anticastristes de Floride, selon la version de La Havane.

Jean-Michel Caroit

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.03.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:57:24
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Mardi 25 mars 2003

NIGERIA

25 Mars 2003 - INTERNATIONAL
 

Amina toujours

 sous la menace

de la lapidation

Nigeria. La cour islamique d'appel de l'Etat de Katsina se réunit aujourd'hui pour décider du sort de la jeune femme.

Ce mardi 25 mars la jeune Nigériane de trente et un ans Amina Lawal est traduite devant ses juges de la cour d'appel de l'Etat de Katsina. En sortira-t-elle acquittée et libre comme il y a un an, jour pour jour, Safiya Hussaini étaient sortie du prétoire de l'Etat de Sokoto, sauvée par une formidable mobilisation internationale qui avait poussé le tribunal à prendre cette décision. Depuis le 22 mars 2002, Amina est sous le coup d'un arrêt de mort par lapidation prononcé par la cour de la charia de Bakori (dans l'Etat de Katsina). Peine qui fut confirmée le 19 août de la même année par la cour supérieure islamique de Funtua. Après six mois d'attente, le recours immédiatement engagé par les avocats de Lamina a enfin été jugé recevable par la cour d'appel de Katsina, le 23 janvier 2003. Celle-ci a fixé la date de la nouvelle audience à aujourd'hui.

Divorcée, mère de quatre enfants, condamnée pour adultère, Amina a été arrêtée le 14 janvier 2002 sur dénonciation de son ancien beau-père. Moins d'une semaine plutôt elle avait mis au monde une petite fille, Wasila, dont le père était le compagnon d'Amina depuis onze mois. Lors de la première audience, ce dernier a nié avoir eu des relations adultérines avec elle et après avoir juré sur le Coran, selon la loi islamique, il a été relaxé. Amina a été accusée de fausse accusation contre lui.

La mobilisation internationale a sauvé Safiya. Elle doit aussi tirer Amina des griffes de ses bourreaux ? Elle a déjà obligé les autorités fédérales nigérianes à réagir sur l'application de la loi islamique depuis que celle-ci a été instaurée depuis 1999 dans le nord du pays. Cette loi, la charia, a ouvert la voie à l'application de condamnations à mort, à la torture et à d'autres châtiments cruels, inhumains ou dégradants. Et cela en dépit du fait que l'Etat fédéral a déclaré la charia contraire à la Constitution républicaine. Une lettre en ce sens, datée du 18 mars 2002, a été adressée par le ministre de la Justice, Kanu Agabi, aux gouverneurs des Etats à majorité musulmane afin qu'ils modifient leur législation. Le président Olusegun Obasanjo se donnera-t-il les moyens politiques de faire respecter cet appel ? Osera-t-il aller plus loin à l'encontre des intégristes qui se nourrissent de la désespérance de leurs concitoyens ? · l'approche des élections présidentielles, législatives et dans les Etats, prévues le mois prochain, les organisations de défense des droits de l'homme craignent que les déclarations contradictoires des autorités du pays et des Etats au sujet des Nigérians condamnés à mort, comme Amina, n'entraînent une nouvelle détérioration des droits fondamentaux de ces personnes.

Hier soir, Francis Perrin, président d'Amnesty International France, accompagné de Geneviève de Fontenay, présidente du Comité Miss France, et de Sylvie Tellier (Miss France 2002 qui a refusé de participer au concours Miss Monde initialement prévu au Nigeria en décembre dernier), ont remis à l'ambassade du Nigeria à Paris les 75 000 signatures recueillies en France exigeant l'acquittement pour Amina. Si la jeune femme est condamnée à nouveau, les organisations de défense des droits de l'homme dont Amnesty International exigeront qu'elle puisse faire appel devant la cour fédérale, ce qui est prévu par la Constitution du Nigeria, et ensuite éventuellement devant la Cour suprême du Nigeria. La pression internationale reste de mise.

Dominique Bari



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:56:42
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Mardi 25 mars 2003

IRAK

Washington a l'ambition de reconstruire l'Irak en un an
LE MONDE | 25.03.03 | 13h14     MIS A JOUR LE 25.03.03 | 13h45
L'appel d'offres de l'agence des Etats-Unis pour le développement international, de 900 millions de dollars, est destiné à financer la remise en état du pays après la guerre.

New york de notre correspondant

La deuxième guerre du Golfe présente une particularité sans précédent dans l'Histoire : la reconstruction de l'Irak a été planifiée avant même que les opérations militaires aient commencé. Il ne s'agira pas seulement de nettoyer le champ de bataille, de réparer les puits de pétrole sabotés ou de déblayer les ruines des bâtiments détruits.

L'ambition est tout autre : remettre en douze mois l'économie irakienne au niveau où elle était il y a plus de vingt ans, avant la guerre contre l'Iran. Il faudra réparer les routes, les ponts, les centrales électriques, les écoles, les aéroports, les hôpitaux et faire fonctionner l'administration. Le plan de reconstruction du gouvernement américain est détaillé dans un document confidentiel d'une centaine de pages dont les grandes lignes commencent à transparaître.

Dans les semaines suivant la fin des hostilités, Washington envisage de mener simultanément la remise en état des infrastructures du pays, la création d'un nouveau système financier et fiscal et la réorganisation de l'appareil d'Etat et des services publics en s'appuyant notamment sur l'armée.

Ce projet, le plus ambitieux depuis la fin de la seconde guerre mondiale, impliquera la participation de nombreuses agences gouvernementales américaines.

Le département du Trésor, par exemple, aura pour mission de créer de toutes pièces une nouvelle banque centrale. Des hauts fonctionnaires américains agiront comme des ministres en second pour contrôler et remettre en marche les différentes administrations.

L'enseignement.

Le tout nouveau bureau de reconstruction et d'assistance humanitaire du Pentagone dirigé par le général Jay Garner, pressenti pour devenir le responsable de l'administration civile de l'Irak, a par exemple l'intention de refaire fonctionner le plus rapidement possible le système scolaire. Il a lancé, via l'agence des Etats-Unis pour le développement international, Usaid (United States Agency for International Development), un appel d'offres de 100 millions de dollars (presque autant en euros) à cette fin.

Le prestataire de service choisi aura pour mission, dès la fin des combats, d'envoyer des équipes pour s'assurer que les enseignants sont payés et disposent des moyens nécessaires pour rouvrir les 25 000 écoles du pays et accueillir les 4,1 millions d'élèves.

Cinq programmes visant "à accroître le nombre d'enfants scolarisés dans le secondaire" seront lancés en trois mois dans des zones pilotes et dans tout le pays en dix mois. Seulement un tiers des enfants Irakiens fréquentent l'école aujourd'hui après le primaire.

L'objectif est "qu'ils continuent tous dans un an". L'Usaid prévoit d'aider le ministère irakien de l'éducation en lui fournissant les livres et l'ensemble des moyens nécessaires. Elle entend aussi "augmenter sensiblement les capacités de formations des enseignants et du personnel administratif".

La santé.

Un groupe privé aura pour mission d'administrer les 270 hôpitaux et 1 000 cliniques du pays. Son contrat évalué aussi à 100 millions de dollars comprend une mise à niveau du personnel médical. "En un an, le ministère de la santé sera prêt à gérer les équipements", écrit l'Usaid.

Elle compte également faire installer en soixante jours 550 générateurs diesels sur tout le territoire irakien et permettre au pays de retrouver environ 75 % de l'énergie électrique disponible avant 1991.

Les infrastructures.

Les contrats les plus importants concernent la reconstruction : 900 millions de dollars pour les urgences en autoroutes, ponts, aéroports et bâtiments publics indispensables.

L'Usaid a lancé d'autres appels d'offres pour une somme totale de l'ordre de 300 millions portant sur l'assainissement et la distribution d'eau, l'administration des ports et des aéroports. Enfin, en parallèle, l'armée américaine, pour son propre compte, a des projets représentant 500 millions de dollars concernant la construction de routes et de bases militaires.

Les contrats.

La Maison Blanche demande au Congrès 75 milliards de dollars pour financer la guerre. Sur ce total, 800 millions seront consacrés immédiatement à l'aide humanitaire et 1,8 milliard à la reconstruction. Cette somme devrait en quasi-totalité revenir à des groupes privés américains.

Ce qui n'est pas du goût de tout le monde, notamment des Européens. Ils considèrent que mettre les Nations unies et les autres pays "hors jeu" rendrait non seulement la reconstruction plus longue et difficile, mais contribuerait à accroître le ressentiment contre les Etats-Unis. Ils jugent aussi les plans américains "irréalistes".

Les Quinze ont réaffirmé à Bruxelles le 20 mars, la nécessité de confier à l'ONU le soin de coordonner cette reconstruction. Chris Patten, commissaire européen aux relations internationales, a jugé les projets de Washington "maladroits". Il a déclaré que l'Union européenne ne participerait pas à l'effort de reconstruction si les Nations unies ne le supervisent pas.

Pour apaiser notamment les Britanniques, Washington a laissé entendre, après le sommet des Açores, le 16 mars, qu'elle pourrait accorder un rôle plus important à d'autres pays et aux Nations unies. Andrew Natsios, l'administrateur de l'Usaid, a déclaré que "la reconstruction à long terme allait bien au-delà de l'agence, et nous espérons que l'ONU y sera impliquée de façon majeure". Le Fonds monéaire international et la Banque mondiale seront aussi sollicités.

Au sein du gouvernement américain, l'approche multilatérale n'a pas que des partisans. Certains mettent en avant le cas de l'autoroute devant relier, en Afghanistan, Kaboul, Kandahar et Herat dont le projet international bat des records de lenteur.

"L'idée est de s'occuper nous-mêmes et rapidement des grands chantiers, pour le reste on verra", explique un officiel. Washington entend aussi retirer seul le bénéfice politique de la reconstruction. "L'objectif du gouvernement des Etats-Unis est d'apporter des preuves tangibles au peuple irakien qu'il veut apporter au pays la sécurité politique et la prospérité économique", peut-on lire en préambule à l'appel d'offres de l'Usaid.

Eric Leser

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.03.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:40:22
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Mardi 25 mars 2003

IRAK
Malgré un ferme démenti du chef de la diplomatie russe
Washington accuse Moscou de trafic d'armes avec Bagdad


Moscou : de notre correspondant Patrick de Saint-Exupéry
[25 mars 2003]

Ce n'est pas la guerre, ce n'est qu'une guerre des mots, mais, entre Washington et Moscou, les frictions commencent à s'accumuler sérieusement. Le dernier Scud diplomatique en date a été lancé par la Maison-Blanche, qui n'a pas hésité à accuser Moscou de trafic d'armes avec Bagdad. À cette charge, Moscou a répliqué en jetant de l'huile sur tous les feux, à savoir la légalité de l'opération en Irak, le gel des avoirs irakiens, le programme pétrole contre nourriture. Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, est même monté au créneau pour annoncer l'entrée «il y a deux jours» des forces turques en Irak. À l'origine de ce qui prend de plus en plus des allures de crise diplomatique, une déclaration de la Maison-Blanche: «Les États-Unis, assurait hier son porte-parole Ari Fleischer, ont des preuves concrètes que des entreprises russes ont fourni de l'assistance et du matériel interdit au régime irakien.» Et d'énumérer jumelles pour vision nocturne, brouilleurs de systèmes de positionnement par satellite et missiles antichars.

Tout comme dans le cas de la France, opposée à l'intervention anglo-saxonne en Irak et soupçonnée également, la presse américaine a précisé les soupçons nourris par la Maison-Blanche. Selon le Washington Post, trois entreprises russes seraient mises en cause. Deux sont citées nommément: Aviakonversiya, qui aurait fourni à l'Irak un équipement de brouillage, et KBP Toula, un bureau d'études, qui aurait vendu des missiles antichars Kornet.

Les deux entreprises citées ont multiplié tout au long de la journée les démentis, KBP Toula en profitant même pour se faire de la publicité: «Si nous avions vendu nos missiles à l'Irak, comme le disent les Américains, a affirmé un porte-parole cité par Interfax, les avions de la coalition n'auraient pas survolé l'Irak, ils auraient été abattus un par un. Tout comme leurs chars, qui ne peuvent se protéger de nos missiles Métis-M.» Elles ont été soutenues par tout l'establishment russe. «Les jumelles de vision nocturne, a relevé un conseiller du Kremlin, Sergueï Iastrjembski, sont en vente libre dans tous les magasins de chasse de Moscou, ainsi qu'en Europe et aux États-Unis.» «Les accusations adressées à la Russie, a assuré un porte-parole du gouvernement, Alexeï Voline, n'ont aucun fondement et sont des inventions.» Le ministre russe des Affaires étrangères a, lui, rejeté les accusations: «La Russie, a déclaré Igor Ivanov, respecte strictement toutes ses obligations internationales et elle n'a livré à l'Irak aucun équipement, y compris militaire, en violation du régime des sanctions.»

Dans ses déclarations, et comme le notent les Américains, Igor Ivanov confirme toutefois que, depuis octobre 2002, les États-Unis ont interrogé à plusieurs reprises les autorités russes: «Toutes ces requêtes, assure le ministre des Affaires étrangères, ont été examinées par des experts et des réponses ont été fournies. Le dernier échange de courrier date du 18 mars. Nous n'avions trouvé aucun fait confirmant les inquiétudes américaines.»

En septembre dernier, les États-Unis avaient annoncé avoir placé sur une liste noire trois sociétés russes: le bureau de design et de construction KBP de Toula, l'entreprise d'État Bazalt et l'usine aéronautique de Rostov-168. Il leur était alors reproché d'avoir livré des armements à la Libye, à la Syrie et au Soudan, trois pays liés au terrorisme selon Washington. Trois mois plus tard, la Russie avait dénoncé la démarche des États-Unis, qui, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, «tentent d'appliquer leur législation nationale à des exportateurs étrangers intervenant sur les marchés extérieurs dans le respect des lois et des engagements internationaux».


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:39:12
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Mardi 25 mars 2003

IRAK

Decryptage
Qui sont ces

sosies de

Saddam ?


Un expert allemand a

identifié trois clones du

dictateur.

Par Lorraine MILLOT

mardi 25 mars 2003


 
 
 

  Berlin de notre correspondante

«A 2 ou 3 % d'incertitude près, je pense que c'était bien le vrai Saddam Hussein qui est apparu à la télévision.» Au terme d'une journée d'analyse, Dieter Buhmann, médecin légiste à l'université de Sarre, était hier soir aussi formel qu'un scientifique peut l'être. «C'était bien le même que jeudi aussi. Les proportions du visage correspondaient. On pouvait reconnaître son incisive gauche plantée de travers. Et, quand il parle, sa lèvre inférieure tombe plus bas sur son côté droit que sur son côté gauche.»

Depuis son bureau à la clinique universitaire de Homburg, au sud-ouest de l'Allemagne, Dieter Buhmann est devenu un spécialiste, très recherché en ce moment, du visage de Saddam Hussein. Grâce à une méthode biométrique assez simple, de comparaison de quelques points clés du visage, il affirme avoir identifié un total de quatre Saddam Hussein : l'original, apparu hier, et trois sosies. La télévision allemande a financé ses recherches. «Pas les services secrets, précise-t-il. Ils ont leurs propres experts.»

«Je me base sur deux films de référence tournés en 1990, explique Buhmann. Une allocution devant la Ligue arabe, en avril 1990, où l'on peut être sûr qu'il n'aurait pas envoyé un double pour une pareille occasion, et une interview effectuée en décembre 1990 avec un journaliste de la télévision allemande, qui est aussi certain d'avoir rencontré l'original.» Le vieillissement n'empêche pas de comparer ces photos anciennes avec des clichés actuels, assure le savant : «Avec l'âge, les joues peuvent tomber, les lobes de l'oreille s'agrandissent, mais d'autres caractéristiques comme la forme du nez ou le milieu du visage ne bougent pas.» Sur ses photos de référence, Buhmann a marqué une série de points, aux extrémités du nez, des sourcils, des oreilles... une grille qu'il glisse ensuite sur les photos actuelles.

En septembre, épluchant pour la chaîne allemande ZDF quelque 33 films (qui montrent Saddam Hussein depuis 1988), Dieter Buhmann a identifié les trois sosies. «Le numéro 1 a la partie médiane du visage nettement plus large», explique-t-il. C'est celui qu'aurait rencontré le leader d'extrême droite autrichien Jörg Haider lors de sa visite à Bagdad. «Le numéro 2 a une oreille un tiers plus grande que celle de monsieur Hussein. Le numéro 3 a une commissure des lèvres et une paupière différentes.» Sur tous les films datant de 1998 à septembre dernier, Dieter Buhmann n'a identifié que des sosies : «Je n'ai vu réapparaître le "vrai" Hussein que juste avant le vote de la résolution 1441, et depuis, c'est lui aussi que je reconnais.»

Avec sa barbichette, l'expert sarrois fait un peu professeur Tournesol, mais ses pairs en Allemagne le prennent au sérieux. «La méthode me semble très bonne, très perfectionnée», assure le professeur Wolfgang Eisenmenger, président de la Société allemande de médecine légale. «La principale difficulté est qu'il faut que les photos comparées soient prises sous le même angle», souligne-t-il. C'est bien ce à quoi veille Buhmann en sélectionnant ses photos d'après les films. Hormis l'identification des dictateurs, la méthode sert en Allemagne pour les délits de la route : quand un conducteur conteste être le chauffard photographié par un radar, cette méthode biométrique est utilisée pour le confondre, ou l'innocenter l


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 12:38:27
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Mardi 25 mars 2003

TCHETCHENIE

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 09:29:53
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Mardi 25 mars 2003

L'IRAK

Dans une lettre au Pape, Chirac plaide pour "le dialogue entre les peuples" Dépêche reçue le 24/03/2003 à 9:34 [<>] Jacques Chirac accueillant Jean Paul II à Orly en 1997 Jacques Chirac souhaite que le Vatican et la France continuent "à oeuvrer ensemble pour faire prévaloir la primauté du droit, la justice et le dialogue entre les peuples", dans une lettre adressée au pape Jean-Paul II publiée lundi dans le quotidien La Croix. Dans cette lettre, datée du 21 mars, le chef de l'Etat "regrette profondément le déclenchement des opérations armées" en Irak. Il exprime à Jean-Paul II sa "reconnaissance pour les efforts inlassables qu'(il) a déployés" en faveur de la paix. Jacques Chirac appelle "la communauté des Nations unies à unir ses efforts, dans le cadre des Nations unies, en faveur de la sauvegarde et du respect du droit". Evoquant les différents "défis" (Irak, lutte contre le terrorisme, situation au Proche-Orient pour lequel il appelle à "une conférence internationale soigneusement préparée"), le président de la République estime qu'il faut "veiller à ce que le conflit irakien ne conduise pas à alimenter l'antagonisme des civilisations et des religions". "C'est là, me semble-t-il, l'une de nos responsabilités premières devant l'Histoire", poursuit-il. "Il est essentiel, écrit Jacques Chirac, que la communauté internationale retrouve son unité autour des valeurs les plus fondamentales de l'humanisme, à commencer par le respect de l'autre et la tolérance". M. Chirac indique que "parce qu'ils partagent sur l'ensemble de ces sujets des points de vue très largement convergents, le Saint-Siège et la France devront continuer à oeuvrer ensemble pour faire prévaloir la primauté du droit, la justice et le dialogue entre les peuples". Le chef de l'Etat exprime sa "volonté de travailler sans relâche en ce sens".


La Croix
MONDE, lundi 24 mars 2003, p. 12

Dossier. Conflit. Etats-Unis. Irak. La guerre d'Irak. Une lettre de Jacques Chirac à Jean-Paul II. La Croix publie la lettre que le président de la République a adressée vendredi dernier au Pape. Il souhaite quïils «continuent à oeuvrer ensemble pour faire prévaloir la primauté du droit, la justice et la dialogue entre les peuples».

CHIRAC Jacques

DOCUMENT

Très Saint-Père.

Alors que les opérations militaires sont en cours en Irak, je tiens à adresser à Votre Sainteté tous mes sentiments dïestime et de reconnaissance pour les efforts inlassables quïElle a déployés afin de préserver jusquïau dernier moment les chances de la paix et de mobiliser en ce sens toutes les bonnes volontés.

La France sïest également efforcée de convaincre ses partenaires que le nécessaire désarmement de lïIrak pouvait être obtenu par des voies pacifiques, dans le respect du droit international et des compétences de lïOrganisation des Nations Unies. Cïest pourquoi je regrette profondément le déclenchement des opérations armées, tout en espérant quïelles se terminent le plus rapidement possible et au moindre coût en terme de vies humaines.

Face aux défis qui nous attendent, la communauté des Nations doit unir ses efforts, dans le cadre des Nations Unies, en faveur de la sauvegarde et du respect du droit. Cïest vrai en Irak, où il faudra répondre aux besoins des populations civiles éprouvées et assurer la reconstruction dïun pays préservé dans son unité et sa souveraineté. Cïest vrai aussi face aux nombreux autres défis tels que la lutte contre le terrorisme et la prolifération ou encore le combat à mener pour le développement et en faveur dïune mondialisation au service de lïhomme.

De même, un règlement pacifique de la situation dans la région devra aller de pair avec la mise en oeuvre dïune solution durable au Proche-Orient, qui tienne compte à la fois du besoin de sécurité dïIsraël et du respect des droits du peuple palestinien. Je suis convaincu pour ma part quïune conférence internationale soigneusement préparée doit permettre dïy contribuer. Jïai également à lïesprit la protection des communautés chrétiennes particulièrement menacées dans cette région du Proche et du Moyen-Orient et vers laquelle, nous le savons, vont toute la sollicitude et la compassion de Votre Sainteté.

Au-delà, nous devons veiller à ce que le conflit irakien ne conduise pas à alimenter lïantagonisme des civilisations et des religions. Cïest là, me semble-t-il, lïune de nos responsabilités premières devant lïHistoire. Cïest pourquoi il est essentiel que la communauté internationale retrouve son unité autour des valeurs les plus fondamentales de lïhumanisme, à commencer par le respect de lïautre et la tolérance.

Parce quïil partagent sur lïensemble de ces sujets des points de vue très largement convergents, le Saint-Siège et la France devront continuer à oeuvrer ensemble pour faire prévaloir la primauté du droit, la justice et le dialogue entre les peuples. Je souhaite assurer à nouveau Votre Sainteté de ma volonté de travailler sans relâche en ce sens.

Je vous prie dïagréer, Très Saint Père, lïhommage de mon profond respect et lïassurance de ma fidèle et déférente amitié.

Jacques Chirac

Paris, le 21 mars 2003

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Frontières et territoires; Politique extérieure et relations internationales; Religion, philosophie et éthique
Sujet(s) - La Croix : GUERRE; LETTRE; PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE; PAPE
Lieu(x) géographique(s) - La Croix : ETATS-UNIS; IRAK; FRANCE; VATICAN
Nom(s) propres(s) : JEAN-PAUL II; CHIRAC Jacques
Type(s) d'article : DOSSIER; TEXTE
Taille : Moyen, 358 mots

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Doc. : 20030324LC0030324LC_inx041


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-25 09:18:49
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON