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Publié le vendredi 14 mars 2003
Vendredi 14 mars 2003
TURQUIE
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Un parti kurde
interdit en
Turquie
Le Hadep est accusé de soutenir les rebelles séparatistes du PKK.
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vendredi 14 mars 2003

 «Le Hadep n'a aucun lien avec la lutte armée. Nous avons toujours cru en une résolution pacifique des problèmes.» Mefair Altindag, un responsable du parti |
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es autorités d'Ankara cherchent à bloquer toute velléité d'autonomisme kurde, alors que les tensions s'accroissent dans le sud-est du pays peuplé en majorité de Kurdes. La Cour constitutionnelle a finalement interdit, hier, au terme d'une longue procédure judiciaire, la principale force politique kurde, le Parti de la démocratie du peuple (Hadep), accusé d'être devenu «un centre d'activités portant atteinte à l'unité indivisible de l'Etat en aidant et appuyant» le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kadek), une organisation illégale qui a combattu l'armée turque pendant près de quinze ans.
Une demi-heure après ce verdict, le procureur de la Cour de cassation, Sabih Kanadoglu, a lancé une procédure d'interdiction contre le Parti démocratique du peuple (Dehap), formation liée au Hadep. Quarante-six membres du Hadep, dont certains des fondateurs, ont été interdits de politique pour cinq ans. «Le Hadep n'a aucun lien avec la lutte armée. Nous avons toujours cru en une résolution pacifique des problèmes», a déclaré Mefair Altindag, un responsable du parti.
Tension. L'annonce du verdict avait été retardée en raison de l'emploi du temps chargé de la cour et n'a aucun lien direct avec les événements actuels en Irak. Elle intervient néanmoins dans un contexte de tension provoquée par l'annonce d'une intervention militaire possible de la Turquie dans le nord irakien, où Ankara veut prévenir toute tentation de sécession de la part des Kurdes irakiens, après l'effondrement du régime de Bagdad, qui pourrait avoir un effet de contagion sur les Kurdes turcs.
Cette nouvelle mesure d'interdiction d'un parti la 24e depuis 1963 risque de peser sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne, qui reproche toujours à Ankara des manquements à la démocratie, malgré les réformes adoptées en août dernier abolition de la peine de mort et droits accrus pour les minorités, dont les Kurdes, qui représentent un quart de la population du pays. «La décision [d'interdiction du Hadep] va être examinée par les organes de l'UE, mais il est certain qu'elle influencera de manière négative la marche européenne de la Turquie», a déclaré hier le porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, dont le pays préside l'UE ce semestre.
Cumul de problèmes. Les diplomates occidentaux à Ankara soulignent que la mise hors la loi du Hadep «s'ajoute à un cumul de problèmes» dans les relations entre la Turquie et l'Europe. Il y a la question de Chypre, alors que les discussions de paix pour une réunification de cette île, divisée depuis 1974, échouaient mardi en raison de l'intransigeance des Chypriotes turcs soutenus par Ankara. Le lendemain, la Turquie était condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme pour «procès inéquitable» contre Abdullah ÷calan, le chef du PKK.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-03-14 12:44:51
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Vendredi 14 mars 2003
PORTUGAL
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Scandale
pédophile: le
Portugal en état
de choc
Au moins 128 enfants d'une institution caritative auraient été victimes d'abus sexuels.
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Par François MUSSEAU
vendredi 14 mars 2003

 L'institution, la Casa Pia, qui héberge 4 600 orphelins et mineurs défavorisés répartis dans ses huit collèges, est l'objet de forts soupçons depuis une bonne trentaine d'années. |
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Madrid de notre correspondant
arlos Cruz est l'une des personnalités les plus populaires du Portugal. Un présentateur de télévision qui, à force d'envahir le petit écran, a fini par devenir partie intégrante de la famille. Une sorte de gendre idéal rassurant, indiscutable. Le choc a donc été d'autant plus grand dans le pays lorsque, fin février, Carlos Cruz est mis en détention préventive, accusé de pédophilie. Le procureur général a aussi envoyé derrière les barreaux un médecin, Joao Diniz, et l'avocat Hugo Marçal.
L'hypothèse du réseau. Révélée par la presse en novembre, «l'affaire de la Casa Pia», une institution caritative publique, est devenue le plus grand scandale de moeurs depuis la révolution des OEillets, en 1974. Surtout, personne ne s'explique pourquoi les abus sexuels sur des enfants ont pu être jusqu'ici tenus sous silence, alors que la Casa Pia, une institution fondée en 1 780 qui héberge 4 600 orphelins et mineurs défavorisés dans ses huit collèges répartis dans tout le pays , est l'objet de forts soupçons depuis une bonne trentaine d'années.
Le 28 février, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale dont dépend la Casa Pia a confirmé qu'au moins 128 filles et garçons du centre, pour l'essentiel des sourds-muets, ont été victimes d'abus sexuels ces dernières années. Les autorités, qui ont mis en place une commission d'enquête, ont souligné la «tragique dimension» d'un problème dont on ne connaît certainement que les «prémices». Et beaucoup d'émettre l'hypothèse d'un vaste réseau pédophile qui éclabousserait des diplomates, des politiciens ainsi que des personnalités du sport et des médias.
Tout avait commencé en novembre grâce aux témoignages d'enfants publiés dans l'hebdomadaire Expresso. Les gamins accusent un certain Carlos Silvino, alias «Bibi», lui-même ancien élève de la Casa Pia devenu chauffeur et jardinier de l'institution aujourd'hui en prison. L'intéressé aurait non seulement commis des viols dans l'enceinte de certains collèges depuis vingt-cinq ans, mais il aurait aussi emmené des mineurs dans des appartements ou des maisons pour les «offrir» à des clients. «D'après les récits des victimes, "Bibi" amenait notamment les enfants dans une maison discrète d'Elvas (en Alentejo, près de la frontière espagnole, ndlr), où venaient Carlos Cruz et bien d'autres», raconte Felicia Cabrita, la journaliste qui a révélé l'affaire.
Le scandale pourrait n'en être qu'à ses débuts. «"Bibi" est sous les verrous, mais où sont les autres ?», titre le quotidien 24 Heures. La nouvelle directrice de l'institution, Catalina Pestana, encourage d'éventuelles nouvelles victimes à se confier : «Parlez avec qui vous voudrez, mais parlez. C'est le silence qui est le plus douloureux. Personne ne vous fera plus jamais de mal.»
Documents détruits. Le climat de suspicion généralisée tient aux silences et aux ambiguïtés du passé. En 1975 déjà, dénoncé par des professeurs de la Casa Pia pour «pratiques pédophiles», «Bibi» est interrogé par la police avant d'être relâché. En 1989, il est expulsé pour les mêmes motifs, mais sera réintégré deux ans plus tard par une décision de justice. L'ancienne secrétaire d'Etat à la Famille, Teresa Costa Macedo, affirme aujourd'hui avoir, en 1982, remis aux autorités des preuves d'actes pédophiles au sein de la Casa Pia, et accuse Antonio Eanes (président de la République entre 1976 et 1986, ndlr) d'avoir fermé les yeux. La police judiciaire a récemment reconnu que ces documents ont été détruits en 1993. «Cela fait longtemps que les gens savent ce qui se trame dans la Casa Pia, confie une reporter de la chaîne de télévision SIC. Le scandale a été étouffé grâce à la complicité de hauts responsables de l'Etat.» Quoi qu'il en soit, beaucoup de personnalités ne seront jamais inquiétées, car, prescription oblige, les juges ne s'attachent qu'aux viols commis depuis 1995.
Indifférence complice. Il reste beaucoup de zones d'ombre dans cette histoire, en particulier l'importance de la clientèle, l'existence ou non de plusieurs réseaux superposés, souligne le sociologue Eduardo Prado Coelho. Ce qui est sûr, c'est que cela salit l'image des pouvoirs publics, qui, par indifférence complice, ont permis qu'une institution caritative devienne une usine à produire des adolescents objets. Après les récents scandales de corruption dans les milieux policier et universitaire, ce scandale va renforcer l'idée que l'Etat est pourri.»
D'autres, comme la journaliste Felicia Cabrita, s'inquiète aussi de la réaction de l'opinion publique. «Le drame de la Casa Pia, c'est aussi grave que l'affaire Dutroux en Belgique, estime-t-elle. Là-bas, il y avait eu des manifestations monstres dans les rues. Au Portugal, je ne m'explique pas une telle passivité. Peut-être parce que l'état de choc a laissé les gens sans réaction, comme prostrés dans une stupéfaction paralysante.».
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ericjeanloicbreton |
| 2003-03-14 12:43:31
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Vendredi 14 mars 2003
AFGHANISTAN
• LE MONDE | 14.03.03 | 15h25Deux détenus témoignent sur la prison américaine de Bagram, en Afghanistan
Peshawar de notre envoyée spéciale
"Par la lumière de la porte à l'autre bout du hangar, nous déterminions à peu près l'heure des prières." Récemment libéré de la prison de Bagram après un séjour de deux mois et cinq jours, Mohammed (un nom d'emprunt, par crainte des représailles) avoue n'avoir vu le ciel qu'une seule fois quand il fut réquisitionné pour vider les latrines. Alors que l'armée américaine enquête sur la mort suspecte de deux détenus à Bagram et que les défenseurs des droits de l'homme dénoncent les conditions de détention et d'interrogatoire des personnes arrêtées, Mohammed et Saïf-ur-Rahman - un autre détenu récemment libéré - livrent leurs témoignages.
La prison de Bagram, établie sur une ancienne base aérienne construite par les Soviétiques et aujourd'hui occupée par l'armée américaine et les troupes de la coalition antiterroriste, est proche de Kaboul. Elle renferme une centaine de détenus, selon le colonel Roger King, porte-parole américain à Bagram. Ils sont apparemment séparés entre le "menu fretin" et ce que les Américains pensent être "de gros poissons".
Saïf-ur-Rahman, frère du chef de guerre Malik Zahrin, qui collabore avec les Etats-Unis, a été l'un de ces "gros poissons" avant que les Américains ne s'aperçoivent de leur erreur. Arrêté par des soldats américains sur une route de la province de Kunar, alors qu'il revenait à Asadabad après avoir été nommé par le gouvernement responsable de la reconstruction, Saïf-ur-Rahman a d'abord été emmené sur la base d'Asadabad. Après un très sommaire interrogatoire, il a été transporté par hélicoptère sur la base de Jalalabad (est de Kaboul). "Ils m'ont mis, nu, dans une pièce avec deux soldats et deux chiens, dit-il. Un soldat versait de l'eau glacée sur moi. Comme je leurs disais que j'étais un ancien moudjahidin, que j'avais combattu les Russes, l'un d'eux m'a dit de faire attention, que les chiens étaient russes. Je suis resté une demi-heure comme cela. Après, les deux soldats sont partis et sont entrés un étranger en civil et deux interprètes afghans. Ils m'ont donné une couverture et des cigarettes et ont commencé à m'interroger." Pendant les 24 heures passées à Jalalabad, Saïf-ur-Rahman a été interrogé deux fois. Le reste du temps, "à part une vingtaine de minutes où j'étais allongé avec des chaînes aux mains et aux pieds, j'ai dû rester debout sans pouvoir dormir", raconte-t-il.
Emmené ensuite à Bagram, par hélicoptère, Saïf-ur-Rahman a été installé au premier étage du centre de détention, où sont placés les prisonniers de première importance. "Ils m'ont d'abord coupé les cheveux, donné un uniforme rouge. Pendant 24 jours, j'ai été seul dans une petite pièce, les mains menottées devant, avec l'autorisation de m'allonger seulement deux heures par jour. Il y avait des gens qui parlaient tout le temps, de la lumière en permanence et quand j'étais fatigué, ils venaient pour me dire debout, tenez-vous." Saïf-ur-Rahman affirme alors avoir subi 230 interrogatoires.
"ASSIS, DEBOUT"
Il a ensuite rejoint le "menu fretin" au rez-de-chaussée. Les détenus y sont gardés dans des box séparés par des grillages, par groupes de huit à dix, avec interdiction de se parler. "Si vous dites un mot, vous êtes punis", affirme Mohammed. Ce hall est en permanence éclairé par deux rangées de puissantes lampes. "Les soldats vous regardent en permanence. La nuit, ce sont souvent des femmes et elles parlent très fort pour nous empêcher de dormir", ajoute-t-il en précisant que, même allongés, les prisonniers n'ont pas le droit de se couvrir la face. Outre la privation de sommeil, le rationnement semble faire partie des méthodes d'interrogatoires. "Un petit biscuit, un petit paquet de raisins secs, des légumes en paquets, toujours froid et seulement deux fois par semaine une moitié de rôti -un pain plat-", explique Mohammed.
"Avant les interrogatoires, ils vous conditionnent, note Mohammed. Ils vous disent sans arrêt : "Assis, debout". Ils vous empêchent de dormir." L'une des menaces favorites paraît être l'envoi sur la base américaine de Guantanamo (Cuba). "Un jour, ils m'ont apporté des cailloux et m'ont dit de les compter. J'ai compté 50 et ils m'ont dit : c'est le nombre d'années que vous passerez à Guantanamo si vous refusez de parler", confie Saïf-ur-Rahman.
Ces deux prisonniers n'ont jamais été battus. Mais Mohammed affirme avoir été interrogé presque quotidiennement (55 jours sur 65 de détention) et ajoute : "Nous avons entendu quelques fois des gens battus et il y a des cellules spéciales pour les prisonniers spéciaux." Après le 1er mars, au Pakistan, Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme le numéro trois d'Al-Qaida, aurait été conduit à Bagram.
Françoise Chipaux • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-14 12:39:55
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Vendredi 14 mars 2003
HISTOIRE
LE MONDE | 14.03.03 | 15h11
• MIS A JOUR LE 14.03.03 | 15h45
En 1956, Paris mettait son premier veto à une résolution américaine
Depuis la création des Nations unies, la France a utilisé dix-huit fois son droit de veto au Conseil de sécurité, a rappelé Jacques Chirac, lundi 10 mars à la télévision. Mais, ce que n'a pas dit le président de la République, c'est qu'elle ne l'a fait qu'une seule fois pour bloquer une résolution d'un allié occidental, en l'occurrence les Etats-Unis. C'était le 30 octobre 1956, en pleine crise de Suez.
Le 26 juillet, le président égyptien, Gamal Abdel Nasser, nationalise le canal de Suez. La Grande-Bretagne et la France sont inquiètes pour la libre circulation sur cette voie d'eau essentielle, tandis qu'Israël se méfie des intentions du raïs. Français, Britanniques et Israéliens jugent le moment bien choisi pour faire reculer l'Egypte. Ils se sont mis secrètement d'accord. Les Egyptiens refusant le passage des bateaux israéliens par le canal, le prétexte est tout trouvé pour une offensive de l'Etat hébreu. La France et la Grande-Bretagne interviendront alors, officiellement pour séparer les belligérants tout en laissant le temps aux soldats de Ben Gourion d'arriver aux abords du canal.
Le 29 octobre, le jour même où les troupes israéliennes franchissent la frontière égyptienne, les Etats-Unis, qui n'ont pas été informés par leurs alliés européens, demandent la convocation d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
"INTENTIONS AGRESSIVES"
Ils y soumettent une résolution qui "demande à Israël de retirer immédiatement ses troupes" et "à tous les membres -de l'ONU-de s'abstenir d'avoir recours à la force ou à la menace dans cette région". C'est une condamnation sans équivoque de l'intervention franco-britannique. Le président Eisenhower souligne que son pays n'accepte pas "l'usage de la force comme moyen sage et approprié pour le règlement des conflits internationaux".
Au cours du débat, le représentant français, l'ambassadeur Bernard Cornut-Gentille, qui préside le Conseil de sécurité, fait valoir que "c'est beaucoup parce que, devant les provocations d'un gouvernement qui ne dissimulait même pas ses multiples intentions agressives, certaines puissances ont montré trop de faiblesse et permis, malgré les avertissements donnés par le gouvernement français, de laisser grandir le danger égyptien jusqu'à nous amener au bord du plus sérieux des conflits". La France se refuse à condamner Israël et vote donc avec la Grande-Bretagne, contre la résolution américaine.
L'ambassadeur de France à l'ONU a-t-il, comme il a été dit, perdu la raison à cette occasion au point de refuser de faire usage du droit de veto et de devoir être remplacé par son adjoint après avoir été enfermé dans son bureau ? Rien dans les archives disponibles ne vient corroborer cette version. Le télégramme diplomatique envoyé de New York au Quai d'Orsay est rédigé à la première personne et porte encore la signature de Cornut-Gentille.
Une chose est sûre en revanche : c'est la dernière fois que l'ambassadeur siégera. "Epuisé par de longues journées de travail intensif", note délicatement l'envoyé spécial du Monde à l'ONU, Henri Pierre, il est désormais remplacé par le numéro deux de la mission, Louis de Guiringaud, qui sera plus tard ministre des affaires étrangères de Valéry Giscard d'Estaing. Ancien officier de cavalerie, "Petit Louis" est ravi de présider pendant une journée encore le Conseil de sécurité et de batailler contre les Américains, les Soviétiques, les Egyptiens et les Yougoslaves.
Ces derniers présentent, le 31 octobre, une demande de réunion de l'Assemblée générale des Nations unies où les membres permanents n'ont pas de droit de veto. Malgré l'opposition de la France et de la Grande-Bretagne, une majorité se dégage au Conseil pour une réunion de l'Assemblée générale devant laquelle la condamnation d'Israël et de ses soutiens franco-britanniques ne fait aucun doute. Les forces franco-britanniques évacueront finalement le canal de Suez après le quasi-ultimatum lancé par les Etats-Unis le 6 novembre.
Bernard Cornut-Gentille n'a jamais repris sa place à New York. Fin décembre, il a été remplacé par Guillaume Georges-Picot, frère du président... de la Compagnie de Suez.
Daniel Vernet • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.03.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-14 12:36:50
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Vendredi 14 mars 2003
france-angleterre
Alors que le premier ministre britannique dénonce l'intransigeance de Paris, les journaux d'outre-Manche jouent du sentiment antifrançais Chasse au Français ouverte dans les médias anglais
 Londres : de notre correspondant Jacques Duplouich [14 mars 2003]
 «Les ministres déclarent ouverte la chasse au Français.» Le titre du journal The Guardian, hier, peut paraître racoleur. Le manque de retenue, voire l'excès d'antipathie, qu'il prête aux membres du gouvernement de Tony Blair contraste, en effet, avec le discours officiel en vigueur jusqu'à présent. En effet, en public et en privé, les ministres évitaient soigneusement de grossir démesurément le désaccord entre Paris et Londres sur le dossier irakien. «Il ne sert à rien de nier nos différences sur la manière de contraindre Saddam Hussein à désarmer», confiait récemment au Figaro Denis MacShane, le ministre des Affaires européennes. «Mais l'objectif d'une étroite coopération pour faire en sorte que l'Europe tienne un rôle ambitieux dans le monde est toujours aussi fort à Londres et à Paris», ajoutait-il. L'Irak, fâcheuse pomme de discorde, ne devait pas masquer l'harmonie effective dans les relations bilatérales, insistait-il.
C'était avant l'annonce par Jacques Chirac que la France mettrait son veto à toute résolution de l'ONU aboutissant inéluctablement, «quelles que soient les circonstances», à une intervention armée en Irak. Depuis, la crispation est perceptible. La nervosité, tangible. Les écarts de langage, de moins en moins contrôlés. Mercredi, lors des questions au premier ministre, à la Chambre des communes, Tony Blair n'a pas caché son exaspération en évoquant, sans la nommer, «une nation qui complique les choses». Et qui, par là même, nourrit ses tourments domestiques en lui fermant tout recours diplomatique possible à l'ONU.
C'est pourquoi, après avoir longtemps rongé son frein et ravalé sa colère, le premier ministre, dans le cul-de-sac diplomatique où il se trouve, aurait donné carte blanche aux membres du gouvernement et aux fonctionnaires de Whitehall pour faire porter à la France la responsabilité de la crise et ses conséquences. «Les officiels ont été informés par «la plus haute autorité» qu'ils peuvent casser du Français», rapportait aimablement, hier, The Guardian. Après les outrances francophobes aussi triviales que pathétiques des groupes de presse de Rupert Murdoch et de Conrad Black, un nouveau déferlement antifrançais est, donc, à l'ordre du jour. Politiquement piloté, cette fois. Et advienne que pourra.
Malgré les milliers de lettres de sympathie et d'encouragement à tenir bon expédiées à l'ambassade de France au Royaume-Uni par des sujets de Sa Très Gracieuse Majesté, jouer du sentiment antifrançais est une recette éprouvée. Pas très glorieuse peut-être, mais probablement «payante». Il suffit de s'entretenir avec tel ou tel ministre pour constater l'abîme qui sépare Britanniques et Français sur l'analyse du dossier irakien. De vieilles rancoeurs réapparaissent. L'«égoïsme éhonté» de Paris, par exemple, qui ne songerait qu'aux intérêts de ses industriels, pas à la souffrance du peuple irakien. «L'odeur de pétrole» dans la «protection» (sic) sans vergogne de Saddam Hussein. La «gesticulation» gaulliste, à défaut de gaullienne, de Jacques Chirac.
Et ce n'est pas seulement le président de la République qui est en cause. C'est un peuple qui, des trotskistes à Jean-Marie le Pen, serait fasciné par le son du clairon chiraquien. Tout comme la presse française, qui aurait perdu le peu de sens critique qui lui restait. Cet unanimisme, comprendre «aveuglement», donne «le haut-le-coeur», explique, sans gêne, un ministre. Lequel ne prétend pas, cependant, que la «diversité» britannique qui met en péril l'autorité du premier ministre est plus satisfaisante.
Remarques fielleuses et à peu près politico-historiques mêlées aux approches antagonistes sur les moyens de neutraliser Saddam Hussein font monter la tension. Downing Street ne se contient plus. Le porte-parole de Tony Blair soulignait, hier matin, que la France a «empoisonné» le processus diplomatique en brandissant son droit de veto. «L'intransigeance absolue» de Paris rend la position des indécis au Conseil de sécurité impossible, a confié Tony Blair au chef de l'opposition tory, Iain Duncan Smith. En conséquence, la deuxième résolution escomptée pour justifier l'engagement des forces britanniques pourrait bien ne pas aboutir, reconnaît le premier ministre. Un embarras annonciateur, pour lui, de tumultes domestiques lourds de conséquences en raison de l'hostilité des Britanniques à une guerre sans l'aval de l'ONU. La faute à Paris.
«Les raisons de Jacques Chirac sont ténébreuses, affirme The Guardian. S'agit-il, en fait, de préserver l'ordre international ou bien de narguer les Américains et de glorifier la France ?» Poser la question, c'est y répondre, de ce côté-ci de la Manche. Un diplomate britannique l'a confié au Times : «La tactique de rudoiement» – le veto «quelles que soient les circonstances» – adoptée par la France «est porteuse de crise». Alors, si la crise aboutit à l'échec de l'ONU dans la solution du dossier irakien, «la faute en incombera à la France, pas à Londres ou à Washington», précise-t-il. La technique du bouc émissaire se met en place.
En se défaussant, ainsi, sur la France de ses difficultés, Tony Blair n'assouvit pas seulement une vendetta personnelle. Il met en place une stratégie qu'il espère salvatrice. Certain qu'en accablant le voisin d'outre-Channel il n'aura pas affaire à des ingrats dans son pays.
La reine Elisabeth II n'ira pas en Belgique
Le palais de Buckingham a annoncé hier que la reine Elisabeth II d'Angleterre avait reporté sine die sa visite en Belgique, prévue la semaine prochaine. Le Foreign Office, qui a recommandé à la reine de reporter son voyage en Belgique, a jugé qu'il ne serait «pas approprié pour Sa Majesté d'être hors du pays dans les circonstances actuelles», faisant allusion à une possible guerre en Irak soutenue par la Grande-Bretagne. La Belgique partage pour sa part les positions françaises.
Le ministère belge des Affaires étrangères a confirmé que la visite de la reine était reportée «en raison de la situation internationale».
Sa Majesté avait été invitée à Bruxelles mardi et mercredi par le roi Albert II de Belgique. Elle devait notamment se rendre au quartier général de l'Otan à Bruxelles. «La visite sera reprogrammée ultérieurement», a déclaré le palais, sans faire référence à la crise irakienne.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-14 10:39:04
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ANGLETERRE, FRANCE(international), IRAK
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