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Publié le mercredi 5 février 2003

Mercredi 5 février 2003

COTE D'IVOIRE
Abidjan (Côte d'Ivoire) DE L'UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX



Côte d'Ivoire Le drôle de jeu des Américains


ALORS que les Ivoiriens sont suspendus aux lèvres de leur président Laurent Gbagbo, qui pourrait parler aujourd'hui au soir d'une nouvelle marche, organisée cette fois par les syndicats, les Américains, absents de la scène depuis plusieurs semaines, viennent de faire leur entrée en deux temps. Pour commencer, vendredi dernier, ils demandent à Gbagbo d'appliquer sans retard les accords de Marcoussis. Enfin, avant-hier, par la voix d'Ari Fleisher, porte-parole de la Maison-Blanche, ils atténuent leur recommandation en espérant « de la souplesse dans l'application des accords ». Mais applaudissent.... « les efforts du président Chirac pour amener toutes les parties à une solution pacifique ». Les Etats-Unis, qui sont obnubilés par leur guerre contre l'Irak, ne sont donc pas totalement indifférents à la Côte d'Ivoire. Il est vrai que ce pays, avec le Nigeria, est l'un des plus riches d'Afrique de l'Ouest, et qu'il accueille quelques multinationales américaines (ADM, Cargill, Vanco...) implantées dans l'exploitation du cacao, du pétrole ou du gaz. Un petit goût de revanche. Au lendemain du coup d'Etat manqué, le 19 septembre dernier, le dossier ivoirien avait été examiné avec des yeux ronds par la diplomatie américaine, qui, en règle générale, ne s'intéresse qu'aux pays africains soupçonnés d'héberger des... réseaux Al-Qaïda. Résultat : la crise avait été confiée à un obscur fonctionnaire. Mais, aujourd'hui, c'est différent. D'autant plus différent que la France veut contrecarrer les desseins américains en Irak et paraît empêtrée dans l'affaire ivoirienne. Officiellement, le discours de Washington ne change pas : « On veut la paix en Côte d'Ivoire, on est là pour aider les Français. » En coulisse, la vérité est tout autre : les Américains, avec une certaine délectation, ne font pas grand-chose pour aider leur allié à sortir de ce bourbier. Histoire de rendre à Paris la monnaie de sa pièce. Un attentisme payant. Même s'ils ont des troupes au Ghana voisin, les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'intervenir sur le plan militaire. En revanche, ils disposent de moyens de pression très sûrs par l'intermédaire de pays amis comme le Ghana ou le Nigeria. Ces deux Etats anglophones, qui, au début de la crise, avaient proposé à Gbagbo leur aide, redoublent depuis quelques jours d'activité. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'ils recherchent une solution rapide. Car le temps joue pour les Américains. Ces derniers, en ne disant rien ou presque, profitent, en effet, du dépit anti-français qui gagne la population ivoirienne. Samedi, les manifestants ont crié « USA... USA » et ont conspué Chirac et Villepin. Les inquiétudes de Bush. D'abord économique, la Côte d'Ivoire est un pays riche. Et il y a du pétrole dans le golf de Guinée. La valse-hésitation de la France, qui, après avoir insisté sur la « légitimité du régime ivoirien », a fini par concéder aux rebelles la Défense et l'Intérieur, inquiète les Américains. Ils redoutent une redistribution des cartes en leur défaveur. Ensuite politiques, les récentes collusions du Liberia et du Burkina Faso avec des émissaires d'Al-Qaïda, dénoncées récemment par les services occidentaux, les confortent dans la menace terroriste. Car le Liberia et le Burkina Faso sont justement les deux pays que le gouvernement d'Abidjan accuse d'avoir encouragé la rébellion. Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé hier le déploiement en Côte d'Ivoire de forces militaires appartenant à la France et à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les autorisant à recourir à la force. Il les « autorise » à « assurer, sans préjudice des responsabilités du gouvernement de réconciliation nationale, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques à l'intérieur de leurs zones d'opérations et en fonction de leurs moyens ».

Philippe Duval


Le Parisien, mercredi 05 février 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 12:49:58
Permalien AFRIQUE, COTE D'IVOIRE


Mercredi 5 février 2003

DROITS DE L'HOMME

Droits de l'homme en Iran: l'UE attend du "concret" de Téhéran

Dépêche reçue le 5/02/2003 à 15:30

 

Le commissaire européen aux Relations extérieures Chris Patten lundi a Téhéran

L'Union européenne (UE) attend de l'Iran des mesures "concrètes" pour que leur dialogue commercial et politique aboutisse: qu'il abroge définitivement la lapidation, donne libre accès aux inspections de l'Onu sur les droits de l'Homme et le nucléaire, ou aide à la paix au Proche-Orient.

C'est le message que le commissaire européen aux Relations extérieures, Chris Patten, a répété au cours de sa visite en Iran, entamée lundi et qui s'est achevée mercredi.

Tout en soulignant l'intérêt que les deux parties ont au dialogue, M. Patten a dit mercredi que l'Iran entrait "dans une nouvelle phase où, pour progresser, il doit devenir plus dynamique et produire davantage de résultats concrets".

Ainsi, pour les droits de l'Homme, "un arrêt définitif des lapidations, l'adoption d'une loi contre la torture seraient des indicateurs clairs et positifs", a-t-il expliqué devant l'Institut des études politiques et internationales.

Les Européens se sont abstenus à l'automne dernier de présenter une résolution contre l'Iran à ce sujet lors de l'assemblée générale des Nations unies, mais c'était pour "donner une chance à notre dialogue", a-t-il dit. "Nous serons bientôt confrontés à la même question à la Commission des droits de l'Homme (de l'ONU) à Genève", a-t-il fait observer, sans pouvoir "prédire la position finale de l'UE".

Le chef de la justice iranienne, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Chahroudi, a confirmé lundi à M. Patten que la lapidation, qui horrifie les Occidentaux, avait été remplacée par une peine de substitution.

Cependant, selon des sources européennes, M. Patten n'a pas obtenu de réponse lorsqu'il a demandé si la mesure était définitive. M. Patten a aussi évoqué la peine de mort, la torture ou encore la liberté de la presse et voudrait voir Téhéran signer la Convention pour l'éradication de toute forme de discrimination contre les femmes (texte onusien de 1979).

En outre, M. Patten a appelé l'Iran, qui se défend constamment de soutenir militairement le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien, à "user de (son) influence auprès des groupes palestiniens" pour contribuer à la paix au Proche-Orient.

Sur la question de la prolifération des armes, Téhéran "enverrait un message des plus positifs" en signant davantage de conventions internationales, notamment un texte de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) relatif aux inspections des sites nucléaires, a-t-il affirmé.

Malgré les objections américaines, l'UE et Téhéran ont entamé le 12 décembre à Bruxelles un dialogue commercial et politique. Tout en rejetant le terme de "condition préalable" qui braque les Iraniens, M. Patten a réaffirmé que des progrès vers un accord de commerce et de coopération étaient "liés" à des progrès en matière politique. Il s'agit d'un "tout indissociable", a-t-il ajouté. Et des sources diplomatiques européennes vont plus loin en assurant qu'il ne peut y avoir d'accord dans un domaine sans accord dans l'autre.

L'UE attend de Téhéran qu'il reconnaisse Israël, signe et applique les traités internationaux de non-prolifération, applique la résolution 1373 des Nations unies contre le financement du terrorisme, mais aussi promeuve et défende les droits de l'Homme.

Avant de quitter l'Iran, M. Patten a ouvert mercredi matin le deuxième tour de table des discussions en vue d'un accord commercial. Ces discussions, mercredi et jeudi, visent à définir les têtes de chapitre d'un éventuel accord, indique-t-on de source européenne.

Les Iraniens, pour leur part, invoquent volontiers les spécificités de la loi coranique et refusent toute ingérence dans leurs affaires intérieures. Selon l'agence officielle Irna, le président Mohammad Khatami a ironisé lors de sa rencontre avec M. Patten sur le modèle occidental des droits de l'Homme auquel, selon lui, les pays non-occidentaux sont hostiles. Il a invoqué des considérations "philosophiques" pour justifier les divergences de vue.

 

 


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 10:54:59
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Mercredi 5 février 2003

COLUMBIA

ESPACE

Columbia : la NASA
avait été avertie

L'agence a été informée voilà neuf ans que ses navettes pouvaient être détruites si des débris heurtaient le dessous des ailes lors du décollage.

 
Columbia sur son pas de tir le 16 janvier. En médaillon : un morceau du nez supposé de la navette retrouvé près de Hemphill, au Texas (AP)
 
La NASA a été avertie il y a neuf ans que ses navettes spatiales pouvaient être détruites si des débris heurtaient le dessous de leurs ailes lors du décollage -un scénario qui est peut-être la cause de la disparition de la navette Columbia.
Après avoir reçu en 1994 un rapport faisant état de la vulnérabilité de ses ailes, la NASA a procédé à des changements sur son équipement et sur les règles de vols afin de minimiser les probabilités de voir des débris se détacher de la navette, a annoncé mardi l'auteur de ce rapport,Paul Fischbeck, un professeur en ingénierie à l'université de Carnegie Mellon.
«Il y a des tuiles très importantes en-dessous. Si ces tuiles sont perdues, cela peut entraîner la perte de la navette», a déclaré Paul Fischbeck.

Pas de commentaire

La partie située sous l'aile gauche de Columbia est la zone sur laquelle la NASA concentre ses enquêtes après la catastrophe de samedi qui a tué sept astronautes.
Paul Fischbeck et un confrère de l'université de Stanford ont étudié les dégâts causés par des débris lors des 50 premiers lancements de navettes américaines. Ils ont conclu qu'en moyenne 25 tuiles thermiques étaient endommagées à chaque vol. Ils n'ont pris en compte que les dégâts mesurant plus de 2,5 centimètres.
Selon M. Fischbeck, la NASA «a pris très sérieusement en compte nos conseils» et a notamment décidé de modifier la mousse isolante recouvrant les réacteurs de la navette. L'agence spatiale américaine a également tenté de limiter la quantité de glace présente sur les réservoirs de carburant avant le décollage.
Un porte-parole du centre spatial Johnson, David Drachlis, a fait savoir mardi soir que personne n'était disponible pour commenter ce rapport.

"Une combinaison d'événements"

Les commissions enquêtant sur la désintégration de Columbia, tentent de déterminer si un morceau de mousse isolante d'un kilogramme et de 51 centimètres du réservoir extérieur de carburant de la navette a pu heurter la partie situé sous l'aile gauche de l'appareil lors du décollage, condamnant Columbia en endommageant les tuiles thermiques qui la protègent de la hausse de chaleur provoquée par la rentrée dans l'atmosphère.
Selon le scientifique, lors des 50 premiers lancements de navettes américaines, de 1981 à 1992, de trois à 150 tuiles ont été endommagées lors de chacun des vols.
M. Fischbeck a insisté sur le fait que personne ne peut vraiment savoir si les débris repérés lors du décollage de la navette ont provoqué sa perte, ni l'endroit exact où ils ont pu heurter la navette.
«Il y a toujours une combinaison d'événements qui peuvent conduire à un accident», a-t-il déclaré. «Le risque zéro n'existe pas».
Selon Paul Fischbeck, en ce qui concerne Columbia, la question qu'il faut se poser est: «Ont-ils fait ce qu'ils devaient faire?» AP


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 10:08:45
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Mercredi 5 février 2003

COTE D'IVOIRE
COTE D'IVOIRE

Gbagbo et les escadrons
de la mort

Selon les Nations unies, les partisans du président ivoirien sont impliqués dans les exactions commises fin décembre par les escadrons de la mort.

 
Laurent Gbagbo (AP)
 
Un rapport de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire fin décembre met en cause les partisans du président Laurent Gbagbo dans des violences, et notamment dans les exactions commises par des "escadrons de la mort".
Le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin pourrait évoquer ce document mercredi avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, en marge du débat sur l'Irak au Conseil de sécurité, selon La Croix dans son édition du jour.
"Les escadrons de la mort en Côte d'Ivoire seraient constitués d'éléments proches du gouvernement, de la garde présidentielle et d'une milice tribale de l'ethnie -bété- du président Laurent Gabgbo", écrivent les enquêteurs qui se sont rendus sur place du 23 au 29 décembre avant d'envoyer leurs conclusions au Conseil de sécurité de l'ONU il y a une semaine.

Escadrons

Les enquêteurs écrivent que "des noms ont été communiqués" en ce qui concerne les escadrons de la mort opérant à Abidjan qui, avec "des milices constituées d'éléments autonomes, sèment la terreur et procèdent à des exécutions et des enlèvement de personnes".
En outre, poursuivent les auteurs, "selon diverses sources d'information, de nombreuses exécutions seraient également commises dans la forêt du Banco à Abidjan, (où) des corps de personnes exécutées ont été retrouvées. Cette forêt serait à présent sous la surveillance de l'armée nationale. Les escadrons de la mort bien organisées disposeraient de listes de personnes à exécuter. Ces affirmations ont été confirmées par plusieurs témoins"

Une nouvelle "liste noire"

Selon La Croix, une nouvelle "liste noire" circulait à Abidjan lundi, comportant notamment "les noms de l'épouse et des enfants du Premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale, Seydou Diarra".
Toujours d'après le quotidien, "des informations connues des plus hautes autorités françaises mettent en accusation le 'premier cercle' " de Laurent Gbagbo: "en premier lieu, le capitaine Seka Yapo, un gendarme qui fait partie de la garde de Simone Gbagbo", l'épouse du président; "l'un des responsables de la sécurité personnelle" du chef de l'Etat, Patrice Bahi, serait "spécialement chargé, selon de nombreux témoignages, de l'élimination des personnes moins connues et des civils gênants".
Quant aux rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI, qui contrôle le nord), il auraient creusé plusieurs fosses communes dans leur fief de Bouaké (centre) mais, "depuis l'arrivée des troupes françaises (le 23 septembre), on ne dénote plus d'exactions".

Traitement orienté de l'information

De son côté, Toussaint Alain, conseiller de Laurent Gbagbo, a accusé mercredi le quotidien La Croix d'avoir diffusé des informations "tronquées".
Le conseiller du président souligne dans un communiqué que ce document est déjà tombé dans le domaine public et qu'il est disponible sur internet. Il ajoute ensuite que La Croix s'est fondé sur "un document tronqué, et donc sorti de son contexte".
Dans son édition daté de mercredi, le journal citait les conclusions du rapport – qu'il qualifiait de secret – et affirmait l'avoir consulté "dans son intégralité".
"Ni le chef de l'Etat ivoirien, ni son entourage lointain ou proche n'ont été interrogés par La Croix. Il s'agit là d'un intégrisme anti-Gbagbo qui répond à un traitement orienté de l'information défiant toutes les conventions et règles déontologiques", dénonce-t-il dans un communiqué. (avec AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 10:04:19
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