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Publié le dimanche 16 mars 2003

Dimanche 16 mars 2003

CHINE
Chine: Wen Jiabao, nouveau Premier ministre


[dimanche 16 mars 2003 - 07h45 heure de Paris]

© AFP
Wen Jiabao dimanche à Pékin
© AFP Goh Chai
PEKIN (AFP) - Wen Jiabao, 60 ans, a été élu dimanche nouveau Premier ministre de la République populaire de Chine à la quasi-unanimité des députés du parlement chinois. Vice-Premier ministre depuis 1998, il était le candidat unique pour diriger le gouvernement dont la composition sera annoncée lundi.

Sur 2.948 délégués présents en séance plénière, 2.906 ont voté pour lui, trois contre, alors que 16 se sont abstenus, soit un score légèrement supérieur à 99%. De petite taille et les traits doux à peine altérés par de discrètes lunettes, toujours tiré à quatre épingles, Wen Jiabao, considéré comme un spécialiste de l'économie rurale et des finances, est un technocrate qui a fait toute sa carrière au sein du parti communiste.

Zhu Rongji, le chef du gouvernement sortant et "patron" de l'économie chinoise depuis les années 90, a été longuement ovationné lorsqu'il est entré dans la grande salle du Palais du peuple, en fin de séance, pour prendre place entre le président sortant Jiang Zemin et Wen Jiabao. Pendant que les députés se levaient pour déposer leurs bulletins dans les urnes, Wen Jiabao, assis à côté Jiang, était resté souriant, le regard rivé au plafond et à son étoile rouge.

© AFP
Ian Zemin et Hu Jintao le 11 mars
© AFP/Archives Frederic J. Brown
Les parlementaires chinois ont également désigné dimanche les membres de la commission militaire centrale (CMC) de l'Etat, dont la composition est rigoureusement identique à celle de la CMC du parti, formée en novembre dernier. Hu Jintao a été triomphalement réélu premier vice-président de la CMC, une fonction qu'il occupe depuis 1998, par 2.928 voix pour, une contre et huit abstentions. Les deux autres vice-présidents sont les généraux Guo Boxiong et Cao Gangchuan. Enfin, les députés ont confirmé dans ses fonctions le président de la Cour populaire suprême, Xiao Yang, et désigné l'ancien chef des services secrets et ex-ministre de l'Intérieur Jia Chunwang comme président du Parquet populaire suprême.

A leur arrivée dans le Palais du peuple, sur la place Tiananmen, les députés affichaient d'une seule voix, et sans surprise, leur pleine confiance en Wen Jiaobao pour diriger les affaires du pays. "Il a beaucoup d'expérience", selon Peng Jianxun, un délégué de la province du Shanxi (nord).

"Il est pragmatique, il a beaucoup de compassion pour le peuple", a déclaré Zhi Shuping, un délégué de la province du Henan (centre). Pour le réveillon du Nouvel an chinois le 1er février dernier, la télévision chinoise avait montré Wen partageant un simple plat de raviolis avec des mineurs du nord-est de la Chine. "Il est très capable. il peut amener un développement encore meilleur de l'économie chinoise", a estimé pour sa part Gao Xiang, du Heilongjiang (nord-est).

Wen aura essentiellement la charge de superviser la modernisation économique, d'éventuelles réformes politiques restant le domaine réservé du numéro un du régime, Hu Jintao, et probablement du patriarche en devenir, Jiang Zemin. Avec son gouvernement, il devra aussi préparer les Jeux olympiques de 2008, et trouver des solutions face à la montée du chômage ou à la dégradation de l'environnement. Le nouveau gouvernement comprendra 28 ministères ou commissions contre 29 auparavant. Parmi les postes-clé, celui des Affaires étrangères devrait être conservé par Tang Jiaxuan, 64 ans, qu'il occupe déjà depuis cinq ans. Le nom de l'un de ses adjoints, Li Zhaoxing, circule aussi.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-16 12:21:08
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Dimanche 16 mars 2003

COREE DU NORD
CORÉE DU NORD Washington presse la Chine de «régler» rapidement le problème posé par l'escalade nucléaire de Pyongyang


(Dobritz)
 
Les États-Unis mettent Pékin au pied du mur
Les États-Unis ont annoncé hier la reprise de leurs vols de surveillance autour de la Corée du Nord, par la voix du commandant des forces américaines dans le Pacifique. Ces vols avaient été suspendus après un incident dans l'espace aérien international, le 2 mars dernier, entre un RC- 135S américain et des chasseurs nord-coréens qui avaient tenté de l'intimider.

Pékin : de notre correspondant François Hauter
[14 mars 2003]

Les États-Unis viennent de lancer un double avertissement très ferme à la Chine pour qu'elle amène rapidement la Corée du Nord à interrompre son programme nucléaire. Un message convoyé d'abord par le secrétaire d'État, Colin Powell, en visite à Pékin, le 23 février, puis indirectement par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, le 6 mars. Selon des sources diplomatiques, M. Powell, lors de sa dernière visite en Chine, a averti les dirigeants chinois qu'ils disposaient d'un court délai – jusqu'à la fin des opérations militaires américaines en Irak – pour «régler le problème nord-coréen», en ajoutant : «Si vous ne le faites pas, nous le ferons. Vous avez une véritable opportunité pour le faire vous-mêmes, ne ratez pas cette chance.» Colin Powell a expliqué à ses hôtes chinois que les États-Unis avaient parfaitement joué leur rôle stabilisateur dans la région, en réussissant jusqu'à présent à empêcher leurs alliés en Asie – le Japon et la Corée du Sud principalement – à ne pas se doter d'armements nucléaires. Et qu'il était maintenant de la responsabilité de la Chine d'empêcher cette prolifération en Corée du Nord.

Pendant ses entretiens à Pékin, M. Powell n'a pas brandi directement la menace d'une attaque américaine contre la Corée du Nord. «Il n'a jamais utilisé le mot guerre», affirme une source bien informée.

Mais cette menace de conflit a été indirectement formulée le 6 mars par M. Rumsfeld. A Washington, il a annoncé que le stationnement des forces américaines à proximité de la ligne de démarcation entre les deux Corée était devenu «gênant», et que ces hommes (l'essentiel des 37 000 soldats US positionnés en Corée du Sud) pourraient se replier vers le sud de la péninsule, ou vers d'autres bases dans le Pacifique. Le message, dans l'esprit des Américains, était limpide : en cas de bombardement américain pour détruire les installations nucléaires nord-coréennes de Yongbyon, les GI ne seraient plus à portée de tir de l'artillerie de Pyongyang.

Il n'est pas certain que ce dernier «message», qui s'adressait également à la Corée du Nord, ait encore été bien compris à Pékin. Mais la mise en garde de M. Powell a été prise très au sérieux. D'autant qu'elle a été martelée le 9 mars par Condoleezza Rice, la conseillère pour les questions de sécurité nationale du président Bush : «Nous n'avons pas peur de discuter mais nous devons le faire d'une manière qui mette le maximum de pression sur la Corée du Nord pour cette fois pas seulement geler son programme d'armement de destruction massive mais le démanteler... La Chine a des responsabilités», a-t-elle déclaré. L'Administration américaine, qui a longtemps donné l'impression de tâtonner, voire de diverger, sur la crise avec Pyongyang, affiche cette fois clairement sa politique.

Celle-ci fait l'objet d'intenses discussions au sein de l'état-major de l'Armée populaire de libération (le seul vrai lien entre les Chinois et les Nord-Coréens est celui des officiers supérieurs des deux pays qui se sont battus côte à côte entre 1950 et 1953). Mais, surtout, la crise agite les instances dirigeantes du Parti communiste chinois (PCC). Car il ne fait plus de doute que dès que l'offensive américaine en l'Irak sera bouclée, la Chine va se retrouver avec le risque d'une guerre à ses portes, sur les 700 km de ses frontières avec la Corée du Nord. Pour les chefs du PCC, qui jouent la stabilité avant tout pour conserver un taux de croissance leur permettant d'éviter les tensions sociales, et ainsi se maintenir au pouvoir, cette perspective de conflit est une catastrophe.

C'est un défi aussi pour une diplomatie chinoise qui se réveille brutalement à la nécessité de réagir vite, lorsque les intérêts du pays sont en jeu. L'empire du Milieu ne peut plus jouer l'isolement, dans un monde où les marchés étrangers dictent son développement.

De ce point de vue, l'affaire irakienne est un test : la Chine importe aujourd'hui 40% de son pétrole, et 60% des fournisseurs de Petrochina sont au Moyen-Orient. Elle redoute naturellement la remise en question de ses contrats dans la région (elle a été rassurée sur ce point par les États-Unis). Plus fondamentalement encore, la Chine partage la vision «multilatérale» des Français et des Russes, et rejette d'autant plus la doctrine Bush des guerres «préemptives» que la guerre en Irak conduit à celle contre la Corée du Nord. A court terme, la guerre en Irak étant inexorable, les Chinois sont pragmatiques : ils préfèrent suivre Paris et Moscou, en se battant bec et ongles contre une seconde résolution au Conseil de sécurité de l'ONU. Cette résolution n'obligerait-elle pas à un affrontement direct ou voilé avec les États-Unis, à travers un veto ou à une abstention à l'ONU ? Ne serait-ce pas déraisonnable ? La Chine n'est-t-elle pas déjà ligotée à l'Amérique par son excédent commercial aux États-Unis (103 milliards de dollars en 2002) ?

C'est au nom de ce pragmatisme et de la crise à venir sur la Corée du Nord que Li Zhaoxing sera nommé mardi prochain à la tête de la diplomatie chinoise. Ancien ambassadeur à Washington entre 1998 et 2001, au moment du bombardement de l'ambassade chinoise à Belgrade, l'homme a la réputation d'avoir su faire entendre la voix de la Chine aux États-Unis en période de haute tension.

Cette fois cependant, il faudra des arguments très solides aux Chinois pour éviter un raid américain sur la Corée du Nord d'ici à quelques semaines. Pour l'heure, les dirigeants à Pékin se contentent de prétendre devant leurs homologues américains qu'ils n'exercent plus d'influence sur Kim Jong-il, le dictateur de Pyongyang, et que les réformes prônées par les Chinois en Corée du Nord ont été balayées par les «durs» du régime. L'Administration Bush rétorque que ce régime ne tiendrait pas sans l'aide matérielle de Pékin. «Les Chinois font passer des messages aux Nord-Coréens par le biais de leur ambassade à Pékin. Ils semblent empêtrés dans leur crainte de ne pas réussir, de perdre la face sur ce dossier. C'est ridiculement insuffisant», constate un bon observateur.

A n'en pas douter, l'un des premiers déplacements de Li Zhaoxing sera une visite à Pyongyang.




ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-16 12:19:16
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Dimanche 16 mars 2003

IRAN
Les USA projettent une "guerre informatique" contre l'Iran (responsable)

TEHERAN, 15 mars (AFP) - Un haut responsable iranien a accusé les Etats-Unis de vouloir lancer contre son pays une "guerre informatique" destinée à saper l'unité nationale, après en avoir fini avec le régime en Irak.

"Le gouvernement américain projette une guerre informatique contre l'Iran après l'Irak. Il s'agirait d'anéantir la foi des gens, de modifier leur comportement, d'attenter à notre unité nationale et d'oblitérer l'identité nationale et religieuse de notre peuple", affirme Hassan Rohani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité samedi par la presse.

Les dirigeants iraniens accusent régulièrement les Américains d'utiliser internet et la télévision pour déstabiliser le régime islamique.

"Les Américains se trompent lourdement car, au cas où ils l'emporteraient en Irak, l'Iran se dressera, invincible, contre eux", a ajouté l'hodjatoleslam Rohani selon lequel Washington "se fait des illusions en choisissant l'Iran pour prochaine cible".

La crainte d'un encerclement par l'influence américaine est un sujet de préoccupation majeure de l'Iran avant une possible attaque contre l'Irak.

Le président américain George W. Bush a renouvelé jeudi les sanctions imposées en 1995 et empêchant les ressortissants américains de se livrer à des transactions pétrolières avec l'Iran.

Le décret américain cite à nouveau les menaces qui ont valu à l'Iran de se retrouver sur "l'axe du mal" avec l'Irak et la Corée du nord: "le soutien au terrorisme international, les efforts pour saper le processus de paix au Proche-Orient et l'acquisition d'armes de destruction massive ainsi que des moyens de les utiliser".


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-16 12:16:15
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Dimanche 16 mars 2003

CENTRAFRIQUE
CENTRAFRIQUE

Le coup de force de Bozizé
Des rebelles, proches du général Bozizé, l'ancien chef d'état major, se sont emparés des points stratégiques de Bangui. François Bozizé réclame dimanche une "transition collective" et appelle les soldats à regagner leurs casernes. Le président Ange-Félix Patassé, absent du pays au moment des faits, s'est réfugié au Cameroun.

 
Ange-Felix Patasse (AP)
 
François Bozizé, l'ancien chef d'état-major centrafricain limogé en octobre 2001 pour une tentative de putsch, semblait dimanche en passe de prendre le pouvoir. Des insurgés lui exprimant leur loyauté se sont en effet emparés de l'aéroport de Bangui et d'une partie de la capitale, alors que des soldats de l'armée régulière commençaient à faire défection.
Le président Ange-Félix Patassé se trouvait pour sa part à l'hôtel Hilton de Yaoundé (Cameroun), son avion ayant été dérouté samedi après avoir été la cible de tirs à son retour du Niger. Le chef de l'Etat centrafricain venait de participer à Niamey à un sommet des pays membres du Groupe du Sahel et des Etats du Sahara consacré aux questions d'irrigation. Il ne devrait pas rester à Yaoundé et des discussions étaient en cours dimanche pour lui trouver un pays d'accueil provisoire.
Dimanche matin, le capitaine Parfait M'Bay, porte-parole de François Bozizé, a affirmé sur France-Info qu'il fallait "mettre les choses à plat et repartir. Ce sera une transition collective avec tous les Centrafricains, toutes les forces vives de la nation".

Reprise d'un dialogue national

Evoquant la reprise d'un dialogue national, il a ajouté: "Je laisse cette priorité au nouveau chef de l'Etat" et aux "nouvelles institutions qui se mettront en place, mais nous savions depuis très longtemps que c'est notre mission de réunir tous les Centrafricains autour d'un programme d'urgence pour relever ce pays qui est totalement à terre".
Accusé d'avoir participé à une tentative de coup d'Etat, le général Bozizé avait été limogé le 26 octobre 2001. Menacé d'arrestation en novembre de la même année, il avait fui avec ses partisans vers le Tchad voisin. Depuis, il n'avait cessé de vouloir s'emparer du pouvoir en Centrafrique. Ses forces avaient même failli prendre Bangui le 25 octobre dernier, avant d'être repoussées par des supplétifs libyens et des miliciens du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.
Samedi, des insurgés se sont emparés de l'aéroport de Bangui et de résidences de la capitale centrafricaine appartenant notamment au président Ange-Félix Patassé. Plusieurs milliers de civils ont pillé le domicile privé du président après que des hommes armés en eurent pris le contrôle. Les bureaux du chef de l'Etat et les habitations d'autres dignitaires ont subi le même sort.
Ces événements ont été précédés de tirs d'artillerie lourde et d'armes légères, lorsque des combattants rebelles sont entrés dans Bangui par les quartiers nord, dont de nombreux habitants ont pris la fuite, souvent paniqués. Les échanges ont cependant baissé en intensité à la tombée de la nuit.

Six tentatives de coup d'Etat

Après plusieurs heures de tirs sur l'aéroport, les assaillants ont affirmé à l'Associated Press qu'ils contrôlaient désormais le terrain, ce qu'a ensuite confirmé un haut responsable des forces de sécurité centrafricaines.
Dans toute la Centrafrique, la télévision et la radio nationales n'émettaient plus et aucun responsable gouvernemental ne s'exprimait sur les événements en cours.
Selon des habitants de la capitale, les assaillants s'en prenaient également aux banques situées le long de la frontière avec le Congo-Kinshasa afin de couper les vivres aux rebelles du MLC qui ont soutenu le président Patassé dans le passé.
Accusé de corruption par les mouvements d'opposition, M. Patassé a survécu à six tentatives de coup d'Etat au cours des six dernières années. Et ce pays d'Afrique centrale, dont le sous-sol est riche en or, en diamants et en uranium, a été le théâtre de nombreux soulèvements depuis son indépendance vis-à-vis de la France en 1960.
A Paris, le Quai d'Orsay a ouvert une cellule d'information (01.45.55.80.00) et dénoncé un éventuel coup de force rebelle. "Face aux événements qui se déroulent à Bangui, la France rappelle sa condamnation de toute tentative armée pour renverser un chef d'Etat légitimement élu", selon un communiqué du ministère. (avec AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-16 12:14:38
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