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Publié le dimanche 23 mars 2003

Dimanche 23 mars 2003

HUSSEIN

• LE MONDE | 22.03.03 | 15h23


Les études de biométrie peinent à différencier Saddam Hussein de ses prétendus sosies

Saddam hussein ou un sosie ? Qui est apparu, jeudi 20 mars, à la télévision irakienne après les premiers bombardements sur Bagdad ? Vendredi, la CIA a tranché : "C'était très probablement Saddam sur l'enregistrement." "La probabilité qu'il se soit agi de Saddam Hussein est très, très élevée", a aussi conclu l'Allemand Dieter Buhmann. Ce médecin a consacré beaucoup de temps à analyser en détail la morphologie du président irakien sur 450 photos et vidéos, une étude qui l'aurait mené à détecter au moins trois sosies de Saddam Hussein.

Pour se prononcer, la CIA, comme le docteur Buhmann, ont eu recours à la biométrie, cette science qui consiste à mesurer les caractéristiques physiques d'un individu. L'exemple le plus connu, le plus sûr et le plus utilisé est celui des empreintes digitales. Mais on peut aussi baser des systèmes biométriques sur le dessin de l'iris, le réseau sanguin de la rétine, la forme de la main ou du visage, la signature vocale, etc.

Dans le cas d'un enregistrement vidéo, seules sont utilisables les reconnaissances vocales et faciales. Toutes deux ont leurs faiblesses. On peut ainsi confondre deux voix ressemblantes et ce d'autant plus aisément qu'un bon ingénieur du son aura apporté quelques modifications ad hoc. Pour ce qui est de la reconnaissance faciale, Zalix Biométrie, seule société française développant et commercialisant un logiciel dans ce domaine, s'est livrée à un test instructif à la demande de France 2.

"Cette chaîne de télévision nous a fourni trois photos de Saddam Hussein prises pendant la semaine, deux avant les bombardements et une extraite de la vidéo du 21 mars, explique Alain Choukroun, directeur général de Zalix Biométrie. Pour chaque image, le système a mesuré l'écart entre les yeux, donnée sur laquelle s'appuie le logiciel. Il a ensuite effectué un relevé de 80 à 90 points caractéristiques du visage. Ils ont été traités par un algorithme qui a établi une clé biométrique. Puis ces clés ont été introduites dans une base qui en contient trois mille." Une recherche a ensuite été lancée sur chacune des trois photographies, pour voir si le programme la rapprocherait des deux autres. "Les deux images datant d'avant le bombardement sont ressorties avec un taux de correspondance très fort. En revanche, la troisième s'est retrouvée très loin...", poursuit Alain Choukroun sans pour autant aller jusqu'à conclure qu'il s'agissait d'un sosie.

SYSTÈME D'ALERTE

Tributaires de la qualité de la prise de vue, les systèmes de reconnaissance faciale ne sont pas parfaitement fiables pour l'identification des personnes. Ils servent avant tout d'alerte dans la vidéosurveillance des lieux publics, en comparant en temps réel les personnes passant devant les caméras avec un fichier. Dans les casinos, ils cherchent les personnes interdites de jeu, dans les stades les hooligans, dans les gares les pickpockets, etc. Le logiciel signale que telle personne présente un fort taux de correspondance avec tel individu fiché. L'alarme se déclenche dès que le taux dépasse les 70 %.

Lors du test, la troisième photo de Saddam Hussein n'a obtenu qu'un résultat de 54 %... Le visage fatigué du président irakien et ses grosses lunettes ont-ils pu fausser le "jugement" de la machine ? "Le système est assez peu sensible aux variations de pilosité, aux grimaces et aux lunettes dès lors qu'elles n'empêchent pas de distinguer les yeux, répond Alain Choukroun. Le logiciel travaille sur une zone stable du visage, les parties saillantes qui encadrent les yeux : pommettes, nez, arcades sourcilières." Le plus étonnant réside donc dans le fait qu'aucune technologie ne soit capable d'identifier un personnage aussi connu que Saddam Hussein...

Pierre Barthélémy

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 23.03.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 10:39:11
Permalien IRAK


Dimanche 23 mars 2003

L'INVASION
Semaine du jeudi 20 mars 2003 - n°2002 - Evenement

Ce devrait être la guerre des armes «intelligentes». Et pourtant…

Scénarios pour une invasion

C’est le combat du colosse contre le nain, et tout est prêt pour une guerre éclair. Mais, selon la résistance des troupes de Saddam, les prévisions de pertes varient, pour les assaillants, entre 500 et 10 000 morts et, pour les Irakiens, entre 10 000… et des centaines de milliers. Enquête sur les plans, les stratégies, les armes… et les incertitudes d’une des guerres les plus annoncées de l’histoire


A première vue, sur les écrans de télévision, tout paraît parfaitement organisé depuis des semaines. Des hordes de gros chars Abrams M-1 de 68 tonnes foncent dans le désert dans un nuage de poussière, tandis que les hélicoptères de combat Apache, hérissés de tous leurs missiles, tournoient au-dessus d’eux. Les marines, harnachés comme des soldats de science-fiction, s’entraînent jour et nuit à résister au vent de sable qui encrasse leurs fusils d’assaut et les filtres de leurs camions, indifférents au rugissement des chasseurs-bombardiers F-16, F-15, ou F-18 qui foncent vers l’horizon.
Cette guerre, assurent à Doha les porte-parole de l’armée américaine, sera celle des armes intelligentes, de la haute technologie, des munitions guidées par satellite et des drones télécommandés armés de missiles air-sol. En 1991, pendant la première guerre du Golfe, les appareils alliés avaient largué 7% de bombes «guidées». Dix ans plus tard, en Afghanistan, ils en avaient utilisé près de 60%. En 2003, ce pourcentage pourrait dépasser 75%. Le degré d’intégration informatique est tel que ce qui prenait en Afghanistan deux ou trois jours à planifier ne demande plus aujourd’hui que quelques minutes. Les positions des chars, des avions, des hélicoptères, des principales unités sur le champ de bataille sont visualisées en temps réel sur les écrans des ordinateurs. Les hommes sont prêts, les machines aussi.
Pourtant, rarement une opération de cette envergure aura été planifiée dans des conditions aussi chaotiques. La semaine dernière encore, des officiers de la force d’invasion déployée au Koweït déploraient ouvertement devant des journalistes l’absence de trois puissantes unités blindées qui figuraient à l’origine sur les plans d’opération préparés par l’état-major. La 1re division de cavalerie, forte de 17 000 hommes et de ses blindés Bradley, n’a toujours pas quitté sa base de Fort Hood au Texas, les 17 500 hommes de la 1re division blindée, avec leurs 250 chars lourds Abrams, sont en alerte à Wiesbaden, en Allemagne, et les 10 000 hommes du 2e régiment de cavalerie blindée attendent encore l’ordre de départ à Fort Polk, en Louisiane.
Faute d’avoir obtenu l’aval du gouvernement d’Ankara, alarmé par une opinion publique largement hostile à la guerre et par un vote défavorable du Parlement, le Pentagone a fini par renoncer à acheminer vers la Turquie ces trois unités, qui devaient, selon la stratégie originelle, déferler à travers la frontière turque sur le Kurdistan, puis sur Tikrit, la ville natale et le fief de Saddam Hussein. Au mieux, disent, dans leurs bureaux climatisés du Qatar, les planificateurs de l’opération, elles seront dans la région dans la deuxième quinzaine d’avril, pour constituer la force de stabilisation de l’après-guerre. «Nous savons depuis le début que nous allons devoir nous battre tout en continuant à construire notre force de combat», admettait la semaine dernière le général William S. Wallace, commandant du Ve corps, chef de l’armée de terre américaine dans le Golfe. Pendant ce temps, plus de 30 bateaux transportant des chars et du matériel lourd destiné à la 4e division d’infanterie attendaient en Méditerranée que la situation turque se débloque ou que des places à quai soient libérées dans les ports du Koweït. Quant à la 101e division aéroportée – les légendaires «Aigles hurlants» – venue de Fort Campbell, dans le Kentucky, elle ne dispose toujours au Koweït que d’une partie de ses 270 hélicoptères de combat et de transport. Le reste est encore en mer…
Contrariée par les atermoiements d’Ankara, la planification de l’opération a également été – pendant quelques jours – parasitée par les problèmes politiques de Tony Blair. Car, contrairement aux propos ingrats du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, le contingent britannique ne joue pas un rôle de simple comparse, ou d’alibi transatlantique des forces américaines. Certes, à côté des 250 000 Américains, de leur millier d’aéronefs et de leurs dizaines de navires, dont 7 porte-avions, les 25 000 Britanniques, la centaine d’avions et les 17 navires du major-général Robin Brims – qui devraient recevoir le renfort de 15 000 à 20 000 autres soldats – ressemblent à une force d’appoint. Mais les cibles qui leur sont assignées – selon les experts – au sein de la force d’invasion montrent qu’ils fournissent au contraire un apport décisif. C’est à la 16e brigade d’assaut aéroportée, au 3e commando des Royal Marines et à la 7e brigade blindée – les célèbres «Rats du désert» - avec leurs chars Challenger que doit revenir, notamment, la mission délicate de s’emparer des puits de pétrole du sud lors de l’offensive vers Bassora et Bagdad. Quant aux forces spéciales britanniques, elles participent déjà depuis des mois, infiltrées à l’intérieur de l’Irak, au repérage des cibles et à la recherche des batteries de missiles qui pourraient frapper les pays voisins ou les bases de la coalition. C’est pourquoi les hésitations de Tony Blair, lorsqu’il tentait en vain d’obtenir une résolution du Conseil de Sécurité pour apaiser son opinion publique – et son parti – avaient inquiété les stratèges américains. Un retrait du contingent britannique les aurait contraints à une très problématique redistribution des missions. Dans cette guerre d’unités d’élite, où la spécialisation des forces est décisive, on ne remplace pas facilement, par exemple, les parachutistes britanniques ou les Royal Marines.
En application de la «doctrine Rumsfeld», qui préconise l’usage de forces d’infanterie réduites, mais souples et mobiles, précédées et soutenues par une énorme puissance de feu aérienne, c’est par des bombardements massifs que les stratèges américains ont prévu d’entamer leur campagne. Mais contrairement à ce qui s’était passé en 1991, où les frappes s’étaient poursuivies pendant trente-neuf jours avant le déclenchement des opérations terrestres, les raids de bombardements et les tirs de missiles de croisière ne devraient pas durer plus de quatre ou cinq jours. Quatre ou cinq jours de véritable enfer pour ceux qui se trouveront sous ce déferlement de feu et d’acier.
Plus de 7 000 bombes à guidage GPS et plus de 3 000 à guidage laser ont été stockées dans la région du Golfe. Plusieurs centaines de missiles de croisière Tomahawk se trouvent à bord des sous-marins, des navires de surface dans le Golfe ou en mer Rouge. D’autres seront lancés à haute altitude, c’est-à-dire hors de portée des missiles sol-air irakiens, par les bombardiers lourds B-52. Les experts affirment que la précision de ces engins, qui suivent le profil du terrain et sont capables d’atteindre leur cible jusqu’à 2 500 kilomètres de distance avec une marge d’erreur de 80 mètres a été encore améliorée depuis 1991. A l’époque, 282 sur 297, selon le Pentagone, avaient frappé leur objectif.
Pour mener les frappes massives, dévastatrices, prévues par les plans d’attaque, près de 700 avions de combat ont été rassemblés autour de l’Irak. Au moins 350 chasseurs-bombardiers F-18 et F-14 sont embarqués sur les 7 porte-avions déployés dans le Golfe ou en Méditerranée. D’autres sont dispersés entre le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et Oman. Des bombardiers lourds B-52 et des appareils stratégiques à long rayon d’action B-1 sont basés à Diego Garcia, dans l’océan Indien et à Fairford, en Grande-Bretagne. Des bombardiers furtifs B-2, qui n’opèrent en principe que depuis leur base de Whiteman, dans le Missouri, ont été cette fois transférés, eux aussi, à Diego Garcia pour raccourcir et multiplier leurs rotations. Le ravitaillement en vol de cette armada sera assuré par près de 200 avions nourriciers dont la moitié au moins sont basés à Al-Udeid, au Qatar, qui possède la plus longue piste – 5 kilomètres – du Moyen-Orient.
Au cours des ces frappes, l’US Air Force pourrait inaugurer, selon les spécialistes des armes, quelques «innovations technologiques». Parmi ces mortelles nouveautés, figure notamment la bombe «thermobarique» BLU-118. Utilisée à ce jour une seule fois – en Afghanistan, contre les caches d’Al-Qaida –, cette bombe guidée par laser est destinée à attaquer des grottes ou à détruire, par un «mur de feu» des souches bactériologiques. Les avions américains pourraient aussi larguer pour la première fois la «bombe à micro-ondes» ou «e-bombe», dont les puissantes impulsions électromagnétiques sont mortelles pour les centres de communication, les transformateurs, les ordinateurs. Peut-être utiliseront-ils aussi pour la première fois la MOAB – munition massive à effet de souffle –, monstrueux engin de 9 tonnes dont le pouvoir de destruction serait équivalent à celui d’un petit engin nucléaire.
Après quelques jours de bombardements intenses – et peut-être même simultanément avec les frappes aériennes, destinées à «casser les reins» et le moral de l’armée irakienne et de la Garde républicaine –, est prévue une puissante offensive blindée, dont le fer de lance sera les 250 chars Abrams de la 3e division d’infanterie, les Challenger britanniques et une partie des 50 000 marines présents au Koweït. Soutenue par des hélicoptères antichars Apache, cette offensive en direction de la ville de Bassora, puis de Al-Amara et de la vallée de l’Euphrate devrait mener la force d’invasion jusqu’à Bagdad. Les experts les plus optimistes estiment qu’après la conquête de Bassora il ne faudra pas plus de trois jours pour atteindre les faubourgs de Bagdad.
Les principaux problèmes de cette invasion sont posés par la nature du terrain au sud – marécageux –, le contrôle des très nombreux puits de pétrole, le franchissement délicat de l’Euphrate – les ponts, peu nombreux et sans doute minés devront être pris par des commandos héliportés ou parachutés dès le déclenchement de l’opération –, la consommation de carburant monstrueuse des chars Abrams, qui oblige à établir, à étirer et à sécuriser, derrière les blindés, une ligne d’approvisionnement par camions-citernes très vulnérable aux attaques de tireurs isolés. Une autre difficulté sera probablement posée par la capture, le transfert et la détention de dizaines de milliers de prisonniers irakiens si, comme le prévoient les spécialistes, l’armée de Saddam n’oppose au sud qu’une faible résistance.
En principe, à cette offensive depuis le Koweït, devait correspondre au nord une offensive symétrique depuis la Turquie, destinée à investir le Kurdistan, prendre Tikrit et refermer la tenaille sur Bagdad et le gros de la Garde républicaine. Près de 20 000 hommes et plus de 200 chars devaient participer à cette offensive. Les aléas de la politique turque, assez mal maîtrisés par le Département d’Etat, qui a cru résoudre le problème en annonçant l’octroi à Ankara d’une aide financière massive, en ont décidé autrement. La semaine dernière encore, les stratèges américains, à court d’hommes et de matériel, hésitaient entre plusieurs options pour ouvrir ce front nord indispensable. L’une prévoyait un assaut aéroporté sur les villes de Mossoul et Kirkouk, la prise de leurs aéroports et l’acheminement par des gros porteurs d’unités d’infanterie avec leurs blindés. Une autre reposait sur l’existence au Kurdistan de trois pistes, à Bermani, Beni Harir et Bakrajo, capables d’accueillir des cargos C-130 ou C-17, contrôlées depuis des mois par les forces spéciales américaines. Un pont aérien entre le Koweït et ces trois pistes permettrait de rassembler, avec l’aide des combattants kurdes, une force capable de prendre Mossoul et Kirkouk. Une troisième variante prévoyait même un véritable raid blindé terrestre depuis le sud de l’Irak, contournant Bagdad, pour venir attaquer Tikrit par le sud avant de foncer vers Mossoul et Kirkouk.
Ce n’est pas seulement pour prendre le contrôle des puits de pétrole que les stratèges du Pentagone veulent à tout prix s’emparer de ces deux villes. Le déploiement de l’autre côté de la frontière turque de plusieurs centaines de blindés et de près de 40 000 fantassins et les déclarations du gouvernement d’Ankara, qui ne veut à aucun prix d’un Irak «fédéralisé» avec une province kurde quasi autonome, font planer le risque – réel – d’une invasion du Kurdistan par l’armée turque. Or les mouvements politico-militaires kurdes, soutenus par Washington, ont dit clairement qu’ils s’opposeraient par les armes à toute intrusion turque. Pour éviter une guérilla collatérale dans les montagnes du Kurdistan entre leurs alliés turcs et kurdes, qui serait d’un effet désastreux, surtout dans la perspective du «raz de marée démocratique» annoncé, les stratèges américains n’ont d’autre solution que de s’installer sur le terrain en arbitres.
Même si elle a été récemment réorganisée, l’armée irakienne est sortie très affaiblie de la guerre de 1991. Ses effectifs mobilisables sont passés de 800 000 à 380 000 en dix ans. Elle a perdu la moitié de ses chars lourds – il lui reste 2 200 tanks soviétiques, dont seulement 700 T-72 relativement modernes. Et personne ne sait exactement combien d’appareils, parmi ses 300 avions et ses 350 hélicoptères de combat, sont réellement opérationnels. Les mêmes questions se posent pour les batteries anti-aériennes, les missiles sol-sol et d’éventuels stocks d’armes bactériologiques ou chimiques qui auraient échappé aux regards des inspecteurs de l’ONU. Selon les spécialistes, les seuls véritables noyaux de résistance de l’armée irakienne pourraient être les 50 000 hommes – dont trois divisions blindées – de la Garde républicaine, les 20 000 hommes de la Garde républicaine spéciale – chargés de surveiller la première – et les diverses milices politiques ou tribales fidèles à Saddam Hussein. «Si ces unités se battent, estime un expert, c’est à Bagdad, autour du raïs, qu’elles le feront, le dos au mur. Et là, tout peut arriver: une débandade, une reddition massive, un coup d’Etat contre Saddam ou une sanglante guérilla urbaine.»
La topographie de la capitale, très étendue, et la présence de 4,5 millions d’habitants interdisent pratiquement, sauf à courir le risque d’énormes «dégâts collatéraux» – c’est-à-dire pertes civiles –, l’usage des munitions très destructrices. Instruits par les précédents cruels de Beyrouth et de Mogadiscio et par les terribles «erreurs de tir» de l’attaque sur Panama-City en 1989, les stratèges américains semblent circonspects face aux risques qu’implique une guérilla urbaine. Leur plan initial qui repose sur la prise d’assaut d’une demi-douzaine de pistes d’aéroport autour de la capitale, à partir desquelles seraient acheminées les unités d’infanterie et les forces spéciales chargées de prendre le contrôle de Bagdad, a donné naissance à deux variantes, en cas de résistance. L’une – optimiste – prévoit quatre à huit semaines de combat et 500 à 1 000 morts parmi les assaillants. L’autre – pessimiste – repose sur l’hypothèse de combats qui pourraient durer de trois à six mois et faire près de 10 000 morts parmi les troupes de la coalition anti-Saddam.
Sur les possibles pertes irakiennes – civiles et militaires –, les experts américains sont pour le moment assez discrets. Certes le Pentagone affirme qu’il entend «limiter les pertes civiles» grâce à la précision accrue de ses bombes et à une meilleure évaluation des cibles, mais le général Tommy Franks, commandant en chef des forces américaines dans le Golfe, n’en a pas moins prévenu «qu’on ne doit pas s’attendre à une réduction du nombre de victimes civiles par rapport à d’autres conflits». Selon le général Franks, le «régime sans scrupule qui est au pouvoir à Bagdad choisira les endroits où il mettra en jeu la vie de sa population». Les évaluations des pertes irakiennes établies par les experts varient entre 10 000 et 260 000 morts, 20 000 et 650 000 blessés, 600 000 et 1 500 000 réfugiés. Quel qu’il soit, ce n’est pas, cependant, sur ce seul bilan que sera jugée cette guerre qu’ont voulue les Etats-Unis. Destinée, selon ceux qui en ont rêvé, autour de Donald Rumsfeld, à amorcer la «transformation démocratique» du Moyen-Orient, c’est aussi au regard de cet objectif que seront évalués ses résultats. Saddam tombé, quel régime lui succédera à Bagdad? Quelles réformes démocratiques seront mises en chantier dans les pays voisins? Quelles mesures seront prises pour relever de ses décombres sanglants le processus de paix israélo-palestinien? Les planificateurs du Pentagone réussiront-ils mieux en Irak qu’en Afghanistan, où, certes, le régime des talibans n’existe plus mais où les seigneurs de la guerre d’avant-hier se partagent le pouvoir autour d’un président parachuté qui ne doit sa survie qu’à ses gardes du corps américains?
René Backmann


René Backmann


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 10:15:20
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Dimanche 23 mars 2003

LE GENERAL PERDU DU RAIS


Le Point, n° 1592
Monde, vendredi 21 mars 2003, p. 40

Témoignage
Le général perdu du raïs

Chris Kutschera

Nizar al-Khazraji, l'ancien chef d'état-major de l'armée, en exil au Danemark, parle. Rencontre avec ce témoin privilégié du système irakien.

Les Etats-Unis plaçaient de grands espoirs dans le général Nizar al-Khazraji. L'ancien chef d'état-major de l'armée irakienne, en exil au Danemark, a cependant été rattrapé par son passé. Soupçonné d'avoir couvert la répression contre les Kurdes et passible d'une inculpation pour crimes de guerre, il était assigné à résidence. Mais, lundi, le général a disparu. Peut-être a-t-il rejoint l'opposition irakienne. Au cours d'une longue interview donnée en février dans une petite ville du sud du Danemark, le général a plaidé non coupable à propos du Kurdistan : « Je suis un militaire professionnel, je faisais la guerre aux Iraniens, pas aux Kurdes », assure-t-il.

Légèrement irrité, il dit tout ignorer des gigantesques rafles au Kurdistan au cours de l'année 1988 : femmes et enfants séparés des hommes et conduits vers des camps de regroupement, tandis que des dizaines de milliers d'hommes disparaissent à jamais. Pour transporter, garder puis exécuter une telle quantité de victimes (180 000, selon les sources kurdes), il faut d'importants moyens matériels - des centaines de camions, des effectifs considérables -, mais le général Nizar al-Khazraji affirme n'avoir en aucune façon collaboré à cette entreprise ; il n'était même pas au courant de cette opération.

Le général jure également que, tout chef d'état-major qu'il était, il n'est absolument pour rien dans le bombardement de Halabja par des bombes chargées de gaz chimiques le 16 mars 1988 : « Vous voulez savoir comment je l'ai appris ? J'ai reçu un coup de fil du général X, qui m'a dit : "Halabja a été bombardée... Nous avons perdu le contact avec nos troupes." J'ai alors appelé le ministre de la Défense, le général Adnan Khairalla, qui n'était au courant de rien. Il m'a rappelé quelques minutes plus tard, après s'être renseigné, pour me dire : "C'est nous qui avons bombardé la ville! " »

Peu prolixe sur les crimes commis contre les Kurdes, le général est, en revanche, beaucoup plus à l'aise quand il s'agit d'évoquer son rôle dans la guerre contre l'Iran : « Peu de temps après avoir été nommé chef d'état-major [il était alors lieutenant-général], j'ai été convoqué à une réunion à Kazimiya [une agglomération à majorité chiite dans la banlieue de Bagdad]. Je suis arrivé dans une maison qui était manifestement une villa de transit des services de sécurité et, au bout d'un moment, on m'a fait monter à l'avant d'une voiture qui venait d'arriver. La voiture a démarré et, soudain, quelqu'un a écarté le rideau tendu derrière le siège, et une voix m'a dit : "Comment vas-tu, Nizar ?" C'était Saddam Hussein ! Il m'a demandé comment j'envisageais de redresser la situation sur le front iranien. Je lui ai exposé mon plan, et nous sommes revenus à la maison, où nous avons continué notre discussion. Moi, je l'appelais "Seyidi", Monsieur... Il m'a demandé de lui préparer un plan, et nous nous sommes séparés. »

Un plan contre les Iraniens

Quelque temps plus tard, Nizar al-Khazraji a revu Saddam Hussein au commandement général et lui a exposé son projet : il proposait de retirer environ la moitié des troupes - infanterie et blindés - du front et de les entraîner de façon intensive, sur des sites reconstitués, avant de les lancer dans des attaques contre les Iraniens. Son plan a été approuvé et, en cinq offensives, de mars à fin juillet 1988, les troupes irakiennes ont effectivement chassé les Iraniens du territoire irakien, de Fao au Kurdistan en passant par Majnoun, et imposé à Khomeyni le cessez-le-feu d'août 1988.

Quand on demande au général quel rôle ont joué les armes chimiques dans cette contre-offensive, il minimise très prudemment leur rôle en disant : « Nous ne les avons pas utilisées sur la ligne de front, car c'était trop dangereux pour nous », ajoutant « qu'elles ont été utilisées sur les réserves, en arrière des lignes iraniennes ».

En juillet 1989, le général Khazraji reçoit sa quatrième étoile. Mais la fin de sa carrière approche. Il affirme que comme le général Adnan Khairalla, le ministre de la Défense, il a tout ignoré des préparatifs de l'invasion du Koweït, le 2 août 1990, qu'il a apprise en écoutant la radio. Abasourdi, il s'est demandé « comment Saddam Hussein avait pu envahir un pays arabe, un pays frère qui nous avait soutenus financièrement pendant la guerre contre l'Iran ». Convoqué par Saddam, il lui dit - et le confirme dans un rapport - que « l'Irak allait tout perdre, le Koweït, et peut-être l'Irak, dans une guerre mondiale »... Saddam Hussein le prend très mal et, le 18 septembre 1990, le général Nizar al-Khazraji est limogé de son poste de chef d'état-major...

Quelques mois plus tard, en mars 1991, juste après la défaite irakienne au Koweït, Saddam l'envoie à Nasiriyya, dans le sud de l'Irak, pour préparer la résistance à une éventuelle invasion des troupes américaines. Nizar al-Khazraji part avec un groupe de 28 personnes, officiers et chauffeurs compris. Il devait trouver sur place cinq divisions de l'armée irakienne. Ce qui l'attend, en fait, c'est le soulèvement du sud chiite. Et quelques heures plus tard, le soulèvement gagne Nasiriyya : le gouverneur et les dirigeants locaux du Baas sont assiégés et tués. Et la foule encercle l'immeuble où se trouve le général. « C'étaient des déserteurs de l'armée irakienne, des paysans, des ouvriers, il y avait même des femmes et des enfants qui encourageaient les hommes et transportaient des munitions - bref, c'était le peuple irakien qui se soulevait contre nous », se rappelle-t-il.

En fuite via le Kurdistan

Tirant sur son immeuble avec des RPG (lance-roquette) et des douchkas (mitrailleuses), la foule finit par y mettre le feu. Le général, blessé de 5 balles dans l'estomac, sombre dans le coma. Transporté à l'hôpital de Nasiriyya, il est opéré avec les moyens du bord - l'hôpital avait été pillé - avant d'être transporté par hélicoptère à Bagdad après l'effondrement du soulèvement, réprimé par la garde républicaine.

A Bagdad, le général reçoit la visite d'un Saddam Hussein manifestement ébranlé par les événements : « Il était très amaigri, raconte le général, et il répétait : "Qu'ai-je fait ! Qu'ai-je fait !" »... Après de longs mois de convalescence, Khazraji reste en semi-disgrâce, plus ou moins confiné dans sa maison. Plusieurs généraux de ses amis meurent dans des « accidents de voiture » ou assassinés par des « inconnus ». Il ne sort de chez lui qu'avec une escorte de deux voitures, et il préfère faire de la marche... sur le toit de sa maison.

En 1996, il fuit à l'étranger via le Kurdistan. Il affirme avoir tenté de partir plus tôt et envoyé l'un de ses fils en éclaireur, mais ce fils sera bloqué à la frontière jordanienne par les services de sécurité irakiens. En 1996, le général parvient donc finalement à s'échapper et se réfugie d'abord en Jordanie, puis gagne le Danemark.

Mais, très vite, il est rattrapé par son destin. Des Kurdes réfugiés en Scandinavie l'accusent d'avoir joué un rôle majeur dans les massacres. Et Birgitte Vestberg, procureur spécial, enquêtant sur son éventuelle implication dans des crimes de guerre, l'empêche de quitter le pays. Son espoir de jouer un rôle dans l'après-Saddam paraît compromis. Mais qui sait... -

Encadré(s) :

Repères

Né en novembre 1938, fils et neveu d'officiers supérieurs de l'armée irakienne - son père, Abdel Kerim al-Khazraji, a été général, et son oncle, Ibrahim al-Ansari, également général, fut chef d'état-major en 1967 avant la prise du pouvoir par le Baas -, Nizar al-Khazraji a fait une brillante carrière. Sorti sous-lieutenant de l'école militaire en juin 1958, un mois avant la révolution de Kassem, il a été aide de camp de son oncle, est allé à l'école des blindés en 1959 et a complété sa formation avec un stage chez les parachutistes des forces spéciales - avant l'école d'état-major, en 1968.

Nommé attaché militaire adjoint à Moscou (1969-1971), puis en Inde (1974-1977), il commande ensuite une division de troupes de montagne à Soulamaniya, au Kurdistan, en 1978-1981. Pendant la guerre contre l'Iran, il est d'abord responsable du secteur central à l'est de Khanaqin, puis commandant du 1er corps d'armée à Kirkouk de 1984 à 1986, puis à nouveau en 1987.

C'est là qu'en juillet 1987 il est nommé chef d'état-major de l'armée irakienne. Il tombe en disgrâce en 1996 Chris Kutschera

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Personnalités politiques; Politique extérieure et relations internationales
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Doc. : 20030321PO159204001


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 10:04:19
Permalien IRAK, LE GENERAL PERDU DU RAIS


Dimanche 23 mars 2003

APARTHEID

Afrique du Sud:

 l'apartheid ne

sera pas jugé


Le texte final de la Commission vérité et réconciliation a été rendu vendredi.

Par Sabine CESSOU

samedi 22 mars 2003


 
 
 

«S'ils devaient tous être poursuivis, le fardeau pour notre système serait insupportable, et le coût astronomique.» Desmond Tutu
  Johannesbourg de notre correspondante

'ancien primat anglican et prix Nobel de la paix Desmond Tutu a remis vendredi au président sud-africain Thabo Mbeki le rapport final de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC). Cinq ans après la fin des audiences qui ont bouleversé l'Afrique du Sud post-apartheid de 1996 à 1998, le rapport offre une ultime révélation : Frederik De Klerk a admis savoir que le «régime de l'apartheid», dont il était vice-président, a commandité en 1988 un attentat à la bombe contre le siège du Conseil national des Eglises, à Johannesbourg. Auditionné à deux reprises en 1996 et 1997, il avait pourtant, sans ciller, affirmé le contraire. Cet aveu de dernière minute, inclus dans les deux derniers des sept volumes qui forment le rapport final de la TRC, dit bien la fragilité du travail de «vérité» entrepris par la nouvelle Afrique du Sud.

Enjeux brûlants. Treize ans après la fin de l'apartheid, les enjeux sont toujours brûlants. Si le rapport final a été rendu si tard, c'est qu'il a fallu du temps pour calmer les esprits et empêcher les antagonismes de ressurgir. Des personnalités encore dotées d'un énorme poids politique, comme Winnie Madikizela-Mandela, l'ex-femme de Nelson Mandela, et Mangosuthu Buthelezi, chef des nationalistes zoulous du parti de l'Inkhata, ont en effet été reconnus «responsables» par la TRC de violations des droits de l'homme pendant l'apartheid. Faute d'avoir demandé l'amnistie avant les audiences de la TRC, ils devraient en principe encourir des poursuites pénales. Il en va de même pour 5 000 personnes, d'anciens tortionnaires blancs pour la plupart. «S'ils devaient tous être poursuivis, a commenté Desmond Tutu, le fardeau pour notre système serait insupportable, et le coût astronomique.»

C'est surtout pour préserver le statu quo politique qui a permis au «miracle» sud-africain de perdurer qu'aucun grand procès ne sera intenté. Afin d'éviter qu'un contentieux juridique ne traîne en longueur, la TRC a permis à Mangosuthu Buthelezi, actuel ministre de l'Intérieur, de se justifier sur quatre pages, comprises en annexe du rapport. L'Inkhata, son parti, a pourtant été désigné par la TRC comme le plus grand violateur des droits de l'homme, après l'Etat, entre 1948 et 1994. «D'un simple claquement de doigts, estime un ancien membre de la TRC, Buthelezi pourrait faire retomber toute la province du Kwazulu-Natal dans les violences politiques qui ont marqué la fin de l'apartheid.» Le gouvernement, de son côté, a évoqué la possibilité d'une «amnistie générale», sans oser passer à l'acte.

Pour beaucoup de Sud-Africains, la TRC aura laissé un goût amer. L'absence de remords des anciens responsables politiques de l'apartheid reste difficile à admettre pour la majorité noire. Des reproches sont aussi adressés au Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, qui n'a pas commencé à verser les réparations pourtant promises aux 20 000 victimes de l'apartheid.

Ultraconservateurs. Sur le front de la réconciliation, beaucoup reste à faire. Dans un pays où la minorité blanche (10 % de la population) s'estime victime d'une «ségrégation inversée», en raison des nouvelles lois sur l'affirmative action (promotion des Noirs au sein des entreprises et des administrations), l'extrême droite n'a pas complètement disparu. Responsable de l'explosion d'une douzaine de bombes à travers le pays depuis octobre, un petit réseau d'ultraconservateurs nommé Boeremag («force boer») est aujourd'hui accusé d'avoir voulu attenter à la vie de Nelson Mandela. Une bombe aurait été posée en octobre dernier sur un parcours que Mandela devait faire en voiture pour inaugurer une école, dans la province du Limpopo. L'ancien Président a échappé à l'attentat parce qu'il s'est finalement rendu sur les lieux en hélicoptère.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 09:59:10
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Dimanche 23 mars 2003

LES ALLIES DES ETATS-UNIS
LA GUERRE

Le Pentagone publie
la liste de ses alliés

Certains pays figurant sur la liste peuvent apparaîtrecomme surprenant.

 
De la fumée est visible dans le ciel de Bagdad jeudi soir (AP)
 
Le Pentagone a publié sa liste de 45 pays considérés par Washington comme des partenaires dans la guerre déclenchée contre l'Irak pour évincer Saddam Hussein du pouvoir. Mais certains des pays figurant sur cette liste publiée vendredi peuvent apparaître comme surprenants.
Témoin la Mongolie dont le budget annuel de la défense de 24 millions de dollars/euros est inférieur à ce que la Marine des Etats-Unis a dépensé dans les missiles Tomahawk tirés sur l'une des résidences du «raïs» irakien lors de la première nuit de la guerre.
Mais en publiant sa liste, le Pentagone a souligné que ces 45 pays s'étaient «publiquement engagés» dans cette guerre. Ce qui explique notamment pourquoi certains pays du Proche et du Moyen-Orient qui soutiennent directement l'intervention militaire mais ne l'ont pas dit publiquement ne se trouvent pas sur cette liste.

Etrange

Parmi ces pays on retrouve l'Arabie saoudite, la Jordanie, l'émirat de Qatar, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn et Oman, tous ces pays permettant aux forces américaines d'opérer depuis leur territoire.
Soit. Mais en quoi la Micronésie et le Nicaragua -deux autres partenaires de la liste du Pentagone- contribuent-ils à la guerre contre Saddam Hussein? Le ministère américain de la Défense ne le dit pas.
Le colonel Catherine Abbott, une porte-parole du Pentagone, a rappelé que la politique du ministère américain de la Défense est de «laisser chaque pays exprimer à sa manière son soutien à la coalition».
Elle a expliqué que ce soutien pouvait aller de la participation militaire directe -comme c'est le cas de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de l'Australie et de la Pologne- à un soutien logistique (Roumanie), au droit de survol (Turquie), à une aide humanitaire (Japon) ou encore à un soutien politique.

Les autres pays

Voici les autres pays figurant sur cette liste: Afghanistan, Albanie, Azerbaïdjan, Bulgarie, Colombie, Costa-Rica, République Tchèque, Danemark, République Dominicaine, El Salvador, Erythrée, Estonie, Ethiopie, Géorgie, Honduras, Hongrie, Islande, Italie, Koweït, Corée du Sud, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Iles Marshall, Pays-Bas, Palau, Philippines, Portugal, Rwanda, Singapour, Slovaquie, Iles Salomon, Espagne, Ouganda et Ouzbékistan.
Parmi les pays ne figurant pas sur la liste du Pentagone mais qui sont des alliés traditionnels des Etats-Unis, l'Allemagne a fait connaître sa vive opposition à l'intervention militaire mais a autorisé l'utilisation de son espace aérien pour les forces américaines impliquées dans le conflit et basées en Allemagne. AP


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 09:58:13
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Dimanche 23 mars 2003

ADMINISTRATION INTERIMAIRE


AFP Général
International, samedi 22 mars 2003

Washington a accepté une administration intérimaire irakienne (PDK)

ERBIL (Irak) 22 Mars (AFP) - Washington a accepté une administration intérimaire irakienne après la chute du régime du président Saddam Hussein, renonçant à un gouverneur militaire américain, a annoncé samedi un haut responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) dans une conférence de presse à Erbil.

"Il y a aura une administration intérimaire irakienne (BIEN IRAKIENNE) immédiatement après la libération", a affirmé le responsable des "relations extérieures" du PDK, Hoshyar Zebari, en précisant que cette décision avait été prise au cours de discussions tripartites à Ankara entre représentants américains, turcs et kurdes.

"Auparavant il souhaitaient imposer une administration militaire qui ne serait pas celle des Irakiens", a-t-il ajouté.

"Ils ont abandonné l'idée de l'administration militaire (...) lors des discussions à Ankara", a poursuivi ce responsable kurde irakien.

Abdelaziz Hakim, numéro deux de l'Assemblée suprême de la révolution islamique d'Irak (Asrii), principale organisation d'opposition chiite au régime de Saddam Hussein, avait également annoncé peu auparavant, dans un entretien avec l'AFP à Téhéran, que les Américains ont dit à l'opposition que le pays serait dirigé par une "autorité irakienne dès le début", c'est-à-dire dès la chute du régime.

"Ce ne sera pas un gouvernement, plutôt une autorité qui sera en charge des services publics", a ajouté M. Zebari. "Les pouvoirs seront graduellement transférés à cette autorité, on négociera avec les Nations Unies, avec les pays donateurs. Elle préparera la voie pour créer une cour de justice, elle aidera à établir une Assemblée constituante pour élaborer une constitution", a encore précisé le responsable kurde irakien.

dp/pjt

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) - AFP Général : Irak; guerre; opposition; kurdes; administration
Heure de publication : 13:24 GMT
Taille : Court, 203 mots

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Doc. : 20030322AF0FRS550_081_142430


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-23 09:55:06
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON