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Publié le mercredi 12 mars 2003
Mercredi 12 mars 2003
BELGRADE
Le Premier ministre serbe tué dans un attentat Le Premier ministre serbe Zoran Djindjic est mort des suites d'un attentat perpétré dans la cour du gouvernement à Belgrade. Deux personnes ont été arrêtées. Le gouvernement propose de proclamer l'Etat d'urgence.
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 Zoran Djindjic (AP) | Le Premier ministre de Serbie Zoran Djindjic, 50 ans, est mort mercredi après avoir été gravement blessé dans un attentat qui a eu lieu vers 12h45 dans la cour du gouvernement de Serbie à Belgrade. Cette information, dans un premier temps donnée par la radio, a ensuite été confirmée par la police serbe puis par le gouvernement. Considérant que cet attentat "menace l'ordre constitutionnel et la sécurité de la Serbie", le gouvernement va proposer à la présidente par intérim Natasa Micic de proclamer l'état d'urgence. "Le gouvernement estime que les conditions sont réunies pour la proclamation de l'état d'urgence et a décidé de proposer à la présidente par intérim de la Serbie de prendre cette décision conformément à la Constitution et de proclamer l'état d'urgence sur tout le territoire de la Serbie", a déclaré le vice-Premier ministre serbe Nebojsa Covic. "L'attentat contre M. Djindjic menace l'ordre constitutionnel et la sécurité de la Serbie (...). Le gouvernement estime que des conséquences encore plus graves pour l'ordre constitutionnel pourraient intervenir et a conclu que les conditions étaient réunies pour proclamer l'état d'urgence", selon le communiqué lu par M. Covic.
Deux personnes arrêtées
Une fusillade a atteint le Premier ministre qui se trouvait dans les environs. Des sources au sein du cabinet du Premier ministre ont déclaré à l'Associated Press que le chef du gouvernement avait reçu deux balles, dans le dos et à l'estomac. Il a été opéré dans un hôpital de Belgrade mais est décédé des suites de ses blessures. Deux personnes ont été arrêtées et une autre a été blessée dans la fusillade, selon des témoins. Le siège du gouvernement a été bouclé par les forces de la sécurité et trois ambulances stationnaient devant le bâtiment. Zoran Djindjic avait fait l'objet le mois dernier d'une tentative d'assassinat présumée le 21 février. Un camion avait soudain fait une embardée pour couper la route à son escorte alors qu'il se rendait à l'aéroport de Belgrade. Le cortège avait évité de peu la collision et le Premier ministre serbe avait évoqué cette possible tentative d'assassinat comme «un effort dérisoire» pour entraver les réformes démocratiques en Serbie. "Si quelqu'un pense que la loi et les réformes peuvent être stoppées en m'éliminant, il se trompe lourdement", avait déclaré à l'époque le chef du gouvernement au journal Politika.
Artisan de la chute de Milosevic
Les positions pro-occidentales et la volonté de réforme de Zoran Djindjic, qui faisait partie de la coalition d'opposition qui avait entraîné la chute du président Slobodan Milosevic en octobre 2000, lui avaient attiré de nombreux ennemis. C'est Zoran Djindjic qui avait ouvert la voie à l'extradition en juin 2001 de Slobodan Milosevic vers le tribunal pénal international (TPI) de La Haye où l'ancien dirigeant est actuellement jugé pour génocide et crimes contre l'humanité pour les atrocités perpétrées en Croatie, en Bosnie et au Kosovo. Technocrate qui a fait ses études en Allemagne, Zoran Djindjic était surnommé "le patron" pour ses talents d'organisation tandis que ses détracteurs le traitaient de "petit Slobo" pour dénoncer ce qu'ils voient comme ses penchants autoritaires.. Raillé pour son amour des grosses voitures et des costumes voyants, sa décision de livrer Milosevic qui a permis au pays d'obtenir 1,2 milliard de dollars d'aide économique internationale semblait lui avoir valu le respect d'une population qui tente désespérément d'améliorer un niveau de vie qui est l'un des plus bas d'Europe. (avec AP)
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-12 13:00:03
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Mercredi 12 mars 2003
COTE D'IVOIRE
Abidjan décide de saisir la CPI suite aux exactions Abidjan veut poursuivre les auteurs des exactions commises depuis le coup d'Etat et mettre ainsi un terme aux polémiques nées d'un rapport de l'ONU.
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 Les soldats ivoiriens (AP) | La Côte d'Ivoire a décidé mercredi de saisir officiellement le Conseil de Sécurité de l'ONU pour une saisine de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la suite des exactions commises dans ce pays depuis la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002, a-t-on appris de source proche de la présidence ivoirienne. "La Côte d'Ivoire saisit officiellement le Conseil de Sécurité de l'ONU en vue d'une saisine de la Cour Pénale Internationale aux fins d'identifier, de poursuivre et juger les auteurs et commanditaires des exactions, relevant de cette haute juridiction, commises sur le territoire ivoirien", depuis le début de la crise politico-militaire qui secoue ce pays ouest-africain, indique un document officiel. La saisine du Conseil de sécurité des Nations unies a été confiée au représentant permanent de la Côte d'Ivoire à l'ONU, Philippe Djangoné Bi. La Côte d'Ivoire avait chargé ses avocats de faire saisir la CPI afin de "mettre un terme à l'exploitation politicienne et tendancieuse du rapport de l'Onu", qui faisait notamment état d'"escadrons de la mort", selon un communiqué reçu vendredi dernier à Paris.
Une enquête impartiale
La Côte d'Ivoire "demande qu'une enquête impartiale et complète soit menée et que des poursuites soient engagées contre les auteurs de toute violation des droits de l'Homme commise sur l'ensemble du territoire national", ajoute le texte. "Par cette démarche, le président Laurent Gbagbo souhaite mettre un terme à l'exploitation politicienne et tendancieuse du rapport de l'ONU". Amnesty International a récemment fait état de l'exécution sommaire d'une soixantaine de gendarmes loyalistes en zone rebelle, tandis que l'ONU a publié un rapport faisant état d'une possible connexion entre les "escadrons de la mort" qui sévissent à Abidjan et l'entourage de la présidence ivoirienne. Ce rapport, en date du 24 janvier dernier, avait ainsi placé le gouvernement ivoirien sous le feu des critiques. Les autorités d'Abidjan avaient nié en bloc, le gouvernement qualifiant ce travail "d'ambigu, peu rigoureux et partial", dénonçant en particulier le rapprochement fait par le rapport entre les escadrons de la mort et le président Gbagbo, estimant qu'il s'agissait alors "d'une violation insidieuse mais incontestable du principe de la présomption d'innocence".
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-12 12:58:11
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Mercredi 12 mars 2003
TURQUIE
Recep Erdogan nommé Premier ministre Le chef du Parti turc de la justice et du développement (AKP) remplace Abdullah Gul. Son précédent mandat avait été annulé par la justice.
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 Recep Tayyip Erdogan (AP) | Le chef de l'AKP (Parti de la justice et du développement), Recep Tayip Erdogan, a annoncé mardi sa nomination au poste de Premier ministre de la Turquie. "Je soumettrai au président une liste du gouvernement aussi rapidement que possible", a-t-il déclaré à la presse après un entretien d'une demi-heure avec le président Ahmet Necdet Sezer qui l'a nommé à la tête du gouvernement. "Il y aura quelques changements au gouvernement", a-t-il ajouté. Le chef de gouvernement Abdullah Gul avait présenté auparavant sa démission au président de la République, pour permettre au dirigeant du parti au pouvoir de prendre sa place à la tête du gouvernement. Recep Tayyip Erdogan a été élu député dimanche au cours d'une élection partielle à Siirt (sud-est de la Turquie), et pouvait ainsi devenir Premier ministre. L'AKP a remporté les trois sièges de cette circonscription.
Incitation à la haine religieuse
Recep Tayyip Erdogan, 49 ans, le dirigeant du parti de la Justice et du Développement (AKP), avait conduit sa formation à la victoire aux élections législatives de novembre, mais n'avait pu lui même prendre la direction du gouvernement n'étant pas député. Les autorités judiciaires l'avait déclaré inéligible en raison d'une condamnation à la prison pour "incitation à la haine religieuse". Depuis lors, le parlement a réformé les lois électorales, lui permettant ainsi de remporter dimanche une législative partielle à Siirt, dans le sud-est du pays, dernière formalité nécessaire à sa nomination à la tête du gouvernement. "Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes", avait-il déclaré, citant un poème turc, lors d'un meeting politique en 1997. C'est ce discours, prononcé alors qu'il était maire d'Istanbul, qui lui avait valu sa condamnation à quatre mois de prison. Depuis son retour sur la scène politique en 2001, au terme d'une amnistie, Recep Tayyip Erdogan s'est gardé de critiquer le système laïc ou les autorités militaires. La montée en puissance de son parti avait provoqué l'appréhension de la société civile laïque qui doute de son islamisme nouvellement modéré.
Un million de chômeurs en 18 mois
Mais dans une société en crise, où un million de personnes avaient perdu leur emploi en l'espace de 18 mois du fait d'une crise économique, et où nombre d'électeurs se déclaraient las d'une classe politique vieillissante, souvent corrompue, il avait su se rallier, à la surprise générale, une large audience et 34% des suffrages aux élections. Son parti, qui a obtenu près de deux tiers des sièges au parlement, a pu former à lui seul le gouvernement. Il avait demandé à son bras droit, Abdullah Gul, de diriger à titre temporaire le gouvernement, avait entamé une tournée des capitales européennes pour y défendre la candidature de son pays à l'Union européenne, à la veille du sommet de Copenhague en décembre. Reçu à l'étranger comme Premier ministre de facto, il n'avait eu de cesse d'appeler à une plus grande liberté d'expression et du culte en conformité avec les normes démocratiques européennes.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-12 07:51:07
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Mercredi 12 mars 2003
TURQUIE
La Cour européenne condamne la Turquie pour le procès Ocalan Dépêche reçue le 12/03/2003 à 12:13 [<>] Procès d'Ocalan La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné mercredi la Turquie pour "traitements inhumains" et "procès inéquitable" suite à la condamnation à mort en 1999 du leader kurde Abdullah Ocalan pour "trahison et séparatisme". La Cour a estimé que le requérant n'avait pas bénéficié d'un procès équitable car "il n'a pas été jugé par un tribunal indépendant et impartial" en raison de la présence d'un magistrat militaire au sein de la cour de sûreté de l'Etat qui avait jugé M. Ocalan. "La présence d'un magistrat militaire ne pouvait que soulever des doutes dans l'esprit de l'accusé quant à l'indépendance et à l'impartialité de la cour", a-t-elle précisé. Dans son arrêt, elle indique également qu'il y a eu violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme (interdiction des mauvais traitements), "en ce que la peine de mort a été prononcée à l'issue d'un procès inéquitable". Pour la Cour, "prononcer la peine capitale à l'encontre d'une personne à l'issue d'un procès inéquitable équivaut à soumette injustement cette personne à la crainte d'être exécutée". L'organe juridictionnel européen des droits de l'Homme a souligné que "toute menace d'application de la peine de mort a effectivement disparu" en Turquie et qu'on "ne peut plus prétendre qu'il existe des motifs sérieux de croire que le requérant risque d'être exécuté". Arrestation d'Ocalan Abdullah Ocalan avait saisi la Cour européenne pour accuser le gouvernement turc d'une longue série de griefs concernant son arrestation par un commando à Nairobi en février 1999, son enlèvement vers la Turquie, sa détention en isolement, assimilée à des mauvais traitements, l'équité de son procès et sa condamnation à mort. La peine de mort prononcée en juin 1999 par la justice turque pour "trahison et séparatisme" à son encontre a été commuée en réclusion à perpétuité le 3 octobre dernier par la cour de sûreté de l'Etat d'Ankara. Les recours devant la Cour européenne du chef rebelle kurde concernant ses conditions de détention sur l'île-prison d'Imrali et les conditions de son transfert du Kenya vers la Turquie en 1999 ont été rejetés. La Cour a estimé qu'il n'existait pas de "preuves" que son arrestation et les conditions de son transfert "aient eu des effets dépassant l'élément habituel d'humiliation inhérent à chaque arrestation ou détention". Elle a également estimé que "les conditions générales de la détention du requérant n'ont pas atteint le seuil minimum de gravité nécessaire pour constituer un traitement inhumain ou dégradant". Elle a en revanche condamné la Turquie pour violation de l'article 5 (droit à la liberté et à la sûreté) de la Convention, pour le délai de garde à vue de M. Ocalan, qui a atteint "au moins sept jours" avant qu'il ne soit présenté à un juge et son placement dans un "isolement total" pendant sa garde à vue l'empêchant d'avoir recours à ses avocats.
ericjeanloicbreton |
| 2003-03-12 07:50:17
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DROITS DE L'HOMME
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