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Publié le vendredi 28 février 2003

Vendredi 28 février 2003

AUTRICHE


AFP Général
International, vendredi 28 février 2003

Droite et extrême droite reconduisent leur coalition de gouvernement (PAPIER GENERAL ACTUALISE)

Robert KOCH

VIENNE (AFP) - Les conservateurs du chancelier Wolfgang Schuessel et l'extrême droite de Joerg Haider ont reconduit vendredi leur coalition de gouvernement en Autriche, trois ans après une première alliance qui avait provoqué un tollé en Europe.

La coalition sortante a été reconduite 96 jours après les élections de novembre dernier où les conservateurs de l'OeVP avaient triomphé alors que le FPOe, parti dirigé en coulisses par M. Haider, avait perdu deux tiers de ses voix par rapport aux législatives de 1999.

OeVP et FPOe avaient déjà gouverné ensemble entre février 2000 et septembre 2002. M. Schuessel avait alors bravé les foudres de l'Union européenne (UE) en s'alliant une première fois avec le FPOe, parti instable et imprévisible rassemblant racistes, xénophobes opposés à l'élargissement de l'union à l'Est et nostalgiques d'une "Grande Allemagne" dans laquelle l'Autriche serait appelée à se fondre.

La participation sans précédent d'une formation d'extrême droite à un gouvernement de l'Union avait alors provoqué un tollé en Europe et conduit les quatorze autres pays de l'UE à imposer pendant six mois des sanctions politiques à Vienne.

Après la prestation de serment devant le président autrichien, Thomas Klestil, M. Schuessel, qui conduira le nouveau gouvernement, a déclaré que l'Autriche était "entre de bonnes mains".

"Nous poursuivrons les réformes engagées lors de la précédente législature en faisant porter notre action commune sur l'économie, pour assurer l'avenir, le social, pour garantir la justice, et l'écologie, pour préserver notre patrimoine", a-t-il ajouté.

Fixant les priorités de son cabinet, il a annoncé une réduction de 3 milliards d'euros de l'impôt sur le revenu d'ici à 2005 et une réforme des retraites devant se poursuivre jusqu'en 2010. "Nous briserons également des tabous pour unifier les différents régimes particuliers de protection sociale existant dans le pays", a-t-il ajouté.

Il a enfin annoncé que l'Autriche restait "totalement" favorable à l'élargissement de l'UE, qualifiée de "chance historique" pour le pays. L'aile "dure" du FPOe est farouchement opposée à cet élargissement.

"Nous serons un partenaire stable pendant la législature", lui a répondu le président du FPOe, Herbert Haupt, généralement considéré comme l'homme-lige de M. Haider dans le nouveau gouvernement. M. Haupt s'est également engagé à "lutter contre l'immigration clandestine, les trafiquants de drogue et les organisations mafieuses", un thème traditionnel de son parti.

L'OeVP se taille la part du lion dans le nouveau cabinet avec onze ministres et secrétaires d'Etat tandis que le FPOe a six ministres et secrétaires d'Etat.

La soeur de M. Haider, Ursula Haubner, entre également dans le nouveau cabinet où les Finances sont une nouvelle fois revenues à Karl-Heinz Grasser. Ancien cadre du FPOe, M. Grasser a quitté le FPOe pendant la campagne électorale au cours de laquelle il avait apporté un soutien sans réserve au chancelier.

En décidant de reconduire sa coalition avec l'extrême droite, M. Schuessel a fait le pari risqué de gouverner avec le moins exigeant mais aussi le moins fiable des trois partis siégeant au Nationalrat (chambre basse du parlement), d'après les observateurs.

La coalition OeVP-FPOe disposera de 97 sièges au parlement contre 86 pour l'opposition formée par les sociaux-démocrates et les Verts.

rok/km/plh eaf

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Partis politiques; Politique extérieure et relations internationales
Sujet(s) - AFP Général : Autriche; politique
Heure de publication : 16:51 GMT
Taille : Moyen, 396 mots

© 2003 AFP. Tous droits réservés.

Doc. : 20030228AF0FRS889_059_175115


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-28 13:19:45
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Vendredi 28 février 2003

EUROPE

• LE MONDE | 28.02.03 | 13h30

• MIS A JOUR LE 28.02.03 | 15h55


Les Quinze parviennent à un accord sur le droit au regroupement familial des étrangers

Bruxelles de notre bureau européen

Après trois années de difficiles négociations entre les Quinze, le conseil des ministres "justice et affaires intérieures" (JAI), réuni à Bruxelles, jeudi 27 février, a conclu un accord sur le regroupement familial des étrangers en situation régulière.

Ce texte, qualifié de "pas en avant très important" par le ministre grec de l'ordre public, Michalis Chrisochoïdis, et d'"agréable surprise" par le commissaire européen, Antonio Vitorino, fixe les conditions dans lesquelles excercer le regroupement familial. Il avait été présenté pour la première fois par la Commission en janvier 2000 puis, sous une forme amendée, en mai 2002. M. Vitorino a reconnu que son contenu s'était quelque peu "dilué" au fil des discussions, mais il a souligné sa portée symbolique en notant que l'Union se dotait pour la première fois d'un "instrument législatif" en matière d'immigration légale et qu'elle marquait ainsi sa volonté de répondre au "défi majeur" de l'intégration des immigrés dans les sociétés d'accueil.

Le projet de directive était fortement soutenu, outre par la Commission, par la France, la Belgique et la Suède et fortement combattu par l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas. On estime, du côté français, que le compromis auquel sont parvenus les Quinze représente "une pièce importante dans une politique de contrôle des flux migratoires", même si l'harmonisation prévue est a minima. Les négociations butaient notamment sur l'âge minimal des époux et sur l'âge maximal des enfants, ainsi que sur l'accès des membres de la famille au marché du travail.

CONDITIONS D'&AcircGE

La directive adoptée par les ministres de l'intérieur des Quinze, en l'absence de Nicolas Sarkozy, mais en présence de son homologue allemand, Otto Schily, précise que les Etats membres autorisent l'entrée et le séjour, sous conditions, du conjoint du demandeur et de ses enfants mineurs, y compris les enfants adoptés s'ils sont à la charge de l'un ou de l'autre. La directive peut aussi s'appliquer, au cas où les Etats membres le décideraient, par voie législative ou réglementaire, à un partenaire non marié s'il a avec le demandeur "une relation durable et stable dûment prouvée" ou s'il lui est lié par "un partenariat enregistré". En cas de polygamie, le regroupement se limite à un seul conjoint.

Deux conditions d'âge sont incluses dans la directive. D'une part, les Etats membres peuvent exiger que le demandeur et son conjoint aient atteint un âge minimum, qui ne peut être supérieur à celui de la majorité légale. D'autre part, ils peuvent exiger que les demandes concernant les enfants mineurs soient déposées avant que ceux-ci aient atteint l'âge de 15 ans. Si la demande est faite après cet âge, les Etats autoriseront leur entrée et leur séjour sur d'autres bases que le regroupement familial.

En ce qui concerne le droit au travail, le texte précise que les membres de la famille doivent avoir accès à l'éducation, à l'orientation et à la formation professionnelles ainsi qu'à un emploi salarié ou une activité indépendante. Sur ce point, les Etats membres peuvent, pendant un délai qui ne saurait dépasser un an, "examiner la situation de leur marché du travail avant d'autoriser les membres de la famille à exercer un emploi".

ULTIME AMENDEMENT

Enfin, il est prévu que les Etats membres peuvent rejeter une demande de regroupement familial "pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique". Un ultime amendement précise que les notions d'ordre et de sécurité publics s'appliquent aussi aux cas où le demandeur "appartient à une association qui soutient le terrorisme international" ou "soutient une telle association" ou lorsqu'il défend des idées extrémistes.

Un autre texte relatif à l'immigration était soumis à la discussion des ministres de l'intérieur ou de leurs représentants. Il portait sur le statut des réfugiés qui ont obtenu le droit d'asile, les uns au titre de la convention de Genève, qui les protège contre les persécutions de leur Etat, les autres au titre de la "protection subsidiaire" - appelée en France "asile territorial" -, qui concerne les persécutions non étatiques. Si les premiers bénéficient de droits "largement incontestés", selon les termes de la présidence grecque, il y a divergence sur les droits accordés aux seconds, en particulier dans le domaine de l'accès à l'emploi. L'opposition de l'Allemagne, en particulier, n'a pas permis qu'un accord soit trouvé. Le conseil des ministres a décidé de poursuivre la discussion afin de parvenir à un accord avant la fin de la présidence grecque, en juin 2003.

M. Vitorino a fait état de progrès autorisant "l'espoir d'un bon résultat" à cette date.

Thomas Ferenczi

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.03.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-28 13:04:21
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Vendredi 28 février 2003

COREE DU NORD
Les terribles récits des réfugiés nord-coréens


F. H.
[28 février 2003]

«La seule préoccupation, c'est manger !» disent-ils. «Tout le monde attend le dégel, le printemps, pour pouvoir déterrer les racines des herbes et les manger», explique Chui Shan-zhe, un paysan de 35 ans qui vient du centre de la Corée du Nord. «Chaque matin, avec ma femme, on se demande comment on va trouver un bol de maïs pour manger et tenir la journée», dit Jin Ming-hao, un paysan de 43 ans, originaire d'un village situé à 60 kilomètres à l'intérieur de la frontière. «Je n'avais pas de quoi faire manger ma fille de 2 ans qui était en train de mourir, alors je suis partie», raconte Li Yingzi, 35 ans. Pieds nus dans ses espadrilles bleues, elle est arrivée lundi dernier en Chine, à travers des montagnes enneigées, portant son enfant.

Combien sont-ils ? «Il en vient chaque jour, ils sont nombreux, juste un peu moins qu'en 1997, au moment de la grande famine», affirme le responsable de l'une des filières charitables qui s'en préoccupent. Mais comment compter ces familles ou ces individus, au long des 700 kilomètres de frontières communes entre la Chine et la Corée du Nord ?

Emprisonnés et battus par les soldats nord-coréens s'ils sont pris et s'ils n'ont pas les moyens de payer une rançon de 40 euros, pourchassés par les policiers chinois qui les traquent pour les refouler dans leur pays de misère, les cent mille à deux cent mille réfugiés nord-coréens en Chine se terrent. Car, depuis qu'un médecin allemand, en mars 2002, a organisé une filière pour faire entrer quelques-uns d'entre eux dans les ambassades étrangères de Pékin, la Chine a renforcé son contrôle de la frontière avec la Corée du Nord, et a rattrapé des milliers de ces réfugiés, les renvoyant de force au cauchemar qu'ils tentaient de fuir.

C'est ce que racontent à Yanji les animateurs des organisations caritatives. Les témoignages des cinq groupes de réfugiés que nous avons pu interroger se recoupent, et sont accablants.

Les réfugiés décrivent une Corée du Nord où la population est soumise à une disette chronique, une population qui est retournée à un stade animal, chacun tentant de survivre au mépris de toute dignité. Ils parlent également d'un régime en bout de course, qui tente de mobiliser tous les hommes de moins de 35 ans dans l'armée, mais qui ne bénéficie plus ni de crédibilité, ni du moindre soutien populaire. Les slogans guerriers de la dictature de Kim Jong-il font pouffer de rire les réfugiés nord-coréens. Ils décrivent également un régime de terreur, contre lequel personne n'a la force de se lever.

Yanji, une ville de quatre cent mille habitants, est le centre d'une région autonome où vivent deux millions quatre cent mille Chinois d'origine coréenne. La frontière avec la Corée du Nord est à une cinquantaine de kilomètres, souvent matérialisée par des rivières gelées, faciles à traverser. Seuls quelques postes frontières, comme dans le village de Kai Shantun, offrent des points de passage officiels et spectaculairement bien gardés. Dans cette région autonome de hautes collines, couvertes de mélèzes pelés et dont les routes sont défoncées par le gel, les habitants parlent tous coréen, et l'osmose avec la Corée du Nord voisine paraît naturelle.

Pour les réfugiés, c'est un leurre : ils sont trahis par leur accent particulier, et surtout par leurs vêtements misérables. Enfin, toutes les routes d'accès à Yanji sont sévèrement contrôlées par l'armée et par la police chinoises. Quelques Chinois coréens se sont groupés pour que, grâce à la bonne volonté de certains, les réfugiés soient immédiatement pris en main, nourris, soignés (la plupart arrivent avec des oreilles, des mains ou des pieds gelés), habillés de neuf (beaucoup n'ont pas de souliers), et envoyés discrètement vers l'intérieur de la région.

Les retrouver nécessite de longues marches, car ils sont cachés dans des montagnes enneigées, à 15 kilomètres au moins du premier village. Là-haut, ils vivent en hiver dans les refuges qu'occupent les bergers en été. Dans ces huttes noires de fumée, un âtre, quelques bassines et des instruments de cuisine. Seule la fumée qui s'échappe des abris en rondins, à moitié couverts de terre, trahit une présence humaine.

Le moindre bruit dans la forêt fait trembler les réfugiés. Une ou deux fois par mois, ils descendent au village, pour aller chercher un peu d'argent dans une famille sûre, qui fait partie du réseau de solidarité. Pour le reste, ils réussissent parfois à capturer un sanglier, et vendent au village leurs cueillettes de champignons, de légumes sauvages et d'herbes.

Kim Cheng-ri, 44 ans, vit dans l'une de ces huttes avec sa femme et ses deux enfants. L'homme est un peu moins édenté que son épouse. Il nous montre ses doigts de pied gelés. La fille a 18 ans et mesure 1,20 m. Il a fallu choisir de nourrir correctement un seul des deux enfants. C'est le garçon de 13 ans qui a été préféré...

En 1997, après avoir vu son frère mourir de faim, Kim a décidé de s'enfuir vers la Chine. «Lorsque nous sommes partis, dit-il, nous mangions de l'herbe. En Corée du Nord, les humains vivent comme des cochons. Ici, on peut manger un bol de riz chaque jour !» Des réfugiés de plus fraîche date – «innombrables», dit Kim – sont passés récemment dans sa cabane, en route vers d'autres huttes. Ils ont raconté que «le prix du riz a augmenté (en Corée du Nord), et que, même avec de l'argent, on ne peut plus en trouver sur le marché». Kim baisse les yeux et ajoute : «Je préfère mourir que de rentrer en Corée du Nord. Ici, je peux faire manger ma famille. Là-bas, c'est la mort.»

Aucun des réfugiés que nous avons pu interroger n'a jamais vu le moindre kilo de riz de l'aide internationale. Un riz que les Etats-Unis ne veulent plus payer, jugeant qu'il est revendu ou confisqué par les officiers de Kim Jong-il, pour servir de stock en cas de guerre.

Les ONG les plus honnêtes (Médecins sans frontières, par exemple) ont d'ailleurs préféré se retirer du pays.

Un responsable de la filière d'aide aux réfugiés en Chine se souvient d'avoir recueilli, l'an dernier, à la frontière une fillette famélique de 10 ans. «Ses parents lui avaient dit : «Il ne nous reste plus qu'un bol de farine de maïs, et nous allons tous mourir de faim. Alors, tu dois te sauver en Chine.» Et le père a conduit sa fille près de la frontière.» Un autre raconte : «Je suis allé en janvier en Corée du Nord, avec un visa, visiter des parents. Les gens là-bas ne pensent qu'à la nourriture. Cette année, parce que la récolte de l'automne 2002 a été mauvaise, il y a une vraie famine. La moitié des familles ont pour seul repas une soupe très claire, avec un peu de farine de maïs dedans et des légumes sauvages. Les plus pauvres n'ont pas de légumes dans la soupe. Les plus riches y mettent un peu de riz. Tous sont physiquement très faibles.»

Les femmes sont les plus nombreuses à partir. «Mon frère a deux enfants qui sont malades. Il ne peut rien faire, sinon leur donner un peu de bouillie de maïs, et les laisser souffrir. S'ils ont de la chance, ils vont vivre ; mais, plus probablement, ils vont mourir. Moi, j'ai préféré partir avec mon enfant», raconte Jin Chunyu, une réfugié de 30 ans, en précisant que 40% des habitants de son village, situé non loin de la frontière, se sont déjà enfuis vers la Chine.

C'est un exode plus massif encore (il y a vingt-deux millions de Nord-Coréens affamés) que les Chinois, comme les Sud-Coréens, veulent éviter. Pour ce faire, Pékin rejette l'argument selon lequel les Nord-Coréens fuient un régime de terreur qui a déjà coûté la vie à deux millions de personnes, pendant les famines de 1996 et de 1997. La Chine préfère qualifier les réfugiés d'«immigrants illégaux», en les renvoyant manu militari dans leur mouroir. Cela au grand dam du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), qui se trouve empêché d'intervenir à la frontière avec la Corée du Nord.

Cette politique cynique a un prix. La Chine, au moment où ses intérêts économiques deviennent universels, se retrouve dans une position ridicule à cause de son sinistre allié. En plein coeur de Pékin, le quartier des ambassades a dû être transformé en bunker, hérissé de barbelés, pour empêcher les réfugiés nord-coréens de sauter les grilles de toutes les chancelleries (1). Washington maintenant donne de la voix, exigeant que le gouvernement chinois calme le dictateur de Pyongyang, visiblement aux abois.

C'est sur la frontière entre les deux «pays frères», à Yanji, que l'on mesure toute l'horreur de ce régime stalinien agonisant. Li Xiang-yu, 18 ans, rêvait en fuyant la Corée du Nord, il y a deux ans, de choses simples : se nourrir et apprendre un métier. Comme des centaines d'autres femmes réfugiées, elle survit aujourd'hui en vendant ses charmes pour 8 euros la nuit. «Etre prostituée, c'est mieux que d'être vendue à un mari chinois qu'on n'aime pas et de faire des enfants à cet homme», dit-elle, heureuse d'avoir échappé à la faim quotidienne.

De ses parents, restés là-bas, à quelques kilomètres, dans l'enfer sur terre, non, elle n'a plus de nouvelles.

(1) Depuis mars 2002, cent trente Nord-Coréens se sont réfugiés dans des ambassades à Pékin, avant d'être expatriés en Corée du Sud.




ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-28 13:01:57
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