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Publié le jeudi 13 février 2003
Jeudi 13 février 2003
INDE
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L'Inde teste un
nouveau
missile
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Par Jean-Dominique MERCHET
jeudi 13 février 2003


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'Inde a procédé, hier, à l'essai d'un nouveau missile de croisière de type Brahmos. Il s'agit d'un système très sophistiqué qui confirme que New Delhi joue de plus en plus dans la cour des grands et que l'écart militaire avec le Pakistan s'accroît. Les Pakistanais ont d'ailleurs aussitôt condamné cet essai, le quatrième concernant un missile depuis début janvier.
Le Brahmos est un engin russo-indien, son nom vient de Brahmapoutre-Moscou. D'une portée de près de 300 kilomètres, le Brahmos PJ-10 vole à une vitesse supersonique et atteint sa cible en moins de cinq minutes. Son système de guidage a été développé par l'Inde qui possède aujourd'hui une industrie électronique de pointe. Le test d'hier a eu lieu à partir d'un bateau. Le Brahmos, dont la production en série doit débuter cette année, pourra être tiré depuis la mer (y compris des sous-marins), la terre et l'air. La marine russe va également en acquérir. Equipé d'une tête classique, il est conçu pour détruire les bateaux ou les installations militaires de l'ennemi.
Au même moment, le chef d'état-major de l'armée de l'air française, Richard Wolsztynski, est en visite en Inde à l'occasion d'un exercice aérien conjoint. L'Inde est notamment équipée de Mirage 2000.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 12:05:22
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Jeudi 13 février 2003
ARABIE-SAOUDITE
 Arabie saoudite: le pétro-fondamentalisme |
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| L'Express du 13/02/2003 |
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| Le royaume de tous les dangers |
de notre envoyé spécial Marc Epstein, avec Dominique Lagarde et Olivier Fiani |  |  |  | | Deux Saoudiens sur trois ont moins de 25 ans. Victimes du chômage et d'un système éducatif inadapté, certains se laissent tenter par l'extrémisme religieux. Pour la monarchie au pouvoir, le temps presse |  |
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© Alex Majoli/Magnum
 Jeunes Saoudiens dans une galerie piétonne de Riyad. Tentés par l'Amérique, ou la haïssant.
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Chaque soir ou presque, au cœur de Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite, des jeunes gens au volant de grosses cylindrées jouent avec les nerfs des autres automobilistes. Le long de la rue Al-Olaya, souvent entassés à quatre ou cinq dans leur bolide, ils se faufilent au milieu de la circulation, où ils alternent coups de frein brusques et accélérations soudaines. Aux carrefours, certains immobilisent leur voiture et font hurler le moteur sans lâcher le frein à main. Cela ne dure pas: le temps que des hommes en uniforme accourent sur place, les jeunes ont déjà disparu. Il n'empêche. Dans un pays qui a toujours cultivé une image de stabilité et d'harmonie, l'ambiance rappelle les vieux films de James Dean et des longs-métrages anglais des années 1960, à l'époque des «jeunes hommes en colère». Dans ces moments-là, la jeunesse saoudienne semble en proie à un mélange d'ennui, de désarroi et de violence rentrée. Mélange dangereux.
Comme il a changé, le royaume des Al-Saoud... Dans les années 1970, à l'époque du premier choc pétrolier et de l'argent facile, de nombreux Occidentaux imaginaient les Saoudiens au volant d'une Rolls-Royce plaquée or, quittant de temps à autre leurs palais immenses pour les palaces de la Côte d'Azur ou les grands magasins de Londres. Depuis, les attentats du 11 septembre 2001 ont bouleversé l'image du pays et de ses habitants - vue des Etats-Unis, en particulier. Pas moins de 15 Saoudiens figuraient parmi les 19 pirates de l'air. Tous avaient moins de 30 ans.
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Des centaines de Saoudiens se sont battus, en Afghanistan, aux côtés des taliban |
A Riyad, le gouvernement tente de relativiser: «3 terroristes sur 4 dans le monde ne sont pas saoudiens! s'exclame Ali Al-Hakami, ministre adjoint chargé de la Réforme de l'enseignement. Si autant de mes compatriotes ont participé aux attentats, c'est parce que Ben Laden l'a voulu ainsi. Son casting est destiné à embarrasser l'Arabie saoudite face aux Etats-Unis.» Certes. Mais dans quelles conditions ces jeunes ont-ils été recrutés? A l'exception de deux, tous étaient étrangers aux groupes islamistes extrémistes. Ils ont été choisis deux ans avant l'opération, semble-t-il, par des recruteurs d'Al-Qaeda. A y regarder de plus près, leur parcours s'explique autant par le fondamentalisme religieux que par un profond malaise social.
La majorité était originaire d'une province déshéritée, l'Asir, dans le sud-ouest du pays. Avant de rejoindre Al-Qaeda, beaucoup étaient au chômage. D'autres occupaient des petits boulots, que leurs compatriotes jugent humiliants. Hamza Al-Ghamdi, par exemple, détourna l'avion qui heurta la tour sud du World Trade Center; jusqu'à l'automne 2000, il travaillait dans l'arrière-boutique d'une quincaillerie. Hani Hajour, lui, était aux commandes de l'appareil qui s'est écrasé sur le Pentagone; âgé de 29 ans, il rêvait de voler pour la compagnie nationale Saudia. Malgré sa licence de pilote de ligne obtenue en 1999 aux Etats-Unis, il n'a pas réussi à décrocher un job.
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Reportage photo |
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© Alex Majoli/Magnum Photos
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Cliquez pour voir | Les auteurs des attentats du 11 septembre ne sont pas des cas isolés. Des centaines de Saoudiens se sont battus, en Afghanistan, aux côtés des taliban. Et plus d'un tiers des prisonniers islamistes détenus dans le camp américain de Guantanamo Bay, à Cuba, sont d'origine saoudienne.
Si les liens entre Al-Qaeda et l'Irak semblent difficiles à démontrer, ceux unissant l'organisation d'Oussama ben Laden à des pans entiers de la société saoudienne ne font guère de doute. Des milliards de dollars venus du royaume ont alimenté des groupes armés - dans les territoires palestiniens ou en Tchétchénie, en particulier. D'autres fonds ont permis la création d'innombrables institutions religieuses fondamentalistes, telles ces écoles coraniques du Pakistan d'où sont issus les taliban. Un niveau de vie en déclin
Pour les Etats-Unis, le royaume constitue l'allié le plus ancien dans le monde arabe: les liens de coopération entre les deux pays remontent à près de soixante ans. Depuis la guerre du Golfe, toutefois, soit une douzaine d'années, l'image de l'Arabie saoudite, vue d'outre-Atlantique, se transforme et s'entache presque insensiblement, à la manière du portrait de Dorian Gray dans le roman d'Oscar Wilde. Au point que, à lire certains éditorialistes américains, Washington s'interroge à présent sur la fiabilité du régime de Riyad.
Personne ne remet en question la fidélité des Al-Saoud. Mais certains, aux Etats-Unis, s'effraient de l'ampleur des défis auxquels la monarchie est maintenant confrontée. Victime de la chute des cours de l'or noir, l'économie stagne. Le niveau de vie décline sans cesse depuis le début des années 1980, au point que le PIB annuel par habitant avoisine désormais celui de la Hongrie. Entre-temps, la population a doublé: parmi les 16 millions de Saoudiens (auxquels s'ajoutent 6 millions de travailleurs immigrés), près de 2 sur 3 ont moins de 25 ans. Le taux de fécondité - 3,7% - est l'un des plus élevés au monde. Le peuple d'Arabie saoudite, au fond, ce sont les jeunes. Et ils vont mal. Parmi les 200 000 qui rejoignent chaque année le marché du travail, moins de 1 sur 2 trouve un emploi. Entre 8 et 30% de la population active serait au chômage, selon des statistiques aussi peu fiables les unes que les autres.
Dans ce pays à la population rajeunie et appauvrie, où les partisans du jihad semblent de plus en plus nombreux, la famille régnante finit par apparaître comme l'une des dernières institutions pro-occidentales qui restent. Pas étonnant, dans ces conditions, que Washington souhaite intervenir au plus tôt dans l'Irak voisin: du point de vue américain, il est urgent de «reprendre la main» dans la région du Golfe. Et de sécuriser, autant que faire se peut, l'approvisionnement pétrolier de l'Occident. «Si des élections libres étaient organisées demain et que nous avions le choix entre les princes au pouvoir et Ben Laden, bien sûr que je voterais pour Oussama!» s'enflamme un étudiant de l'université de Riyad.
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«Chaque jour, je passe devant le chantier d'un palais que vos ingénieurs français construisent pour un membre de la famille Al-Saoud» |
Tout contribue, ces temps-ci, à alimenter la colère des jeunes: les attentats du 11 septembre, l'intervention américaine en Afghanistan, l'Intifada palestinienne, les massacres en Tchétchénie, les menaces de guerre en Irak, mais aussi l'augmentation continue du chômage et le népotisme des princes de la famille royale. «Chaque jour, raconte une employée de la capitale, je passe en voiture devant le chantier d'un palais que vos ingénieurs français construisent pour un membre de la famille Al-Saoud. Les travaux n'en finissent plus. Cela coûtera des milliards. D'où ma colère quand, le soir, à la télévision, le gouvernement invite chacun à se serrer la ceinture.»
Partout, les anecdotes traduisent la fin de l'âge d'or. Untel n'a pas changé de voiture depuis des années. Tel autre n'a plus les moyens de voyager à l'étranger. Et ce dernier, murmure-t-on, ne mangerait plus de viande que deux fois par semaine. Même dans les quartiers les plus réputés de la capitale, des braderies sont apparues, au nom révélateur de Tout pour 2 rials (soit 0,50 euro). D'autres secteurs, réservés autrefois aux malheureux immigrés du Sud-Est asiatique, accueillent désormais des Saoudiens sans le sou. Le long des ruelles poussiéreuses de Manfoha, par exemple, dans le sud de la capitale, les maisons en torchis abritent des familles entières de chômeurs. «Parfois, raconte un habitant, l'eau est coupée huit jours de suite.» Le prince héritier, Abdallah, s'est rendu récemment dans l'un de ces quartiers afin de marquer la reconnaissance officielle du problème. Autre signe inquiétant, la petite criminalité, autrefois impensable, a fait son apparition. A Riyad, un restaurant McDonald's a été victime d'un braquage. Les téléphones portables disparaissent. Et une série d'attentats inexpliqués contre des résidents expatriés attise toutes les craintes... Nouvelle donne
«Je cherche un boulot depuis des mois», soupire un ancien étudiant de 27 ans. Avec son diplôme de droit, il ne trouve rien d'intéressant. «Tant que je serai chômeur, reprend-il, je ne peux pas espérer me marier. Et, même si une fille voulait m'épouser, il faudrait trouver un logement.» Les prix de l'immobilier ont flambé.
Autrefois, la distribution des subsides nourrissait le consensus entre la famille régnante et la population: la rente pétrolière était redistribuée grâce au clientélisme ou par la création d'emplois - fictifs, au besoin - dans la fonction publique. La grogne, quand elle s'exprimait, venait de quelques libéraux formés dans des universités occidentales. Sans remettre en cause la légitimité de la monarchie, ils réclamaient mezza voce davantage de libertés et moins de puritanisme. A l'époque, ces contestataires étaient d'autant moins dangereux pour le régime que l'argent coulait à flots.
Depuis une quinzaine d'années, en revanche, la donne a changé. Outre le ralentissement de l'économie, la guerre du Golfe et la présence persistante de 6 000 soldats américains sur le territoire ont enflammé les passions. Plus que des cercles occidentalisés, ce sont des groupes salafistes ultrareligieux que viennent les pressions les plus fortes. Leurs affiches et leurs tracts sont omniprésents dans les campus. Le 20 septembre 2002, plusieurs centaines d'extrémistes conservateurs ont hué et bombardé de tomates le ministre de la Défense, le prince Sultan, lors de son passage à Bureïda, un haut lieu des imams intégristes, au cœur du désert du Nedjd.
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«D'ici quelques années, si nous ne parvenons pas à créer des emplois par millions, nous serons confrontés à une grave crise politique» |
Certes, l'Arabie saoudite n'est pas le Pakistan ni l'Egypte. Forte des recettes de l'or noir et de l'appui militaire américain, sans oublier l'omniprésence de ses propres services de renseignement, la famille royale semble solidement installée au pouvoir. Elle peut entretenir à grands frais un Etat providence, gage de survie politique, qui permet aux Saoudiens de ne pas verser un centime d'impôt et qui leur assure, pour le moment, de généreuses subventions. Mais le temps presse, reconnaît en privé un ministre: «Aujourd'hui, la situation sociale des jeunes est un problème d'ordre économique. D'ici quelques années, en revanche, si nous ne parvenons pas à créer des emplois par millions, nous serons confrontés à une grave crise politique.»
En attendant, les réformistes se réjouissent des effets du progrès technologique, qui a permis de délier les langues. Avec la généralisation de la télévision par satellite, les habitants délaissent leurs chaînes nationales, dont les qualités somnifères font l'objet de nombreuses plaisanteries. Outre la chaîne Al-Jazira, qui dénonce chaque jour la répression israélienne dans les territoires palestiniens et l'indifférence apparente de Washington, les Saoudiens apprécient les émissions légères, où les téléspectateurs sont invités à téléphoner pour faire part de leurs soucis à l'antenne. A ses débuts, par exemple, la chaîne Al-Mustaqilla, diffusée à partir de Londres et proche de l'opposition tunisienne, relayait l'angoisse de nombreux jeunes face à la détérioration de l'économie. Soudain, leur mécontentement est devenu audible.
A présent, une radio islamiste d'opposition diffusée par satellite accueille les mécontents: «Les gens s'expriment sur tous les sujets, raconte un auditeur régulier. C'est souvent débile et généralement partial. Mais ça fait du bien!» Même les journaux locaux, encouragés par la famille royale, s'attaquent à des sujets restés longtemps tabous: la pauvreté, le chômage, la drogue, le sida ou encore le divorce.
A leur manière, les téléphones portables contribuent eux aussi à libérer la parole. Parfois, les appareils servent de relais à des textes en forme de blague: «Pourquoi les femmes irakiennes portent-elles des ceintures de chasteté? - Parce que les soldats américains ont annoncé qu'ils viseraient les sites stratégiques.» Surtout, puisque la police religieuse interdit aux personnes des deux sexes de marcher ensemble dans la rue à moins d'être mari et femme, les téléphones sont devenus des instruments indispensables à la drague. «Il y a quelques années, confie une mère de famille, on ne voyait jamais le moindre célibataire dans un supermarché. A présent, j'en vois toujours deux ou trois, qui marchent entre les rayons, pendus à leur téléphone.» Le secret de ce mystère? Ils discutent avec la fille de leurs rêves, couverte des pieds à la tête, comme l'exige la loi, et qui fait ses courses un peu plus loin. «Je connais un couple qui s'est marié récemment, raconte un adolescent. Ils se sont parlé pendant quatre ans au téléphone avant de se décider!» Le réseau Internet, aussi, permet aux jeunes de dialoguer: «Je joue du piano devant une caméra et je diffuse les images sur le Net, raconte un employé de banque. Ça fait craquer les filles!»
Tout cela peut paraître frivole, mais la société saoudienne, héritière des traditions bédouines, cultive volontiers le secret et le repli sur soi, dans un cadre familial ou tribal. Issus de la mondialisation, les nouveaux moyens de communication pénètrent désormais la vie quotidienne et contribuent à l'émergence d'un embryon de société civile. Car les échanges ne se bornent pas aux rendez-vous galants.
Derrière la vitrine d'un café Internet, Mohammed commande un cappuccino et s'installe devant un ordinateur. Il montre l'écran du doigt: «Tu vois, c'est un site ouvert aux Saoudiens. Ici, par exemple, il est question de sport. Là, les gens écrivent sur l'actualité internationale. Et ça, c'est le forum politique.» Il clique. Un message apparaît à l'écran: «Vous avez sélectionné une page bloquée.» Le régime saoudien censure Internet. Officiellement, l'objectif serait d'interdire l'accès aux images pornographiques, aux jeux de hasard et à tout ce qui serait contraire à l'islam. Mais les articles critiques envers le gouvernement de Riyad tombent aussi, semble-t-il, dans cette catégorie. Cela ne soucie guère Mohammed, qui tape deux ou trois codes sur le clavier. En quelques secondes, le voici sur la page du «forum politique», théoriquement inaccessible. Colère contre les Etats-Unis
De quoi parlent-ils donc, les Saoudiens, quand ils discutent en toute liberté, dans l'anonymat du cyberespace? Un participant déclare que les femmes ne sont pas obligées de se voiler et il cite un passage du Coran pour appuyer son argumentation. Un autre commente un rapport sur la situation des droits de l'homme dans le royaume, diffusé par une organisation américaine. La plupart hurlent leur colère contre les Etats-Unis et le gouvernement de Riyad, jugé coupable de céder aux caprices de Washington. «J'aimerais être un Nord-Coréen, écrit un adolescent. Eux, au moins, ils résistent avec dignité à l'aigle impérialiste.» Sa conclusion est sans appel: à l'image du régime de Pyongyang, l'Arabie saoudite devrait se doter de l'arme nucléaire. «J'ai parlé au téléphone avec un moudjahid resté en Afghanistan, prétend un admirateur d'Al-Qaeda. Il m'a assuré qu'un nouvel attentat était imminent.» Un autre internaute évoque les investissements d'un prince de la famille royale en Russie. «Pourquoi envoie-t-il son argent là-bas? Les hommes d'affaires devraient rester ici, dans notre pays.»
Le gérant du café Internet éclate de rire: «La plupart des clients discutent avec des filles, par ordinateurs interposés. Mais beaucoup visitent également les sites de discussion politique. C'est le seul endroit où ils peuvent exprimer leur colère contre le gouvernement.» Un rapide coup d'œil alentour, et il sourit de plus belle: «D'ailleurs, j'y vais régulièrement aussi!»
Il y a trente-cinq ans, la péninsule n'avait guère changé depuis l'époque de Mahomet (l'esclavage n'a été banni qu'en 1962). Le pays était privé des infrastructures les plus élémentaires: réseau routier, eau courante, électricité. Aujourd'hui, les religieux interdisent toujours cinémas et discothèques. La moindre photo d'une épaule féminine publiée dans un journal étranger est raturée par des centaines de fonctionnaires chargés de la censure. Mais plus de 80% de la population habite en ville et tout le monde peut regarder à la télévision les derniers clips de Britney Spears. Reste que le pays est le berceau de l'islam; la religion fait partie intégrante de l'identité nationale.
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En 1991, le maintien des troupes américaines sur le territoire est négocié en échange d'un renforcement de la rigueur islamique |
Ce poids du religieux limite la marge de manœuvre du pouvoir. Historiquement, en effet, la monarchie saoudienne repose sur une alliance entre le sabre et le Coran. En conséquence, le souverain associe les oulémas aux décisions importantes afin d'obtenir leur caution, quitte à multiplier les concessions. En 1948, par exemple, seize ans après la création du pays, les imams acceptent l'introduction de la radio à condition que la station nationale diffuse des versets du Livre saint. Plus tard, le téléphone et la télévision font l'objet d'âpres marchandages. En 1991, au lendemain de la guerre du Golfe, le maintien des troupes américaines sur le territoire est négocié en échange d'un renforcement de la rigueur islamique dans les écoles du royaume. Les effets ne tardent pas à se faire sentir: «Moi qui ai 50 ans, soupire un banquier, mes petits-enfants cherchent à m'expliquer comment je dois me comporter dans la vie quotidienne - ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. A l'école, ils dessinent des poissons ou des canards, puis ils rayent leurs yeux au crayon feutre d'une barre noire, sous prétexte qu'il ne faut pas représenter des êtres vivants. Quand j'étais petit, personne ne m'a jamais appris des choses pareilles!»
De la maternelle à l'université, les programmes d'enseignement sont aux mains de religieux doctrinaires. Outre le contenu des cours, souvent contestable, les méthodes pédagogiques découragent la reflexion individuelle et le développement de l'esprit critique. Un tel système est incapable de former les chercheurs, les ingénieurs et les cadres dont l'économie saoudienne aurait besoin. «Ma mère a beaucoup ri en découvrant mes livres d'histoire, confie un lycéen de 17 ans. Pas une ligne n'a été modifiée depuis son époque.»
Encouragé par les Etats-Unis, le gouvernement cherche à réformer le secteur éducatif, qui, s'il n'est pas repensé de fond en comble, continuera de produire des générations de chômeurs. Mais la tâche est délicate. Car la moindre initiative dans ce domaine est perçue comme un exemple de reculade face à l'impérialisme culturel américain et vouée, de ce fait, à l'échec. Toutefois, il y a urgence, souligne un économiste: «L'Arabie est dans une situation comparable à la Chine après la mort de Mao. Soit nous maintenons le statu quo et nos jeunes resteront inadaptés aux besoins de la société contemporaine; dans cette hypothèse, portés par la manne pétrolière, nous sombrerons doucement dans le déclin. Soit nous épousons la modernité et nous rendons aux jeunes des raisons d'espérer. Pour cela, une refonte du système éducatif est indispensable.» Infinie prudence
En attendant, l'Arabie saoudite est dans la situation bizarre d'un pays qui compte plusieurs millions de chômeurs tout en conservant 6 millions de travailleurs immigrés. Même les chefs d'entreprise saoudiens rechignent à embaucher leurs compatriotes: «Après quatre-vingt-neuf jours, soupire un patron de supermarché, il est pratiquement impossible de les licencier. Surtout, ils ne savent pas travailler. Un Pakistanais ou un Indien se présente à l'heure et saura prendre des initiatives. Un Saoudien, lui, sort de l'université en n'ayant rien appris. Au mieux, il peut vous répéter les leçons apprises par cœur.» Le remplacement annoncé des expatriés par des salariés natifs du pays s'annonce hasardeux.
Le contexte politique, malheureusement, n'est guère propice aux décisions radicales. A la suite de l'embolie cérébrale du roi Fahd, Abdallah, le prince héritier, est officiellement chargé de «gérer les affaires de l'Etat» depuis 1996. Réputé intègre et hostile aux fondamentalistes, partisan des réformes et d'une certaine ouverture, il agit, à 79 ans, avec une infinie prudence. On lui doit une réforme du système judiciaire et une modification des lois foncières. L'élection de l'Arabie saoudite à la commission des droits de l'homme des Nations unies serait un moyen, pour lui, de faire pression sur les conservateurs.
C'est sur les épaules de ce vieux monsieur austère et réservé que repose, dans une large mesure, le destin des jeunes Saoudiens. Lui-même en ferait, en privé, la première des ses priorités. Depuis le 11 septembre 2001, l'ensemble de l'Occident a intérêt à ce qu'il réussisse.
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 12:02:33
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ARABIE-SAOUDITE
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Jeudi 13 février 2003
IRAK
BUSH ET BLAIR ONT RATE LEUR AVANT-GUERRE Certaines photos presentees par Powell sont vieilles de dix ans. Blair lui sombre dans le ridicule avec son rapport en partie bidon. Le Pentagone met sous pression la CIA, les inspecteur de l'ONU et l'axe Paris-Berlin-Moscou « COMMENT Colin Powell, cet homme intelligent que nous connaissons si bien, a-t-il pu se laisser ainsi abuser ?» s’étonne un diplomate français. « Et prendre pour argent comptant une connerie fournie à Blair par les services britanniques de renseignement ?» A savoir un rapport rendu public, à Londres, le 3 février, par son ami Tony Blair. Et dont une grande partie était la simple reproduction — fautes d’orthographe comprises ! — d’une thèse universitaire rédigée après la guerre du Golfe (voir canardage). Le ridicule de l’affaire ne pouvait suffire au dirigeant britannique, contraint quatre jburs plus tard d’admettre le côté pitoyable de sa prestation. Blair est aussi coupable d’avoir entraîné Colin Powell dans cette internationale bouffonnerie. Lors de son show du 5 février, devant le Conseil de sécurité, celui-ci a en effet salué œ mauvais plagiat en termes élogieux: « Je voudrais attirer l’attention de mes collègues sur l’exellent dossier ( sic) présenté par le Royaume Uni, lequel décrit en detail les activités de dissimulation irakiennes. » Une remarque, en passant : aucun service américain n’avait mis en garde Colin Powell, auprès duquel se tenait pourtant, ce jour-là, le patron de la CIA, George Tenet. Espions sous pression Au Conseil de sécurité de l’ONU, le spectacle ne s’est pas limité à cette malheureuse bourde. Un expert américain, ancien respopsable des services antiterroristes de la CIA, confirme les accusations déjà exprimées par des spécialistes français auprès de responsables barbouzards. A l’en croire, certaines photos des sites irakiens suspects présentées aux télévisions par Colin Powell étaient de vieux clichés datant des années 1991, 1992,et 1993. Chacun étant prié d’adhmettre qu’ils sortaient tout chaud des satellites US survolant en permanenœ l’irak. ‘A Paris, d’aucuns estiment que les services américains, pressés par les faucons du Pentagone de fournir les preuves éclatantes de la duplicité irakienne, n’en doutent certes pas, mais ils ont fouillé leurs vieux dossiers. Et, si l’on se veut aimable, ils ont ainsi trompé la vigilance du « brave CoJin Powell ». Lors de leurs échanges avec des homologues français, certains analystes americains ne cachent pas que les divers services de renseignement sont harcelés, à Washington, par les dirigeants du pays. Explication des plus grincheux : l’équipe Bush veut obtenir, depuis un an, documents et arguments permettant de justifier sa décision d’envahir l’Irak et d’y camper durablement. Une décision prise en secret, affirment-ils, avant même les attentats du 11 septembre 2001. Inévitables, donc, les nombreux affrontements entre faucons et colombes, dans l’univers barbouzard amériçain, et la lassitude des seconds. « Notre travail, a confié l’un d’eux à un diplomate français, consiste à fournir une argumentation capable de convaincre les dirigeants étrangers et l’opinion internationale du bien-fondé de nos intentions belliqueuses... » Ces derniers jours, les propos de Dominique de Villepin, à l’instar de ceux de Chirac, se sont voulus plus catégoriques: « Pas question pour nous d’entrer en guerre », répète t-il à ses proche confidents. Et c’est a peine s’il ajoute de tempe à autre, un petit <>, la formule passe-partout. Et le patron du Quai d’Orsay d’insister: « Les inspections, en se poursuivant, permettront d’obtenir ce désarmement. Quant à l’ONU. ca ne doit pas une chambre d’enregistrement, à la botte de Washington. » Inspecteurs sous influence Froisse d’avoir entendu courir une rumeur selon laquelle il décelait, comme certains journalistes, un « infléchissement »de la position française, Hubert Védrine, le prédécesseur de Villepin, a cru bon de la démentir. En affirmant que « Chirac ne peut revenir en arrière désormais ». Certains militaire, experts en stratégie ou conseillers du gouvernement doutent encore de la détermination de Chirac sur ce point. Et de remarquer, avec la discrétion requise, que la position actuelle de la France, si elle n'évoluait pas vers une participation meme symbolique à la guerre, l’empêcherait de participer au règlement de « l’après-conflit>>. En laissant les mains libres à Washington notamment dans le domaine pétrolier. En revanche, François Heisbourg, président de la fondation pour la recherche stratégigue, ne cache pas ses opinions. Selon lui, on va découvrir en Irak « des choses abominables ». Sans doute veut-il parler de camps ou de prisons avec salles de tortures. Et cela n'encouragera Washington à traîner la France plus bas que terre. Mals n’est-ce pas déjà le cas? Enfin, nouvel élément de ce jeu de cartes biseautées qui peut conduire à la guerre, la Direction des affaires stratégiques du ministère français dela Défense a décrypté les intentions américaines. A en croire ces hauts fonctionnaires, dont l’expérience est supérieure, si ton ose dire à celle de leur ministre, Bush ne voulait à aucun prix que Powell aide les inspecteurs en leur fournissant de bonnes indications. Et le Président souhaitait qu’ils echouent dans leurs investigations. Afin de démontrer qu’il valait mieux frapper, et vite. A la fin de cette semaine, Paris, Berlin et Moscou vont, en revanche, proposer que ces investigations se poursuivent, que le nombre d’inspecteurs soit multiplié par deux ou par trois, avec centres régionaux fixes et surveillance aérienne permanente lors de leurs déplacements, une procédure acceptée par Saddam. Et, le même 14 février, les deux patrons des inspecteurs remettront un nouveau rapport concluant, dit-on, a la nécessité de persévérer, malgré les fortes pressions américaines pour qu’ils écrivent le contraire. L’ùn d’eux, le Suédois Hans Blix, jugé trop conciliant, est souvent agressé par la presse américaine. Chargé de le « passer au crible» la CIA n’a cependant rien trouvé contre lui. Voilà aussi comment se prépare une guerre... Claude Angeli • Aveu chiffré du Pentagone la semaine dernière, les armées américaines avaient déjà dépensé 2,1 milliards de dollars pour s’installer aux frontières de l’irak. Serait-ce une guerre de riches? • Petit florilège des vacheries de la presse américaine à l’égard de Chirac ou des Français « Cet homme ouvertement à vendre (...). Le Pygmée (...). Sa détermination à protéger Saddam Hussein. Les primates capitulards toujours on quête de fromages (...). Seul un imbécile, ou peut-être un Français (...).» Suffit pour cette semaine? • Les banques de sperme américaines ont vu nombre de soldats effectuer un dépôt personnel avant leur départ pour le Proche-Orient. Explication fournie par des médecins millitaires: c’est la crainte que les vaccins ne leur coupent tout moyen, ou la peur d’être exposés à des armes chimiques. La mort, on n’y pense pas? • Effroi soudain de plusieurs conseillers techniques de Bush, le 20 janvier, à l’ONU. En écoutant Villepin, ils découvrent, à leur grande surprise, que la France dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité. Faut-il les recycler? • Des otaries domestiquées par l’US Navy seront éventuellement chargées de détecter des plongeurs de combat irakiens cherchant à couler les beaux navires américains. Faut avertir Bardot? • L’irak est déjà partagé en secteurs géographiques. Les Américains prévoyant pour chacun d’eux un administrateur (on n’ose pas dire gouverneur ?). A débattre, s’il en reste de libres, entre supplétifs british, espagnols ou italiens?
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 11:02:49
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IRAK
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Jeudi 13 février 2003
COREE DU NORD
La Corée du Nord
PYONGYANG, 13 fév (AFP) - La Corée du Nord, qui a déclaré jeudi avoir la capacité de frapper des cibles américaines partout dans le monde en cas d'"autodéfense", est dirigée par Kim Jong-Il, 60 ans, depuis la mort de son père Kim Il-Sung en 1994, gagnant ainsi le sobriquet de "première dynastie communiste".
Après un demi-siècle d'autarcie quasi complète depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), le pays est touché depuis 1996 par une famine qui a fait, selon des organisations humanitaires, entre deux et trois millions de morts. Selon l'ONU, un tiers de la population est nourrie grâce à l'aide internationale. En janvier 2002, le président américain George W. Bush a accusé Pyongyang de constituer, avec l'Irak et l'Iran, un "axe du mal", affamant sa population tout en cherchant à se doter d'armes de destruction massives.
SITUATION GEOGRAPHIQUE: la Corée du Nord (132.237 km2) occupe la partie septentrionale de la péninsule coréenne, au nord-est du continent asiatique. Bordée par la mer Jaune à l'ouest et la mer du Japon à l'est, elle est encadrée par la Chine, la Russie et la Corée du Sud.
POPULATION: 22,4 millions (2001, selon l'ONU).
CAPITALE: Pyongyang.
LANGUE: coréen.
RELIGION: bouddhisme, christianisme, et chundo kyo (religion propre à la Corée alliant des éléments des doctrines chrétienne, bouddhiste et chamaniste) sont pratiqués sous haute surveillance.
HISTOIRE: le royaume indépendant de Corée est annexé et colonisé par le Japon en 1910. En 1945, l'URSS occupe le Nord qui devient la République démocratique, le 9 septembre 1948, et les Américains le Sud, la République de Corée. Pyongyang envahit le Sud en juin 1950, déclenchant la guerre de Corée qui se poursuivra contre les forces de l'ONU emmenées par les Etats-Unis jusqu'en 1953. Depuis, Pyongyang et Séoul sont toujours théoriquement en guerre, faute de traité de paix.
La Corée du Nord a été dirigée pendant 46 ans par Kim Il-Sung jusqu'à sa mort en juillet 1994. Son fils Kim Jong-Il lui a succédé comme secrétaire général du Parti des travailleurs (parti unique au pouvoir), en octobre 1997.
En juin 2000, la visite historique à Pyongyang du président Kim Dae-Jung a permis de renouer un dialogue incertain avec la Corée du Sud, 55 ans après la partition.
INSTITUTIONS POLITIQUES: Etat communiste reposant notamment sur l'idée du "juche" (autosuffisance). Le pouvoir est concentré dans les mains d'un groupe restreint de dirigeants.
L'Assemblée populaire suprême (parlement) compte 687 membres et élit le président et le Premier ministre.
ECONOMIE: charbon, acier et agriculture. L'économie s'est effondrée après la disparition de l'URSS en 1991. Les Occidentaux s'étaient engagés en 1994 à lui fournir 500.000 tonnes de pétrole par an en échange de l'arrêt de son programme nucléaire, dans l'attente de la construction par un consortium de deux réacteurs à eau pressurisée. Ces livraisons ont été interrompues en décembre 2002 en représailles après l'annonce par Washington de la poursuite d'un programme nucléaire.
PNB par tête: près de 600 dollars.
DETTE EXTERIEURE: estimée à 12 milliards de dollars.
FORCES ARMEES: environ un million d'hommes.
En septembre 1999, la Corée du Nord a accepté de geler son programme de missiles balistiques, vendus à plusieurs pays. En échange, elle a obtenu un assouplissement des sanctions américaines datant de 1953.
Le 10 janvier 2003, Pyongyang a annoncé son retrait du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
| Le développement nucléaire de la Corée du Nord
SEOUL, 13 fev (AFP) - Voici les principales étapes connues du développement nucléaire de la Corée du Nord:
Début des années 1960: construction d'un centre de recherches nucléaires à Yongbyon (90 km au nord de Pyongyang).
1965: assemblage d'un réacteur nucléaire de recherche "IRT-2M" de fabrication soviétique.
Milieu des années 1970: assemblage d'un second réacteur.
1985: les Etats-Unis annoncent avoir les preuves que la Corée du Nord assemble secrètement un réacteur nucléaire près de Yongbyon.
1985: la Corée du Nord signe le traité de non prolifération nucléaire, mais refuse de signer les accords sur la sécurité nucléaire avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).
Janvier 1992: cédant à la pression internationale, Pyongyang signe finalement les accords sur la sécurité nucléaire.
Février 1993: la Corée du Nord rejette une demande d'inspection de deux sites soupçonnés d'abriter du combustible nucléaire, formulée par l'AIEA.
Mai 1993: la Corée du Nord teste un missile à capacité nucléaire d'une portée de 1.000 kilomètres.
Juin 1993: la Corée du Nord abandonne ses menaces de retrait du traité de non prolifération nucléaire.
Décembre 1993: Pyongyang accepte d'avoir des conversations avec l'AIEA.
Juillet 1994: mort du dictateur nord-coréen Kim Il-Sung conduisant à l'annulation d'un sommet prévu avec le président sud-coréen Kim Young-Sam.
Octobre 1994: la Corée du Nord et les Etats-Unis signent un accord prévoyant le gel du programme militaire nucléaire nord-coréen en échange de la livraison de deux réacteurs civils.
Janvier 1995: Washington assouplit ses sanctions économiques.
Avril 1997: les Etats-Unis annoncent pour la première fois que, dès 1994, la Corée du Nord avait produit suffisamment de plutonium pour fabriquer "au moins un engin nucléaire".
Novembre 1999: la Corée du Sud estime que le Nord a suffisamment de plutonium pour assembler 10 petites bombes nucléaires.
Décembre 1999: un accord est signé entre les deux Corées et un consortium international mené par les Etats-Unis, portant sur la construction de deux réacteurs nucléaires à eau légère "sécurisés" en Corée du Nord.
Juillet 2000: la Corée du Nord menace de relancer son programme de développement nucléaire pour protester contre ce qu'elle considère comme des retards dans la construction des deux réacteurs à eau légère.
Avril 2001: l'AIEA estime que la Corée du Nord "a probablement une ou deux bombes nucléaires", mais rappelle qu'elle n'a pas pu faire d'inspection sur place depuis 1994.
--2002--
Août: la première pierre des deux réacteurs à eau légère est posée.
Octobre: la Corée du Nord admet devant l'envoyé spécial américain James Kelly qu'elle poursuit un programme de fabrication de combustible nucléaire militaire.
14 nov: les Etats-Unis et leurs alliés décident de suspendre les livraisons de fioul à la Corée du Nord à partir de décembre.
12 déc: Pyongyang annonce qu'elle va réactiver son programme nucléaire, présumé gelé depuis l'accord de 1994.
21 déc: démontage des caméras surveillant la centrale de Yongbyon. Pyongyang brise des scellés posés par l'AIEA sur des conteneurs renfermant des barres de combustibles nucléaires. Le 25, des barres de combustible sont transportées dans le bâtiment du réacteur de la centrale.
27 déc: Pyongyang ordonne le départ des deux derniers inspecteurs de l'AIEA. Ils sont expulsés le 31.
31 déc: George W. Bush déclare que la situation de crise peut être résolue pacifiquement.
--2003--
10 jan: la Corée du nord se retire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
5 fev: Pyongyang annonce avoir redémarré ses installations nucléaires pour produire de l'électricité.
12 fev: Le conseil des gouverneurs de l'AIEA accuse Pyongyang de violer ses engagements de non-prolifération nucléaire et saisit le Conseil de sécurité de l'Onu.
Pas de sanctions immédiates contre la Corée du nord
VIENNE, 12 fév (AFP) - Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui a saisi mercredi le Conseil de sécurité de l'Onu du contentieux nord-coréen, est opposé à des sanctions immédiates contre Pyongyang, a déclaré mercredi le directeur général de l'AIEA.
"Tous les membres (du Conseil des gouverneurs) ont fait savoir que ce n'était pas le moment d'appliquer immédiatement des sanctions" contre la Corée du nord, a déclaré M. Mohamed ElBaradei dans une conférence de presse.
Le conseil des gouverneurs de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique a adopté mercredi par 31 voix pour et deux abstentions une résolution qui saisit le Conseil de sécurité de la violation par la Corée du nord de ses obligations de non-prolifération nucléaire, ouvrant la voie à l'imposition de sanctions à Pyongyang. Seules la Russie et Cuba se sont abstenus.
Le Conseil de sécurité est seul habilité à prendre des sanctions contre la Corée du nord, qui a averti qu'elle les considèrerait comme une déclaration de guerre. |
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 09:40:15
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COREE DU NORD
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Jeudi 13 février 2003
SHARON
Sharon pourra être poursuivi dès la fin de son mandat La Cour de cassation belge rend à nouveau recevable une plainte contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon pour les massacres de Sabra et Chatila en 1982. Il pourra être jugé à la fin de son mandat.
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 Ariel Sharon (AP) | La Cour de cassation belge a annulé mercredi une décision de justice qui avait déclaré irrecevable une plainte pour crimes de guerre contre Ariel Sharon, mais a gelé les poursuites tant que le Premier ministre israélien sera en fonction. Le Sénat belge a voté fin janvier deux propositions de loi visant à préciser la portée de la loi de "compétence universelle". Ces propositions stipulent notamment que cette loi unique au monde, qui permet aux tribunaux belges de juger les auteurs présumés de crimes de guerre, de génocide ou de crimes contre l'humanité, s'applique "sans considération du lieu où l'auteur présumé du crime peut être trouvé".
Israël menace
Une situation juridique loin de satisfaire l'Etat hébreu. Ainsi, Israël a déjà fait savoir qu'il prépare une "série de mesures de rétorsions" contre la Belgique au cas où la loi belge de "compétence universelle" serait modifiée pour permettre la relance de poursuites contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon. "Selon des informations précises et concordantes, l'Etat hébreu et son département des Affaires étrangères a préparé une série de mesures de rétorsions diplomatiques sans précédent dans l'histoire des relations entre les deux pays", écrivait fin janvier le quotidien Le Soir. L'Etat hébreu pourrait ainsi rappeler son ambassadeur en Belgique mais il n'irait pas cependant jusqu'à rompre ses relations diplomatiques avec Bruxelles, selon Le Soir.
Sabra et Chatila
Des rescapés des massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, au Liban, en 1982, avaient porté plainte à Bruxelles en juin 2001 contre M. Sharon (ministre de la Défense au moment des faits) en l'accusant de responsabilité indirecte dans ces massacres. Au ministère belge des Affaires étrangères, on estime à propos du vote du Sénat qu'il s'agit d'un "malentendu" en déclarant que la volonté des parlementaires et du gouvernement belges n'est pas de viser spécifiquement le chef du gouvernement israélien.
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 09:21:47
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EUROPE, SHARON
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Jeudi 13 février 2003
BOLIVIE

BOLIVIE Un impôt "énormissime" et explosif
Une proposition d’augmentation des impôts des fonctionnaires a mis le feu aux poudres dans le pays, opposant les policiers à l’armée et provoquant 16 morts. Des combats qui stigmatisent la crise sociale aigüe et l’impuissance des politiques dans un pays d’une extrême pauvreté.
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| Gonzalo Sanchez de Lozada, le président bolivien (AFP) |
Une fusillade entre des manifestants policiers et un détachement de l’armée à La Paz a fait 16 victimes et plus de 80 blessés mercredi 12 février. C’est pour le président Gonzalo Sanchez de Lozada, dit “Goni”, “la pire journée depuis son investiture, il y a six mois”, estime le quotidien argentin “Clarín”.
Dès la veille, les policiers s’étaient mutinés puis se sont rassemblés pour protester entre autres contre le projet du gouvernement, dont l’aspect le plus controversé est un nouvel impôt direct de 12,5 % sur les salaires de 750 000 fonctionnaires, dont ceux de la police. La bataille entre policiers et militaires a duré cinq heures, et ce “malgré l’ordre donné aux militaires par le ministre de la Défense de se replier “, note “La Nación”. Cette émeute est la plus violente depuis celle d’avril 2000, “qui avait quasiment renversé le gouvernement précédent, dirigé par Hugo Banzer”, rappelle le journal bolivien “La Razón”.
L’éditorial du journal “Los Tiempos” parle du “bord de l’abîme”. Pour ce quotidien bolivien, “le fragile équilibre de la situation politique et économique est sur le point de se rompre”. Le responsable de la crise est l’”impuestazo” (“l’impôt énormissime”), qui est, selon le quotidien, “une erreur monumentale du président libéral, en particulier dans le contexte économique actuel”. D’après le journal, “le malaise social empire ces dernières années. La jacquerie des producteurs de coca qui a fait 8 morts en décembre en est la preuve.” “Pourtant”, note le quotidien, “’Goni’ a jeté de l’huile sur le feu au lieu de tenter de l’éteindre.” En effet, insiste “Clarín”, “près de 80 % des Boliviens sont pauvres.” La mesure du gouvernement est “insensée”, estime un expert en sécurité, cité dans “La Razón”. Il évoque “les conditions de vie extrêmement précaires de la police”. Pour un évêque bolivien, cité dans le quotidien de La Paz “El Diario”, “il n’est pas possible d’enlever le pain à celui qui a à peine de quoi survivre”.
Le spectre argentin
De plus, selon “Los Tiempos”, “le gouvernement a fait preuve d’une totale maladresse dans sa communication”. En effet, “utiliser lourdement le spectre de la situation catastrophique argentine pour convaincre de la nécessité d’une politique économique d’austérité était stupide”, analyse le journal. “La décision a même provoqué les critiques du secteur bancaire, qui y voit une source de crainte de la population.”
Finalement, “tous les secteurs de la population rejettent la tentative de réforme”, remarque le quotidien libéral “La Razón”, qui note que “seul le Fonds monétaire international (FMI) approuve cette décision, ou au moins son objectif de réduire le déficit budgétaire de 8 % à 5 %”. Ainsi, “les entrepreneurs et les salariés se sont alliés, dans une action coordonnée contre la ratification par le Congrès de la proposition du gouvernement”, note “La Razón”. Signe de cette alliance informelle, “dans la soirée de mercredi, des étudiants ont bloqué la route d’accès à la capitale avec des pierres, à peine dérangé par une apparition durant quelques minutes de la police”, ajoute le journal.
Cependant, “la bévue commise par le gouvernement n’est pas le seul facteur qui explique la situation catastrophique actuelle”, estime “Los Tiempos” qui accuse aussi “les courants les plus radicaux qui cherchaient une occasion pour briser la structure des institutions démocratiques et la stabilité économique. L’’impuestazo’ leur a fourni une opportunité en or.” “Clarín” aussi met en cause “une opposition qui profite de la faiblesse du gouvernement pour tenter de lui asséner le coup de grâce”. “La société civile et les forces d’opposition doivent continuer à lutter contre la politique gouvernementale mais sans se laisser entraîner vers une solution violente désastreuse”, recommande “Los Tiempos”. Le président “a donné mercredi un signal positif mais pas encore suffisant”, commente le journal. “Goni” a en effet déclaré lors d’un message télévisé le soir même des émeutes qu’il “retirait son projet de mesure fiscale, afin de rendre possible un nouveau dialogue, sincère et fraternel entre tous les Boliviens”. Pour amorcer ce dialogue, le journal recommande au gouvernement de “prendre des mesures drastiques pour stopper la course vers la catastrophe, notamment de lutter contre la corruption du pouvoir”.
MFD © Courrierinternational.com
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 09:09:17
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AMERIQUE LATINE
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Jeudi 13 février 2003
IMMIGRATION

L’art de se
débarrasser
des demandeurs
d’asile
"The Guardian"(extraits), Londres
Pour résorber l’afflux de réfugiés, des hauts fonctionnaires britanniques proposent de créer des zones régionales de rétention… en Somalie, au Maroc ou en Iran !
Tony Blair va devoir se pencher ces jours-ci sur un étonnant rapport qui a été conjointement concocté par le ministère de l’Intérieur et par son propre cabinet. Intitulé “Une nouvelle vision pour les réfugiés”, ce rapport vise à mieux contrôler le flux de demandeurs d’asile au Royaume-Uni. [Le sujet est devenu extrêmement sensible depuis la mort, le 14 janvier, d’un officier de police lors d’une opération antiterroriste au domicile d’un demandeur d’asile algérien. La presse tabloïd s’est, en effet, emparée de l’émotion suscitée par le meurtre de Stephen Oake pour relancer le débat sur le système d’asile politique britannique, jugé trop laxiste.]
Les hauts fonctionnaires de Sa Majesté proposent donc la création de “zones régionales de protection” vers lesquelles tout demandeur d’asile arrivant à Douvres serait orienté après un interrogatoire, un relevé d’empreintes digitales et une brève détention sur le sol britannique. Mais ces “zones régionales de protection” n’auraient de régionales que le nom, puisque les “régions” envisagées pour leurs installations sont... la Turquie, l’Iran, la Somalie ou le Maroc. Le rapport avance aussi la nécessité d’établir ce type de zones pour les Balkans et le Zimbabwe - tout en reconnaissant que l’affaire sera délicate pour ce dernier cas - qui n’est pas considéré comme problématique par ses voisins.
Ces “zones de protection” serviraient principalement de “centres de traitement des demandes”. Les migrants économiques pourraient y être envoyés après leur arrivée au Royaume-Uni en attendant que leur demande d’asile soit traitée par l’administration britannique. Le rapport, encore confidentiel, précise que “l’envoi des demandeurs d’asile dans des zones régionales de protection devrait avoir un effet dissuasif sur les migrants économiques et les terroristes potentiels qui utilisent la procédure d’asile pour mieux entrer au Royaume-Uni”. Toujours aussi imaginatifs, les services gouvernementaux sollicités ajoutent cependant que “cet effet ne sera véritablement significatif que si les zones ainsi créées sont en nombre suffisant et si les demandeurs ne trichent pas sur leur nationalité pour éviter leur renvoi”. Afin de compléter ce dispositif, le candidat demandeur d’asile ne pourra plus faire appel de la décision de renvoi tant qu’il n’a pas atteint la zone de protection. Il pourra tout de même bloquer son exécution en invoquant devant le tribunal les menaces que cette mesure d’éloignement fait peser sur sa sécurité.
Reste qu’il sera difficile de convaincre les pays évoqués d’accueillir ces zones, même si elles doivent être financées “pour l’essentiel” par un groupe de nations occidentales. Comme “modèle”, le rapport évoque le précédent constitué par le système mis sur pied dans les années 70 pour les réfugiés des guerres de la péninsule indochinoise, les fameux boat people. Le même rapport envisage également l’établissement de “zones de protection” aux frontières de l’UE élargie dans les régions du monde où la demande d’émigration économique vers l’Occident est forte. Le texte évoque, par exemple, des pays comme l’Ukraine ou la Russie.
“Délocaliser” les réfugiés et laisser l’ONU tout gérer
Après un premier interrogatoire destiné à établir leur identité et à les enregistrer, tous les demandeurs d’asile - vrais ou faux réfugiés - se verraient accorder une protection pour six mois. Passé ce délai, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui serait chargé de gérer l’ensemble de ces “zones de protection”, aurait à se prononcer sur le bien-fondé de leur requête. Les déboutés seraient bien évidemment expulsés, sans possibilité de recours, par le HCR. A l’issue de cette “délocalisation” forcée, les “vrais” réfugiés ayant des liens dans un pays donné - Royaume-Uni ou autre - pourraient venir s’y installer. La répartition des demandeurs d’asile admis se ferait selon un système de quotas. Enfin, les rédacteurs du rapport conseillent au Premier ministre de faire en sorte que “le nombre de personnes autorisées à s’installer dans notre pays soit plus élevé que le nombre de celles renvoyées dans les zones de protection à leur arrivée. Sinon on pourra nous accuser à juste titre de nous décharger du problème de l’immigration sur le tiers-monde.”
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-13 08:54:08
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ANGLETERRE
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