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Publié le mercredi 26 février 2003

Mercredi 26 février 2003

AMNESTY
COTE D'IVOIRE

Exactions : Amnesty
accuse les rebelles

Selon l'association, des "éléments armés" du MPCI ont abattu le 6 octobre plus de 60 gendarmes et plus de 50 de leurs enfants. Le MPCI surpris.

 
Un groupe de rebelles près d'une carcasse d'un tank de l'armée nationale ivoirienne (AP)
 
Dans un rapport détaillé dévoilé mercredi, Amnesty International affirme qu'une soixantaine de gendarmes invoiriens et une cinquantaine de leurs enfants ont été abattus le 6 octobre par des rebelles du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI).
L'organisation de défense des droits de l'Homme écrit dans son texte intitulé "Côte d'Ivoire, une suite de crimes impunis" que toutes ces personnes ont été conduites de leur caserne où flottait pourtant un drapeau blanc jusqu'à un camp militaire où elles ont été froidement abattues par des "éléments armés du MPCI".

Le MPCI surpris

"Pour leur part, les autorités du MPCI ont reconnu que des gendarmes avaient été tués au début du mois d'octobre 2002, tout en affirmant que ces gendarmes étaient morts lors de combats" entre forces gouvernementales et rebelles, selon Amnesty. Le mouvement rebelle lui a fait part le 10 février de sa "surprise sur de nombreux points du rapport".
Le porte-parole du mouvement rebelle ivoirien MPCI, Sidi Konaté, s'est de son côté déclaré, mercredi, "complètement surpris" par le rapport d'Amnesty. "Je suis complètement surpris. Si Amnesty l'a dit, je pense qu'ils auront l'occasion de nous apporter des preuves", a-t-il affirmé à RTL. "L'heure n'est pas à la polémique, s'il y a des clarifications à faire nous allons le faire en toute responsabilité", a-t-il ajouté.

Effacer les traces

Ce sont des "témoignages directs" - recueillis par des délégués de l'organisation "auprès de quelques-uns des survivants au cours d'une mission d'enquête menée dans la zone tenue par le MPCI en décembre 2002" - qui ont permis à Amnesty d'établir les circonstances de ce massacre.
"Les gendarmes arrêtés le 6 octobre 2002 à l'état-major de la 3è légion de gendarmerie de Bouaké n'ont pas été tués lors de combats. La plupart d'entre eux ont été abattus de sang froid par des éléments armés du MPCI alors qu'ils étaient détenus avec une cinquantaine de leurs enfants et quelques civils dans la prison du camp militaire du 3è bataillon d'infanterie de Bouaké", affirme Amnesty qui publie en annexe une liste de noms "non exhaustive des victimes du massacre de Bouaké".
Dans son rapport, l'organisation indique que certains des survivants "ont été contraints de transporter les cadavres et de les enterrer dans des fosses collectives" et ont dû par la suite "laver les traces de sang qui maculaient les murs". "Cependant toute trace de ce massacre n'a pas été effacée puisque la délégation d'Amnesty International a pu voir de nombreux impacts de balles qui ont littéralement troué des pans de murs de la prison".

Rapport onusien

Dans un autre rapport réalisé par l'ONU après une enquête du 23 au 29 décembre 2002, il est écrit que "la mission a appris de sources qui semblaient fiables que des douzaines de gendarmes avaient été exécutés à Bouaké au début du conflit".
Le 6 octobre, Bouaké, la deuxième ville du pays aux mains du MPCI depuis le début du soulèvement militaire du 19 septembre contre le régime du président Laurent Gbagbo, avait été le théatre d'une contre-offensive des forces régulières ivoiriennes qui avaient réussi à y pénétrer brièvement.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-26 13:04:01
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Mercredi 26 février 2003

IRAK

SADDAM HUSSEIN
L'interview

Le président irakien a accordé une interview au doyen des animateurs de talk-shows américains, Dan Rather. Entre refus d’un possible exil et esquive sur le sujet sensible des missiles Al Samoud II, Saddam Hussein veut reprendre la main en demandant à George Bush de l’affronter sur un plateau de télévision. Ambiance.

Hans Blix, le chef des inspecteurs des Nations unies en Irak (AFP)

“Deux hommes peuvent encore éviter une guerre menée par les Etats-Unis contre l’Irak. Le présentateur vedette de CBS, Dan Rather, 71 ans, s’est entretenu avec l’un d’eux : le président irakien, Saddam Hussein”, annonce avec toute l’emphase requise le site Internet de CBS. De son côté, le quotidien britannique “The Independent” évoque avec ironie ce “scoop” de la chaîne américaine, qualifiée de “mère de toutes les batailles oratoires (talk-shows) qui déclenche son arme de communication massive”.

Les trois heures de l’interview de Saddam Hussein à Bagdad, réalisée le lundi 24 février et dont soixante minutes seront diffusées mercredi soir aux Etats-Unis, “ne vont en rien empêcher la guerre en Irak”, poursuit le quotidien de Londres. En revanche, l’opération “permettra plus sûrement à CBS d’afficher de bons scores à l’Audimat pour février”. Enfin, rien n’est moins sûr, estime à son tour “The New York Times”. “Ce soir, on saura si les téléspectateurs américains sont aussi captivés par le dictateur irakien que par les célébrités déjantées qui peuplent habituellement ce genre de talk-show.”

Supprimer les missiles Al Samoud II

Le quotidien new-yorkais est d’ailleurs assez pessimiste. “Les Etats-Unis vont droit vers ces moments d’humiliation culturelle… Le monde va comparer l’Audimat de l’interview de Saddam Hussein avec celui réalisé par le documentaire sur Michael Jackson ou les émissions de télé-réalité.”

L’essentiel n’est pas là, reprend “The Independent”. “Le problème, c’est que, lors de cette interview, Saddam Hussein aurait refusé, selon l’interprétation de Dan Rather, de détruire les missiles Al Samoud II — dont la portée est supérieure à celle autorisée par l’ONU —, que Hans Blix, le chef des inspecteurs des Nations unies, lui a demandé de détruire avant le 1er mars prochain.” Cependant, explique le quotidien britannique, rien n’indique dans les réponses de Saddam Hussein que l’Irak ne veuille pas supprimer ses missiles.

Tactique dilatoire

Le dictateur irakien a répondu à Dan Rather en esquivant. “L’Irak n’a pas de missiles non autorisés, les missiles qui sont en opposition avec les résolutions de l’ONU, ils n’existent pas, ils ont été détruits.” En aparté, le général Al Saadi, porte-parole du président irakien, confirmait en fait que Saddam Hussein n’avait pas encore décidé s’il cédait à l’ultimatum des inspecteurs onusiens.

Dans le même temps, relate le “Financial Times”, “Bagdad a fait un pas dans la bonne direction. Hans Blix a annoncé que l’Irak avait ‘découvert’ et transmis aux inspecteurs des documents concernant le démantèlement d’armes de destruction massive en 1991. Les Irakiens ont de plus ‘retrouvé’ une bombe R-400, contenant apparemment des agents biologiques dans un ancien site de stockage d’armes biologiques.” Cet élément, jugé par Hans Blix comme positif, a immédiatement été écarté par la Maison-Blanche. “C’est encore une tactique dilatoire de Bagdad”…

Une invasion très proche

Le même type de réaction de la Maison-Blanche a suivi la proposition de Saddam Hussein de s’entretenir à la télévision avec George Bush… Pour “The Independent”, “cela n’arrivera jamais. Mais, pour Saddam Hussein, cette proposition est sérieuse. Le président irakien ‘demande cette rencontre télévisée car il pense que la guerre n’est pas une blague. En tant que chefs d’Etat, pourquoi n’utilisons-nous pas cette occasion pour nous parler ?”

Finalement, selon Dan Rather, Saddam Hussein est très lucide. Refusant l’idée d’exil, “il sait qu’une invasion est très proche”. Sur les conséquences de cette invasion, le message de Saddam est plus difficile à comprendre pour les Américains. “Saddam pense que l’Irak peut encaisser le coup. Et que si les Américains et leurs alliés passent à l’action, à la fin, ils seront défaits.”

Ph J

© Courrierinternational.com

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-26 09:47:47
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