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Publié le lundi 3 février 2003

Lundi 3 février 2003

COTE D'IVOIRE
Côte d'Ivoire : Villepin ne veut pas renégocier Le ministre français des Affaires étrangères a clairement rejeté dimanche soir l'hypothèse d'une renégociation des accords de Marcoussis, réclamée par un conseiller du président ivoirien. Des troubles ont fait un mort dimanche à Abidjan. Mis en ligne le 03 février 2003 Des milliers d'Ivoiriennes manifestent autour de l'ambassade de France à Abidjan L'exode des Français de Côte d'Ivoire "Nous avons pris une initiative pour réunir l'ensemble des Ivoiriens, ils sont parvenus à un accord. Il faut maintenant le respecter. La France demande solennellement au président Gbagbo de s'engager résolument dans la voie de la réconciliation". Dimanche sur TF1, le ministre français des Affaires étrangères a une nouvelle fois lancé un appel au président ivoirien, qui continue d'entretenir le suspense sur le discours à la Nation qu'il a promis de tenir à son retour dimanche dernier de Paris. Son conseiller en communication, Toussaint Alain, a fait savoir depuis Paris que "puisque des dispositions de l'accord posent problème aux yeux de la population ivoirienne, il faut que le médiateur Villepin prenne les dispositions qui s'imposent et accepte de renégocier". "L'idée d'avoir des rebelles au gouvernement à des postes stratégiques paraît insupportable aux Ivoiriens, de même que le cantonnement de l'armée ivoirienne", a-t-il jugé. Troubles Samedi, les présidents du Ghana, du Togo et du Nigeria sont venus à Abidjan au nom du "groupe de contact" de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest, pour s'entretenir avec le président Gbagbo. Un haut responsable du Ghana, pays assurant la présidence de la CEDEAO, a indiqué dimanche que le message délivré au président Gbagbo était très clair: "la communauté internationale soutient cet accord qui semble être la meilleure solution. Nous lui avons dit que s'il avait des problèmes à l'appliquer, nous l'aiderions". Des troubles ont éclaté dimanche matin dans deux quartiers périphériques d'Abidjan, faisant un mort, après l'assassinat par des "hommes en uniforme" d'un acteur de télévision connu et membre du Rassemblement des Républicains (principal parti d'opposition). La découverte du corps de Camara Vakaromogo Yéréfé, portant des impacts de balles, a déclenché des manifestations dans les quartiers d'Adjamé et Abobo, deux communes d'Abidjan administrées par des maires du RDR d'Alassane Ouattara. Photo d’ouverture : violences à Abidjan - archives

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-03 09:32:28
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Lundi 3 février 2003

ALLEMAGNE
• LE MONDE | 03.02.03 | 13h24 Gerhard Schröder devra cohabiter avec les chrétiens-démocrates Les chrétiens-démocrates de la CDU ont largement remporté, dimanche 2 février, les scrutins régionaux de Hesse et de Basse-Saxe, le Land d'origine du chancelier Gerhard Schröder, où son parti avait obtenu une majorité absolue en 1998. Cent jours à peine après le début de son deuxième mandat, ce résultat est interprété comme un vote-sanction à l'encontre du chancelier. Les conservateurs disposent désormais de 41 des 69 mandats du bundesrat, la Chambre des Etats sans laquelle aucun projet de loi important ne peut être voté. Majoritaire au Bundestag, le gouvernement du chancelier Schröder risque de se retrouver de facto dans une situation de cohabitation. La CDU place au premier plan deux jeunes dirigeants, Christian Wulff et Roland Koch. Ce dernier passe pour un possible candidat à la chancellerie en 2006. Berlin de notre correspondant Avec de tels écarts, les sondages ne pouvaient pas se tromper. Et, de fait, dimanche 2 février, les électeurs ont voté comme les sondages avaient prédit qu'ils le feraient : en infligeant un sévère camouflet au Parti social-démocrate (SPD) du chancelier Schröder, dont les candidats ont été sévèrement étrillés. Dimanche, les enjeux n'étaient apparemment que régionaux puisqu'il s'agissait d'élire les députés aux Landtag de Hesse et de Basse-Saxe, lesquels, à leur tour, désigneront les ministres-présidents de chacun des Lãnder, respectivement le chrétien-démocrate Roland Koch, dont ce sera le deuxième mandat, et son compagnon de parti Christian Wulff, qui remplacera le SPD Sigmar Gabriel. Mais les électeurs ont utilisé leur bulletin de vote comme s'il s'agissait d'un tour supplémentaire après l'élection nationale du 22 septembre 2002, qui avait vu Gerhard Schröder réélu chancelier sur le fil. Le résultat est sans appel. Avec respectivement 49,1 % et 48,3 % des voix en Hesse et en Basse-Saxe, les chrétiens-démocrates de la CDU emportent, et de loin, la partie. De façon générale, tous les partis, y compris les Verts, pourtant membres de la coalition gouvernementale à Berlin, gagnent des points. Seul le SPD en perd : 10,1 % en Hesse et 13,5 % en Basse-Saxe, Land d'origine de Gerhard Schröder, où son parti, en 1998, avait arraché la majorité absolue. Analystes électoraux comme candidats sont d'accord pour dire que les choix ont moins été faits en regard du bilan des équipes au pouvoir en Hesse et en Basse-Saxe que sur les performances du gouvernement fédéral, à Berlin. Le vote de dimanche, estiment-ils, doit être interprété comme un vote de censure que le chancelier Schröder, cent jours à peine après le début de son second mandat, ne pourra pas négliger. TEXTES SENSIBLES La conséquence immédiate du scrutin est le renforcement de la majorité conservatrice au Bundesrat, Chambre des Etats sans laquelle aucun projet de loi touchant aux compétences des Lãnder ne peut être voté. La droite y dispose désormais de 41 des 69 sièges. Plusieurs textes sensibles y sont en cours d'examen, dont la réforme de la loi sur l'immigration, que l'opposition compte bien ne pas laisser passer sans en limiter les principales dispositions, notamment en ce qui concerne la naturalisation des étrangers. D'autres textes à venir, qui, comme le précédent, devaient témoigner de la volonté réformatrice du gouvernement rouge-vert, pourraient bien connaître des difficultés identiques. Feront notamment l'objet d'âpres discussions tous les projets en cours d'élaboration au ministère de l'économie et du travail en matière d'emploi et de protection sociale. De façon générale, le gouvernement du chancelier Schröder, majoritaire au Bundestag mais non au Bundesrat, risque de se retrouver de facto dans une situation de grande coalition où aucun texte ne passe sans, au mieux, l'élaboration d'un compromis laborieux. Les résultats du scrutin de dimanche vont également jouer sur l'avenir de la droite. Avec sa victoire en Hesse et en Basse-Saxe, la CDU propulse au premier plan deux jeunes leaders, Roland Koch et Christian Wulff, qui symbolisent son renouveau en même temps que la fin de ce qui pouvait avoir survécu à l'ère Kohl, tel Edmund Stoiber, candidat malheureux à la chancellerie en 2002. Christian Wulff, qui, après deux tentatives infructueuses, vient d'accéder à la tête de la Basse-Saxe, est considéré comme un proche d'Angela Merkel, la présidente de la CDU. Roland Koch, qui n'en est pas un intime, ne cache pas ses ambitions nationales, qui pourraient en faire un candidat au poste de chancelier en 2006... contre Angela Merkel. En attendant, la CDU contrôle désormais la majorité de l'Assemblée fédérale (réunion des députés du Bundestag et des délégués des Landtag) qui sera appelée à désigner, en mai 2004, le nouveau président de la République. Le poste, détenu par le social-démocrate Johannes Rau, est largement honorifique. Depuis dimanche, la CDU est sûre de pouvoir imposer son candidat, qui, pour la première fois, pourrait être une femme. Même si l'élection de dimanche constitue un rude coup pour le chancelier Schröder, il serait cependant prématuré d'en conclure que la voie est tout à fait libre pour l'opposition. C'est le dos au mur que Gerhard Schröder a montré qu'il était capable des redressements les plus inattendus, comme lors des dernières élections, où tous les pronostics le donnaient perdant. La défaite de dimanche pourrait ainsi lui donner l'occasion d'un changement brutal, lui permettre de faire sauter les résistances de ceux qui, jusqu'alors, s'opposaient à un cours nouveau et qu'il devait ménager à cause des enjeux électoraux. Gerhard Schröder a aujourd'hui besoin de montrer qu'il est capable de bouger, qu'il peut regagner les couches sociales qui se sont éloignées, notamment ce "nouveau centre" qu'il appelait de ses vœux. Il doit effacer cette fatale impression d'enlisement qui a accompagné les premiers mois de son deuxième mandat. "Nous ne serons pas craintifs dans la poursuite des réformes", avait déjà prévenu, la veille du scrutin, le secrétaire général du SPD, Olaf Scholz. Si telle est la nouvelle direction, il faut s'attendre à un choc violent entre le gouvernement et ceux qui, dans les syndicats et jusqu'au sein du SPD, résisteront à ses projets, qu'il s'agisse de la réforme des systèmes de santé et de protection sociale, de la protection contre les licenciements et de l'aide au chômage, du travail partiel, de la formation continue, voire des horaires d'ouverture des magasins. Au ministère de l'économie, on admet qu'il faut, pour lutter contre la bureaucratie et les obstacles de toutes sortes qui handicapent la croissance et l'emploi, examiner les conditions et procédures sous le régime desquelles vit l'économie allemande. "Mais examiner ne signifie pas réduire les avantages", a rassuré le secrétaire d'Etat à l'économie, le Vert Rezzo Schlauch. C'est précisément ce que les prochaines semaines devront confirmer ou démentir. Georges Marion • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 04.02.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-03 09:21:02
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Lundi 3 février 2003

ZINBABWE

Graves risques de famine au Zimbabwe Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Tsvangirai, et deux de ses adjoints, doivent comparaître aujourd'hui à Harare devant la Haute Cour de justice. Tous les trois ont été inculpés de «trahison» pour leur participation présumée à «un complot» visant à assassiner le président Robert Mugabe. S'ils sont reconnus coupables, ils risquent la peine de mort. Les trois accusés affirment que l'affaire a été entièrement montée par des agents du gouvernement pour tenter d'écarter Morgan Tsvangirai de la course à l'élection présidentielle. Harare : de notre envoyée spéciale Caroline Dumay [03 février 2003] Faut-il appartenir au parti du président Mugabe pour avoir accès à l'aide alimentaire ? La visite, fin janvier, au Zimbabwe, de James Morris, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, n'a pas permis de répondre à la question. Elle a du moins attiré l'attention sur une urgence humanitaire : six à sept millions de Zimbabwéens ont faim ou risquent d'avoir faim. «Sans les sacs de farine de maïs de l'ONU, le président zimbabwéen serait déjà tombé. C'est le Programme alimentaire mondial qui a sauvé le régime», assure un homme d'affaires de Mvuri, à une centaine de kilomètres au nord d'Harare. Dans cette région, les témoins de ce que les Zimbabwéens appellent «la politisation du sac de maïs» ne manquent pas. Un cuisinier raconte que la dernière distribution alimentaire s'est déroulée comme les autres, dans l'ordre et la discipline. Alignés en rangs d'oignons, les gens ont dû, pour obtenir de la nourriture, entonner un slogan gouvernemental et montrer leur carte d'adhérent au parti de Robert Mugabe. «C'est faux, réplique July Moyo, ministre des Affaires sociales. Ce sont les villageois eux-mêmes qui choisissent qui aura accès à l'aide alimentaire, selon des critères qu'ils sont seuls à définir.» Interrogé sur les causes de la crise alimentaire qui sévit aujourd'hui dans son pays, le ministre assure que c'est à cause de «la sécheresse et de mauvaises récoltes dans le sud du pays». La réalité est plus complexe. La crise résulte plus d'une désorganisation totale de l'économie que de facteurs météorologiques. La politique de redistribution des terres commencée en 2000 y est pour beaucoup. Le Zimbabwe a produit cette année dix fois moins de maïs, de blé et de soja que l'année dernière. Quant au tabac, principale ressource en devises, les prévisions sont cette année en chute libre. Jadis exportateur de céréales, le «grenier de l'Afrique» est aujourd'hui importateur. Mais comment importer quand on manque cruellement de devises ? Si mettre en place un système de contrôle des prix est salvateur pour les produits de base, il handicape le commerce. Sans marché privé et sans devises, la pénurie est assurée. Pour Suzanne Chirara, la vie quotidienne est de plus en plus difficile. Serveuse dans un restaurant, elle gagne l'équivalent de vingt dollars par mois. Malgré une inflation mensuelle supérieure à 20%, son salaire n'a jamais été réévalué. Mère de deux enfants, elle passe son temps à faire la queue pour trouver du pain ou du sucre. Dans les supermarchés d'Harare, la viande est hors de prix. Suzanne peut pourtant s'estimer heureuse. Elle a un travail et une paye régulière. Le salaire minimum, appliqué à la grande majorité de la population active, est de moins de 8 dollars ! «Nous crevons de faim pendant que certains détournent l'aide alimentaire. Et puis, on distribue les sacs dans les zones rurales, en ignorant totalement la pauvreté urbaine», s'indigne Tapiwa Mashakada, député du MDC à Hatfield. Dans un pays où ceux qui sont payés en devises étrangères sont les seuls à pouvoir joindre les deux bouts, les tentatives de corruption ont de quoi rendre fou. Des politiciens achètent du maïs au GMB (Grain Maize Board, l'organisme gouvernemental qui monopolise l'achat et la vente du maïs) pour les revendre dix fois plus cher au marché noir. A Karoi, par exemple, tous les responsables de la mairie étaient impliqués dans ce genre de trafic. Pour autant, lors de sa visite au Zimbabwe, James Morris n'a pas voulu faire de vagues. Il s'est félicité des discussions qu'il a eues avec les différents ministères concernés par la distribution de l'aide alimentaire, assurant que le gouvernement zimbabwéen avait fait preuve d'une «grande coopération». L'envoyé spécial des Nations unies a tout juste évoqué la question de «l'influence ou de l'interférence politique», précisant, au détour d'une phrase, que les Nations unies feraient «tout leur possible pour assurer l'accès de l'aide aux plus pauvres et aux plus mal nourris».

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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-03 09:12:36
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